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jeudi, 14 mai 2009

Rerum Novarum

Lettre encyclique de s.s. Léon XIII du 15 mai 1891

Exposé de l’ordre social chrétien (la doctrine sociale de l’Eglise)

A tous Nos Vénérables Frères, les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction apostolique.

La soif d'innovations (1) qui depuis longtemps s'est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l'économie sociale. En effet, l'industrie s'est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence. Les ouvriers ont conçu une opinion plus haute d'eux-mêmes et ont contracté entre eux une union plus intime. Tous ces faits, sans parler de la corruption des moeurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit.

Partout, les esprits sont en suspens et dans une anxieuse attente, ce qui seul suffit à prouver combien de graves intérêts sont ici engagés. Cette situation préoccupe à la fois le génie des savants, la prudence des sages, les délibérations des réunions populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants. En ce moment, il n'est pas de question qui tourmente davantage l'esprit humain.

C'est pourquoi, Vénérables Frères, ce que, pour le bien de l'Eglise et le salut commun des hommes, Nous avons fait ailleurs par Nos Lettres sur la Souveraineté politique (2), la Liberté humaine (3), la Constitution chrétienne des Etats (4), et sur d'autres sujets analogues, afin de réfuter selon qu'il Nous semblait opportun les opinions erronées et fallacieuses, Nous jugeons devoir le réitérer aujourd'hui et pour les mêmes motifs en vous entretenant de la Condition des ouvriers. Ce sujet, Nous l'avons, suivant l'occasion, effleuré plusieurs fois. Mais la conscience de Notre charge apostolique Nous fait un devoir de le traiter dans cette encyclique plus explicitement et avec plus d'ampleur, afin de mettre en évidence les principes d'une solution conforme à la vérité et à l'équité.

 (Pour télécharger cette encyclique, cliquez ici)

jeudi, 30 avril 2009

Vers un ordre social chrétien (IV)

V - DE L’ESPRIT D’UNE LEGISLATION CHRETIENNE
DU TRAVAIL

 

I - Peut-il y avoir une législation chrétienne du travail ?


Oui, sans doute, s’il y a une justice sociale chrétienne, un droit social chrétien, que cette législation ait pour objet de définir et de protéger dans le contrat de travail.

Non, si l’on ne voit avec l’Ecole classique dans l’expression de Justice sociale qu’un « néologisme qui cache le vague de la pensée sous l’impropriété des termes » ; — « qu’un mot qui n’a point de sens ». — Non, si l’on prend pour point de départ de l’étude de cette législation la conviction « qu’il n’y a pas de justice sociale ou particulière, et que si l’on parle quelquefois de justice légale, c’est une manière de qualifier l’injustice
En restreignant ainsi l’idée de justice à celle de la justice commutative, on dit alors fort logiquement que la société ne doit rien aux pauvres, «une obligation de charité ne pouvant jamais devenir une obligation de justice », et l’on donne l’exemple suivant de l’application de ces principes : « Rome ancienne possédait une notion très exacte de ce que réclame la justice dans les relations des hommes, et cependant elle envoyait les esclaves malades ou infirmes mourir dans une île du Tibre. Si elle connaissait la justice, elle ignorait la charité.
»
Elle estimait, sans doute, comme l’auteur lui-même de cette appréciation le pose en thèse quelques lignes plus haut, que « la société ne doit rien aux pauvres ».

Eh bien, j’en demande pardon aux juristes dont j’ai reproduit ici le langage récent, ceci est la justice sociale païenne, ce n’est pas la justice sociale chrétienne, car, dans le christianisme, la charité n’est pas de conseil, elle est de précepte. « Si votre justice n’est pas plus parfaite que celle des docteurs de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux », a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et comme un de ces docteurs lui demandait quel était le plus grand commandement, il le lui dit et ajouta « Voici le second qui lui est semblable : vous aimerez votre prochain comme vous-même; c’est dans ces deux commandements que sont renfermés toute la loi et les prophètes. »

Voilà donc bien l’esprit de la loi chrétienne, voilà le principe de la justice sociale chrétienne.

(Pour lire la suite, cliquez ici)

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lundi, 20 avril 2009

Vers un Ordre social chrétien (III)

IV DU CAPITALISME


A la suite du profond et profondément honnête discours par lequel le comte Albert de Mun a clos l’assemblée générale des délégués venus des assemblées provinciales tenues à l’occasion du centenaire de 1789, l’école classique des économistes s’est émue les uns ont constaté ironiquement que le langage du « noble comte » ne laissait pas que de ressembler à celui des « pires ennemis de la société » actuelle. Les autres, plus bienveillants, se sont voilé la face.

Mais, comme il n’y a pas de pire ennemi de la société que celui qui non seulement ne l’avertit pas de la perte à laquelle elle court mais encore l’excite à mépriser les avertissements, je crois à mon tour et très humblement faire acte de bon citoyen en cherchant à me rendre compte et à montrer en quoi le siècle actuel porte la marque de l’Usure et mérite d’en conserver le nom, comme l’a dit mon éminent ami.

Ce ne sont d’ailleurs pas ses opinions que je prétends formuler ici, mais uniquement les miennes, telles que l’observation m’a conduit à les former ; étant prêt à les modifier sur les points où la discussion que je cherche me ferait apercevoir mon erreur ; erreur d’ailleurs facile en matière aussi délicate et complexe, où il faudrait apporter la subtilité d’un théologien et la logique d’un mathématicien. Ne possédant ni l’une ni l’autre de ces aptitudes spéciales, je ne me suis permis aucune digression théologique, bien que le sujet semblât l’exiger, et je n’ai pu qu’indiquer des calculs, sans les faire, bien qu’ils soient eux aussi inhérents à la nature du sujet.

J’essaierai de montrer dans une première partie du mémoire les effets du système usuraire, dans une seconde ses remèdes, dans une troisième et dernière l’ensemble du régime économique dont elle serait bannie. Je ne lui ai pas donné de nom, parce qu’on ne baptise les gens qu’après leur naissance. Quant au régime économique de ce siècle qui repose sur l’Usure, il a un nom le Capitalisme.

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11:54 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 09 avril 2009

Aphorismes de politique sociale

 Par le marquis de La Tour du Pin

 

 

 « Ceci n'est pas écrit pour faire lire, mais pour faire penser. »

 

 

AVANT PROPOS

Arrancy, le 14 juillet 1909.

 

En ce jour, il y a vingt ans, les libéraux de toute nuance célébraient le centenaire de la Révolution française. Ils s'en étaient fait longtemps d'avance une fête. Cette fête n'était pas au goût d'un groupe d'hommes de tradition, qui résolut d'opposer a ces déclarations une reprise du mouvement de 1789 par la réunion d'Assemblées provinciales semblables à celles qui avaient précédé la convocation des États généraux. Mais il était à craindre que les gens de bien disposés à répondre à cet appel ne le fussent en même temps à y porter les idées fausses -ce qu'on appelle bien aujourd'hui les "nuée " qui ont fait dévier comme l'on sait le mouvement d'alors. Les promoteurs pensèrent donc qu'il fallait rétablir d'abord les notions saines dont ils désiraient trouver l'application dans les "cahier", et ils chargèrent l'un d'eux de la mise au point des mémoires qu'ils se distribuèrent entre eux. Une petite feuille, la Politique sociale, fut créée pour servir d'organe à cette préparation ; des aperçus, nouveaux a force d'avoir été oubliés, y furent produits sous forme de définitions, plutôt pour éveiller l'esprit sur les questions que pour les résoudre, comme on jette des pierres dans une eau dormante.

 

Les conditions actuelles se rapprochent de celles d'alors, quoique d'une part le malaise social soit plus sensible, et que d'autre part les idées saines aient fait plus de chemin, grâce a des pionniers nouveaux d'une rare hardiesse. Il a paru à d'aucuns de ceux ci que les premiers engins pouvaient être utilement remis tre utilement remis en service, en les complétant de quelques tracés de circonstance. Ils sont rendus ici bien volontiers à leur destination, sous la réserve qu'ils ne doivent pas plus qu'alors être pris comme les éléments d'un traité, mais rester comme de simples esquisses à feuilleter, gardant leur nom d'aphorismes.

 

LA-TOUR-DU-PIN CHAMBLY.

 

 

Pour télécharger les différents études, cliquez sur les liens suivants:

 

- Aphorismes de politique sociale, chapitre préliminaire;

- Le Droit de Dieu;

- Le Pouvoir Social;

- La Théocratie;

- L'individualisme;

- L'usure;

- La liberté du Travail;

- La crise agricole;

- La crise constitutionnelle.

13:22 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 02 avril 2009

Vers un Ordre social chrétien (II)

II DU REGIME CORPORATIF


I


Le régime corporatif a été présenté comme l’organisation du travail la plus conforme aux principes de l’ordre social chrétien et la plus favorable au règne de la paix et de la prospérité générales. Et cette affirmation ne s’est produite solennellement dans la bouche de dignitaires ecclésiastiques, dont un grand-vicaire de l’archevêque de Paris, recteur de l’Institut catholique, aussi bien que dans celle du secrétaire général de l’Oeuvre, que parce qu’elle se dégageait de tous les travaux d’études préparés pour cette assemblée et de l’ensemble des témoignages qui y étaient apportés de toutes parts ; témoignages parmi lesquels le plus frappant aux yeux a été la présence assidue d’un personnage de grande marque dans le mouvement catholique, dont la parole venait de concourir avec éclat au rétablissement légal du régime corporatif pour les états cisleithans de la monarchie austro-hongroise.
Après avoir remis en mémoire des membres de l’assemblée et en relief pour les autres lecteurs la concordance de ces témoignages, nous voudrions les compléter ici par quelques considérations venues
à notre pensée au cours des entretiens de cette assemblée sur les points suivants qui y ont été plutôt affirmés que discutés, à savoir :

Le régime corporatif tel qu’il a été exposé et invoqué est-il acceptable en principe ?

Est-il praticable en fait ? Serait-il fécond en conséquences ?


Et finalement tirer de cet examen des conclusions nettes, telles qu’elles conviennent à la poursuite de notre entreprise, en nous inspirant de cette pensée que la Contre-Révolution doit être comme la Révolution, selon le mot d’un agitateur célèbre, tout à la fois pensée et action.
L’assemblée a été saisie tout d’abord d’un exposé rapide, que cette revue venait de publier, sur la marche de nos études depuis l’assemblée précédente, où nous avions donné les premiers traits du régime corporatif tel qu’il nous apparaissait alors désirable. Cet exposé rappelait que ces premiers traits avaient été portés depuis au congrès des directeurs d’oeuvres ouvrières à Autun, où ils avaient rencontré le consentement général à la suite d’un rapport remarquable de M. Harmel. Mais il ne faisait pas l’historique de la question, qui mérite pourtant un coup d’oeil.

(Pour voir la suite, ciquez ici)

 

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mercredi, 01 avril 2009

Vers un Ordre Social Chrétien (I)

I  NOTE SUR LA NATURE DU CONTRAT DE TRAVAIL


Eclairé par des notes précédentes, je puis essayer de préciser, en rectifiant l’expression et même le point de vue, les premières considérations que j’avais soumises au Conseil sur cette question, et que je mets ici sous ce titre emprunté au langage usuel : « En bonne justice, que doit procurer le contrat de travail aux parties contractantes, l’entrepreneur et l’ouvrier, et par suite à la société ? »

La nature de ce contrat ne me paraît ni toujours être celle d’une location ni jamais celle d’une vente, mais bien toujours celle d’un échange de services (1). Or, pour qu’un contrat de cette nature soit équitable, il faut que les services échangés soient équivalents. Donc, étant de fait que l’entrepreneur comme l’ouvrier doivent vivre de l’entreprise, il faut que celle-ci puisse être conduite et exécutée de manière à procurer à l’un comme à l’autre des contractants ce qui est contenu implicitement dans ces termes de la loi du travail « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. » C’est-à-dire que les fruits de l’entreprise soient partagés entre eux dans la mesure qui correspond aux conditions d’une vie honnête pour l’un comme pour l’autre, chacun selon son état.

Voilà pour moi le caractère qu’en bonne justice, et dans l’intérêt de la paix sociale qui est liée à l’observance de la bonne justice, — opus justitia pax, — doit présenter la généralité des contrats suivant lesquels s’exerce le travail humain. C’est là, me semble-t-il, le critère que nous devons indiquer aux commissions d’étude pour les guider vers les solutions diverses selon le métier, le temps et le lieu, qu’elles poursuivent dans le champ de l’économie politique.
Est-il besoin de redire que nous ne croyons pas que cette règle, fût-elle toujours respectée, suffise au rétablissement de la paix sociale ? Il n’y a pas en effet qu’un seul commandement. A côté de : « Tu ne déroberas pas », il est écrit : « Tu n’envieras ni l’âne, ni le boeuf, ni la femme de ton prochain », et l’inégalité des conditions sociales, qui doit être respectée par la justice, comme aussi les maux dont celle-ci ne saurait nous préserver, ne seront jamais rendus supportables que par la vertu.

Mais revenons à la question, afin d’en dégager encore quelques points d’une application générale.
L’entrepreneur et l’ouvrier ne sont donc pas quittes en bonne justice, lorsqu’ils ont échangé uniquement le prix convenu contre le travail convenu, s’ils ne se sont pas procuré ainsi i’un à l’autre, dans la mesure où cela dépend d’eux, ce dont chacun a besoin pour mener une vie honnête selon son état. Et pour l’homme de tout état les exigences d’une vie honnête sont : la possession d’un foyer, des moyens d’y élever sa famille selon sa condition, et la possibilité d’épargner de quoi soutenir ses vieux jours quand il ne pourra plus gagner.

(Pour voir la suite, cliquez ici)

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