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dimanche, 13 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (V)

Bilan politique du Comte de Paris

Le bilan des multiples compromissions

Quel est donc, en définitive, le bilan politique du Comte de Paris ? Qu’apporte-t-il à l’idée monarchique, quelles perspectives laisse-t-il entrevoir ? Quel accueil a-t-il rencontré ?

Le bilan, tel qu’il se dégage de ses propos, de ses dernières déclarations à la presse, est bien mélancolique, parfois pathétique. C’est un évident constat d’échec à tous les plans. Le Prince porte « la blessure d’une vie déçue », exprime lassitude et désabusement.

Lui qui s’est voulu en position d’arbitre, de recours, de porteur d’un message historique à la disposition du pays, a dû, en réalité, se salir sans aucun bénéfice ; il a constamment choisi son camp, celui qui paraissait triompher, et s’est retrouvé non moins constamment berné, déconsidéré.

Ainsi a-t-il tour à tour répudié, après y avoir cru,

  • l’Action française,
  • le Maréchal,
  • Laval,
  • la troisième force,
  • le Général enfin.

Tout cela pour aboutir, presque symboliquement, en septuagénaire blasé, à la gestion d’un institut de gériatrie.

Un digne représentant de la tradition orléaniste

Sa tactique n’a jamais été brillante parce que sa stratégie était fausse, et qu’elle était foncièrement celle de l’orléanisme historique : depuis Égalité, depuis Louis-Philippe, les Orléans, « princes modernes », « intelligents » et cultivés, volontiers mémorialistes, impénitents arrivistes, tenaces ambitieux, se sont offerts comme incarnation de « la meilleure des républiques ».

Ils oubliaient seulement que, sur ce terrain, ils seraient toujours battus. Qu’a-t-on besoin, en France [13], d’un roi pour perfectionner la démocratie ? La République est, chez nous, la forme historique de la démocratie, et suffit amplement à la tâche.

Autre serait la vocation d’un monarque légitime : non point conforter les idoles de la tribu, flatter la classe politique, prendre le vent et l’air du temps, mais dénoncer courageusement les faux dogmes, les illusions du modernisme (qui sont, au demeurant, aussi incrustées à droite qu’à gauche). Il y aurait là, pour un jeune prince intelligent, ambitieux de servir, réactionnaire au sens salubre du terme - tel que le redécouvre en ce moment un Jean-Marie Paupert [14] -, une tâche exaltante. Mais à quoi sert de proposer au peuple le reflet de ses fantasmes et de ses routines ?

Ceux qui ambitionnent de guider les nations ne devraient pas se mettre à la remorque des modes passagères, que l’on prend toujours avec retard et inutilement. L’explication des échecs successifs du Comte de Paris tient pour une bonne part à cette démarche, typique de ses maîtres en démocratie chrétienne qui s’essoufflent toujours à prendre le train en marche et sont en retard d’une rame.

Pour prétendre arbitrer, il faudrait être indiscutable. Or, le Comte de Paris, l’histoire de ses tergiversations, de ses sincérités changeantes l’atteste, n’est jamais resté au-dessus de la mêlée.

Il a choisi, et, faute de réussir, on peut constater qu’il a tout perdu. Même en ses engagements gaullistes (un peu tardifs il est vrai), puisque l’héritage s’est partagé sans lui.

Ma personne est tout, mon principe n’est rien

Ce faisant, il a voulu chasser un souvenir qui taraude les princes d’Orléans : celui du Comte de Chambord, ce « roi du grand refus » comme l’appelle dans un méchant livre le “duc” de Castries, héritier des grands notables du XIXe siècle qui combattirent impitoyablement Henri V [15]. Du moins le descendant de Charles X avait-il, à défaut d’être restauré, préservé son principe, gagné l’estime de ses adversaires, légué l’image d’une monarchie purifiée.

Que peut transmettre le Comte de Paris ?

Bien sûr, le Prince a désarmé beaucoup d’animosités ou de préventions contre sa personne. Mais en voulant mouler sa “légitimité historique” (d’ailleurs inexistante en droit strict, nous le savons de reste) dans une légitimité démocratique et populaire,

  • il a perdu la notion même de royauté héréditaire.
  • Il est devenu un candidat personnel au pouvoir,
  • il a banalisé ses prétentions en s’alignant bon gré mal gré, sur d’ordinaires politiciens démocrates.
  • Il a cherché à revenir dans les fourgons du gaullisme (après avoir tâté ceux de Vichy, et peut-être de l’Allemagne,
  • et après avoir intrigué à Alger, avec toutes les communautés, franc-maçonne comprise [16], contre Darlan, sans autre résultat que de ternir une fois de plus le blason taché des Orléans) ; il s’est humilié sans convaincre.

Faute d’avoir osé représenter quelque chose par sa naissance, il s’est dépensé en pure perte. Ce n’était pas, d’ailleurs, humilité de roi mais orgueil d’ambitieux, même si l’ambition peut ici passer pour noble.

Le Comte de Paris s’est réinséré dans la classe politique de la démocratie française ; il s’est fait respecter d’elle (est-ce un réel succès ?), mais paradoxalement, le général De Gaulle qu’il encense l’a empêché de remplir le rôle de recours qu’il espérait. Le recours, ce fut De Gaulle. Et la République musclée qu’il a installée coupait l’herbe sous les pieds du Prétendant. Le gaullisme n’a pas aidé le Comte de Paris ; il a, au contraire, retiré tout intérêt à l’accommodement qu’il proposait. Et il a finalement stérilisé l’action monarchiste puisque les contre-révolutionnaires sont désavoués par lui, et que les jeunes néo-orléanistes deviennent un simple appendice du gaullisme de gauche ou du réformisme.

La vaine attente de la grande catastrophe

René Johannet, dans l’article précité des Écrits de Paris, faisait encore très justement observer que les espoirs du Comte de Paris reposaient sur l’explosion d’une grande catastrophe nationale. Ce que confirment ses déclarations à Pierre Desgraupes dans Le Point (n° 342 des 9-15 avril 1979) :

Les Français ne peuvent aller à la monarchie ou appeler la monarchie que s’ils en ont besoin comme d’un recours. Il faudrait donc imaginer une situation d’angoisse, de difficultés. Parce que, tant qu’on est sur la route tranquille du bien-être et de la satisfaction générale, il n’y a évidemment pas de raison de changer de régime.

Acceptons l’espèce : mais alors, objectait Johannet avec bon sens, si catastrophe il y a, ira-t-on chercher à sauver les idéaux du régime de faillite ?

En sortant d’une épidémie de choléra, quel médecin essaiera de se faire une clientèle en se vantant d’avoir perfectionné le choléra ?

Les errements juridiques de l’orléanisme

Le Comte de Paris désigne son « successeur »

Plus grave, probablement, pour la confusion des idées royalistes : le Comte de Paris vient de placer les errements juridiques de l’orléanisme à leur comble par suite d’échecs familiaux qu’il porte sur la place publique. Depuis quelques années, déjà, il avait émis la prétention, contraire à toutes les traditions matrimoniales de notre Monarchie, d’autoriser (ou de refuser) les mariages de ses enfants. Ainsi a-t-il décidé d’écarter tels de ses fils et petits-fils de sa succession.

On se demande de quel droit. Le morganatisme, la doctrine des mariages inégaux, n’a jamais eu lieu en France (Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, confronté violemment à ce roi, en savait quelque chose !) [17]. Par ce biais, il serait trop facile au souverain, une fois encore, de violer le principe majeur de l’indisponibilité de la Couronne. Visiblement, les orléanistes ont mal assimilé cette loi fondamentale.

Le Comte de Paris contre l’hérédité

Le Comte de Paris va maintenant ouvertement plus loin. Toute la France sait que son fils aîné a quitté son épouse la princesse Marie-Thérèse, en abandonnant ses cinq enfants dont deux sont anormaux. Le Comte de Paris a quelques bonnes raisons de s’en offusquer [18]. Mais il n’est pas fondé à remettre en question l’hérédité par primogéniture. Or, voilà précisément ce qui ressort de ses propos au Point, au Figaro magazine ou à Paris match au moment du lancement de ses mémoires.

Devant Pierre Desgraupes, il déclare nettement qu’il ne faudrait pas revenir à l’hérédité :

J’estime que le pouvoir use énormément et que personne, aucune famille ne pourra jamais garantir à la nation que, de génération en génération, la volonté et la capacité du successeur seront identiques à celles du prédécesseur, en admettant qu’elles aient été bonnes.

Et il conclut qu’on devrait choisir dans la famille « le successeur le plus désigné par ses qualités », précisant, avec « une angoisse réelle », que son fils aîné n’a pas « la même vocation », « les mêmes aspirations » que lui.

À Louis Pauwels, du Figaro magazine, il expose des idées du même genre :

La monarchie héréditaire pose un problème : les générations futures auront-elles la même ambition les mêmes capacités ? Or, nous devons garantir à la nation une continuité de valeur et de qualité. C’est pourquoi, si j’étais appelé, l’une de mes premières préoccupations serait… de trouver, pour continuer l’œuvre que j’aurais entreprise, le plus méritant parmi mes successeurs… Il faudrait donc trouver un nouveau mécanisme de désignation. Peut-être un Conseil d’État. Il est certain que le peuple a son mot à dire dans une monarchie élective, et c’est bien ainsi : la succession ne doit pas être une affaire de famille qui se règle entre père et fils, mais une grande affaire nationale.

Des élucubrations qui décrédibilisent la monarchie

« On ne choisit pas son Roi ! » : les orléanistes ont bonne mine quand ils se targuent de cette incontestable vérité, mais seulement après avoir choisi, en négation du vieux droit, la famille d’Orléans, et alors que le Comte de Paris, pour ce qui le concerne, invite les Français à « choisir le plus méritant » !… Décidément, on voit de moins en moins pourquoi déroger à la règle traditionnelle de primogéniture pour faire le jeu d’un prince si peu orthodoxe.

Tout cela est assez effarant pour des royalistes tant soit peu au courant des coutumes successorales. Que l’on rencontre des élucubrations dans une presse particulièrement mal informée des questions dynastiques pourrait s’admettre ; mais que le chef de la branche d’Orléans, prétendant au trône de France, vienne cautionner autant de fantaisies qui sont la négation même de la monarchie française traditionnelle, est d’autant plus grave que ce prince passe aux yeux du public pour l’interprète autorisé de la tradition.

Notes

[13] Le Comte de Paris ne manque pas d’illustrer sa conception du recours à la monarchie démocratique par le bel exemple espagnol. On est fondé à trouver cet exemple peu probant et médiocrement honorable pour les Bourbons. Mais, de surcroît, la situation de la France est incomparable : elle ne sort pas du franquisme : tout au plus lui faudrait-il sortir de la République, ce qui n’est pas exactement la même démarche que celle d’outre-Pyrénées…

[14] Cf. Jean-Marie PAUPERT, Péril en la demeure, récits et rétractations, Paris, éditions France-Empire, 1979, notamment pp. 231-234, 272-280. Beaucoup de remarques tonifiantes d’un progressiste repenti, et qui ose le dire. Son propos est d’Église, mais il est aisément extensible au conformisme politique (qu’il nomme « connivence »). Que l’on nous permette de citer rapidement. Page 232 : « Puisque nous avons le malheur de vivre en un temps de stérile hostilité interdisant toute création doctrinale, morale, artistique, conservons du moins ce que nous a légué le passé fructueux. Puis, vomissant le monde, peut-être pourrons-nous recréer ».Page 234 : « Croyez-vous qu’on ait besoin de vous, qu’on attende après cette mauvaise doublure que vous rêvez d’être de l’humanitarisme progressiste, libertaire et vaguement socialiste ? Vous ne faites que bêler avec les moutons que l’on mène à l’abattoir… » Page 274 : « Ce recours nécessaire et vivifiant aux racines, ce retour salutaire et rafraîchissant aux sources par quoi je caractériserais volontiers la réaction (c’est-à-dire le vrai progrès, puisque nous sommes aujourd’hui dans l’impasse)… »

[15] Cf René de la Croix, comte (dit, à tort, duc) de CASTRIES, Le grand refus du Comte de Chambord, Paris, 1970.

[16] Cf. les Mémoires, p. 195 : … « Non seulement je réclamais le concours des conseillers généraux légalement mandatés représentant (sic) élus des trois départements, mais je désirais m’assurer l’agrément des personnalités les plus représentatives des communautés arabes, juives, chrétiennes et franc-maçonnes. » En ce qui concerne sa participation à l’assassinat de l’amiral Darlan, le Comte de Paris vient de démentir catégoriquement tout en concluant de façon prudente son récit : « Ma conviction profonde est qu’il est impossible… de faire porter sur l’un ou l’autre des acteurs, et ils étaient nombreux à Alger, l’entière responsabilité. Tous y ont leur part, plus ou moins directe » ( Mémoires, p. 220). Or, Henri d’Orléans était un des acteurs de l’imbroglio d’Alger. Et il a dialogué à la télévision française, sans indignation apparente, avec M. Ragueneau qui avoue hautement son rôle dans l’assassinat. Chacun sait, d’autre part, que le Comte de Paris, en 1942, reçut à Alger Henri d’Astier et l’abbé Cordier qui poussèrent le jeune Bonnier de la Chapelle à supprimer Darlan. Robert POULET suggère, dans Rivarol (n° 1472 du 26 avril 1979) cette interprétation de bon sens : « La version la plus probable est que les propos du Prince, dictés par son impatience de conspirateur, se heurtant à l’obstacle d’une personne, eurent le caractère d’un souhait fervent qui, à tort, fut compris comme une consigne formelle par ses interlocuteurs. »

[17] Sur le « morganatisme », voir l’article de Paul WATRIN dans La Science historique, t. XXX, 2e semestre 1935, pp. 65-71.

[18] Dans Paris match (n° 1560 du 20 avril 1979) il confie à Vick Vance : « Mon fils aîné mène une vie que je regrette et qui est parfaitement oisive. Il a une femme charmante et il a cinq enfants dont deux handicapés. Je ne critique pas mon fils de vivre avec quelqu’un d’autre. On peut faire ce qu’on veut, mais on ne laisse pas tomber sa famille et surtout les enfants malades. On n’a pas le droit. Je ne pardonne pas ça. »

(Source: Vive Le Roy)

20:00 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

Espagne/écoles: les crucifix interdits


Le gouvernement espagnol prépare une loi sur la "liberté de religion" qui prévoit que l'Etat respecte une stricte "neutralité" en matière de religion, excluant notamment les crucifix des écoles publiques, indique aujourd'hui le journal El Pais.

Le gouvernement socialiste espagnol avait déjà annoncé en 2008 qu'il préparerait une loi pour un plus grand respect de la laïcité et du pluralisme religieux, dans un pays où l'église catholique demeure très présente et influente.

Le quotidien de centre-gauche espagnol explique dimanche que d'après le texte de loi "en préparation", les funérailles d'Etat se dérouleront "sans aucun cérémonial à caractère religieux" alors qu'elles sont aujourd'hui généralement organisées selon le rite catholique.

Les pouvoirs publics devront respecter une stricte "neutralité face à la religion et aux croyances, en évitant toute confusion entre fonction publique et activités religieuses", selon le texte du projet de loi.

Ainsi les crucifix devront disparaître des écoles publiques, des hôpitaux et de tout espace public tandis que les membres du gouvernement ne prêteront plus serment devant une croix, lors des cérémonies d'investiture.

Malgré la constitution de 1978 qui affirme en principe le caractère aconfessionnel de l'Etat et de ses institutions, les symboles catholiques demeurent très présents en Espagne, plus de 30 ans après la fin de dictature franquiste qui avait érigé le catholicisme au rang de religion d'Etat.

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/13/97001-20100613FILWWW00057-espagneecoles-les-crucifix-interdits.php

(Publié sur le blog du Christ Roi )

samedi, 12 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (IV)

Le Comte de Paris de l’après-guerre

Comment réécrire l’histoire

On ne peut donc se départir d’un malaise lorsque le Prince, récrivant l’histoire, se montre si perspicace prophète du lendemain, si enthousiaste thuriféraire du gaullisme, et si méprisant censeur du vichysme. Si discret, aussi, sur les heures sombres de l’épuration où tant de ses amis furent frappés.

Voici son jugement dans Ici France du 15 novembre 1947 :

L’État français du maréchal Pétain, autocratie de droit où l’autorité était en fait détenue par une oligarchie capitaliste, joignait la confusion à l’arbitraire …

Dans ses Mémoires, il parle du Maréchal avec commisération, et de son entourage maurrassien avec une rancune mal contenue :

Vichy non plus ne m’attirait guère. Sous les arbres du parc, près des sources thermales, c’étaient, pêle-mêle, les anciens d’ Action française et les hommes de droite, que la défaite avait encore davantage raidis, qui s’entassaient dans des palaces vieillots transformés en ministères, et qui exhortaient la France à la dignité, à l’acceptation du destin malheureux et au deuil de la démocratie exécrée. (p. 169)

Aller à Vichy à cette époque, c’était un peu me compromettre avec eux et rentrer dans les fourgons de l’étranger. ( ibid.)

Je donnai comme directive d’éviter de s’engager avec Vichy, et, le moment venu, de rallier les mouvements de résistance ou de les susciter" (p. 162).

Une grande fermeté dans l’affaire algérienne

L’épisode le plus récent reste l’affaire algérienne. Là, les mémoires du Comte de Paris sont prolixes. Le Prince assure ses lecteurs qu’il a compris très tôt la nécessité de décoloniser, et que, dès juillet 1954, lors de sa première entrevue avec le Général (p. 247), il partageait avec lui cette conviction, de même qu’il avait admiré la « grande qualité intellectuelle et morale » de Pierre Mendès-France sur le même sujet (p. 238) !

Pourtant, dans une déclaration à L’Express (n° 32 du 26 décembre 1953), il affirmait péremptoirement que

la condition de la grandeur et de la prospérité française est la conservation de nos territoires d’outremer.

Aujourd’hui, il fait l’éloge de la politique gaullienne de décolonisation qu’il certifie avoir été « dans la droite ligne de celle que les Capétiens avaient poursuivie pour la construction et la grandeur de la France » (p. 282). Et, plus loin, il tire ce jugement :

Avec sa ténacité, son sens de la grandeur française, son souci des réalités nationales et internationales, de Gaulle avait su trouver le sentier étroit qui dégageait la France d’une impasse où s’épuisait, jour après jour, son prestige. Il la libérait pour des tâches nouvelles (p. 288).

Les textes parlent d’eux-mêmes et dispensent du commentaire. Les machiavéliens diront que le Prétendant sacrifiait la cause de l’Algérie française à l’espoir d’une restauration. Mais, supposé qu’il en soit ainsi — ce qui serait cher payer la restauration pour un prince se présentant comme désintéressé et tellement soucieux de ne pas verser le sang français ! —, force serait de reconnaître que cette mauvaise action fut un marché de dupes.

Car si, à tort ou à raison, le Comte de Paris crut aux assurances, verbales ou écrites du Général (« Le Prince peut désormais compter que moi en tout et pour tout » !), les résultats sont là, et De Gaulle n’a pas joué les Monk. Le Comte de Paris s’est compromis, il a prostitué ses principes en admettant qu’il en ait [12], il a gravement entaché la crédibilité de la monarchie sans obtenir l’ombre d’un commencement de réussite.

Le républicain

Sa compromission est allée loin : n’a-t-il pas songé à une candidature à la présidence de la République « sans former le moindre espoir de restauration monarchique » (p. 306) ? Se présenter, c’était, dit-il, « renoncer de fait et d’esprit à toute autre forme d’accession au pouvoir. C’était affaire d’honneur » !

Suit un exposé d’allégeance à la souveraineté populaire et au suffrage universel oracle des temps nouveaux :

Un chef suprême, en cette fin du XXe siècle, en France, ne peut et ne doit être que l’élu du suffrage universel. — Ensuite, il convient que le lien ainsi établi entre citoyen et pouvoir soit, de façon permanente, confirmé à intervalles réguliers, raffermi … Du suffrage de millions de citoyens doit venir, plus que la légalité, la légitimité du mandataire (pp. 308-309).

Nul doute que Maurras ne se soit étranglé d’indignation dans sa tombe. Mais le Comte de Paris a autant d’allergie pour Maurras que pour Joseph de Maistre et le Comte de Chambord. Il avoue au contraire son inclination pour la démocratie chrétienne (p. 231), et pour un centre « étayé par les socialistes et les radicaux ». Et il étale son mépris des contre-révolutionnaires, qui, assurément, le lui rendent avec intérêts.

Notes

[12] BARBEY d’AUREVILLY disait : « Les Orléans, que sacrifieraient-ils de leurs principes, ils n’en ont pas ! » (“La fusion”, La Mode du 10 août 1850).

(Source: Vive Le Roy )

21:25 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 11 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (III)

Le Comte Paris et le régime de Vichy

Bien qu’il soit discret sur son attitude durant l’Occupation — alors qu’une bonne moitié de son livre est une apologie du gaullisme —, il aurait pu ajouter qu’il ne fut pas non plus un très farouche opposant à Vichy. L’ancien (et futur) « dauphin de la République » aurait consenti à devenir celui du Maréchal.

Le 1er juillet 1941, il écrit à ses amis une circulaire aujourd’hui introuvable, mais dont Jean Bourdier a restitué quelques passages [9] :

Il y a un an, la France déposait les armes, vaincue et désemparée au point qu’on pouvait se demander si elle sauverait son indépendance et son unité séculaire. Un grand soldat, le maréchal Pétain, se voua à cette tâche sacrée.

Aux Français trompés, meurtris, il donna les premières paroles d’apaisement et d’espoir. La France s’est prise peu à peu à renaître… Incontestablement, la France vit, se reprend, se reconstruit sous la pensée et sous l’action du Maréchal.

Malgré les ruines, malgré les difficultés matérielles, malgré les embûches et les inerties, cet homme de la Providence a pu accomplir ce triple miracle d’éviter la disparition totale de notre patrie, de permettre au pays, par sa seule présence, de continuer à vivre, enfin d’engager la France sur les voies de ses grandes destinées traditionnelles en rompant avec les principes du régime déchu.

Il s’offrait à perpétuer par la monarchie l’œuvre du Maréchal :

Les pensées du Maréchal procèdent des mêmes inspirations que les nôtres. Il convient d’aider à leur diffusion et à leur défense… La propagande monarchiste doit soutenir et prolonger les enseignements du Maréchal.

Il y a peut-être mieux encore : Henri d’Orléans avoue être allé rencontrer Pierre Laval, le lendemain de son entrevue avec le Maréchal à Vichy, et à la demande de celui-ci. Mais cela se passait le 7 août 1942 : or, le 13 décembre 1942, dans une conférence de presse tenue à l’hôtel du Parc, Pierre Laval, malicieusement, tirait de sa poche une lettre du Prétendant datée du 16 novembre et en donnait lecture aux journalistes éberlués, ceux d’Action française y compris. Laval moquait la “loyauté” du Prince qui lui écrivait :

Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour nous donner des certitudes que nous n’attendons plus de personne ici. [10].

Le Comte de Paris et Hitler

S’il faut en croire la caution de Martin Bormann, le Comte de Paris aurait également pris ses précautions du côté de Hitler qui l’atteste en ces termes :

Se rappelant sans doute que les princes électeurs allemands se faisaient couronner par les Français, le prétendant français au trône s’est adressé à moi après l’armistice, me faisant savoir qu’il se conformerait en tout temps aux lois allemandes. Quel manque de caractère ! [11]

À notre connaissance, le témoignage n’avait jamais été démenti lors de sa publication en Allemagne, puis en Angleterre et en France.

Rendant compte récemment de l’accueil trouvé dans la presse par les Mémoires d’exil et de combat, l’organe de la N.A.R., Royaliste, dans son n° 292 (p. 7) mentionne une allusion de M. Philippe Bouvard (qui nous avait échappé) de façon aussi dédaigneuse que vague :

Côté poubelle, enfin, signalons l’article faussement objectif de Philippe Bouvard qui a ramassé dans on ne sait quel caniveau la légende des contacts entre le Comte de Paris et Hitler. Bien sûr, le prince dément avec fermeté.

Notre intention n’est pas de colporter des ragots. Mais la référence que Bertrand Renouvin ignore, ou feint d’ignorer, existe : nous la lui donnons car elle nous trouble. Pourquoi un Martin Bormann irait-il forger un faux contre le Comte de Paris dont il n’avait cure ?

On aimerait connaître au moins le commencement de vérité de cette curieuse affaire. Si le Comte de Paris a effectivement (et tardivement) démenti, dont acte, Martin Bormann n’est de toute façon plus en mesure de s’expliquer. Le Comte de Paris le peut. Mais il y a tant de palinodies chez ce prince pour se gagner les puissants du jour que celle-ci serait à peine plus invraisemblable que d’autres, solidement attestées, dont lui-même se fait moins pudiquement l’écho …

Notes

[9] Cf. Jean BOURDIER, Le Comte de Paris, un cas politique, pp. 87-88.

[10] Cité dans Renée Pierre GOSSET, Expédients provisoires, Paris, 1945, p. 243, en note.

[11] HITLER, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, traduction française, Paris, 2, 1954, p. 317.

(Source: Vive Le Roy: http://www.viveleroy.fr/Henri-Comte-de-Paris-1908-1999-ou... )

20:19 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

Hellfest: Ces péchés qui appelent la vengeance du Ciel

Soyez rassurés : il ne s’agit point de me faire l’écho du haro médiatique que les grands de ce monde crient contre l’Eglise et ses ministres. C’est au contraire ceux-là même que j’entends dénoncer ! Je voudrais leur dire, avec cette charité évangélique qui use des divines injures pour éveiller s’il est possible ceux qui offensent l’Esprit-Saint, je voudrais leur dire combien ils sont des hypocrites et des sépulcres blanchis.

Voici peu, ils se scandalisaient de tel propos, certainement inadmissible mais sans doute accidentel, prononcé entre les murs d’une petite école bordelaise. Blanches colombes, ils se posaient en défenseurs d’une jeunesse considérée en péril. Du politique au médiatique, du rectorat à l’épiscopat, chacun s’en mêla. On cria même, sans peur du ridicule, à la République menacée ! Et voici bientôt fermé le minuscule collège incriminé, et ses pairs de la région menacés.

Parcourons deux cents kilomètres et quelques semaines. D’ici quelques jours à Clisson, ils ne se compteront plus sur les doigts d’une main, mais par dizaines de milliers, ces jeunes qui trois jours durant scanderont des paroles venues de l’enfer. Des paroles de hargne, de haine et de révolte, des appels au meurtre et au sacrifice humain, des hurlements de blasphème et de guerre civile. Il faut avoir au moins une fois pris connaissance de ces horribles litanies, même si le pire ne peut s’écrire ici :

« Nous les traquerons jusqu’au dernier souffle [les chrétiens]. Nous répandrons leur sang » (groupe BTBAM) ;« Nous avons un pacte avec Satan, un contrat signé en enfer, on sacrifie une vierge et il nous vend nos musiques. En chantant nous égorgeons un homme, des messes noires, des entrailles et des tortures, nous faisons le pire que nous pouvons faire » (groupe TANKARD) ; « Nous sacrifions les enfants sur les ordres de Satan » (groupe MARDUK) etc

Que ce festival de l’Enfer soit une provocation à l’endroit du Ciel est une évidence ; provocation sans limites, se démultipliant chaque année depuis une demie décennie. Comment, laissée à elle-même, n’attirerait-elle pas la colère du Ciel ? La justice divine apparaîtrait alors comme une miséricorde, précisément afin d’apporter limite à ces malheureux insensés. A n’en pas douter, ce type de péché est au nombre de ceux qui appellent la vengeance du Ciel.

Tout aussi grave, l’hypocrisie des “grands” de ce monde. S’ils s’acharnaient voici un instant contre des propos déplacés d’une poignée d’imberbes en quête de personnalité, ils en appellent maintenant à la diversité culturelle pour prendre la défense de l’infernal festival et de ses haines. Non contents de laisser faire, ils subventionnent encore de vos deniers ces appels au crime. De trop rares chrétiens ont-ils gardé le simple courage du bon sens pour se plaindre ? Ces mêmes “grands” s’en gaussent en pleine Assemblée Nationale.

A n’en pas douter, de tels crimes appellent la vengeance du Ciel. Notre catéchisme nous le dit. Mais notre catéchisme dit aussi que s’il y avait eu seulement dix justes en prière dans Sodome, la ville pécheresse aurait été épargnée. Alors, au vu de ces crimes renouvelés par nos modernes sociétés, nous ne pouvons que nous mettre en prière, afin d’éloigner la divine colère de nos cités.

Tous donc, je vous convoque en cette nuit d’adoration réparatrice qui se déroulera toute la nuit durant du 18 au 19 juin au Prieuré Saint-Louis, ou encore au Rafflay du 19 au 20 juin.

Tous, je vous invite à la procession du Très Saint Sacrement dans les rues de La Roche-sur-Yon le dimanche 20 juin après-midi (RdV à 15 H 30 devant l’église du Sacré-Cœur).

Ainsi, tandis que les uns déverseront leur haine d’enfer, nous en appellerons quant à nous à l’Amour de Dieu fait miséricorde en son Fils Jésus-Christ. Puisse l’Agneau de Dieu, ainsi invoqué, enlever le péché de notre monde !

Abbé Patrick de La Rocque

Extrait du L’Hermine n° 27 de juin 2010

SOURCE : http://www.laportelatine.org/archives/editos/2010/1006LaRocque.php ;

Les Magistrats Francs Maçons devraient se dévoiler

Le procureur Eric de Montgolfier dénonce le secret de l’appartenance maçonnique et revient sur le code de déontologie publié jeudi. (…)

Eric de Montgolfier, procureur de la République à Nice depuis dix ans, combat depuis longtemps le secret de l’appartenance maçonnique. Pour les juges comme pour l’ensemble des fonctionnaires. Un débat qui, en France, reste entaché par la chasse aux franc-maçons pendant la période de l’occupation. Entretien.

Que pensez-vous aujourd’hui des magistrats franc-maçons ?

Mon point de vue s’est renforcé. Ce n’est pas l’appartenance maçonnique qui est gênante, mais son usage. Mais je mets sur le même plan l’appartenance à une Eglise, à une secte ou à une loge maçonnique. Ce qui me pose problème chez un maçon, c’est quand il ne se dévoile pas, car cela ouvre la possibilité à des opérations occultes. Cela vaut pour un magistrat comme pour un tas de gens. (…) Cela concerne tous ceux qui exercent des fonctions d’autorité dans l’Etat et qui prennent des décisions. Ceux-là devraient se dévoiler.

SOURCE : http://www.rue89.com/2010/06/09/les-magistrats-francs-macons-devraient-se-devoiler-154160

(Merci à Philippe)

Nous sommes bien d’accord avec Eric de Montgolfier concernant le problème des dérives qui peuvent facilement avoir lieu dans le milieu maçonnique grâce, notamment, à la politique du secret. Par contre, déclarer que l’appartenance maçonnique ne serait pas gênante en soi est totalement faux d’un point de vue Catholique (religion à laquelle le procureur ne cache pas son appartenance, lui au moins). Cette vision des choses est totalement libérale. D’un point de vue Catholique, la franc-maçonnerie est un problème effectivement “gênant” du fait qu’elle s’oppose par essence à l’Eglise. L’adogmatisme dont se déclare la maçonnerie équivaut au relativisme doctrinal. Il y a donc incompatibilité avec le Catholicisme, quoi que disent certains franc maçons. Si un franc-maçon n’est pas nécessairement du genre “comploteur” (l’un des rôles sociaux essentiel et inavoué de la franc-maçonnerie est d’être gardienne de la révolution libérale à mains égards), son appartenance à une loge – même s’il se déclarait Catholique – n’en reste pas moins inquiétante pour le Salut de son âme.

(Source: Les Intransigeants : http://intransigeants.wordpress.com/ )

Il existe une infiltration au sein de l'Eglise : un journaliste parle


Michel De Jaeghere est journaliste et écrivain. Il dirige notamment les Hors-Série du Figaro magazine. Il est interrogé par le blog Eschaton. Voici ce qu'il dit sur nos évêques.

1. Les évêques français et les médias

"Je pense qu’il y a une très grande naïveté de la hiérarchie de l’Eglise vis-à-vis des médias. Elle a tendance à les considérer en effet comme neutres, et soucieux d’information objective, au lieu de les considérer globalement comme hostiles. Or dans le monde de l’information, la bienveillance à l’égard de l’Eglise n’est pas la règle, elle est l’exception. La hiérarchie catholique croit aux professions de foi d’honnêteté des journalistes. Elle n’a pas une pleine conscience du fait que le courant dominant lui est opposé. Les choses commencent à changer un peu, puisque l’on a vu depuis une dizaine d’années quelques évêques commencer à ouvrir les yeux. En l’an 2000, notamment, le cardinal Billé, alors président des évêques de France, a relevé devant l’Assemblée générale de la conférence épiscopale française que l’Eglise faisait l’objet d’un « procès latent » fait d’ une accumulation d’accusations, de gestes de méfiance, de dérision, d’occultation, d’ostracisme, de soupçon.

Mais la majorité de nos évêques ... semble en être restée à l’idée, développée par René Rémond dans son Histoire de l’anticléricalisme en France, selon laquelle l’antichristianisme aurait été suscité, au XIXe siècle, par la prétention de l’Eglise à régenter la vie sociale. A partir du moment où, le catholicisme avait renoncé, à Vatican II, à promouvoir un ordre social chrétien, l’anticléricalisme, pensaient-ils, tomberait de lui-même.

René Rémond prévoyait en 1975 la fin prochaine de l’anticléricalisme en expliquant qu’il n’avait été provoqué que par la condamnation du monde moderne par Pie IX et St Pie X ; que le concile ayant proclamé au contraire la réconciliation de l’Eglise avec ses anciens adversaires, il avait ouvert des temps nouveaux, où la haine du christianisme n’aurait plus sa place dans la société...

[Il n'en est rien] Les faits se sont chargés de démentir cette prophétie imbécile, puisque nous voyons que l’hostilité demeure, et même qu’elle s’exacerbe, en dépit du ralliement officiel de la hiérarchie ecclésiastique à la liberté de conscience et aux idéaux de la modernité. La vérité est que ce que la société moderne a en horreur, ce n’est pas le cléricalisme (elle en a reproduit les travers dans le monde profane, avec l’autorité qu’elle a concédé aux « intellectuels »), ce qu’elle hait, c’est le Christ.

...


3. Sur les infiltrations dans l'Eglise

Il est certain qu’il y a eu et qu’il y a toujours au sein de la hiérarchie de l’Eglise des gens qui ont œuvré et qui œuvrent encore, même s’ils sont moins puissants qu’avant, à la destruction de l’Eglise préconciliaire. L’ont-ils fait par idéal (dans l’espoir qu’un prétendu retour aux sources se traduise par une « nouvelle pentecôte ») par malveillance, ou plus simplement par bêtise ? Il est impossible de le dire. [...] Je pense cependant qu’il y a eu aussi des destructeurs conscients, des agents infiltrés. On sait qu’il y a eu notamment en France des militants envoyés en mission par le parti communiste dans les séminaires, et qu’un certain nombre d’évêques entretiennent avec la franc-maçonnerie des liaisons dangereuses."

lien

via Le Forum catholique

(Source: Christ Roi: http://christroi.over-blog.com/ )

mercredi, 09 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (II)

Un Prétendant moderne libéré du royalisme

Se libérer du royalisme orléaniste maurrassien

Le prince Henri, auquel on ne saurait sans injustice contester le goût du métier politique, la ténacité, le désir de servir son pays, et l’ambition de parvenir aux affaires à n’importe quel prix, violence mise à part, est parti de ce postulat que le mouvement monarchiste, réduit à ses propres forces, était incapable d’obtenir la restauration.

Il a donc cherché à se “libérer du royalisme” [2] en rompant spectaculairement avec l’Action française. Il l’explique au début de son ouvrage, racontant sa prise de conscience, son manque d’enthousiasme pour les idées et la personnalité de Maurras, dont il reconnaît « l’intelligence lumineuse », mais réprouve le caractère raisonneur et l’« intransigeante certitude ». Il en trace un portrait peu flatteur :

Tout en lui respirait l’autorité : le torse bombé, la moustache et la barbe volontiers hérissées, et ce nez, bourgeonnant, énorme, vineux, qui donnait à l’ensemble de la physionomie quelque chose de démodé, de pathétique et d’effrayant [3].

Ses sympathies allaient plutôt aux dissidents de l’A.F., Georges Valois, Bernanos surtout qui lui « apportait un souffle merveilleux, une pensée neuve et forte, irradiante de lumière » [4].

Enterrer le vieille légitimité

De façon révélatrice, il manifeste son hostilité foncière, très orléaniste, au Comte de Chambord, — « celui du drapeau blanc », ainsi qu’il le nomme avec mépris, oubliant l’écrasante responsabilité de ses ancêtres dans l’affaire de la restauration manquée ! Il ne s’agit pas seulement ici, prenons-y garde, d’une antipathie ad hominem, mais de la répudiation consciente du principe de légitimité traditionnelle sans lequel, précisément, le Comte de Chambord disait n’être rien.

À l’extrême opposé de cette attitude, le Comte de Paris voudrait être quelqu’un en se « faisant pardonner d’être prince », suivant le conseil de Louis-Philippe à ses fils.

Le Prétendant se flatte d’avoir écrit (p. 362) que « la vieille légitimité, détruite dans le sang et la colère, n’a jamais été vraiment restaurée », et il assume ce propos de Berdiaeff :

… Le vieux légitimisme est mort, il appartenait à l’autre histoire, et c’est courir après un fantôme que de poursuivre sa restauration.

Il ajoute, enfonçant le clou afin que nul n’en ignore :

Dans un temps où l’effet de la loi religieuse est de plus en plus réduit en étendue et en profondeur, où la famille, là où elle subsiste encore, se contracte en une cellule solitaire, où l’héritage est disloqué par les mœurs et les lois, où l’exercice de la gestion des biens acquis par voie de succession est de plus en plus contesté et de moins en moins pratiqué dès lors que ces biens sont de quelque importance, serait-il raisonnable de songer à faire renaître une légitimité que fondaient les croyances religieuses, la durée d’une famille et le droit héréditaire ? [5]

Le sauveur des idéaux de la République

Alors, pensera-t-on, le Comte de Paris n’est plus monarchiste ? — La réalité est moins tranchée. Le Prince, très Orléans en cela, a voulu récupérer la contre-tradition de sa lignée, l’image du « prétendant moderne ». Écoutons-le s’en expliquer (p. 118) :

Mon milieu sociologique était contre moi : il me tenait pour un prince révolutionnaire et ne manquait pas de Maurras, j’étais, décidément, le prince rouge. — Le qualitatif ne me déplaisait pas. Venant de milieu d’extrême droite, il marquait la distance qui me séparait du conservatisme, et ma volonté de dégager de nouvelles solutions politiques et sociales.

On aura retenu, en passant, l’assimilation de l’extrême droite au conservatisme, qui, en effet, prouve le peu de familiarité du Prétendant avec cette famille d’esprit, et la complaisance démagogique du propos.

Le Comte de Paris reste monarchiste, mais d’une façon très personnelle, et son rêve a toujours été de refaire une monarchie par les républicains puisque les monarchistes sont impuissants et que la réalité est devenue républicaine.

Il rejoint le thème de la « monarchie élective », exhumé par quelques « nouveaux philosophes » ces derniers temps pour faire leur cour à l’hôte de l’Élysée à la grande indignation des royalistes purs. « Le principe que j’incarne peut être précieux même en République », confiait-il, en 1956, à son biographe officieux [6].

Dans une édifiante interview à l’hebdomadaire italien Espresso, en septembre 1957 [7], il ajoutait : « Je sais bien que si je devais ma position seulement au hasard d’une longue histoire, cette position ne serait presque rien ». Mais, disait-il encore,

je crois être l’homme le plus apte à sauver les idéaux de la République.

Le Comte de Paris s’est efforcé de se rendre sympathique à la classe politique dirigeante, afin d’être accepté comme l’ultime recours de la démocratie en cas de catastrophe nationale. Pour y parvenir, il a fait à peu près toutes les concessions possibles et imaginables : sa monarchie ne serait qu’un perfectionnement de la République.

Cette monarchie ne brille pas par l’originalité : en 1948, proposant l’« esquisse d’une Constitution démocratique et monarchique », il expliquait que celle de 1946 « serait maintenue en vigueur », sauf quelques modifications de détail, timidement référendaires [8] : dans un « rapport sur l’avenir de la France au général De Gaulle » d’août 1966, à côté de plates flagorneries au chef de l’État en place (« Aucun homme n’a jamais atteint et n’atteindra jamais, par le seul élan de son patriotisme et la force de sa volonté, à la hauteur souveraine où se situe le général de Gaulle qui, pour tous les Français et pour le monde, est la pure image de la patrie. »), il précisait :

La Constitution de 1958, réformée en 1962, doit être conservée intégralement. […] On se gardera d’oublier que cette Constitution a été voulue par une très forte majorité de Françaises et de Français, il nous faut donc ne rien changer ni à la lettre, ni à l’esprit de nos institutions, c’est-à-dire à la pratique qui en est faite par le général de Gaulle.

Dans ses Mémoires, il avoue candidement (p. 314) : « Sous aucune des trois républiques je n’avais pris le parti de l’opposition. »

Recours de la République, le Comte de Paris se veut même, désormais, le recours de la démocratie :

Je souhaite, déclare-t-il à Royaliste (n° 293, pp. 8-9), que la formule la plus démocratique possible soit instaurée en même temps que la monarchie. Le principe que j’incarne est un élément de sécurité, il garantit que la France évoluera vers un régime démocratique. En outre il est évident qu’il ne faut pas briser les institutions politiques mais y ajouter des structures de dialogue.

Très exactement, pour qui sait entendre, le Comte de Paris n’a plus de principe propre à représenter et il frappe de stérilité toute action royaliste.

Michel HERSON, ancien secrétaire général adjoint de l’U.D.R., l’un des (rares) gaullistes à authentifier la thèse du Prince, abondait dans le même sens en donnant son témoignage dans le Monde du 11 mai 1979 :

Ce dont il est question, en fin de compte, c’est de sauver la démocratie telle qu’elle apparaît — n’est-ce pas évident ? — mieux préservée par les monarchies, toujours plus nombreuses en Europe occidentale, que dans les républiques déjà livrées au totalitarisme à l’Est comme en Amérique latine, ou menacées de violence et d’arbitraire là où, encore parlementaires, elles laissent les divisions nationales s’étaler dans l’impuissance.

Tout cela constitue ce qu’on peut à bon droit, appeler un néo-orléanisme, mais n’a plus grand chose à voir avec la légitimité monarchique et la tradition royale historique de la France.

Notes

[2] Philippe DU PUY de CLINCHAMPS, Le royalisme, Paris (Que sais-je n° 1259), 1967, p. 101. « On est frappé, en lisant les Mémoires du Comte de Paris, de constater combien sa critique de Maurras (qu’on aurait pu, après tout, mener en profondeur), reste superficielle pour en pas dire jalousement mesquine. Le vrai reproche du Prince à celui qui lui a pourtant permis de garder un certain relief dans la France contemporaine est d’avoir porté ombrage à la Maison de France ! »

[3] Mémoires, p.75

[4] ibid., p. 86

[5] La constatation du Comte de Paris, provocation mise à part, ne manque pas d’une certaine pertinence. C’est « un prince du XXe siècle » dira aimablement Gilbert COMTE dans sa recension du Monde (16 avril 1979). Mais ne passe-t-on pas, une fois de plus, à côté de la question véritable qui est de savoir s’il convient à celui qui se pose en « chef de la Maison de France » d’opter pour le système ou pour la Contre-Révolution ? Pierre DEBRAY, concluant une série d’articles remarqués dans le mensuel Je suis Français (n° 18, mars 1979), écrit : « Il serait utopique de prétendre rétablir l’hérédité biologique de façon durable à la tête de l’État alors qu’elle disparaît progressivement au profit de l’hérédité sociocratique dans le domaine économique, et que, sous le couvert de la démocratie, une oligarchie s’est emparée tout à la fois des partis politiques, des banques et des grandes entreprises. C’est tout un système qu’il faut commencer par casser, une révolution qui s’impose pour chasser la féodalité qui opprime la nation… Rétablir la monarchie sans un prince résolu à détruire le système et un mouvement populaire décidé à le soutenir, relève d’une mystification dont le seul effet serait d’abolir, pour toujours, l’idée monarchique. (C’est nous qui le soulignons). »

[6] Merry BROMBERGER, Le Comte de Paris et la Maison de France, Paris, 1956, p. 104.

[7] Largement traduit dans Rivarol, n° 349 du 19 septembre 1957, d’après lequel nous citons.

[8] Cf. Raison garder, publication du secrétariat politique du Comte de Paris, Paris, 1950, p. 247.

(Source: Vive Le Roy: http://www.viveleroy.fr/Henri-Comte-de-Paris-1908-1999-ou...)

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"France à vendre" : L'Etat va vendre 1 700 biens immobiliers du patrimoine national en trois ans


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L’Etat met en place un nouveau programme de cessions immobilières. Pour la première fois il s’agit d’un programme pluriannuel : il concernera 1 700 biens dans toute la France sur la période 2010-2013.

Ces ventes “résultent des importantes réformes administratives menées depuis 2007 (restructurations militaires, nouvelle carte judiciaire…)”, explique le ministère du budget. Elles seront affichées sur le site internet du ministère.

Depuis 2005, les ventes immobilières par l’Etat ont représenté “plus de 3 milliards d’euros”. En 2008 et 2009, ces cessions ont toutefois connu un rythme moindre (395 millions d’euros et 475 millions d’euros), le gouvernement n’ayant “pas souhaité donner suite à certaines cessions lorsque les prix étaient trop bas”.

Fin 2009, un peu plus de 400 sites avaient été cédés, sur un objectif de 770.

La vente du patrimoine de l’État “participe au redressement des finances publiques”, relève le ministère du budget qui précise que les opérations de cession “permettent d’apporter une contribution au désendettement correspondant, en règle générale, à 15 % du produit de la cession”. Cette contribution au désendettement a représenté 427 millions d’euros depuis 2005.

Source : http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/06/09/letat-va-vendre-1-700-biens-immobiliers/#xtor=RSS-32280322

 

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A titre de comparaison, lisons ces quelques informations en commentaire : "la france se sera endettée en 2010 à hauteur de 200 milliards d’€ ( 150 M € pour l’Etat + 30 M € sécu + autres ) soit au rythme gigantesque de 20 millions d’€ PAR HEURE ( toutes les heures nous augmentons notre dette de 20 millions d’€ ) ===> soit 480 M € / 24 heures

il est écrit dans l’article que
“Cette contribution au désendettement a représenté 427 millions d’euros depuis 2005.”

427 millions d’€ ===>MOINS QUUNE JOURNEE DE DETTE ET ON BRADE LE PATRIMOINE IMMOBILIER DE LETAT" ... pour le remboursement d'une seule journée de dette ! De qui se moque-t-on ?

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Dans le même temps, nous apprenons que la conjonction du veillissement de la population et du déséquilibre des finances publiques place “la France sur une pente dangereuse d’endettement croissant. ... [S]i rien ne se passe, la dette dépasserait largement 100 % du PIB en 2020 et qu’à un tel niveau cela “pèserait sur la croissance et la confiance” explique Jacques Attali, dans le cadre de la "Commission pour la libération de la croissance", ...

Cette commission s’apprête à “proposer une stratégie de transformation de la société française pour les dix prochaines années” - ce qu’elle appelle “un socle commun de réforme” qui serait proposé à tout nouveau gouvernement. Elle rendra un rapport en ce sens fin juillet.

Source : http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/06/08/la-commission-attali-veut-proposer-proposer-une-strategie-de-transformation-de-la-societe-francaise/

(Article publié sur le blog du Christ Roi: http://christroi.over-blog.com/ )

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mardi, 08 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (I)

Ma personne est tout, mon principe n’est rien

Les Orléans ont toujours été dynastes, cependant les Lois Fondamentales du Royaume les placent très loin derrière la branche aînée d’Anjou. Un prince d’Orléans désirant malgré tout satisfaire une ambition royale doit donc renoncer au principe de légitimité pour ne mettre en avant que sa seule personne. Feu le Comte de Paris est l’exemple extrême de cette stratégie préconisée par son aïeul, l’usurpateur Louis-Philippe. L’abandon de la transcendance ― pourtant inhérente à la monarchiele condamna tantôt à faire une cour servile au pouvoir en place, tantôt à se prostituer à l’opinion du jour, abdiquant de fait tout courage et tout honneur.

Qui est donc le Comte de Paris ?

En avril 1956, dans un article paru aux Écrits de Paris, René Johannet, essayant de discerner « l’avenir du Comte de Paris », s’exprimait en ces termes :

La position du Comte de Paris est l’une des plus étranges que l’on puisse imaginer. De tous les prétendants au trône de France qui se sont succédé depuis un siècle, il est assurément le plus zélé, le plus actif, le plus ambitieux.

Il n’en a pas moins réussi à faire abroger la loi d’exil portée contre lui. Mieux : il cousine avec la gauche avancée, traite de pair à compagnon avec Mendès, Edgar Faure, collabore au Monde, se voit cité par un ministre en plein Chambre. Que la République vienne à disparaître, il en sera le dernier témoin, le témoin de ses affres les plus secrètes.

Pour retrouver semblable anomalie, force nous est de remonter aux beaux jours du parti radical, quand on expédiait d’office à Bruxelles les nouvelles recrues de marque pour être présentées au prince Victor [1]. Soit dit entre nous, ça n’a pas mené très loin le prince Victor.

Cela n’a pas, non plus, mené très loin le Comte de Paris, puisqu’au terme d’un demi siècle de vie politique il publie un livre désenchanté [ses Mémoires, note VLR], et donne quelques déclarations qui laissent mal augurer du devenir de sa Maison. Mais ce peut être grave pour le royalisme français, et il convient d’en prendre la mesure.

Notes

[1] Il s’agit, bien sûr, du prince Victor-Napoléon, prétendant bonapartiste, qui passait pour presque aussi « rouge » que le pittoresque Napoléon (Jérôme), dit “Plon-Plon”.

(Source: Vive Le Roy: http://www.viveleroy.fr/Henri-Comte-de-Paris-1908-1999-ou... )

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"France-info" feint de découvrir le Bilderberg


"France Info", la station radio officielle, porte-parole de la grande presse, aborde aujourd'hui le sujet de la dernière réunion annuelle en Espagne du groupe Bilderberg, dans une rubrique économique de 5 minutes avec, il est vrai, un économiste qui "tombe des nues" en découvrant son existence !

Mais quand récemment, Yves Calvi et Jean-François Kahn disaient ne pas connaître l'existence du groupe Bildeberg, il faut bien que les médias alignés jouent un peu la comédie de la surprise ! On appréciera malgré tout que les journalistes collabos, devancés et épinglés par la presse non-alignée sur internet, se voient à présents contraints d'ôter leur masque et de traiter du sujet... Avec un avantage certain pour la réinfosphère anti-nouvelordremondialiste et non-alignée (!) : une publicité qui peut attirer les curieux sur le Net en recherche d'en savoir davantage sur le groupe Bilderberg, les vrais tenants pouvoirs et toutes les découvertes que cela impliquera.

Comme par hasard, le site socialo-libéral "Rue89" qui rapporte les noms des participants de la réunion 2010, évoque une "réunion de tous les fantasmes", "celle qui réunit depuis cinquante ans « les maîtres du monde » dans le plus grand secret, perd cette année de son mystère à coups d'invités confirmant officiellement leurs présences et de journalistes commentant en direct le ballet des berlines aux vitres teintées. Mais le cœur des débats reste impénétrable pour le commun des mortels."

Il ajoute malgré lui : "Le secret entoure traditionnellement sa liste d'invités, une bonne centaine de personnalités européennes et américaines -multimilliardaires, leaders politiques, chefs d'entreprises, leaders d'opinions- qui doivent en outre jurer de ne pas raconter ce qu'ils ont vu et entendu dans le saint des saints, généralement la salle de conférence d'un hôtel de luxe barricadé pour l'occasion. ... Une remarque reprise et illustrée par le sérieux Slate US, en 2008, dans un article traduit sur Rue89 : « Jusqu'ici les détracteurs de Bilderberg ont raison : La presse grand public a ignoré Bilderberg en 2008 », remarquait Jack Shafer quelques jours après sa 5e édition."

L'article de Rue89 du 05/06/2010 | 10H34 confirme ce que nous disions également le 5 juin sur Christ-roi : "En France, peu d'informations ont été publiées jusqu'ici, à l'exception du blog de la romancière Flore Vasseur partie pour Marianne 2 et d'une dépêche AFP tombée vendredi."

France-info parle cette année de la réunion 2010 des Bilderberg, rue89 aussi, Marianne 2, une dépêche Afp, la liste s'allonge curieusement ces dernières années. Que doit-on en conclure ? Comme les blogs et sites non-alignés en parlent sur internet, ils se sentent un peu obligés eux aussi d'en parler ! On peut suppposer que le but recherché est de ciconvenir les medias non alignés sur internet, de montrer qu'il n'y a pas de "secret", que la grande presse en parle aussi... N'est-ce pas ! les Bilderbergers devront naturellement sortir grandis et renforcés par cette nouvelle publicité; enfin, procéder comme la Secte a toujours fait des autres faits d'actualité, en noyant le sujet sous un amas d'informations afin de noyer l'info réelle et véritablement subversive.

Mais ne nous inquiétons pas pour le groupe composé cette année (liste non-exhaustive donnée par Rue89) de "José Luis Rodriguez Zapatero, Bill Gates, le président de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet, le Britannique Peter Mandelson, le président de la Banque mondial, Robert Zoellick, l'ancien commissaire européen Pedro Solbes, le conseiller d'Obama Paul Volcker ou encore les rédacteurs en chef de The Economist et du Financial Times y assistent. D'ordinaire peu loquace en public, la reine d'Espagne, Sofia, serait aussi une habituée de la réunion".

En effet, vu le culot monumental du milieu, ils nous expliqueront qu'ils oeuvrent pour le bien général, de l'homme, du "peuple" et de l'humanité... en mettant habituellement en commun leurs savoirs, leurs moyens financiers et leurs moyens d'action ; que la crise ne vient pas d'eux, mais qu'ils se réunissent pour y remédier ! Maintenant qu'on parle d'eux, ils pourraient même mettre au point un plan d'action, avec une affaire leur permettant par exemple de jouer un rôle de bienfaiteurs en lien avec l'ONU ou toute autre organisation humanitaire d'envergure.

N'oublions pas que, Dominique Strauss-Kahn, qui fait parti du groupe, est régulièrement présenté par les medias collabos comme le meilleur candidat socialiste aux présidentielles 2012 : on n'imagine pas ces puissants se laisser voler une victoire si proche par quelques blogueurs bien informés !

Quand après la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, ce sera au tour de la France d'être déclarée "en faillite", ou quand l'Union Européenne prendra l'eau à cause de la chute généralisée de l'euro, Strauss-Kahn se présentera comme l'homme de la situation, et le groupe Bilderberg avec lui ! Les fauteurs de la crise, médecins de la crise ! On peut parier sur la future naïveté du peuple gavé de propagande humaniste décervelante depuis des générations.

Pour toutes ces raisons, comme nous le recommandait Léon XIII dans Humanum genus, en 1884, il nous incombe à nous catholiques d'"arracher son masque à la franc-maçonnerie" afin de forcer la Secte à apparaître en pleine lumière.

(Source: Christ Roi: http://christroi.over-blog.com/ )

lundi, 07 juin 2010

La Légitimité (IV)

Des royalistes qui cèdent aux sirènes démocratiques

 

Or, voici que des monarchistes — il est vrai qu’ils s’intitulent simplement “royalistes” — dont on attendrait la ferme réfutation des lubies démocratiques contemporaines, sacrifient à l’idole du jour.

Tels d’entre eux donnent des leçons de démocratie au président de la République française, et même M. Pierre Boutang, habituellement peu conformiste, assure que « le mot ne le gêne plus ».

Si « le mot » exprimait le besoin d’un consensus populaire, ou si, tout simplement, l’on entendait par démocratie l’un des régimes légitimes décrits par les vieux penseurs grecs, nous en serions tous d’accord, et l’on pourrait non seulement s’accommoder du mot, mais se dire anti-démocrate sans choquer personne. Malheureusement, chacun sait que ce n’est pas le cas aujourd’hui, et que ce n’est pas d’un terme innocent qu’il s’agit. « L’ambiguïté de l’antidémocratisme » [10] est incontestable, mais provient de l’ambiguïté fondamentale de la démocratie moderne.

Aussi ne peut-on que redouter, pour l’avenir du royalisme français, l’effet des compromissions démocratiques du Comte de Paris, que suivent quelques néo-orléanistes. Ce prince, qui n’a pas la légitimité juridique — nous croyons l’avoir démontré —, n’est pas davantage capable de proposer une saine doctrine politique, dans laquelle pourrait se reconnaître la légitimité monarchique traditionnelle.

Notes

[10] Que souligne à juste titre Paul SERANT dans son essai. Où va la Droite ?, Paris. 1958. pp. 122 et suiv. L’auteur fait observer que, pour les Anglo-Saxons, « démocratie » vise esprit de liberté, respect des libertés concrètes, civilisation.

(Source: Vive le Roy: http://www.viveleroy.fr/La-legitimite-par-Guy-AUGE-1979,9... )

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