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mardi, 02 juin 2009

Sur une certaine idée de la tradition

(par Jacqueline BEAU de LOMENIE , Cahier de Chiré n°2, 1987)


Mgr le Comte de Paris, qui, passant superbement outre au droit régalien en vertu duquel la Couronne dispose des Princes, et non les Princes de la Couronne, se proclame le seul prétendant légitime au Trône des Lys, a récemment commis un essai au style irréprochablement radical-socialiste (1).

De ce parti on disait naguère qu’il était comme le radis, blanc à l’intérieur et rouge au-dehors. Il se trouve que ces deux couleurs caractérisent aussi l’image d’une certaine tradition; celle de la Maison d’Orléans.

A cette tradition son actuel héritier ne faillit nullement, quand, en père noble, il déshérite son «dauphin », tout en se livrant par ailleurs aux excès d’une démagogie digne de celle de l’ancêtre Philippe-Egalité à sa belle époque.

 En ce temps-là, l’héritier d’une des grosses fortunes du royaume briguait le pouvoir en usant de tous les artifices et maléfices de la Maçonnerie dont il était le Grand Maître, tirant profit de toutes les équivoques du libéralisme avancé: tout en contestant tout, il n’en faisait pas moins avancer ses affaires personnelles qu’il confondait libéralement avec celles de l’Etat. Et ce n’étaient que congratulations aux truands, filles publiques, échappés des galères, spéculations financières sur les fruits du travail d’autrui, trafics d’influence, achats de consciences, transferts de capitaux à l’étranger, pratique de toutes les variantes de la criminalité d’affaires, débauche de publicité par gens de lettres et de théâtre interposés.

A son souverain, Louis-Philippe-Joseph disait OUI.. Mais... pour se livrer en privé à la joyeuse critique contre l’exercice solitaire du pouvoir. Lui-même et ses fils participaient activement aux sociétés de pensée dont Augustin Cochin (redécouvert depuis peu après un long purgatoire dans l’histoire sorbonnique) a magistralement démontré qu’elles ont préparé la Révolution, jouant, à l’aide des Lumières le rôle que Gramsci devait, ultérieurement attribuer au « pouvoir culturel , indispensable prélude à la prise du pouvoir politique.
En ces cercles politico-philosophiques, se coagulait la crème de la noblesse d’épée et de robe, liée à la bourgeoisie janséniste, en vue de préserver leurs privilèges ou d’en conquérir d’autres.
Philippe y trônait, tout en oeuvrant, avec son gang du Palais- Royal, le Club des Enragés, à une révolution rien moins que populaire.

Les fils du prince félon, les jeunes (Chartres et Beaujolais, jouaient eux aussi à Autrement. Coiffés du bonnet rouge de la résistance au roi, ils retrouvaient au club des Jacobins, les ducs de Broglie, de Noailles, d’Aiguillon, La Fayette, le marquis de Montesquiou, l’évêque apostat et prince de Talleyrand-périgord, en compagnie des Cochon-Lapparent, Anacharsis Clootz, Choderlos de Laclos et autres notabilités de la gauche fraternelle et généreuse.
Hélas ! Comme l’a dit Chateaubriand, ce sont les patriciens qui ont consacré la Révolution. Et, la nuit du 4 août s’étant étendue sur la France, le prince de la décrispation nationale renonçait solennellement à ses droits dynastiques, a ses titres, à son nom, pour lui-même et pour sesdescendants... mais non à sa fortune...

A son patronyme, il substituait celui d’Egalité, se proclamant publiquement, sans le moindre égard pour les auteurs officiels de ses jours, le fils d’un palefrenier des écuries paternelles.
Avant de passer lui-même au fil du rasoir national, le ci-devant d’Orléans y avait envoyé son auguste souverain et cousin, grâce à l’obligeant concours des vingt-cinq voix dont disposait à l’Assemblée le camarade Le Pelletier de St-Fargeau dont aime à se réclamer l’éminent descendant d’icelui, M. Jean d’Ormesson de l’Académie française et du Figaro-Magazine, qui se fit aux obsèques d’Aragon le panégyriste de l’écrivain rouge faute d’avoir réussi à lui faire endosser l’habit vert.

Nonobstant les renonciations de l’aïeul régicide, l’actuel Monsieur d’Orléans-Egalité prétend aujourd’hui à son héritage, encore que la loi française frappe d’interdit celui d’un parricide.
Làs! L’infortuné semble durement payer le forfait ancestral, comme si La Justice, poursuivant inexorablement Le Crime, actualisait le terrible propos de Chateaubriand

« Si les Orléans venaient à régner au nom des vices et des crimes de leurs ancêtres, où donc serait la Providence ? Ils ont beau faire, ils ont beau dire, ils ne parviendront jamais à coller la tête de Philippe-Egalité sur le tronc sanglant de Louis XVI. »

Aux prises avec ses difficultés à régner sur sa propre famille, Mgr le Comte de Paris ne manque pas pour autant à la tradition des cadets bourbonniens. Ne confiait-il pas, à la veille de l’élection de 1981 à Paris-Match, que « le succès de M. Marchais ne lui ferait pas peur » et qu’il « n’avait jamais fait pour sa part d’anticommunisme ».

Aussi n’est-il nullement exclu de le voir, aux côtés de M. Edgar Faure, le remplaçant de M. Baroin, ex-Grand Maître du Grand Orient tombé en plein ciel des lumières (tropicales), concélébrer sous le patronage du président de la République les fêtes votives de 1789, à la gloire des égorgeurs.

Tant il est vrai que bon sang ne saurait mentir

Au fait, comment appelait-on le bourreau, sous l’Ancien Régime? Monsieur de Paris.

 

(I) - Comte de Paris : L’avenir dure longtemps




 

12:02 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)