Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 15 mai 2009

Quadragesimo Anno

Lettre Encyclique du Souverain Pontife Pie XI

(15 mai 1931)

AUX PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES, ÉVÊQUES ET AUTRES ORDINAIRES DE LIEU, EN PAIX ET EN COMMUNION AVEC LE SIÈGE APOSTOLIQUE AINSI QU'AUX FIDÈLES DE L'UNIVERS CATHOLIQUE TOUT ENTIER : SUR LA RESTAURATION DE L'ORDRE SOCIAL, EN PLEINE CONFORMITÉ AVEC LES PRÉCEPTES DE L'ÉVANGILE, À L'OCCASION DU QUARANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ENCYCLIQUE RERUM NOVARUM

1. Quarante ans s'étant écoulés depuis la publication de la magistrale encyclique de Léon XIII, Rerum novarum, l'univers catholique tout entier, dans un grand élan de reconnaissance, a entrepris de commémorer avec l'éclat qu'il mérite ce remarquable document.

2. Il est vrai qu'à cet insigne témoignage de sa sollicitude pastorale, Notre Prédécesseur avait pour ainsi dire préparé les voies par d'autres Lettres sur la famille et le vénérable sacrement de mariage, ces fondements de la société humaine [1] sur l'origine du pouvoir civil [2]et l'ordre des relations qui l'unissent à l'Église[3]; sur les principaux devoirs des citoyens chrétiens, [4]contre les erreurs du socialisme [5]et les fausses théories de la liberté humaine ; [6]et d'autres encore où se révèle pleinement sa pensée. Mais ce qui distingue entre toutes l'encyclique Rerum novarum, c'est qu'à une heure très opportune où s'en faisait sentir une particulière nécessité, elle a donné à l'humanité des directives très sûres pour résoudre les difficiles problèmes que pose la vie en société, et dont l'ensemble constitue la question sociale.

3. Au déclin du XIXe siècle, l'évolution économique et les développements nouveaux de l'industrie tendaient, en presque toutes les nations, à diviser toujours davantage la société en deux classes : d'un côté, une minorité de riches jouissant à peu près de toutes les commodités qu'offrent en si grande abondance les inventions modernes ; de l'autre, une multitude immense de travailleurs réduits à une angoissante misère et s'efforçant en vain d'en sortir.

4. Cette situation était acceptée sans aucune difficulté par ceux qui, largement pourvus des biens de ce monde, ne voyaient là qu'un effet nécessaire des lois économiques et abandonnaient à la charité tout le soin de soulager les malheureux, comme si la charité devait couvrir ces violations de la justice que le législateur humain tolérait et parfois même sanctionnait. Mais les ouvriers, durement éprouvés par cet état de choses, le supportaient avec impatience et se refusaient à subir plus longtemps un joug si pesant. Certains d'entre eux, mis en effervescence par de mauvais conseils, aspiraient au bouleversement total de la société. Et ceux-là mêmes que leur éducation chrétienne détournait de ces mauvais entraînements restaient convaincus de l'urgente nécessité d'une réforme profonde.

5. Telle était aussi la persuasion de nombreux catholiques, prêtres et laïcs, qu'une admirable charité inclinait depuis si longtemps vers les misères imméritées du peuple et qui se refusaient à admettre qu'une si criante inégalité dans le partage des biens de ce monde répondît aux vues infiniment sages du Créateur.

(Pour lire la suite, cliquez ici)