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jeudi, 08 juillet 2010

Les massacres de septembre (II)

Préliminaires des massacres

Danton obtient l’instauration de la terreur en arguant “ la Patrie en danger ”

Le 28 août, le ministre de la Justice monte à la tribune de l’Assemblée et déclare, dans un de ces discours inspirés par le génie des tempêtes qui étaient dans la nature de son éloquence :

Que ce n’est que par une convulsion nationale qu’on pourra chasser les despotes.

Il demande à être autorisé à faire des visites domiciliaires dans toutes les maisons de Paris, afin de mettre la main sur les gens suspects et de s’emparer des armes nécessaires à la défense nationale.

Il doit y avoir dans Paris quatre-vingt mille fusils, dit-il… Tout appartient à la patrie quand la patrie est en danger.

L’Assemblée stupéfaite rend le décret qui lui est demandé, sans toutefois avoir une conscience bien nette de l’énormité d’un vote d’où allaient sortir la terreur et le massacre. Danton, triomphant, le porte au Conseil général de la Commune, en demandant une prompte exécution des mesures décrétées.

La terreur du 29 août

Dès le lendemain, 29, le rappel des tambours se fait entendre. À ce signal toute vie cesse, tout mouvement est suspendu dans l’immense cité.

  • La circulation des voitures est interdite ;
  • les habitants terrifiés sot contraints de rentrer chacun dans leurs demeures.
  • Les sections armées forment, autour de Paris, deux cordons de gardes pour arrêter ceux qui tenteraient de fuir.
  • Des bateaux remplis de sentinelles ferment le cours de la rivière aux deux extrémités de la ville ;
  • des battues sont faites dans les jardins, les bois et les promenades de la banlieue. Rien ne doit échapper aux soupçonneuses recherches des tyrans.

À dix heures du soir, commencent les visites domiciliaires.

  • Les maisons sont éclairées par ordre de la Commune ; on n’entend, dans chaque rue, que le pas des sbires marseillais conduits par deux commissaires désignés par les sections.
  • Chaque demeure est minutieusement fouillée, sondée jusque dans ses murailles, ses plafonds, ses réduits les plus secrets.
  • Malheur à tout individu suspect ou trouvé hors de son domicile, à tout citoyen ayant signé les pétitions constitutionnelles ou professant des opinions modérées ! Il est aussitôt arraché à sa famille, à ses amis et conduit à la section ou à l’Hôtel-de-Ville, au milieu des sanglots des siens, des rires insultants de hideux sicaires en carmagnole et en bonnet rouge !

Cette nuit du 29 août 1792 a laissé dans la mémoire de tous ses témoins des souvenirs de terreur qui les ont suivis jusqu’à la tombe ; elle fut le sombre prologue du drame de septembre, une de ces conceptions infernales dont le génie de la Révolution était seul capable.

Les visites domiciliaires produisirent à peine deux mille fusils. Mais ce n’était pas des armes, c’était des victimes qu’il fallait aux hommes de proie auxquels le 10 août avait livré la France. Le chiffre des arrestations opérées dans la nuit du 29 au 30 août varie, selon les historiens, de trois mille à huit mille.

Parmi eux se trouvaient des prêtres insermentés, des militaires, des familiers de la Cour, des professeurs, des magistrats, des artisans. Quelques-uns, réclamé par leurs sections, furent relâchés ; d’autres parvinrent à s’évader, grâce à la connivence achetée à prix d’or de leurs gardiens.

Les suspects furent répartis dans les prisons de l’Abbaye, des Carmes, de la Conciergerie, de la Force. Leurs registres d’écrou devaient servir aux bourreaux de listes de proscription.

Danton revendique la paternité des massacres de septembre

Pendant que s’exécutaient ces mesures, un petit nombre des membres de la Commune étaient réunis dans la salle du Comité de surveillance et délibéraient. Danton, Panis, Sergent, Lepeintre, Lenfant et quelques autres assistaient à cette réunion, présidée par Marat.

Quel était le but de ce conciliabule qui s’entourait d’ombre et de mystère ? Le temps l’a en partie dévoilé.

On sait aujourd’hui que Danton dit en sortant d’une voix significative et en faisant un geste sinistre :

Il faut faire peur aux royalistes !

et que plus tard il répondit aux girondins qui l’accusaient d’avoir prémédité Septembre :

J’ai regardé mon crime en face, et je l’ai commis !

Le lendemain, Maillard, l’homme fatal du 14 juillet et des journées d’octobre, fut averti de tenir prêtes ses hordes d’assassins et une haute paye de tant par meurtre lui fut promise.

Georges de CADOUDAL

Source: Vive Le Roy