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jeudi, 18 juin 2009

La Tour du Pin et la Question Juive

(R.P. Pègues OP, maître en théologie, étude parue dans la revue l’Ordre Social Chrétien n°9, Janvier 1934)


La question juive est de nouveau passionnément actuelle. Il sera d’un haut intérêt de rappeler, à ce sujet, l’enseignement du marquis de La Tour du Pin. On y verra la sûreté de son information et la sagesse de ses conseils.

 

I – La nation juive


Et, d’abord, l’auteur des Jalons de route nous avertit que les objets successifs de son étude l’ont conduit à cette conviction que les Juifs sont une nation. Deux faits surtout : au premier plan l’affaire Dreyfus; à l’arrière-plan, le Congrès du Sionisme, qui, dans le même temps où l’affaire éclatait, réunissait, pour la seconde fois, à Bâle, des Israélites de tous pays, afin de rechercher les moyens de reconstituer à Jérusalem un Etat indépendant sous le nom caractéristique de Sion  ont rendu facile à toucher ce qu’on n’apercevait pas assez jusqu’ici. Désormais, on ne devra jamais perdre de vue « que nous sommes un royaume du Christ et que si la nation déicide s’en approche, ce ne peut jamais être que pour lui donner le baiser de Judas ».

On voudra bien considérer que, sous la plume de l’auteur, cette dernière proposition ne doit s’entendre que de la nation déicide comme telle ou de ses membres en tant que tels, non de tel ou tel membre de la nation juive qui aura pu abjurer son esprit et s’adjoindre sincèrement au « royaume du Christ »,  ou qui, pour des raisons particulières, peut échapper, ici ou là, au véritable esprit de sa nation.
Pour mieux nous faire saisir cet esprit de la nation juive en opposition directe avec l’esprit du « Royaume du Christ », qu’est l’Eglise catholique et dont faisaient partie autrefois les nations chrétiennes, comme telles, ayant à leur tête la France, le marquis de La Tour du Pin caractérise en quelques traits essentiels ce qu’il appelle la cité juive mise en regard de la cité chrétienne.
Il constate « qu’en fait, comme en droit, les Juifs ne différent entre eux que quantitativement, mais pas qualitativement : ils sentent de même en tout ce qui est intime, agissent de même en tout ce qui est vis-à-vis de l’étranger. Ainsi n’y a-t-il pas chez eux de divisions non plus que de distinctions sociales apparentes. La cité est un bloc. »

Ce bloc de la cité juive existe et se perpétue « au sein des autres nations, dans des conditions à nulle autre analogues, c’est-à-dire sans territoire propre et sans gouvernement apparent ».
Et il s’explique par le caractère que revêtent chez lui les trois bases de toute société parmi les hommes; savoir : la religion, la famille, la propriété.

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vendredi, 15 mai 2009

Quadragesimo Anno

Lettre Encyclique du Souverain Pontife Pie XI

(15 mai 1931)

AUX PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES, ÉVÊQUES ET AUTRES ORDINAIRES DE LIEU, EN PAIX ET EN COMMUNION AVEC LE SIÈGE APOSTOLIQUE AINSI QU'AUX FIDÈLES DE L'UNIVERS CATHOLIQUE TOUT ENTIER : SUR LA RESTAURATION DE L'ORDRE SOCIAL, EN PLEINE CONFORMITÉ AVEC LES PRÉCEPTES DE L'ÉVANGILE, À L'OCCASION DU QUARANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ENCYCLIQUE RERUM NOVARUM

1. Quarante ans s'étant écoulés depuis la publication de la magistrale encyclique de Léon XIII, Rerum novarum, l'univers catholique tout entier, dans un grand élan de reconnaissance, a entrepris de commémorer avec l'éclat qu'il mérite ce remarquable document.

2. Il est vrai qu'à cet insigne témoignage de sa sollicitude pastorale, Notre Prédécesseur avait pour ainsi dire préparé les voies par d'autres Lettres sur la famille et le vénérable sacrement de mariage, ces fondements de la société humaine [1] sur l'origine du pouvoir civil [2]et l'ordre des relations qui l'unissent à l'Église[3]; sur les principaux devoirs des citoyens chrétiens, [4]contre les erreurs du socialisme [5]et les fausses théories de la liberté humaine ; [6]et d'autres encore où se révèle pleinement sa pensée. Mais ce qui distingue entre toutes l'encyclique Rerum novarum, c'est qu'à une heure très opportune où s'en faisait sentir une particulière nécessité, elle a donné à l'humanité des directives très sûres pour résoudre les difficiles problèmes que pose la vie en société, et dont l'ensemble constitue la question sociale.

3. Au déclin du XIXe siècle, l'évolution économique et les développements nouveaux de l'industrie tendaient, en presque toutes les nations, à diviser toujours davantage la société en deux classes : d'un côté, une minorité de riches jouissant à peu près de toutes les commodités qu'offrent en si grande abondance les inventions modernes ; de l'autre, une multitude immense de travailleurs réduits à une angoissante misère et s'efforçant en vain d'en sortir.

4. Cette situation était acceptée sans aucune difficulté par ceux qui, largement pourvus des biens de ce monde, ne voyaient là qu'un effet nécessaire des lois économiques et abandonnaient à la charité tout le soin de soulager les malheureux, comme si la charité devait couvrir ces violations de la justice que le législateur humain tolérait et parfois même sanctionnait. Mais les ouvriers, durement éprouvés par cet état de choses, le supportaient avec impatience et se refusaient à subir plus longtemps un joug si pesant. Certains d'entre eux, mis en effervescence par de mauvais conseils, aspiraient au bouleversement total de la société. Et ceux-là mêmes que leur éducation chrétienne détournait de ces mauvais entraînements restaient convaincus de l'urgente nécessité d'une réforme profonde.

5. Telle était aussi la persuasion de nombreux catholiques, prêtres et laïcs, qu'une admirable charité inclinait depuis si longtemps vers les misères imméritées du peuple et qui se refusaient à admettre qu'une si criante inégalité dans le partage des biens de ce monde répondît aux vues infiniment sages du Créateur.

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jeudi, 14 mai 2009

Rerum Novarum

Lettre encyclique de s.s. Léon XIII du 15 mai 1891

Exposé de l’ordre social chrétien (la doctrine sociale de l’Eglise)

A tous Nos Vénérables Frères, les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction apostolique.

La soif d'innovations (1) qui depuis longtemps s'est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l'économie sociale. En effet, l'industrie s'est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence. Les ouvriers ont conçu une opinion plus haute d'eux-mêmes et ont contracté entre eux une union plus intime. Tous ces faits, sans parler de la corruption des moeurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit.

Partout, les esprits sont en suspens et dans une anxieuse attente, ce qui seul suffit à prouver combien de graves intérêts sont ici engagés. Cette situation préoccupe à la fois le génie des savants, la prudence des sages, les délibérations des réunions populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants. En ce moment, il n'est pas de question qui tourmente davantage l'esprit humain.

C'est pourquoi, Vénérables Frères, ce que, pour le bien de l'Eglise et le salut commun des hommes, Nous avons fait ailleurs par Nos Lettres sur la Souveraineté politique (2), la Liberté humaine (3), la Constitution chrétienne des Etats (4), et sur d'autres sujets analogues, afin de réfuter selon qu'il Nous semblait opportun les opinions erronées et fallacieuses, Nous jugeons devoir le réitérer aujourd'hui et pour les mêmes motifs en vous entretenant de la Condition des ouvriers. Ce sujet, Nous l'avons, suivant l'occasion, effleuré plusieurs fois. Mais la conscience de Notre charge apostolique Nous fait un devoir de le traiter dans cette encyclique plus explicitement et avec plus d'ampleur, afin de mettre en évidence les principes d'une solution conforme à la vérité et à l'équité.

 (Pour télécharger cette encyclique, cliquez ici)