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mercredi, 24 juin 2009

Chanson de l'armée de Charette (1793)

1
La vendée pour défense
A ses divisions
Le soutien de la France
Va détruire la Nation
En avant ! bombardiers.
Artillerie
Sont tout prêts à donner
La symphonie.

2
A l'entour de nos forces
Nous certain,
Des ennemis atroces
Qui nous narguent de loin;
Nous pourrons nous vanter
Que ces mutins,
N'oseront aborder
Notre terrain.

3
Ce Canclaux général
De ces républicains
De ce monde total
Veut battre les chrétiens,
Mais son coup est manqué.
Pour le certain
Nous l'avons bien chassé
De ce terrain.

4
A Nantes l'on espère.
Vous y verrez beau jeu !
Les chrétiens en colère
Vous feront voir du feu
En punition du mal
Et des forfaits
On vous prépare un bal.
C'est pour jamais.

5
En toutes les provinces
Vous entendrez parler
Qu'il y a un nouveau prince
Qu'on dit dans la Vendée
Qui s'appelle Charette.
Vive son cœur !
Chantons à pleine tête :
Gloire et honneur !

6
Cet ami du monarque
Il a bien du renom.
Il fait un grand obstacle
A tout' la Nation :
Jusques en Angleterre
On l'applaudit ;
Aussi sur les frontières,
Même en Paris.

7
Admirons la vaillance
De Charette homm' de coeur
Il est né pour la France
Il fait voir sa valeur
Regardez cette armée
Rien de plus beau ;
Il a palme et laurier
Dans les drapeaux.

8
Combien de catholiques
Qui n'existeroient plus
Si Charett' Pacifique
Avait perdu la vie !
Dieu nous l'a conservé
Vive le Roi !
Que toute cette armée
Chante avec moi.

9
Quand va à l'attaque
Dit à ses Commandants:
" Mettez-vous en bataille
Et marchez sur huit rangs.
En avant ! grenadiers
Ne craignez rien
Courage, cavaliers,
Tout m'appartient.

10
Malgré la canonnade
Il fonce vaillamment
Quoique la fusillade
Il dit : « Mes chers enfants,
Crions à haute voie,
Soldats, vengeons
La mort de notre roi
Par la Nation. »


11
Voyez vous cette troupe
Il n'y a rien de si charmant.
Charette veut l'union
De tous ses commandants,
Il ordonne et prétend
Qu'en la Vendée
Chaque commandement
Soit divisé.

12

Commençons par Guérin (1)
Un des fameux guerriers
Ayant le sabre en main
A la têt' des armées
« En avant Maraîchins ;
Mes cavaliers
Mettez le sabre en main
Et me suivez. »

13
A Louis Guérin la gloire
De la division
Avec lui la victoire
N'est jamais en question.
Ajoutons-y Rézeau
N'oublions pas
Le généreux Caillaud
Dans les combats.

14
Joly commande en maître
Dans les champs de Legé.
Celui qui le seconde
C'est Guérin fils aîné.
Comment donc demeurer
Dans notre bien
Dans le pays de Retz
Sans vous Guérin ?

15
Mais tout le monde espère
C'est une vérité
Comme étant notre père
Vous nous ramènerez
Avec tous nos drapeaux
Victorieux
Pour soulager nos maux
Et être heureux.

16
Faisons tous une fête
Au jeune La Robrie
Son chapeau sur la tête
Et son plumet joli.
Comme un foudre de guerre
Le sabre en main
Il f... les bleus par terre
J'en suit témoin.

17
Savin et La Robrie
Sont deux hommes de cœur ;
Ils bravent la furie
Ainsi que Lecouvreur. (2)
Quand on les voit en tète
Portant le drapeau
Ils vont comme à la fête
Rien de si beau !

18
Desnorois ce grand homme
Jamais sous le soleil
On n'verra dans l'monde
Paraître son pareil.
Crions tous à outrance :
Vive Launay
Le soutien de la France
Et des Français.

19
C'est le jeune Guérin
Défenseur de la foi
Qui crie aux citoyens
Qui crie à haute voix
« Vous crèv'rez dans vos villes
Maudits Patauds,
Tout comme les chenilles
Les patt's en haut. »

20
Payot est à la tête
De se division
Il dit : « Vive Charette,
À bas la Nation ! »
Eriau crie aux bleus
Montrant le poing :
« Au diable tous ces gueux.
L'enfer les tient ! »

21
La Moelle qui commande
Une division
Livre souvent bataille
Dans la plaine de Luçon.
Il brave le danger sous ses drapeaux
Et ne fait point quartier
A tous Patauds.

22
Le brave de Couëtus
A la tête des siens
Avec Monsieur de Broc
Observe les chrétiens
Comme les biens fidèle
A la vraie foi.
Il crie à pleine tête
« Vive le Roi ! »

23
Quand nous sommes à Belleville
Remparts et bastions
Les commandants civils
Vont rendre leur hommage (bis)
A deux genoux
A ce grand personnage
Du Bas Poitou.

24
En toute notre armé
Chose bien entrepris !
Il y a garde montée
Tant le jour que la nuit
Et tambours et baguettes,
Tambouriniers,
Qui battent la retraite
Après souper.

25
Qu'a fait cett' chansonette ?
C'est un jeune officier
D'la premier' compagnie.
De ses braves cavaliers
Si elle est à vot' gré
J'en suis content !
Et que chaque officier
En faste autant !

 

(1) Guérin était marchand de volailles.
(2) Lecouvreur était maréchal ferrant et n’avait que seize ans