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vendredi, 23 juillet 2010

Discours sur la Révolution

Discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature (1970) aux Lucs-sur-Boulogne, le 25 septembre 1993, pour l’inauguration du Mémorial de Vendée.

(AVERTISSEMENT : Les titres ont été ajoutés par la rédaction de VLR pour faciliter la lecture en ligne.)

 Des paysans contre la révolution

M. le président du Conseil général de la Vendée, chers Vendéens,

Il y a deux tiers de siècle, l’enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux, si désespéré. Mais jamais je n’aurais pu imaginer, fût-ce en rêve, que, sur mes vieux jours, j’aurais l’honneur inaugurer le monument en l’honneur des héros des victimes de ce soulèvement.

Vingt décennies se sont écoulées depuis : des décennies diverses selon les divers pays. Et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les événements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l’incandescence des passions qui les accompagnent, mais à bonne distance, une fois refroidis par le temps.

Longtemps, on a refusé d’entendre et d’accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, de ceux que l’on brûlait vifs, des paysans d’une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait avoir été faite et que cette même révolution opprima et humilia jusqu’à la dernière extrémité. Eh bien oui, ces paysans se révoltèrent contre la Révolution.

C’est que toute révolution déchaîne chez les hommes, les instincts de la plus élémentaire barbarie, les forces opaques de l’envie, de la rapacité et de la haine, cela, les contemporains l’avaient trop bien perçu. Ils payèrent un lourd tribut à la psychose générale lorsque le fait de se comporter en homme politiquement modéré — ou même seulement de le paraître — passait déjà pour un crime.

 La révolution c’est le malheur des peuples

C’est le XXe siècle qui a considérablement terni, aux yeux de l’humanité, l’auréole romantique qui entourait la révolution au XVIIIe. De demi-siècles en siècles, les hommes ont fini par se convaincre, à partir de leur propre malheur,

  • que les révolutions détruisent le caractère organique de la société,
  • qu’elles ruinent le cours naturel de la vie,
  • qu’elles annihilent les meilleurs éléments de la population, en donnant libre champ aux pires.

Aucune révolution ne peut enrichir un pays, tout juste quelques débrouillards sans scrupules sont causes de morts innombrables, d’une paupérisation étendue et, dans les cas les plus graves, d’une dégradation durable de la population.

Le mot révolution lui-même, du latin revolvere, signifie rouler en arrière, revenir, éprouver à nouveau, rallumer. Dans le meilleur des cas, mettre sens dessus dessous. Bref, une kyrielle de significations peu enviables. De nos jours, si de par le monde on accole au mot révolution l’épithète de « grande », on ne le fait plus qu’avec circonspection et, bien souvent, avec beaucoup d’amertume.

 L’utopie révolutionnaire est sourde aux leçons du passé

Désormais, nous comprenons toujours mieux que l’effet social que nous désirons si ardemment peut être obtenu par le biais d’un développement évolutif normal, avec infiniment moins de pertes, sans sauvagerie généralisée. Il faut savoir améliorer avec patience ce que nous offre chaque aujourd’hui.

Il serait bien vain d’espérer que la révolution puisse régénérer la nature humaine. C’est ce que votre révolution, et plus particulièrement la nôtre, la révolution russe, avaient tellement espéré.

La Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagoniques l’une de l’autre !

  • La liberté détruit l’égalité sociale — c’est même là un des rôles de la liberté —, tandis que
  • l’égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre.
  • Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille. Ce n’est qu’un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d’ordre spirituel.

Au surplus, à ce slogan ternaire, on ajoutait sur le ton de la menace : « ou la mort », ce qui en détruisait toute la signification.

Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de grande révolution. Si la révolution du XVIIIe siècle n’a pas entraîné la ruine de la France, c’est uniquement parce qu’eut lieu Thermidor.

La révolution russe, elle, n’a pas connu de Thermidor qui ait su l’arrêter. Elle a entraîné notre peuple jusqu’au bout, jusqu’au gouffre, jusqu’à l’abîme de la perdition. Je regrette qu’il n’y ait pas ici d’orateurs qui puissent ajouter ce que l’expérience leur a appris, au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payé, eux, pour la révolution.

L’expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du bonheur du peuple en tirent les leçons. Mais non !

 Les “Vendéens” de Russie

En Russie, tout s’est déroulé d’une façon pire encore et à une échelle incomparable. De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement appliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les socialistes internationalistes. Seul leur degré d’organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des Jacobins.

Nous n’avons pas eu de Thermidor, mais — et nous pouvons en être fiers, en notre âme et conscience — nous avons eu notre Vendée. Et même plus d’une.

  • Ce sont les grands soulèvements paysans, en 1920-21. J’évoquerai seulement un épisode bien connu : ces foules de paysans, armés de bâtons et de fourches, qui ont marché sur Tanbow, au son des cloches des églises avoisinantes, pour être fauchés par des mitrailleuses. Le soulèvement de Tanbow s’est maintenu pendant onze mois, bien que les communistes, en le réprimant, aient employé des chars d’assaut, des trains blindés, des avions, aient pris en otages les familles des révoltés et aient été à deux doigts d’utiliser des gaz toxiques.
  • Nous avons connu aussi une résistance farouche au bolchévisme chez les Cosaques de l’Oural, du Don, étouffés dans les torrents de sang. Un véritable génocide.

 Plus jamais ça !

En inaugurant aujourd’hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. Nous avons traversé ensemble avec vous le XXe siècle. De part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, je le pense, les Français seront de plus en plus nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée.

Alexandre SOLJÉNITSYNE

Source: Vive Le Roy

Affaire du crucifix : le pluralisme religieux, un "argument pour imposer le sécularisme" (Grégor Puppinck)

La sentence contre le crucifix dans les écoles italiennes a suscité l'opposition la plus grande de toute l'histoire de la Cour européenne des droits de l'homme : 20 pays s'y sont opposés et ont apporté officiellement leur soutien à l'Italie.

Dans son édition italienne du 22 juillet, « L'Osservatore Romano » explique les raisons de cette opposition dans un article de Grégor Puppinck, directeur du « European Centre for Law and Justice » (ECLJ), une organisation non gouvernementale basée à Strasbourg et œuvrant pour la défense de la liberté de culte et de conviction, notamment auprès de la Cour européenne des droits de l'homme et des Nations-Unies.

Grégor Puppinck revient pour ZENIT sur quelques points essentiels de cet article et souligne notamment que « le débat autour de la légitimité de la présence du symbole du Christ dans la société italienne est emblématique d'une certaine volonté de séculariser l'Europe ».

 

Grégor Puppinck : L'affaire a été présentée au Tribunal de Strasbourg par Soile Lautsi, citoyenne italienne d'origine finlandaise qui avait demandé en 2002 à l'école publique de ses enfants, « Vittorino da Feltre » de Abano Terme (Padoue), d'enlever les crucifix des salles de classe. L'école a refusé. Devant la Cour de Strasbourg, Mme Lautsi s'est plainte de ce que l'exposition de la croix dans les salles de classe fréquentées par ses enfants serait une violation de sa liberté de conviction et de son droit à ce que ses enfants reçoivent un enseignement public conforme à ses convictions philosophiques. Donnant raison à la requérante, la Cour a jugé que la présence d'un symbole religieux dans les salles de classes est une chose mauvaise en soi qui ne peut trouver aucune justification. Jusqu'alors, la Cour avait toujours considéré à l'inverse que les Etats sont libres en ce domaine, qu'il convient de respecter leur culture et leur tradition, et que la seule limite à ne pas franchir était de soumettre les élèves à un endoctrinement ou à un prosélytisme abusif.

 

Afin de donner une base légale à sa décision, la Cour a créé une obligation nouvelle selon laquelle l'Etat serait « tenu à la neutralité confessionnelle dans le cadre de l'éducation publique où la présence aux cours est requise sans considération de religion et qui doit chercher à inculquer aux élèves une pensée critique. » En d'autres termes, la Cour affirme dans l'arrêt Lautsi qu'une société, pour être démocratique, doit renoncer à son identité religieuse.

 

L'Italie a fait appel de cette décision devant la Grande Chambre de la Cour de Strasbourg. Cet appel a été entendu le 30 juin dernier. Le jugement de la Cour est attendu pour l'automne.

 

L'affaire Lautsi a une importance considérable. Elle est emblématique, car elle met en jeu la légitimité même de la présence visible du Christ dans les écoles de Rome, de l'Italie, et par extension de toute l'Europe. Cette affaire est devenue un symbole dans le conflit actuel relatif à l'avenir de l'identité culturelle et religieuse de l'Europe. Ce conflit oppose les partisans de la sécularisation complète de la société et les tenants d'une Europe ouverte et fidèle à son identité profonde. Les partisans de la sécularisation voient le sécularisme comme la solution permettant de gérer le pluralisme religieux, et ils voient le pluralisme comme un argument permettant d'imposer le sécularisme.

 

Cela n'a rien de neutre. La « sécularisation » n'est pas un phénomène strictement spontané ou inéluctable. Elle procède même pour l'essentiel de choix politiques, telle la politique anticléricale de la France au début du vingtième siècle, ou celle menée actuellement par le gouvernement espagnol. Ou encore ce premier arrêt Lautsi, qui n'est pas seulement fondé sur des arguments juridiques, mais d'abord sur un apriori politique.

L'Europe est diverse et seule une minorité d'Etats, comme la France, a officiellement renoncé à son identité chrétienne. D'autres y sont restés fidèles ou y sont revenus, comme certains anciens pays communistes. Le pluralisme religieux, le cosmopolitisme qui sert de paradigme à la réflexion de la Cour, est en réalité une fiction étrangère à l'essentiel du territoire européen.

Il apparaît de plus en plus clairement que les institutions publiques de l'Europe de l'ouest - et l'arrêt Lautsi n'en est qu'une illustration - ont fait le choix de limiter la liberté religieuse et d'imposer une sécularisation de la société afin de promouvoir un certain modèle culturel dans lequel l'absence de valeur (neutralité) et le relativisme (pluralisme) sont des valeurs en soi soutenant un projet politique qui se voudrait « post-religieux » et « post-identitaire », en un mot « post-moderne ». Ce projet politique a une prétention au monopole en tant que système philosophique.

 

Dans un premier temps, dix pays sont entrés dans l'affaire Lautsi comme « tiers intervenants » (amicus curiae). Chacun de ces pays - l'Arménie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Lituanie, Malte, Monaco, la Roumanie, la Fédération de Russie et Saint-Marin - a remis à la Cour un mémoire écrit l'invitant à revenir sur sa première décision. Ces mémoires ont non seulement un intérêt juridique, mais ils sont d'abord de remarquables témoignages de défense de leur patrimoine et de leur identité face à l'imposition d'un modèle culturel unique. La Lituanie par exemple n'a pas hésité à mettre en parallèle l'arrêt Lautsi avec la persécution religieuse qu'elle a subie et qui se manifestait notamment par l'interdiction des symboles religieux.

A ces dix pays, dix autres se sont à ce jour ajoutés. En effet, les gouvernements de l'Albanie, de l'Autriche, de la Croatie, de la Hongrie, de la Macédoine (ARYM), de la Moldavie, de la Pologne, de la Serbie, de la Slovaquie et de l'Ukraine ont publiquement mis en cause le jugement de la Cour et demandé que les identités et traditions religieuses nationales soient respectées. Plusieurs gouvernements ont insisté sur le fait que cette identité religieuse est à la source des valeurs et de l'unité européenne.

Ainsi, avec l'Italie, c'est déjà près de la moitié des Etats membres du Conseil de l'Europe (21/47) qui s'est publiquement opposée à cette tentative de sécularisation forcée des écoles et qui a affirmé la légitimité sociale du christianisme dans la société européenne. Derrière les arguments réels de défense des identités, des cultures et des traditions chrétiennes nationales, ces vingt Etats ont de fait publiquement affirmé et défendu leur attachement au Christ lui-même ; ils ont rappelé qu'il est conforme au bien commun que le Christ soit présent et honoré dans la société.

Cette coalition, qui regroupe presque toute l'Europe centrale et orientale, fait apparaître la permanence d'une division culturelle interne à l'Europe ; elle montre aussi que cette division peut être surmontée, comme en témoigne l'importance du soutien apporté à l'Italie par des pays de tradition orthodoxe, quelle que soit leur orientation politique du moment.

L'importance du soutien apporté par des pays de tradition orthodoxe résulte en grande partie de la détermination du Patriarcat de Moscou à se défendre contre la progression du sécularisme. Mettant en œuvre la demande du Patriarche Kirill de Moscou visant à « unir les Églises chrétiennes contre l'avancée du sécularisme », le métropolite Hilarion a proposé la constitution d'une « alliance stratégique entre catholiques et orthodoxes » en vue de défendre ensemble la tradition chrétienne « contre le sécularisme, le libéralisme et le relativisme qui prévalent dans l'Europe moderne ».

Le Conseil de l'Europe, dont dépend la Cour de Strasbourg, affirme dans sa Charte fondatrice « l'attachement inébranlable » des peuples de l'Europe aux « valeurs spirituelles et morales qui sont leur patrimoine commun ». Ces valeurs spirituelles et morales ne sont pas de nature privée, elles sont constitutives de l'identité religieuse de l'Europe et sont reconnues comme fondant le projet politique européen. Comme le rappelait récemment le Saint-Père, le christianisme est à la source de ces valeurs spirituelles et morales. L'alliance de ces vingt-et-un pays indique qu'il est possible de construire l'avenir de la société européenne sur ce fondement, au prix d'une réflexion lucide sur le modèle culturel occidental contemporain et dans la fidélité au Christ. L'Europe ne peut pas affronter l'avenir en renonçant au Christ.

Source : http://www.zenit.org/article-25041?l=french

Christ Roi

jeudi, 22 juillet 2010

Les massacres de septembre (IX)

Les responsabilités

Les massacres de septembre ne sont pas perpétrés par le peuple mais par un tout petit nombre

Ces paroles renfermaient un impudent mensonge, une injure gratuite envers le peuple de Paris et la nation tout entière.

Le forfait de septembre a été l’œuvre de quelques scélérats ; il n’a pas été celui du peuple. La France et Paris lui-même en sont innocents.

Ceux qui ont perpétré le crime ont voulu se décharger sur une foule anonyme, parlant irresponsable, de l’épouvantable fardeau. Le peuple a bon dos : il faut charger le peuple ! Multiplier le nombre des coupables, c’est réduire le crime en poussière, c’est le rendre impalpable et le dérober aux revendications de l’histoire. De là, cette explication que les journées de septembre sont dues à une effervescence populaire, à une sorte de rage du patriotisme parisien, surexcité par la prise de Verdun et l’entrée des Prussiens sur le territoire français.

Ce système, qui remonte à Robespierre et qui fut tout aussitôt propagé, comme un mot d’ordre, par les organisateurs des massacres, a été souvent reproduit de nos jours.

En présence des pièces officielles et des documents authentiques qui sont sortis de toutes parts dans ces derniers temps, il n’est plus discutable.

Tout d’abord, les massacres furent exécutés par un très petit nombre d’hommes :

  • trois cents au plus, selon Roch Marcandier, témoin oculaire ;
  • deux cents, d’après Louvet,
  • une centaine au dire de Brissot.
  • À la Conciergerie, à la Force, les tueurs n’étaient guère qu’une douzaine.

Les massacres sont prémédités et cautionnés par l’Assemblée et la Commune

Pendant cinq jours, ils accomplirent leur œuvre en toute paix, comme des journaliers leur travail, en face de l’Assemblée, de la Commune, du Comité de surveillance, d’un maire disposant de la force publique, d’une garde nationale de cinquante mille hommes !

Peu de jours avant les massacres, les administrateurs de police firent mettre en liberté un certain nombre de prisonniers auxquels s’intéressaient quelques-uns des meneurs.

  • Danton sauva Charles Lameth, plusieurs prêtres des écoles chrétiennes ;
  • Beaumarchais dut la vie à Manuel ;
  • l’abbé Béradier à Camille Desmoulins et à Robespierre, ses anciens élèves de Louis-le-Grand ;
  • Marat lui-même sauva plusieurs prisonniers.

Enfin, hier encore on pouvait voir aux archives de l’Hôtel-de-Ville et de la Préfecture de police des pièces d’une éloquence sinistre, d’un réalisme effrayant, attestant la préméditation de l’horrible trame : procès-verbaux, dépêches, ordres, arrêtés, factures des fournisseurs, quittances des bourreaux, registres d’écrou maculés de vin et de sang. La Commune de 1871 a fait disparaître ces traces matérielles de la complicité de la Commune de 1792 dans la boucherie de septembre.

Mais Dieu a permis que l’œuvre du pétrole fût impuissante à anéantir les preuves de l’accusation. Grâce à de patients chercheurs, les documents relatifs aux journées maudites ont été intégralement reproduits et livrés au public. L’histoire reste en pleine possession de la vérité : elle a le devoir de la redire.

Les vrais responsables du massacre : Marat et Danton

Or, la vérité, la voici :

  • La pensée des massacres commence par germer dans le cerveau de Marat. « La face et la main de Marat sont restées empreintes dans le suaire de septembre », a dit Edgard Quinet. Il conçut le drame dont le comité de surveillance ordonna la mise en scène avec une habileté supérieure, un art terrible, selon le mot des deux historiens révolutionnaires, Buchez et Roux.
  • Les premiers rôles sont remplis par Danton, Billaud-Varennes, Manuel, Panis et Sergent ; Santerre, le chef inactif de la garde nationale (un rôle muet). Robespierre ne paraît pas sur la scène, mais ses yeux de chat-tigre luisent au fond de la coulisse.
  • Le ministre de l’intérieur et le maire de Paris, Roland et Pétion, se confinent dans l’emploi des Jocrisse.
  • Nous négligeons les comparses et les machinistes.

En résumé, tout fut arrêté d’avance dans le crime de septembre, tout fut prémédité :

  • le triage des prisonniers,
  • la désignation des victimes réservées à la mort,
  • le choix des ouvriers,
  • la fixation de leur salaire.

La Commune ne mit pas le travail des massacres aux enchères de la fureur publique ; elle l’exécuta en régie administrative. C’était plus expéditif et plus sûr.

Le sang qu’elle fit jaillir coula longtemps. Le ruisseau de la rue Sainte-Marguerite, grossi de tous les affluents que lui fournissait chaque jour la guillotine, devint bientôt un large fleuve, le fleuve se fit torrent et le torrent finit par emporter la plupart des septembriseurs et l’horrible Commune elle-même, — les bourreaux après les victimes.

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roy

"Complot qui n'existe pas". Comment fabriquer des dégénérés?

 

"Corruption morale caractéristique, peut-on dire, et, par certains, proposée systématiquement, comme le prouvent tels documents communiqués par le Vatican à Crétineau-Joly qui les publia à la demande de Grégoire XVI et de Pie IX.

'Mgr Delassus (La conjuration antichrétienne, p. 325) :

Sur la fin de son pontificat, le pape Grégoire XVI, effrayé du redoublement d'activité qu'il remarquait dans les sociétés secrètes, voulut, peu de jours avant sa mort, les dévoiler à toute l'Europe. Pour cela, il jeta les yeux sur Crétineau-Joly. Le 20 mai 1846, il lui fit écrire par le cardinal Lambruschini de venir à Rome. Il lui fit remettre, pour ce travail, par le cardinal Bernetti, ancien secrétaire d'Etat, les documents en sa possession, et il l'accrédita au près des cours de Vienne et de Naples pour qu'il obtînt d'elles communication d'autres documents déposés dans leurs archives secrètes."

 

Mille pressions s'exercèrent aussitôt sur Crétineau-Joly pour le contraindre au silence. Pie IX lui-même, effrayé par les dangers que courait l'historien, le lui conseilla. Ce n'est qu'en 1849, pendant que le Pape était à Gaëtte, que le cardinal Fornari, nonce à Paris, engagea l'historien à reprendre son travail. Après bien des vicissitudes, la plupart des documents virent le jour dans "L'Histoire du Sonderbund" et dans "L'Eglise Romaine en face de la Révolution".

Dans le deuxième volume de son ouvrage "L'Eglise Romaine en face de la révolution", Crétineau-Joly publie une autre lettre d'un membre de la Haute vente (Vindice à Nubius - deux pseudonymes -, de Castellemare, le 9 août 1838) :

'Le catholicisme, y peut-on lire, n'a pas plus peur d'un stylet bien acéré que les monarchies ; mais ces deux bases de l'ordre social peuvent crouler sous la CORRUPTION : ne nous lassons donc jamais de corrompre. Tertullien disait avec raison que le sang des martyrs enfantait des chrétiens ; ne faisons donc pas des martyrs, mais popularisons le vice dans les multitudes. Qu'elles le respirent par les cinq sens, qu'elles le boivent, qu'elles s'en saturent [...] Faites des coeurs vicieux et vous n'aurez plus de catholiques

C'est la CORRUPTION en grand que nous avons entreprise [...] la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l'Eglise au tombeau. J'entendais dernièrement un de nos amis rire d'une manière philosophique de nos projets et nous dire:

Pour abattre le catholicisme, il faut commencer par supprimer la femme. Mais, puisque nous ne pouvons supprimer la femme, corrompons-la avec l'Eglise. Corruptio optimi pessima. [...] Le meilleur poignard pour l'Eglise c'est la corruption.'"

(Jean Ousset, Pour qu'Il règne, DMM, Niort 1998, p. 147-148).

"Corruption de la femme, vient-il d'être dit. Or, ne pouvait-on lire dans le journal 'L'Emeute' de Lyon (du 7-12-1883) : 'Il est temps de renforcer nos bataillons avec tous les éléments qui épouseront nos haines… Les filles seront de puissants auxiliaires; elles iront chercher les fils de famille jusque dans le giron de leur mère pour les pousser au vice, au crime même…; elles se feront les servantes des filles des bourgeois pour pouvoir leur inculquer les passions honteuses. Telle pourra être l'œuvre des femmes attachées à la Révolution.'

Le premier auteur de la loi qui a créé les lycées de filles, Camille Sée, a déclaré que l'œuvre de déchristianisation de la France n'obtiendrait son plein succès que lorsque toutes les femmes auraient reçu l'éducation laïque. "Tant que l'éducation des femmes, a-t-il dit dans son rapport à la Chambre en 1880, finira avec l'instruction primaire, il sera presque impossible de vaincre les préjugés, la superstition, la routine" (entendons : les traditions catholiques, le dogme, la morale.)

 

En janvier 1906, le renégat Charbonnel eut un entretien avec le ministre de l'Instruction Publique, le franc-maçon Bienvenu Martin. 'La Raison' en rendit compte: "Je voyage beaucoup, dit le ministre, pour une cause que j'ai profondément à cœur, l'éducation des jeunes filles. Je suis allé inaugurer nombre de lycées et de collèges à leur usage. Nous arracherons la femme au couvent et à l'Eglise. L'homme fait la loi, la femme fait les mœurs. …

Or ici l'initiative a été prise par les loges. Le 6 septembre 1900, le Convent du Grand-Orient de France renvoya 'à l'étude des loges la recherche des moyens les plus efficaces pour rétablir l'influence des idées maçonniques sur les femmes, tenter de les arracher à l'influence des prêtres et créer telles institutions aptes à atteindre ce but.' (Compte-rendu du Convent de 1900, p. 166.)

'Pour tuer l'Eglise, il n'y a qu'à prendre l'enfant et à corrompre la femme' (Heine.)

'Celui qui tient la femme tient tout, d'abord parce qu'il tient l'enfant, ensuite parce qu'il tient le mari' (Jules Ferry) [le fameux promoteur de l'école laïque et obligatoire…]

'Les communistes désirent que la femme se libère le plus tôt possible de son foyer, qu'elle ne subisse la maternité que d'une façon consciente et raisonnée' (P. Semard, L'Humanité du 8.11.1924).

Au Congrès maçonnico-féministe de 1900, on put entendre : 'Nous voulons l'union libre dans l'amour jeune et sain. Le mariage pourra être supprimé sans inconvénient. Liberté absolue de l'avortement... etc.'

'Il faut détruire (dans la femme) le sentiment instinctif et égoïste de l'amour maternel... La femme n'est qu'une chienne, une femelle, si elle aime des enfants' (Congrès communiste du 16.11.1922). - Voir aussi La femme et l'enfant dans la Franc-maçonnerie, par M. de la Rive, 1895.

 

Les fascicules des 1er et 16 avril 1909 de la Réforme sociale publièrent un mémoire de M. Pierret, intitulé 'L'oeuvre de la dépopulation en France', dans lequel il était établi d'une façon péremptoire que le mouvement néomalthusien était voulu par la Maçonnerie : 'M. Pierret prouve... que sous le haut patronnage de celle-ci, avec le concours avoué des personnages les plus éminents du parti maçonnique, des associations se sont fondées qui tendent à ce but. Le frère Robin y est encadré par tout un groupe de politiciens dont les noms sont tristement connus : Aulard, Henry, Berenger, Seailles, Lucipia, Merlon, Fernand Gregh, Trouillot, Jaurès, etc. Et M. Pierret explique comment il prit contact avec ce mouvement dans une réunion de 'Jeunesse laïque' présidée par M. Havet, de l'Institut, et dont les principaux orateurs n'étaient rien moins que M. Anatole France, de l'Académie française, M. le député Sembat, et le non moins député Ferdinand Buisson, qui a présidé longtemps aux destinées de notre enseignement officiel' (fascicules des 1er et 16 avril 1909 de la Réforme sociale, p. 394, 395)

 

Qu'il s'agisse de l'apologie de l'union libre, de l'introduction et du développement du néo-malthusianisme (dépopulation, avortement), du développement des modes immodestes, de l'envahissement de la littérature pornographique, de la prétendue 'éducation sexuelle', etc., on sait quelle fut l'action déterminante sinon la complicité des Loges. Oeuvre systématique et continue de corruption morale. De l'idéal proposé par Helvetius à l'ouvrage réédité par Léon Blum au moment où, en une heure typiquement révolutionnaire, il était le chef du gouvernement français, il est impossible de ne pas constater une volonté de corruption vraiment trop stable pour qu'on ne la puisse dire 'essentielle' à la Révolution."

(Crétineau-Joly, L'Eglise romaine en face de la Révolution, 1849 in Jean Ousset, Pour qu'Il règne, DMM, Niort 1998, p. 149-151.)

 

Source: Christ Roi

L'église d'Echillais (17) a été profanée par des vandales à moto

Des indices laissent penser que les vandales sont entrés à moto dans ce chef d'œuvre de l'art roman.

Un enfer souillé de mégots et de traces de pneus de scooters, faisant de cette nef moyenâgeuse un véritable circuit de motocross.

Le bénitier a été jeté hors du monument, l'harmonium brisé et amputé de ses touches. Mais surtout, le christ en croix du XVIIe siècle gisant au milieu du chœur, a été littéralement démantibulé.

S'il faut bien avouer que les détails de cette triste scène laissent davantage imaginer un concours d'imbécillités que l'œuvre préméditée d'un groupuscule sataniste, les gendarmes ont tout de même passé l'église au peigne fin, à la recherche d'indices ou d'empreintes laissés par les vandales. « Les faits se sont déroulés dimanche après-midi, à un moment où le bistrot est fermé et les alentours totalement déserts, il n'y a donc pas de témoin », explique l'un d'entre eux.

Source : http://www.sudouest.fr/2010/07/21/l-eglise-a-ete-profanee-143724-1336.php

Publié sur le blog du Christ Roi

mardi, 20 juillet 2010

Les massacres de septembre (VIII)

Massacres en province

Sur le nombre des victimes

Quel fut le chiffre précis des victimes de septembre ? Les uns le fixent à huit mille ; les autres le font descendre au-dessous d’un millier. La vérité est que, pour les huit prisons de Paris, le nombre des morts, tel qu’il résulte des documents authentiques, oscille entre treize cent soixante-huit et quatorze cent cinquante-huit. Le premier de ces deux chiffres est donné par M. Mortimer-Ternaux, dont on connaît l’érudition scrupuleuse.

Mais les tueries ne s’arrêtèrent pas à l’enceinte de la capitale ; elles eurent leur contre-coup en province. On peut suivre la trace du sang de septembre depuis la cour de l’Abbaye, à travers toutes les prisons parisiennes, jusqu’à Meaux, à Reims, à Charleville, à Caen, à Lyon, à Orléans, à Versailles et ailleurs encore, jusqu’au fond même de petits villages affiliés à la société des Jacobins.

La Commune revendique les massacres et cherche à les généraliser au reste du pays

Dès le 3 septembre, les membres du Comité de surveillance adressèrent à toutes les municipalités une circulaire renfermant l’apologie officielle de l’épouvantable forfait.

Danton la fit partir sous le couvert du ministère de la justice. Cette circulaire, signée de Duplessis, Panis, Sergent, Lenfant, Jourdeuil, Marat, Deforgues, Duffort, Cally, fut emportée par les commissaires que la Commune expédiait pour activer l’enrôlement des volontaires et réchauffer l’esprit public. On y lisait :

La Commune de Paris se hâte d’informer ses frères de tous les départements qu’une partie des conspirateurs féroces, détenus dans les prisons, a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur des légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allait marcher à l’ennemi ; et, sans doute, la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l’ont conduite sur les bords de l’abîme, s’empressera d’adopter ce moyen si nécessaire de salut public.

Quelques municipalités suivent

Les “ frères ” de la Commune ne répondirent que trop bien à ce furieux appel.

  • À Meaux, il y eut treize victimes, dont sept prêtres insermentés ;
  • à Reims, on tua un officier supérieur, M. de Montrosier, cinq chanoines et plusieurs autres prêtres ;
  • à Caen, la rage démagogique se rua principalement sur le procureur général-syndic du département, Georges Bayeux, qui fut égorgé sur la place Saint-Sauveur.
  • Quatre prêtres furent massacrés à Conches, petit bourg situé près d’Autun.
  • Lyon eut aussi ses scènes d’horreur et de sang. Sept officiers démissionnaires succombèrent sous les coups d’une foule d’assassins, secrètement dirigés par Chalier, le futur terroriste de la cité.

Le duc de La Rochefoucault, ancien président du département de Paris, que la Révolution naissante avait entouré de popularité et qui était devenu odieux à la multitude pour sa courageuse conduite au 20 juin, se trouvait aux eaux de Forges. Un commissaire de la Commune reçoit la mission de le faire prisonnier et de le conduire sous bonne escorte à Paris, ainsi que sa mère la duchesse d’Anville, âgée de quatre-vingts ans, la duchesse de la Rochefoucault et Mme d’Astorg. Près de Gisors, le cortège est assailli par une multitude armée de sabres et de bâtons. Frappé d’un coup de pierre à la tempe, le prisonnier est renversé et achevé à coups de bâton sous les yeux de ses gardiens.

Le massacre des prisonniers d’Orléans et de Versailles

Les prisons d’Orléans regorgeaient de prisonniers destinés à être jugés par la haute cour. Parmi eux se trouvaient

  • le duc de Cossé-Brissac,
  • Mgr de Castellane, évêque de Mende ;
  • M. Delessart, ancien ministre de l’intérieur ;
  • M. d’Abancourt, dernier ministre de la guerre sous Louis XVI,
  • Étienne Larivière, juge de paix de la section Henri IV, etc.

Un ramassis de voleurs sous les ordres d’un homme atroce, Fournier l’Américain, se rendent à Orléans. Les prisonniers, entassés sur sept chariots, après avoir été dépouillés de leur or et de bijoux précieux, sont dirigés à petites journées sur Paris, malgré les ordres précis de l’Assemblée.

Ils arrivent le 9 septembre à Versailles. Les sicaires du comité de surveillance les y avaient devancés !

À deux heures de l’après-midi le convoi, s’engageant sur la route de Saint-Cyr, se trouvait à la hauteur de l’Orangerie, quand une troupe d’hommes armés de piques et de sabres se rua sur les prisonniers.

Malgré les efforts courageux jusqu’à l’héroïsme du maire de Versailles, Georges Richard, tous les chariots furent envahis à la fois, et, en moins d’une heure, quarante-quatre cadavres sanglants et défigurés jonchaient le pavé de la rue de l’Orangerie. Neuf prisonniers parvinrent à s’échapper à la faveur du tumulte.

La troupe de Fournier qui était composée de deux mille hommes armés jusqu’aux dents assista impassible aux massacres. Puis la bande des tueurs, portant comme des trophées les membres palpitants de leurs victimes, se rendit à la maison d’arrêt, où elle égorgea vingt-six détenus.

Le lendemain de cette journée, dont les Versaillais ont gardé longtemps l’effrayant souvenir, l’armée expéditionnaire, aux ordres de Fournier, entra dans Paris, tambours battant et drapeaux déployés. Elle se dirigea vers la place Vendôme et s’arrêta devant l’hôtel qu’occupe encore aujourd’hui le ministère de la justice.

Danton parut sur le seuil et adressa aux bandits une allocution qui se terminait par ces mots :

Celui qui vous remercie, ce n’est pas le ministre de la justice, c’est le ministre du peuple.

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roy

lundi, 19 juillet 2010

Les massacres de septembre (VII)

La princesse de Lamballe

“ Procès ” et meurtre de la princesse de Lamballe

Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, surintendante de la maison de la Reine, comparut le 3 septembre à huit heures du matin devant l’infâme tribunal.

La vue des bourreaux, l’odeur du sang, tout l’appareil de la « justice du peuple, » lui causèrent un saisissement tel qu’elle s’évanouit à diverses reprises.

Après un bref interrogatoire, le président lui dit :

Jurez l’amour de la liberté et de l’égalité, la haine du roi et de la reine.Je ferai volontiers le premier serment, répondit-elle ; quant au second, il n’est pas dans mon cœur.

Quelqu’un lui dit tout bas : Jurez tout, ou vous êtes morte !

Elle baissa la tête et ne répondit rien. — Eh bien, sortez, ajouta la même voix, et quand vous serez dans la rue, criez : Vive la Nation !

Soutenue par un des chefs des égorgeurs, la princesse paraît sur le seuil. Mais elle oublie la recommandation salutaire ; en présence des cadavres amoncelés, un seul cri s’échappe de ses lèvres : Dieu, quelle horreur ! et elle s’évanouit.

Elle fut tuée à coups de pique, sur un tas de corps morts ; on la dépouilla de ses vêtements, et les bourreaux commirent sur ses restes mutilés des atrocités devant lesquelles l’histoire épouvantée s’arrête dans l’impuissance de les redire.

Mise en scène macabre pour meurtrir la famille royale

Sa tête coupée, placée au haut d’une pique, fut promenée dans Paris par un nommé Chariot, qui, suivi d’une troupe de cannibales, la porta successivement à l’abbaye Saint-Antoine, dont l’abbesse, Mme de Beauveau, était l’amie de la princesse ; au Palais-Royal, à l’hôtel du duc de Penthièvre, et enfin au Temple. Le sanglant cortège pénétra dans l’enclos jusqu’au pied de la tour qui renfermait la famille royale.

On entendit le bruit des tambours, et bientôt les cris de la populace, raconte Cléry dans le Journal du Temple ; la famille royale sortit de table avec, inquiétude et se réunit dans la chambre de la Reine. Je descendis pour dîner avec Tison et sa femme, employés au service de la Tour. Nous étions a peine assis, qu’une tête au bout d’une pique fut présentée à la croisée. La femme de Tison jeta un grand cri ; les assassins crurent avoir reconnu la voix de la Reine, et nous entendîmes le rire effréné de ces barbares….

C’était la tête de Mme la princesse de Lamballe ; quoique sanglante, elle n’était point défigurée ; ses cheveux blonds, encore bouclés, flottaient autour de la pique.

Je courus aussitôt vers le Roi. La terreur avait tellement altéré mon visage, que la Reine s’en aperçut ; il était important de lui en cacher la cause ; je voulais seulement avertir le Roi ou Madame Élisabeth, mais les deux municipaux étaient présents. « Pourquoi n’allez-vous pas dîner ? » me dit la Reine.

« Madame, lui répondis-je, je suis indisposé. »

Dans ce moment, un municipal entra dans la Tour, et vint parler avec mystère à ses collègues… Cependant les cris du dehors augmentaient ; on entendait très distinctement des injures adressées à la Reine.

Un autre municipal survint, suivi de quatre hommes députés par le peuple, pour s’assurer si la famille royale était dans la Tour. L’un d’eux, en habit de garde national, portait deux épaulettes, et, armé d’un grand sabre, il insista pour que les prisonniers se montrassent à la fenêtre ; les municipaux s’y opposèrent.

Cet homme dit à la Reine du ton le plus grossier : « On veut vous cacher la tête de la Lamballe que l’on vous apportait, pour vous faire voir comment le peuple se venge de ses tyrans ; je vous conseille de paraître, si vous ne voulez pas que le peuple monte ici. »

À cette menace la Reine tomba évanouie ; je volai à son secours, Madame Élisabeth m’aida à la placer sur un fauteuil ; ses enfants fondaient en larmes et cherchaient par leurs caresses à la ranimer.

Cet homme ne s’éloignait point ; le Roi lui dit avec fermeté : « Nous nous attendons à tout, Monsieur, mais vous auriez pu vous dispenser d’apprendre à la Reine ce malheur affreux… »

Après le meurtre de Mme la princesse de Lamballe, quelques acquittements eurent lieu à la Force. Mathon de la Varenne, avocat au Parlement de Paris ; Weber, frère de lait de Marie-Antoinette ; Chamilly, valet de chambre du Roi, furent mis en liberté, et c’est grâce à leurs témoignages directs que l’histoire a pu recueillir la plupart des faits que nous venons de relater.

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roy

17 juillet 1918 : l'assassinat de Nicolas II et de la famille impériale russe

"Il ne faut pas craindre 'de faire porter aux Juifs une part de responsabilité dans ce qui est arrivé'" (D.S. Pasmanik, Tchego my dobivaemsia ? [Que voulons-nous obtenir?], in Rossia i Evrei [La Russie et les Juifs], Paris, YMCA Press, 1978, éd. originale, Berlin, 1924, p. 210, cité in A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique", Fayard, La Flèche 2003, p. 208).


L'assassinat des Romanov
http://www.les-derniers-romanov.com/

Il y a 92 ans, Nicolas II, dernier tsar de Russie était assassiné avec toute sa famille, sa femme, et ses cinq enfants à Ekaterinbourg, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, tous fusillés dans l'une des pièces du sous-sol de la maison Ipatiev, sur ordre du chef local de la
Tchéka, le juif Iakov Iourovski, huitième de dix enfants "d'une famille juive orthodoxe" (Source : wikipedia), un horloger, fils d'un criminel qui avait été déporté en Sibérie - où était né le rejeton - qui avait été mis en juillet 1918 à la tête de la maison Ipatiev... précise Alexandre Soljénitsyne dans son ouvrage "Deux siècles ensemble" (ibid., tome II, 1917-1972 Juifs et Russes pendant la période soviétique", p. 101).

Les corps furent achevés à coup de hache et de baïonnette, brûlés puis aspergés de barils d'essence et d'acide sulfurique pour empêcher leur identification s’ils étaient retrouvés. Le tueur Iourovski reçut la veille, le 16 juillet, l'autorisation de cet assassinat de
Iakov Sverdlov, "russe d'origine juive", ordre que selon Alexandre Soljénitsyne il semble avoir reçu lui-même de Philippe Golochtchokine (fiche biographique inexistante sur wikipedia et sur internet), "secrétaire du Comité de région de l'Oural". 

Les victimes sont au nombre de onze :

Nicolas II
, sa femme Alelandra Fedorovna, ses quatre filles Olga, Tatiana, Maria et Anastasia, son fils Alexis, le médecin de famille Ievgueni Botkine, la femme de chambre Anna Demidova, le valet de chambre Alekseï Trupp et le cuisinier Ivan Kharitonov.



"On sait maintenant qu'au début de juillet 1918 Goloschiokine s'était rendu à Moscou dans le but de convaincre Lénine que laisser "s'enfuir" le tsar et sa famille était une mauvaise solution, qu'il fallait carrément ouvertement les exécuter, puis annoncer la chose publiquement. Convaincre Lénine qu'il fallait supprimer le tsar et sa famille n'était pas nécessaire, lui-même n'en doutait pas un seul instant.

... L
'omniprésence des Juifs aux côtés des bolcheviks eut, au cours de ces journées et de ces mois terribles, les plus atroces conséquences. Parmi elles, l'assassinat de la famille impériale. Deux personnages jouèrent un rôle décisif : Philippe Golochtchokine et Iakov Iourovski. ... Golochtchokine s'entendait à merveille avec Sverdlov, il devint le secrétaire du Comité de province de Perm et de Iékaterinbourg, puis du Comité de région de l'Oural, autrement dit le maître absolu de la région.
... Golochtchokine... était rentré le 12 juillet à Iékatérinbourg dans l'attente du dernier signal envoyé de Moscou. Ce fut Sverdlov qui transmit l'ultime instruction de Lénine." (Alexandre Soljénitsyne
, ibid., p. 99-101).

Par la suite, "Iourovski se vantait avec aplomb d'avoir été le meilleur : 'C'est la balle de mon colt qui a tué raide Nicolas'". Mais cet honneur-là échut aussi à Ermakov et à son camarade Mauser" (Mikhaïl Heifets, Tsareoubiistvo v 1918 godou [L'assassinat du tsar en 1918], Moscou-Jérusalem, 1991, pp. 246-247, 258, 268-271).

Justice immanente, parmi les membres du commando juif bolchevik assassin, un certain
Imre NAGY, futur chef de la Hongrie en révolte (1956, insurrection de Budapest), sera pendu en 1958 par les Russes pour « conduite contre-révolutionnaire »..., et Golochtchokine, sera exécuté en 1941 avec de nombreux Juifs de la haute administration soviétique qui, entre 1938 et 1942, furent arrêtés lors des purges staliniennes et exécutés. Soljénitsyne en dresse une recension nominative, et précise : "voilà qui constitue aussi le martyrologue d'un grand, d'un très grand nombre de Juifs au sommet" (p. 326).

Source : Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard, La Flèche 2003, p. 99-102.
Source: Christ Roi

jeudi, 15 juillet 2010

14 juillet : fête nationale ou fête maçonnique?

« Après un oubli de près de 100 ans depuis la prise de la Bastille, le 14 juillet devient fête Nationale en 1880, sous la IIIème République.

... C’est le frère Benjamain Raspail, député de la Seine pour la gauche républicaine (fils aîné de François-Vincent Raspail, candidat malheureux à la présidence de la République en 1848, carbonaro et franc-maçon au sein de la célèbre loge parisienne Les Amis de la Vérité), qui dépose le 21 mai 1880 la loi faisant du 14 juillet la fête nationale. Ce projet de loi, signé par 64 députés, sera adopté par l’Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle sera promulguée le 6 juillet 1880. 

Mais qu’est-ce qu’on commémore exactement? Cette loi a eu bien du mal à passer car nombre de députés ne souhaitaient pas commémorer la prise de la Bastille du 14 juillet 1789, épisode historique jugé trop violent. Le frère Raspail propose donc de commémorer… le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération, 1er anniversaire de la prise de la Bastille. »

 

Source : http://www.contre-info.com/14-juillet-fete-nationale-ou-fete-maconnique

Publié sur le blog du Christ-Roi

mercredi, 14 juillet 2010

Les massacres de septembre (VI)

 Saint-Firmin, la Conciergerie, la Force, etc.

Pendant que l’on massacrait aux Carmes et à l’Abbaye, on tuait aussi à Saint-Firmin, à la Conciergerie, au Châtelet, à la Salpêtrière, aux Bernardins, à Bicêtre et à la Force.

Le massacre du petit séminaire de Saint-Firmin

Les bâtiments du petit séminaire de Saint-Firmin, devenus aujourd’hui la caserne de gendarmerie de la rue Saint-Victor, avaient reçu quatre-vingt-treize prêtres insermentés dans le courant du mois d’août. La section du Jardin-des-Plantes (dite des Sans-Culottes) présida à leur exécution. Le grotesque Henriot commanda le massacre.

Soixante-dix-neuf prêtres furent frappés, précipités des fenêtres et achevés dans la rue. Une femme, qu’on appelait la Tueuse et dont le véritable nom était Marie-Anne-Gabrielle, femme Vincent, abattit d’un coup de bûche l’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. « Cet infortuné, dit un témoin, tomba à genoux et, joignant les mains, s’inclina la face contre terre ; un dernier coup l’acheva. »

Le 26 mai 1871, une autre femme se rencontra avec un autre prêtre ; une tueuse de seize ans porta le coup de mort à Mgr Surat, vicaire général de Paris, qui lui disait : « Mademoiselle, n’aurez-vous pas pitié ! »

Les mêmes bourreaux et les mêmes victimes semblent se donner rendez-vous à toutes les étapes de la Révolution.

Le massacre de la Conciergerie

À la Conciergerie, la boucherie commença le 2 septembre, entre quatre et cinq heures du soir. Elle dura jusqu’au lendemain.

Une des premières victimes fut Luce de Montmorin, acquitté par le tribunal du 17 août.

Puis, vinrent sept officiers suisses transférés de l’Abbaye à la Conciergerie.

Enfin des détenus ordinaires, prisonniers obscurs, malfaiteurs vulgaires, condamnés ou simplement prévenus pour crimes ou délits de droit commun. Ils furent confondus avec les prisonniers politiques dans l’égalité du massacre. Peut-être se rencontra-t-il parmi eux quelque bon larron.

La Commune massacre aussi les vagabonds, prostituées et enfants en maison de correction

Les prisons du Châtelet, de la Salpêtrière, du cloître des Bernardins et de Bicêtre ne contenaient que des voleurs, des femmes de mauvaise vie, des aliénés, des pauvres, des vagabonds ; elles n’en furent pas moins déblayées par les travailleurs aux gages de la Commune.

Il entrait dans le plan des meneurs de simuler une insurrection générale attaquant toutes les prisons à la fois. Le massacre était organisé en vue des Suisses, des hommes de cour, des royalistes, des nobles et des prêtres : les malfaiteurs, les fous et les mendiants passèrent par-dessus le marché clans le traité conclu avec la mort.

À Bicêtre se trouvaient des enfants condamnés à quelques années de correction. Plusieurs d’entre eux avaient à peine atteint leur douzième année ! Ceux-là ne furent pas faciles à faire mourir.

Il nous en ont tué trente-trois, les malheureux ! racontait quarante ans plus tard à un historien des prisons de Paris, un vieux gardien du Bicêtre. Les assommeurs nous disaient, et d’ailleurs nous avons pu le voir par nous-mêmes, que ces pauvres enfants étaient bien plus difficiles à assommer que les hommes faits. Vous comprenez, à cet âge, la vie tient bien. Ils nous en ont tué trente-trois ! On en avait fait une montagne, là dans ce coin où l’on démolit, à votre droite. Le lendemain, quand il a fallu les enterrer, c’était un spectacle à fendre l’âme ! Il y eu avait un qui avait l’air de dormir comme un ange du bon Dieu ; mais les autres étaient horriblement mutilés.

La Commune préside le massacre de la prison de la Force

L’action plus ou moins directe, plus ou moins cachée de la Commune se fit sentir dans tous les massacres que nous venons de rappeler. À la Force, elle s’exerça publiquement et comme au grand jour.

Entre cette dernière prison et l’Hôtel-de-Ville, les allées et venues furent continuelles, dans les journées des 2 et 3 septembre. Des délégués de l’horrible cénacle y apparurent revêtus de l’écharpe municipale et vinrent y parler en maîtres. On voit successivement Hébert, Moneuse, Rossignol, Luillier, Chépy occuper le fauteuil du simulacre de tribunal qu’on installa à la Force, comme à l’Abbaye, comme aux Carmes.

Cent soixante-neuf victimes y furent frappées et quelques-unes, M. de Rulhières, Baudin de la Chesnaye, avec d’épouvantables raffinements.

Hébert fit mettre en liberté plusieurs dames de la cour : Mmes de Tourzel, de Mackau, de Navarre, de Sainte-Brisse, etc. Ce Tibère de bas étage aimait encore plus l’argent que le sang ; ses fureurs révolutionnaires s’apaisaient à la vue d’une bourse bien garnie.

Il désirait également, assure-t-on, sauver la princesse de Lamballe. Le duc de Penthièvre, beau-père de la princesse, avait mis cent mille écus à la disposition d’agents secrets dans le but de racheter les jours de sa belle-fille. Mais tous les efforts furent impuissants à préserver cette tête charmante du fer des assassins. Mme de Lamballe avait contre elle son rang, sa beauté, sa vertu et la tendre affection de Marie-Antoinette. C’était plus qu’il n’en fallait pour mourir en septembre 1792 !

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roi

mardi, 13 juillet 2010

Les massacres de septembre (V)

Les Carmes

Le couvent devient une prison pour prêtres

Le couvent des Carmes, qui, au moment de la Révolution de 1789, occupait un vaste enclos limité par les rues de Vaugirard, du Cherche-Midi, du Regard et Cassette, fut déclaré propriété nationale en vertu des lois de confiscation révolutionnaire.

Après le 10 août, on transforma en prison la maison de prières et de bonnes œuvres. Du moins les premières victimes qu’elle reçut furent-elles dignes de succéder aux religieux qui l’avaient habitée pendant près de deux siècles.

Dès le lendemain de la chute du trône, la Commune fit incarcérer tous les prêtres en résidence à Paris qui avaient refusé le serment schismatique imposé à leur conscience par un pouvoir usurpateur. On entassa dans l’église des Carmes tout ce qu’elle pouvait contenir, cent soixante prêtres environ ; le surplus fut enfermé à l’Abbaye, à la Force ou au séminaire Saint-Firmin de la rue Saint-Victor.

Parmi les incarcérés des Carmes, se trouvaient un prélat octogénaire, Mgr Du Lau, archevêque d’Arles, et deux frères du nom de La Rochefoucault, l’évêque de Beauvais et l’évêque de Saintes.

La bande de Maillard arrive

On les entretint d’abord dans la pensée qu’ils allaient être déportés, conformément au décret voté le 28 août, et on leur donna toutes facilités pour se procurer l’argent et les objets nécessaires pour un voyage dont le terme leur était inconnu. Celui qu’ils devaient faire n’avait pas besoin de tant de provisions.

Le 2 septembre, un frisson de terreur, sinistre pressentiment du massacre, passa dans les rangs des prisonniers. Le juge de paix de la section du Luxembourg, Joachim Ceyrat, maratiste d’une férocité bestiale, se présente aux Carmes et fait l’appel des prêtres renfermés dans l’église. Ils descendirent au jardin, où les accueillirent d’atroces vociférations proférées par des gens placés aux fenêtres des cellules du cloître.

Retirés, les uns derrière une palissade de charmille, les autres dans un petit oratoire situé à l’angle de gauche de l’enclos, qui servait habituellement aux Carmes de salle de conférence, ils s’étaient mis en prières, quand tout à coup une porte s’ouvrit avec fracas et laissa passer une horde affreuse d’hommes armés de sabres et de pistolets, qui envahirent le jardin en poussant des cris de mort et en hurlant la Marseillaise. C’était la bande de Maillard, que nous avons vue se diriger vers la rue de Vaugirard, après les premiers massacres de la cour de l’Abbaye.

L’héroïque Mgr du Lau, archevêque d’Arles

La première victime fut un prêtre, l’abbé Giraud, qui récitait son bréviaire auprès du bassin formant le centre du jardin. Il fut tué à coups de sabre. Tous ceux qui, à ses cris, accoururent pour lui porter secours éprouvèrent le même sort.

Puis les assassins se dirigèrent vers l’oratoire en criant : L’archevêque d’Arles ! l’archevêque d’Arles ! Mgr Du Lau s’y trouvait entouré d’environ trente prêtres. Il comprit que l’heure du dernier sacrifice était venue : « Remercions Dieu, dit-il, d’avoir à lui offrir notre sang pour une si belle cause. » Et il pria le plus âgé des prêtres de lui donner l’absolution.

Ses compagnons s’efforcent en vain de le dérober aux poursuites des bourreaux. Les mains croisées sur la poitrine, les yeux levés au ciel, l’homme de Dieu s’avance vers la cohue infernale en répétant cette parole du divin Maître : « Je suis celui que vous cherchez !  » — C’est donc toi, s’écrie un Marseillais, qui es l’archevêque d’Arles ? — Oui, Messieurs, je le suis. — Ah ! scélérat, c’est loi qui as fait verser le sang des patriotes dans la ville d’Arles. — Je n’ai jamais fait de mal à personne. — Eh bien, je vais t’en faire, moi ! réplique l’assassin en lui assénant un coup de sabre sur le front.

Au même instant un second coup de sabre frappé par derrière lui ouvre le crâne. Un troisième lui abat la main droite ; d’autres l’étendent par terre sans connaissance. Une pique lui traverse la poitrine et met fin à son supplice. Cela fait, le Marseillais arrache la croix de l’archevêque et l’agite triomphalement aux yeux des égorgeurs. Ainsi périt le premier des prélats qui devaient tomber dans Paris, victimes de criminelles fureurs.

Sa mort n’apaisa pas la rage de la Révolution, qui, depuis quatre-vingts ans, semble particulièrement altérée du sang des archevêques. Le martyr du jardin des Carmes a inauguré la voie de douleur et de gloire qu’ont suivie à travers les barricades ou derrière le mur de la Roquette Mgr Affre et Mgr Darboy. En expiation des crimes sans cesse renouvelés par la cité révolutionnaire, la justice de Dieu se contentera-t-elle du sang versé par les saints pasteurs ?

Après la mort de Mgr Du Lau, la fureur des brigands se tourne vers ses compagnons. Ceux-ci fuient épouvantés à travers le jardin ; et, bientôt atteints pas les balles, par les coups de sabre et de pique, leurs cadavres jonchent le sol. Un certain nombre s’étaient réfugiés au pied d’une statue de la sainte Vierge, placée dans l’oratoire ; les bourreaux les y pourchassent, et le pavé, ainsi que les bancs circulaires, sont bientôt ensanglantés.

Un “ tribunal ” improvisé pour faire des martyrs

Les ordonnateurs du massacre firent un moment cesser cette boucherie. La soirée s’avançait, et les prêtres échappés aux premières décharges, ceux que renfermait encore la maison, auraient pu se dérober à la faveur de l’ombre. Une battue générale les refoula dans l’église, où venait d’être organisé une sorte de tribunal.

Un commissaire de la section s’était posté, avec un registre d’écrou, dans un corridor du cloître, communiquant au jardin par un escalier. Il lit l’appel nominal des prisonniers. Son rôle se borna à constater l’identité des prêtres, à leur demander s’ils persistaient dans leur refus de serment. Les réponses furent unanimes.

Pas un seul ne faiblit en face de la mort. Tous s’avancèrent au martyre le sourire sur les lèvres et avec un courage résigné qui remplit de stupéfaction le commissaire et les hommes chargés de l’horrible besogne.

Du corridor, les victimes étaient conduites sur le perron du jardin, et, bientôt entraînées au milieu du cercle des bourreaux, elles ne tardaient pas à périr sous les coups de hache et de pique.

Parmi ceux qui succombèrent ainsi, martyrs de leur foi et de leur fidélité à l’Église, on cite

  • le P. Hébert, général des eudistes ;
  • l’abbé de Lubersac,
  • l’abbé Gagnères-Desgranges,
  • l’abbé Menuret,
  • l’abbé Hermès, docteur en théologie ;
  • le frère Ambroise Chevreux, général des bénédictins ;
  • le père Legué, célèbre prédicateur ;
  • l’abbé de Savigny, supérieur de Saint-Sulpice,
  • François et Pierre de la Rochefoucault, évêques de Beauvais et de Saintes.

L’évêque de Saintes, qui avait eu la cuisse cassée d’un coup de feu, gisait couché sur un matelas, dans une chapelle latérale de l’église. Deux des meurtriers durent le transporter sur le perron, où on l’immola auprès du cadavre de son frère. Il fut la dernière victime de la maison des Carmes.

Sur les cent soixante prisonniers qu’elle renfermait,

  • quatorze étaient parvenus à s’évader pardessus les murs des jardins,
  • un certain nombre avaient été soustraits “ à la sévérité du peuple ” pour employer les termes d’un procès-verbal authentique dressé le 18 octobre 1792 ;
  • cent vingt avaient été massacrés en moins de trois heures.

Les travailleurs avaient fait bonne et prompte besogne. Ils méritaient salaire ; on leur abandonna les dépouilles des victimes.

La profanation des corps

Quand ils se furent retirés, une tourbe de patriotes plus hideuse, plus féroce encore s’il est possible, que celle qui venait d’accomplir l’œuvre de sang, des hommes, des femmes, des enfants, sortis de la fange des faubourgs, se ruèrent sur les cadavres, auxquels ils firent subir d’infâmes outrages.

Quelques-uns de ces restes sacrés furent précipités dans un puits dépendant du jardin et situé à quelques pas de l’oratoire.

On entassa les autres sur des charrettes. Des femmes et des enfants y prirent place sur des monceaux de cadavres ; les hommes entourèrent le convoi, et l’horrible cortège hurlant, sanglant et aviné, chantant des refrains patriotiques entremêlés de chansons obscènes, s’achemina vers les carrières du Petit-Mont-rouge, où une large fosse avait été préparée pour recevoir ce qui restait des victimes.

Telles furent les obsèques des martyrs de la maison des Carmes ; elles furent célébrées par une horde de cannibales aux accents d’une liturgie immonde, entonnée par une foule ivre de vin et de sang.

Mais à l’heure même où de pareils outrages étaient prodigués à leurs dépouilles mortelles, les serviteurs de Jésus-Christ entraient dans le séjour de lumière et de gloire et recevaient la couronne d’immortalité.

L’oratoire du jardin des Carmes a été longtemps l’objet de la piété publique sous le nom de chapelle des Martyrs. Jusqu’à ces derniers temps, on pouvait y voir encore les traces du sang qui avait coulé à flots sur les dalles et rejailli jusque sur les murailles. Le puits qui contenait les restes des confesseurs avait été comblé et surmonté d’une croix de bois.

Ces vestiges vénérables ont pour jamais disparu. Une voie nouvelle traverse les lieux que souillèrent tant d’horreurs, et aucun signe matériel ne rappelle aujourd’hui aux regards des passants la mémoire des prêtres massacrés en septembre 1792, pour la cause de Dieu, par les apôtres de la Révolution.

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roy

14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

J'aurais tout aussi bien pu titré cet article "le coup d'Etat impérialiste", ou "le 14 juillet 1789, un modèle de coup d'Etat", la naissance de la société de l'Argent-Roi à la place de la société du Christ-Roi, Christ désormais déclaré hors la loi... Exactement comme si la france n'avait jamais été chrétienne...

L
a dite "révolte du peuple" en ce 14 juillet 1789 n'a rien d'une génération spontanée. Tout a été calculé, prémédité, réflechi et mis en oeuvre avec une minutie diabolique. Je tire les quelques considérations qui suivent notamment des ouvrages de Pierre Dominique, Pierre Gaxotte, René Sédillot, Jean Sévillia et Edmund Burke. 

"Le début de la Révolution française est caractérisé par le débauchage des troupes. Gardes françaises d'abord, puis régiments de ligne français, puis régiments étrangers. … Les financiers Laborde, Dufresnoy, d'autres, qui ont pris position à la hausse et pour qui Necker c'est la hausse, paient d'honnêtes contributions; on a de quoi acheter qui l'on veut." (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet, Macon 1950., p. 62).


Alfred Fierro et Jean Tulard évoquent eux aussi le travail de sape et de corruption franc-maçonnique dans l'armée :
"L'idéologie égalitaire de la franc-maçonnerie contribua largement à la désagrégation de la discipline dans l'armée, où les loges étaient particulièrement nombreuses" (Alfred Fierro, Jean Tulard, Dictionnaire de la Révolution in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p.831). Nous voyons bien au fur et à mesure que l'on prend connaissance de l'histoire réelle, des faits soigneusement cachés, falsifiés, occultés par l'histoire officielle, encore de nos jours dans certains milieux dits "nationalistes" - qui se refusent toujours à faire le procès en règle de la dite "Révolution française" -, se révèlent à nous dans toute leur horreur. Reynald Secher parle de double assassinat : génocide des vendéens (1793-1794), doublé d'un génocide de la mémoire, "mémoricide"... Y compris dans nos milieux : nous sommes poignardés "dans nos milieux" comme dit Bernard Lugan.

Alfred Fierro et Jean Tulard épinglent donc l'égalitarisme (idéologie maçonnique), comme à l'origine de la
"désagrégation de la discipline dans l'armée".
Pour une illustration de ce phénomène, se reporter au remarquable article rédigé par Tancrède Josseran "Et la Royale fut détruite!" in Le Livre noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008) : 

 

"La Révolution est considérée outre-manche comme le meilleur moyen d'abattre définitivement les prétentions maritimes de la monarchie française" (p. 283.)... Désorganisée, découragée, désarticulée, en proie à la subversion, la Marine devait à partir de février 1793 faire face une nouvelle fois à la Royal Navy. ... Au moment où la France entame la phase décisive de ce que l'on pourrait appeler la 'seconde guerre de Cent Ans', la Révolution a brisé le seul instrument qui aurait pu permettre de frapper au cœur l'âme des coalitions antifrançaises..." (p. 291)

"Ce que la France perd, l'Angleterre le gagne. Plus encore sur le plan commercial que sur tout autre plan, elle est la grande bénéficiaire de la Révolution et de ses suites. Elle est sans doute consciente, dès le début du grand bouleversement, de la chance qui s'offre à elle : comme elle a une revanche à prendre sur la monarchie française qui a aidé l'Amérique à se libérer, elle n'est pas fâchée de voir le roi contesté et diminué.
... 'Voici, dit Fox après la prise de la Bastille, l'évènement le plus important de l'histoire du monde et le plus heureux'. La "cavalerie de Saint-Georges" ne manque pas l'occasion de financer discrètement les révolutionnaires les plus corruptibles..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 220).

 

"Ainsi, dans tous les domaines du commerce, sur terre comme sur mer, la Révolution et l'Empire consacrent le triomphe britannique et l'éclipse de la France. (p. 222) Le commerce français ne retrouvera son niveau d'activité de 1789 qu'après 1825... Encore la part de la France dans le commerce mondial sera-t-elle alors loin de rejoindre le pourcentage atteint avant la révolution... Ce pourcentage-là ne sera jamais retrouvé. En chiffres absolus, trente-cinq années ont été perdues. En chiffres relatifs, à l'échelle du monde, le recul est sans appel." (R. Sédillot, ibid., p. 222)

   

Pierre Dominique nomme l'évènement. "Un coup d'Etat est chose sérieuse. La Cour va s'en apercevoir.
... Et d'ailleurs, l'adversaire sait tout. Montgaillard, historien royaliste, dit que les mémoires de Foulon furent lus devant Narbonne, qui avertit sa maîtresse, Mme de Staël, laquelle en informa Necker ou Mirabeau. Peu importe le canal par où se font les fuites; l'autre camp voit clair dans le jeu du Roi" (p. 75)  

... Le moteur responsable, cherchons-le sous les couleurs d'Orléans. Nommons-le, car il a une figure humaine. Tendons la main dans l'ombre, nous y saisirons celle de Laclos qui n'est pas que le romancier des Liaisons dangereuses mais l'âme damnée du duc et l'un des plus profonds politiques du siècle finissant." (p. 143) Le duc d'Orléans a pour lui sa fortune. C'est le plus riche seigneur du royaume. … En ce début de la Révolution, il paie à bureaux ouverts les journalistes, brochuriers, libellistes de tout Paris et de tout Versailles, les crieurs, parleurs, aboyeurs qui remplissent les cafés, les coupe-jarrets dont il a des dizaines à sa solde et qui se chargeront de recruter en payant à boire et, le moment venu, d'encadrer les braillards dans la rue." (p. 29-30).
... Son chef d'état-major et le chef véritable d'un mouvement dont on observe les effets sans pouvoir toujours en découvrir la source, … Choderlos de Laclos'un homme noir', note Michelet. 'Le profond Laclos', dit-il encore. … Franc-maçon, membre de trois clubs, quand il n'est pas au Palais royal, on le trouve à Montrouge chez le duc de Biron. … Il faut voir en lui l'agitateur, le tacticien des mouvements de rue, celui qui tient la main du prince et la fait mouvoir, et, comme dit le comte de la Marck, 'l'âme du parti d'Orléans'. (p. 31)

 

... L'un des bons instruments du duc d'Orléans et de son chef d'Etat-major, le meilleur peut-être, est la franc-maçonnerie dont le duc est, depuis 1772, le grand-maître. (p .33). Les frères se tiennent, marchent en ordre, murmurent leurs mots de passe, suivent aveuglément leurs chefs. Le pouvoir ne peut rien contre cette organisation souterraine. Le peut d'autant moins qu'elle pénètre la Cour, qu'elle est maîtresse à Versailles comme à Paris. … Bien entendu les maçons ont joué un grand rôle dans la confection des 'Cahiers' et beaucoup d'entre eux ont été élus aux Etats. Les trois quarts des députés du Tiers, au total près de la moitié des députés sont maçons [une extrême minorité sur-représentée, de gens échangeant entre eux le serment d'entre-aide et de secret maçonnique, "un hasard"...]. (p. 34)

Pierre Gaxotte nous donne quelques indications permettant d'expliquer ce "hasard".

"Le parti 'libéral' avait déjà ses comités locaux
: loges, académies, chambres de lecture, sociétés philosophiques et patriotiques tenues en haleine depuis le début de 1788, exercées au maniement de l'opinion et à l'agitation des places publiques par un an de cris et de discours et de manifestations. Merveilleux instruments de propagande et de combat, toutes ces organisations étaient déjà  reliées par une correspondance incessante, un échange régulier de nouvelles et de brochures. Il suffisait de peu de chose pour les fédérer complètement et emprisonner la France électorale dans les mailles de leur réseau" (
Pierre Gaxotte, ''La Révolution française'', Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 99-100).

"Les cahiers de campagne ne sont presque jamais des cahiers de paysans. Presque partout ils ont été proposés, rédigés ou copiés par des hommes de loi. Ils reproduisirent les modèles non seulement dans leur esprit, mais dans leur style – qui les trahit." (ibid., p. 103).


"Le coup d'Etat date du 11" (P. Dominique, ibid., p. 113). Je passe sur les détails et les évènements relatés par Pierre Dominique à compter du 11.
Mais je donne quelques éléments éclairants fournis par Pierre Gaxotte.

 

"Le 12, à midi, Paris n'est plus qu'une immense confusion. Dans un remous de hurlements, de tocsins et de fausses nouvelles, tourbillonne une foule affolée. … Là on pille, on assassine, on s'enivre. Les dragons du prince de Lambesc, rangés sur la place Louis XV, à l'entrée des Tuileries, sont bombardés de briques, de pierres, de tessons de bouteilles. Le prince dégage sa troupe en quelques galops et, conformément aux instructions, rompt le contact pour se retirer sur la rive gauche" (P. Gaxotte, ibid., p. 111).

 

La nuit du 12 au 13 et la journée du 13 sont sinistres. On dirait que l'on assiste à la décomposition totale de la société. Les bourgeois se barricadent dans leurs maisons. La rue est livrée à la plus vile populace et à la plus effrayante. … [L]es brigands qui viennent de mettre à sac l'hôtel de la police, s'arment aussi et plus vite. . … Les bandes se portent partout où il y a des fusils et des piques. Le matin du 14, elles se jettent sur les Invalides, sans que Bésenval qui a trois régiments suisses et huit cents cavaliers à l'Ecole militaire fasse le moindre mouvement (!)… Une heure après, elles refluent sur la Bastille… Le gouverneur, M. de Launay, avec sa petite garnison de Suisses... aurait pu sans peine se défendre, mais sa philosophie y répugnait. Il parlemente, retire les canons... et invite à sa table deux délégués des assiégeants... Finalement, deux hommes armés de haches, le charron Tournay et l'épicier Pannetier en grimpant sur le toit d'une échoppe parviennent à briser les chaînes d'un pont-levis qui s'abat avec fracas. La garnison instinctivement riposte, puis ne se sentant pas commandée, elle contraint Launay à capituler contre la promesse qu'il ne serait fait de mal à personne... En dépit de quoi Launay est massacré, et son corps traîné au ruisseau, ... Le prévot des marchands Flesselles est massacré, dépecé... Leurs têtes mises au bout d'une pique promenées jusqu'à la nuit. (p. 111).  

Le 14. "La foule se jette sur la forteresse. Qui l'y pousse?
Elle y court semble-t-il de son propre mouvement, comme elle a couru aux Invalides et à l'Arsenal.


Là-dessous, trois réalités: la personnalité et les ambitions du duc, le flot d'or qui coule de ses caisses, la propagande qu'il paie. Les contemporains ne s'y sont pas mépris. 'Le duc d'Orléans, dira Mme Roland, avait sa part dans toutes les agitations populaires'. Et Malouet : 'Le 14 juillet, les agents du duc d'Orléans furent les plus remarqués par la foule'. Malouet va plus loin et lui, à qui Montmorin communiquait tous les rapports de police, parlant de l'affaire Réveillon, de l'incendie des barrières à Paris et de celui des châteaux en province, déclare que ce sont là des opérations payées et payées par le duc. 'Il y concourait, dit-il, pour son compte, et les Jacobins pour le leur.'

 

Ainsi le duc a monté l'affaire Réveillon, l'incendie des barrières et celui des châteaux, et l'on voudrait qu'il n'ait pas monté et payé le soulèvement du 12 et du 13 et les deux grandes opérations du 14 aux Invalides et à la Bastille!

 

… Le marquis de la Salle, membre du Comité de permanence, et, un instant, chef de la milice bourgeoise, devait avouer qu'un plan d'attaque de la Bastille lui avait été présenté le 13 juillet (signe que l'idée avait déjà été mise en circulation...) (p. 140-141).

 

René Sédillot résume le tout : "Le 14 juillet 1789, en trois quarts d'heure, la Bastille est prise par une bande d'émeutiers,… commandités par Philippe d'Orléans, grand maître des Loges du Grand Orient (http://www.godf.org/) ... ils sont partis du Palais Royal, où réside le duc. Ils ont pris des armes aux Invalides. Ils massacrent le gouverneur et la garnison qui ne résistaient pas…" (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 78).

 

Une Famine "organisée"

 

"Au cours des quatre mois qui précèdent la prise de la Bastille, il éclata plus de trois cents émeutes en France. Le mouvement était réglé par un plan qui n'était point secret le moins du monde. En 1788, à Genève, avait paru sous l'anonymat un curieux ouvrage : le Code National. (M. Gustave Bord, dans la Conspiration révolutionnaire l'a signalé). L'auteur qui restait monarchiste et entendait séparer le Roi des privilégiés, soulignait que seule l'armée pourrait défendre l'Ancien Régime, qu'il fallait donc la travailler, la corrompre, l'amener au peuple soulevé lui-même par une disette organisée. La tactique consistait… à multiplier les troubles locaux qui retiendraient sur tous les points du territoire les forces militaires et, en même temps, exciteraient les esprits. Au bout de quelque temps de ce chauffage, le grand coup pourrait être porté à Paris." (p. 39-40)

…Il (le duc d'Orléans) sait agir sur le peuple autrement qu'en le payant; il lui retire son pain, le lui redonne. Comment? En pratiquant l'agio sur les blés… Malouet confirme : 'Les agents du duc d'Orléans faisaient aussi sur cet objet (les blés), leurs spéculations; ils faisaient vendre et acheter en divers lieux suivant qu'ils avaient besoin de la faveur ou des fureurs de la populace.' On l'accusa même d'avoir fait courir de fausses circulaires, signées Necker, arrêtant les approvisionnements sur Paris du 20 avril au 15 mai, au moment où se réunissaient les Etats généraux" (p. 29-30).

 

"Dès 88, les Maçons, avec toujours en bouche les grands thèmes d'ordre et de centralisation, sont la colonne vertébral du parti national, de ce parti dont Lafayette est le dieu, qui vit des idées politiques anglaises et américaines après avoir sucé le lait de l'Encyclopédie.

 

"Ainsi la Maçonnerie mène tout et voici, même du point de vue des révolutionnaires le mauvais côté de la chose: comme la Maçonnerie nous vient d'Angleterre, et que les loges françaises sont restées en relations étroites avec les loges-mères de l'autre côté de l'eau, que, notamment, les loges de rite écossais, … se rallient de plus en plus à la Grande Loge de Londres, une sourde influence anglaise, une obscure pesée s'exercent sur nous, qui s'ajoutent à l'anglomanie régnante depuis cinquante à soixante ans. L'opposition secrète de la Maçonnerie à la monarchie traditionnelle se trouve ainsi secrètement manœuvrée par l'Angleterre, alors que l'Angleterre, battue dans une guerre précédente, a sa revanche à prendre sur terre et sur mer. Grave sujet de méditation pour un patriote, mais les patriotes de l'époque ignorent tout cela: ils marchent la tête dans les nuées. … Les Parisiens, … n'imaginaient pas une seconde qu'ils puissent être manœuvrés" (p. 35-36) [Certains feraient bien d'y songer lorsqu'ils s'en remettent sans réfléchir à tel ou tel mouvement forcément "révolutionnaire"...].

"Il n'y a peut-être que la joie du libéral qui croit voir se faire une révolution à l'anglaise. Mais Mercy, lui, cherchant la main qui a déclenché le mouvement, note les 'manœuvres secrètes de la Cour de Grande-Bretagne'. Plus tard, beaucoup plus tard, Louis XVIII pourra écrire à Saint-Priest : 'Je crois que le ministère britannique a fomenté et peut-être payé les commencements de la Révolution'". (p. 216)

"...La vraie révolution française, celle qui va marquer tout le siècle, se situe sur le plan financier: à la primauté du sang, qui caractérisait théoriquement l'Ancien Régime, succède la primauté de l'argent. A la noblesse, qui détenait en principe les privilèges succède la bourgeoisie. Aux nobles succèdent les notables.
Marat
lui-même s'interroge: "Qu'allons-nous gagner à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches?"

Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée. Il s'agit d'une explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. … "Avant la révolution, les banquiers privés étaient nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé" (p. 242-243).

"Les industriels et les financiers 'ne regardent pas si les âmes se perdent, mais si les affaires se font' (Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité, Tournai, Casterman, 1873, p. 83. La sur-excitation et la concurrence forcée accroissent en même temps la somme de travail et celle de la misère. Ibid.) L'argent est désormais une valeur suprême. Ou la naissance de l'Argent-Roi à la place du Christ-Roi.

 (Pour comparaison, lire l'article où Jack Lang accuse le gouvernement Sarkozyste de faire revenir la France à la "société d'argent de l'Ancien régime"...)

Edmund Burke, le célèbre auteur britannique "libéral" que la propagande révolutionnaire s'empressa de transformer en abominable "contre-révolutionnaire", selon un principe qu'il décrivit lui-même et déjà connu de son vivant : "un système de monopole littéraire d'une activité inlassable pour noircir et discréditer par tous les moyens tous ceux qui ne font pas partie de leur faction", (p. 142 -) l'écrit dès 1790 :

"Ceux qui ont ordonné et exécuté la scène du 14 juillet sont capables de tout.

... Leurs moyens ont été [déjà...] les incendies, les assassinats, les vols, et les pillages des maisons, les suppositions de fausses nouvelles [la "grande peur"...], l'emploi d'ordres de l'autorité légitime contrefaits, et d'autres crimes, objets de la sévérité des tribunaux ordinaires. L'esprit de leur gouvernement est bien d'accord avec ces
moyens employés pour s'en emparer. Ils se conduisent comme des voleurs qui pillent la maison qu'ils ont forcée, et non pas comme des conquérants qui ont soumis une nation.

... Tout était calcul ; tout était institution. On n'a négligé aucun des moyens mécaniques propres à soutenir cet incroyable
système de perversité et de vices.

... L'école de meurtres et de barbarie établie à Paris, ayant détruit autant qu'il lui a été possible les principes et les moeurs sur lesquels reposait la civilisation de l'Europe, ne tardera pas à détruire la civilisation de l'Europe, ne tardera pas à détruire aussi ces lois des nations [prophétique... cela est écrit en 1790...], qui ont adouci la pratique de la guerre, et qui plus que toute autre institution honorent les siècles du christianisme.

... Leur culture a pour règle de greffer les vertus sur les vices [inversion oratoire et subversion du langage...]. Tout ce qui ne viole pas les vertus privées leur paraît indigne du nom de 'vertus publiques'. Toutes leurs institutions nouvelles, et avec eux tout est nouveau, attaquent la racine de notre nature et de la sociabilité.

... La France entière, au commencement de l'année 1789, était d'une opinion différente. Dans tous les districts du royaume, les instructions données aux députés aux états généraux étaient pleines de projets de réforme du gouvernement, mais on n'y trouve même pas l'apparence d'une idée tendant à sa destruction. Eût-elle été seulement suggérée qu'elle aurait été, je pense, repoussée d'une seule voix, avec horreur et mépris" (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 161; 350; 359; 373; 557; 558).

Terminons avec ce que dit Le Livre noir de la Révolution française du "14 juillet".

"Tandis que le conspirateur [le duc d'Orléans] se voyait cantonné au rôle de pourvoyeur de fonds, le déroulement des émeutes de juillet 1789 rend saisissante la présence continuelle de membres des loges à tous les échelons de l'action, et dans toutes les initiatives importantes : les noms que l'on connaît des chefs ou meneurs (tel Moreton de Chabrillant, vénérable de la Parfaite Union, à la tête de gardes-françaises rebelles, surtout Santerre, du Contrat Social, et Palloy, 'souverain prince des Amis de la Jeunesse et de l'Humanité', Coconnier, membre de la loge Saint-Julien de la Tranquilité), des délégués du Comité permanent de la commune qui constituèrent les ambassades auprès de Launay (Chaton, de la loge de l'Union des bons français, Thuriot de la Rozières, des Amis réunis, l'abbé Fauchet, des Neuf Soeurs, et Milly et Poupard de Beaubourg, des Amis réunis...), des chefs de la milice bourgeoise, dont
La Fayette, à partir du 15 juillet, est le plus illustre, tous ces noms confrontés aux listes des loges conservées au Fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale de France, révèlent une étrange similitude.

Bertrand de Molleville put ainsi affirmer : 'C'est dans une séance de la loge des Amis réunis que fut décidée la prise de la Bastille' (B.de Molleville, Histoire de la Révolution de France, t. I, p. 27.). Cette préparation systématique est confirmée par l'innocent Dusaulx, qui confesse : 'Le gros du peuple ne se doutait pas que l'on allait marcher sur la forteresse, mais il est certain que la prise de la Bastille avait été projetée' (Jean Joseph Dusaulx, De l'insurrection parisienne et de la prise de la Bastille, p. 24, in Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia, Cerf, Paris 2008, p. 41-42).

S'agissant du financement de "la révolution" : "Rivarol accuse ... les banquiers Laborde de Méréville, Boscary et Dufresnoy, entre autres, d'avoir 'soudoyé' l'émeute. Delessert fournit un témoignage en ce sens (Jacques Godechot, La Prise de la Bastille, p. 249, in Le Livre noir, ibid., p. 43).

Conclusion


- La révolte spontanée du peuple français le 14 juillet, la révolution dite "française" est une légende.

- La "Révolution française" est un coup d'Etat soutenu par les clubs maçonniques (les Jacobins), et financé par les banquiers (Laborde de Méréville, Boscary, Dufresnoy entre autres...), par le parti duc d'Orléans, grand maître du Grand orient, et par l'Angleterre (la Cavalerie Saint-Georges)...  dont la culture consiste à tout changer, détruire toutes les gloires nationales (monarchie, religion)  pour créer un ordre entièrement "nouveau" avec un français nouveau, le "citoyen". 
Au final : l'Angleterre gagnante. "Un recul sans appel". Dans ces conditions, parler aujourd'hui encore de "révolte du peuple" est une vaste plaisanterie que toutes les données de l'histoire contredisent.
Pensant être des 'patriotes', les émeutiers sincères (ne parlons pas des émeutiers payés...) ne savaient pas qu'ils étaient manœuvrés par la franc-maçonnerie (Grand Orient de France du duc d'Orléans et franc-maçonnerie anglaise).

- L'erreur politique (ou la sainteté) de Louis XVI ? Celle d'avoir donné des ordres de ne pas tirer sur "le peuple"… La république ne s'embarrassera pas de ce genre de précautions en temps voulu… Exemples : elle envoya Bonaparte donner du canon contre le peuple royaliste de Paris coupable en 1797 d'avoir mal voté... En 1908, le royaliste Charles Maurras prit "violemment Clemenceau à partie pour avoir fait tirer sur les ouvriers de Draveil en grève" (
Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la dispute, Studyrama perspectives, France 2008, p 154).

- "Le 14 juillet, contrairement à la légende..., la Bastille n'est pas prise par une foule spontanément mobilisée. L'opération est menée par une bande d'agitateurs à la recherche de fusils et de munitions, entrés par la porte que leur a ouverte le gouverneur Launay. En guise de remerciement, celui-ci est assassiné. De la vielle forteresse – que l'administration royale voulait déjà démolir - sont extraits en fait de victimes de l'absolutisme, sept prisonniers : quatre faussaires, un libertin et deux fous. La légende a fait de cette péripétie un haut fait d'armes." (
Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 179-180).

- "Si quelques masses révolutionnaires, comme les 'sans-culottes' de Paris, ont souvent soutenus les mouvements initiés, la majorité de la population, elle, n'a pas participé aux évènements : laissée dans l'ignorance, elle n'était pas consultée" (
Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la dispute, Studyrama perspectives, France 2008, p. 131).


Quid alors de la dite révolution 'libérale' libérant la France de l'oppression et de la "Tyrannie" ?  "Les identités provinciales sont combattues, les identités sociales sont niées (il n'y a plus de rangs, plus de prêtres, plus de nobles). Quant à la 'liberté d'expression', elle est étouffée au nom de la 'patrie en danger'" (déjà…)
  [Mythes et polémiques de l'histoire sur cette "fantastique libération" (p. 133-134)]

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Sources :

 

* Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet, Macon 1950.

* René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987

* Pierre Gaxotte, ''La Révolution française'', Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988

* Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003

* Alfred Fierro, Jean Tulard, Dictionnaire de la Révolution in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004

* Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la dispute, Studyrama perspectives, France 2008.
* Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia, Cerf, Paris 2008
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Source: Christ Roi