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lundi, 23 juin 2014

Le chambordisme

 

Un légitimisme dévoyé par le romantisme (1984)

Très éloigné des enseignements traditionnels d’un Bossuet ou d’un Bonald, le « chambordisme » apparait au XIXe siècle comme la déviance mystique et romantique d’un légitimisme qui abandonne la raison politique. À l’absolue nécessité d’une réflexion sur l’institution politique, on préfère la nostalgie des commémorations, le dolorisme et une dévotion quasi-amoureuse envers le successeur des rois de France de l’époque : Henri V, Comte de Chambord. Très empreint de providentialisme, ce courant — qui déprécie la nature et la raison — a désarmé les légitimistes de cette époque en leur ôtant l’esprit de recherche et de combat qui leur aurait été nécessaire, avec le secours de la Grâce, au rétablissement d’un régime politique naturel fondé sur la transcendance divine.

Le chambordisme, ou un légitimisme purement mystique Retour à la table des matières

Doctrines légitimistes et orléaniste au XIXe siècle

Dans l’étude du légitimisme au siècle dernier [XIXe siècle à la date de parution de cet article], il y a tout lieu d’accorder une place privilégiée, si l’on veut saisir sa cohérence en profondeur, à l’analyse de la sensibilité royaliste.

Non qu’il n’y ait eu de doctrines légitimistes. Au contraire, de 1830 à 1883, il y eut à cet égard le trop plein et non l’absence. Une masse considérable de publications — organes de presse par dizaines, livres par centaines, brochures par milliers — a soutenu un nombre impressionnant de thèses, souvent contradictoires, sur les sujets les plus variés, à commencer par la question cruciale des institutions politiques [1].
Cette relative dispersion doctrinale, que masque souvent la remarquable continuité de pensée d’Henri V, était manifeste au sommet et contribua à faire du « parti » légitimiste un lieu de crise quasi permanente, avec des phases plus aiguës (1841-1843 par ex., 1848-1850 ou 1871-1875). Mais il y a tout lieu de penser qu’elle sévissait aussi à la « base », entretenue par la diversité sociale des légitimistes et perpétuellement ranimée par les positions contradictoires d’une presse très riche mais souvent peu disciplinée, tant à l’échelon national que local. Il y a très certainement là une divergence fondamentale avec l’orléanisme que M. Rémond ne peut comparer au légitimisme que par l’artifice d’une fausse symétrie.

Le légitimisme est avant tout une fidélité dynastique. Il serait certes absurde de nier que le privilège accordé à cette dimension verticale comporte des implications doctrinales : il suppose en vérité une certaine idée générale du rôle de la transcendance en politique. Mais enfin, il demeure assez vague pour s’accommoder de figures diverses.

Or, à bien y réfléchir, la démarche orléaniste est inverse : là, la doctrine, ou plutôt la rationalisation de certains intérêts, précède le choix dynastique et même celui de la forme du régime, qui sont parfaitement contingents. La monarchie philipparde, fondée sur un « demi-principe » et revendiquant pitoyablement une « quasi-légitimité » ne couvrait ainsi que des clivages doctrinaux en trompe-l’œil. Les « constitutionnels », qui soutenaient le régime, étaient, de la droite « doctrinaire » à la « gaucho dynastique » en plein accord au fond malgré les conflits apparents du théâtre parlementaire. Après Sedan, cette mouvance orléaniste pourra sembler éclatée, un centre-gauche de plus en plus nettement républicain à partir de 1872 s’opposant à un centre-droit encore monarchiste. Mais en réalité l’unité de ce vaste courant demeurera toujours supérieure — sur le plan du fond doctrinal — à celle des légitimistes. Et cette unité comme cette division expliquent seules le vote des lois constitutionnelles de 1875.

Diverses sensibilités légitimistes

Le légitimisme, autour de l’idée de fidélité dynastique, présente par contre une relative homogénéité de sensibilité. Là encore, certes, les sommets du « parti » se divisent.

  • Et il va de soi que l’aile catholique libérale et plus parlementaire — représentée par Berryer jusqu’à sa mort en 1868, mais surtout par Falloux et ses disciples, de Meaux ou Cumont — ne partage qu’imparfaitement, voire pas du tout, la sensibilité dominante des légitimistes de leur temps. Ces hommes qui sont au contact permanent des orléanistes, à l’Académie — on ne dira jamais assez l’importance de ce « parti académique » —, dans l’Union libérale qui s’oppose à l’Empire dès 1863, dans des réunions diverses (par ex. à Augerville chez Berryer ou dans le salon « fusionniste » de Mme Duchâtel), finissent par leur ressembler. Mais ce n’est là qu’un milieu assez étroit, important surtout à Paris et dans les instances parlementaires. Ce légitimisme plus rationaliste, plus sceptique, en un mot plus froid, n’est le fait que d’une fraction de l’élite royaliste.
  • Au contraire, le légitimisme profond, celui des masses royalistes, si l’on nous passe ce terme, celles des châteaux et des chaumières de l’Ouest, celles des hôtels patriciens et des immeubles ouvriers du midi, ce légitimisme-là n’était pas une mystique dégradée en politique, mais à l’opposé, et de plus en plus, au fur et à mesure que s’affirmait l’échec, une politique sublimée en mystique.

Le « chambordisme » est l’expression synthétique de cette inflexion [2]. Il est l’attitude qui a consisté à abandonner plus ou moins nettement le terrain de la raison politique pour celui de la passion quasi-amoureuse du prince, celui de la démonstration pour celui de la dévotion.

Avant d’en brosser un tableau, il convient, afin d’en comprendre la genèse, de marquer les conditions mentales de son apparition et de son développement.

Genèse du chambordisme : le royalisme romantique Retour à la table des matières

Les racines du romantisme politique

Le caractère en apparence amphibologique du concept de « romantisme » ne doit pas nous retenir de l’utiliser ici.

  • Certes — en France notamment — la notion a pu se trouver associée à l’idée d’une pure hypertrophie du Moi.
  • Mais ailleurs, c’est l’idée organiciste de la fusion du Moi dans un Tout supérieur qui a pu l’emporter. Ce fut le cas notamment — en simplifiant — en Allemagne. Il n’y a par ailleurs pas lieu d’établir une antithèse trop radicale entre les deux tendances du romantisme, et le romantisme de la Restauration en France — bien différent à cet égard du romantisme de la monarchie de Juillet tel qu’il s’est défini et opposé dans les dernières années du règne de Charles X — en est une assez bonne illustration.

Au demeurant, s’il y a deux romantismes, ils comportent des points de convergence à commencer par le refus du positivisme froid, un certain sens de la transcendance, l’intuition de la complexité ineffable des choses humaines. Organicistes ou hyper-individualistes, les romantiques affirment les accords secrets des choses imperméables à la plate raison. Ils croient tout à la fois à l’expérience de la transcendance et à la transcendance de l’expérience — et ce n’est pas un jeu de mots — à la suite de Maistre, contre la raison individuelle constructive. Ce romantisme politique nous semble plus précisément s’épanouir en trois directions étroitement complémentaires : la sensibilité royaliste est

  • irrationaliste,
  • providentialiste et
  • nostalgique.

L’irrationalisme

Il faut bien comprendre le sens ici accordé à ce terme. Dire du légitimisme qu’il est un irrationalisme, c’est simplement observer qu’il assigne à la raison une place seconde, subordonnée, par rapport à la découverte du jeu — providentiellement cohérent — de l’expérience et de la transcendance, ou si l’on préfère, de l’histoire et de la théologie.
Répétons-le, nous ne cherchons ici qu’à découvrir le centre de gravité d’une sensibilité politique. Et nous ne méconnaissons pas deux points :

  • d’une part le mouvement n’a cessé de se « romantiser », comme il s’est d’ailleurs « catholicisé » — dans le sens de l’« inséparatisme » du politique et du religieux ;
  • d’autre part il a toujours compris des éléments réfractaires, à des degrés divers, à un tel entraînement. Ce fut le cas de la Gazette de France sous la Monarchie de juillet — dont les accents et la démarche annoncent parfois l’Action française en dépit de sensibles nuances. Le cas aussi d’une bonne part de la tendance catholique libérale du légitimisme incarnée par Falloux. Ou encore de personnalités plus portées à mettre en avant le droit et l’abstraction que le sacré et la sensibilité : ainsi Royer-Collard, le maître des doctrinaires, qui après avoir contribué à la crise de 1830 refusa toujours de se rallier à l’usurpateur.

Le refus dominant du rationalisme chez les royalistes s’enracine bien sûr dans leur foi et, après 1864, dans les condamnations du Syllabus. Il a pour corollaire leur moralisme et leur antihumanisme.

Leur moralisme se traduit par une sincérité suicidaire : c’est la démission en masse de 1830, le refus de prêter le serment électoral qui maintient notamment l’Ouest fidèle à l’écart des urnes jusqu’au début des années 1840 [3] ; c’est encore, à la fin de 1875, l’alliance avec les républicains contre les conservateurs pour la désignation des sénateurs inamovibles. Il y a là tout un système d’attitudes qui se ramène à la fameuse devise des « verdets » : « Fais ce que dois, advienne que pourra ». Ce « fondamentalisme », héroïque ou résigné, porte en lui le mépris de l’habileté, de l’éclectisme, du pragmatisme et du prétendu « raisonnable » — concepts-clefs de l’Orléanisme. Il exclut aussi ce qui deviendra le « politique d’abord » maurrassien, auquel sont préférés un « moral », un « social » et un « religieux d’abord ». C’est ce que veut traduire Barbey d’Aurevilly lorsqu’il affirme ne pas croire « à une restauration par la tige, mais à une restauration par les racines ».

L’antihumanisme, la réserve dans l’appréciation des facultés propres de l’homme, est inhérent au catholicisme traditionnel. Et nombre de royalistes apparaissent, après Joseph de Maistre, hantés par le thème de la chute initiale de l’homme. Chateaubriand exprimait ainsi une idée centrale du royalisme catholique lorsqu’il observait dans les Mémoires d’outre-tombe :

Nous sommes terre à terre, dans la triste réalité d’une nature humaine amoindrie.

Et Barbey d’Aurevilly pouvait dénoncer après son maître Blanc de Saint-Bonnet « l’hypocrisie du XIXe siècle qui nie le crime et la chute de l’homme ». Quel crédit accorder en effet à la raison humaine mutilée ? Elle ne peut que tenter, à travers la brume et avec humilité, d’identifier des vérités éternelles qui la dépassent. En respectant l’enseignement de l’église. Et en bannissant « l’orgueil (qui), prenant le nom de liberté, a inondé le monde », selon la formule de Blanc de Saint-Bonnet dans La légitimité.

Le providentialisme

Les légitimistes sont souvent des gens qui croient, selon l’expression de Barbey, au « triomphe naturel du mal sur le bien et (au) triomphe surnaturel de Dieu sur le mal ». D’où leur providentialisme. Comme le saint Paul de l’épître aux Hébreux, ces hommes de foi savent que « le monde visible ne prend pas son origine en des apparences ». Ils vivent à proprement parler dans un monde enchanté où tout est porteur d’un sens surnaturel, où « tout est concrètement surnaturel », selon la phrase de Mgr Pie.
Le providentialisme du plus grand nombre des légitimistes, surtout dans les dernières années de la vie du Prince, est absolu, volontiers catastrophiste et parfois générateur de renoncement.

Absolu, ce providentialisme l’est dans la mesure où il constitue la grille quasi-exclusive à l’aide de laquelle les royalistes décryptent l’histoire. Tout est signe. Tout est sens. La Gazette du Dauphiné, après un attentat perpétré en 1840 contre Louis-Philippe, commente ainsi doctement :

Ce 15 octobre où Louis-Philippe a failli tomber sous les coups d’un assassin est la veille de l’anniversaire du funèbre jour qui vit l’infortunée Marie-Antoinette victime des abominables menées de Philippe-Égalité, monter à quelques pas de là sur l’échafaud régicide.

La mort accidentelle du duc d’Orléans, la chute de Thiers, dans laquelle le P. Morel du Monde voyait « le doigt de Dieu », sont interprétés de la même façon. Le 12 août 1873, le même journal, reliant le vote par l’Assemblée nationale le 24 juillet d’une loi déclarant d’utilité publique la construction de la basilique du Sacré-Cœur et la visite du comte de Paris à Frohsdorf, concluait :

Le Christ a immédiatement payé les hommages rendus au Sacré-Cœur.

Un dernier exemple parmi cent autres : il ressort de la correspondance de Joseph de La Bouillerie, étudiée par M. Levillain, que ce député « chevau-léger » avait le sentiment

de ne rien devoir au suffrage universel qui l’avait porté à l’Assemblée. Le suffrage universel n’était à ses yeux que le véhicule de la Providence qui l’avait investi comme député et lui avait, donné une mission : la restauration monarchique.

Le comte de Chambord ne se distinguait pas le moins du monde de ses troupes de ce point de vue.

  • Parlant de ses droits au lendemain du décès de Louis XIX, il affirme qu’il ne veut « les exercer que lorsque, dans (sa) conviction, la Providence (l’) appellera à être véritablement utile à la France ».
  • Dans son manifeste du 25 octobre 1852, il parle du « dépôt de la monarchie héréditaire dont la Providence (lui) a confié la garde ».
  • Dans une lettre à Nemours du 5 février 1857, il définit son retour comme « le moment où la Providence (lui) en imposerait le devoir ».
  • Dans sa lettre du 8 mai 1871 à Carayon-Latour, il affirme noblement :
    La parole est à la France et l’heure est à Dieu.
  • Enfin, dans sa fameuse lettre à Dupanloup du 8 février 1873, il pose avec netteté sa règle de comportement :
    J’attends peu de l’habileté des hommes et beaucoup de la justice de Dieu.

L’optimisme catastrophiste est inhérent à la logique de cet « idéalisme dialectique » que tend à être, selon la belle expression de M. Denis dans son étude sur les royalistes mayennais, un providentialisme exacerbé. Le sens profond des signes est renversé par rapport à leur signification immédiate. La Commune, la chute de la souveraineté temporelle du pape deviennent ainsi, curieusement, sous quelques plumes, les prodromes de la régénération inéluctable. Des plus grands maux naîtront les plus grands biens. Chesnelong écrit à Carayon-Latour le 20 septembre 1873 :

La Providence ne laisse faire en ce moment que du provisoire » et « le définitif consacrera la victoire de l’Église de Dieu et sa prépondérance pacifique sur le monde purifié par le malheur et transformé par l’éternelle vérité.

Et Blanc de Saint-Bonnet dans La légitimité :

De telles punitions portent un double avertissement : issues de la justice, elles sont distribuées par la Miséricorde. Elles disent que la France sera régénérée par la douleur. S’il devait en être autrement, Dieu eût laissé la France en proie à sa propre dissolution.

Ce providentialisme absolu porte bien sûr en lui une virtualité de renoncement. Dans sa lettre précitée à Dupanloup, Henri V parle de sa « résignation ». Le prophétisme, le thème des Gesta Dei per Francos, l’idée que « le Christ aime encore ses Francs » (comte de Chambord, lettre à Chesnelong du 27 octobre 1873), tout concourt à ce que nombre de royalistes attendent — sur fond de désespoir politique — un miracle, « une intervention miraculeuse », déclare Mgr de la Bouillerie à Lourdes en 1872, « un miracle de premier ordre », « un miracle comme la création ! » écrit Blanc de Saint-Bonnet dans La légitimité.

La nostalgie

Les légitimistes ne sont pas nécessairement des passéistes : on en trouve même — je l’ai dit dans mon ouvrage — dans des secteurs parfaitement modernes d’activité. Mais la nostalgie est présente chez presque tous. Elle explique le succès qu’ils font aux romans historiques de Walter Scott — le chantre d’une épopée jacobite qui a de telles résonances pour les partisans de la branche aînée — ou à de moindres écrivains, le Vicomte Walsh père ou le médiocre Vicomte d’Arlincourt. Ce rêve médiéval se retrouve dans les châteaux « néogothiques » de Hodé — en vérité composites — et dans le mobilier. Le goût de l’histoire — au demeurant général dans toutes les tendances de l’opinion — conduit les royalistes à être nombreux dans les sociétés savantes locales qui fleurissent alors. La commémoration tient une large place dans les activités du « parti » : on se réjouit pour la saint Louis ou la saint Henri, on s’attriste le 21 janvier, voire le 13 février, pour l’anniversaire de la mort du duc de Berry. Cette nostalgie douce et souffrante, cette mémoire de ce que Jaurès lui-même baptisera le « charme séculaire de la monarchie », contribuent, elles aussi, à modeler le sentiment que l’on porte à l’aîné de la Race.

Aspects du chambordisme : une religion royale Retour à la table des matières

La tentation d’une religion légitimiste

Le drame de l’histoire de la Maison de Bourbon, le caractère providentiel que l’on attribue à sa mission, le refus moral du compromis et antihumaniste des excès critiques de la raison, tous ces traits permettent d’expliquer le caractère passionnel des relations qui unissent ses fidèles au Prince.
D’Adhémar écrivait en 1843 que « l’opinion légitimiste est une conviction, mieux que cela, une religion ». Il faisait ainsi observer que le royalisme n’était pas seulement une démonstration politique abstraite, s’il pouvait être aussi cela, mais une émotion, une affection, une tendresse de ses fidèles pour le roi et peut-être même davantage, un culte quasi-religieux du dernier rejeton de la branche aînée, de plus en plus conçu comme une chance ultime.

Amour et dévotion

Henri V n’encourageait pas directement de telles tendances si en vérité son comportement et son charisme propre pouvaient contribuer à les entretenir. Ne répétait-il pas : « Ma personne n’est rien, mon principe est tout » ? Et n’avouait-il pas, dans sa royale modestie, que sans son principe il n’eût été qu’un gros homme boiteux ?
Quoi qu’il en soit, il ne put éviter de devenir non seulement la « personnification la plus complète du principe de la légitimité », mais aussi, peu à peu, « le pontife de la légitimité, le grand prêtre de la religion monarchique célébrant la puissance et l’éternité de son dogme » selon les significatives formules de Pesquidoux.

La tension de Barbey d’Aurevilly, dès lors qu’il s’agit de Henri V, est particulièrement révélatrice. D’un côté, il parle de « la noble poitrine de Henri-Dieudonné de Bourbon » comme du « tabernacle » du « principe de la monarchie ». De l’autre, au paroxysme d’une passion amoureuse exaspérée, il injurie littéralement le Prince. Ce royaliste sur le mode autoritaire — proche en cela de son maître Balzac — dénonce « ce vieux portier honnête mais entêté », cet « énervé de Jumièges qui n’aura pas même l’honneur d’être tondu pour être et finir moine, comme les Mérovingiens impuissants ». Il feint de se lamenter sur « ce vieux respect pour ces imbéciles de Bourbons qu’(il) tient(t) de (son) père ».

Il semble que pendant longtemps, le fait que le prince ait été un enfant ait exacerbé la sensibilité et le caractère affectif du royalisme. On ne saurait d’ailleurs négliger, au XIXe siècle, une forme de sensibilité au rôle surnaturel de l’enfance qui sera étayé, au milieu du siècle, par les apparitions de La Salette, de Lourdes ou de Lisieux. Plus tard, les « pèlerins » si nombreux qui allaient voir le comte de Chambord dans ses villégiatures d’exilé furent toujours charmés, au sens fort, par celui qu’Henri de Pènne baptisera l’« auguste ensorceleur ». Tous les témoignages sont concordants sur ce point. Mais la signification proprement religieuse de la rencontre ressort avec une particulière netteté de certains d’entre eux. C’est ainsi que lorsque le comte de Lambilly, président du comité légitimiste du Morbihan, envisage un voyage à Frohsdorf, il confie :

Il me semble que j’en reviendrai meilleur.

Pesquidoux croise sans le connaître, le Prince dans un musée :

Troublé par je ne sais quel pressentiment, je ne pus m’empêcher de me lever et de me découvrir […]. J’étais agité, comme si quelque chose de nouveau et de grand venait de passer devant moi.

Le lendemain, il est présenté et il décrit

le tremblement d’âme dont (il fut saisi lorsqu’il se trouva) face à face avec la personnification même de la France, de son histoire, de ses grandeurs.

Il reconnaît plus loin :

Le comte de Chambord était pour nous, vieux royalistes, irréprochable : il représentait et proclamait un ensemble de doctrines, d’opinions, de sentiments, qui constituait pour la masse de ses serviteurs la vérité absolue. Il était notre héros, notre idéal…

Le plus exceptionnel document, au crépuscule de la vie du Prince, est toutefois la lettre écrite par Lyautey à Antonin de Margerie, de Goritz, le 15 mars 1883, à « minuit 3/4 » — précision d’amoureux :

Je viens de Le quitter. L’émotion est telle, l’emprise si forte que je ne parviens pas à reprendre conscience de ma personnalité, abdiquée, fondue en lui, pendant ces heures de grâce — le Roi de France, — je l’ai vu, je l’ai touché, je l’ai entendu. Le fils de la Race qui, province à province, a fait mon pays, le Royaume des Fleurs de Lys, « le plus beau du monde après le Royaume de Dieu », disait le vieil adage. Je suis revenu à l’hôtel, par la ville, comme on revient de la table de communion, ramassé sur soi-même, les yeux repliés sur la vision intérieure, écartant tout ce qui peut la ternir […]. D’abord Lui ; le front et le regard : une phosphorescence, réellement une lumière sort de lui : elle vous enveloppe ; elle vous baigne […].

Cet amour du Roi était entretenu par tout un jeu d’images et de symboles.
Villiers de L’Isle Adam raconte dans L’avertissement :

En Bretagne, c’était, il y a trente ans, notre coutume d’écoliers de tracer, en haut de nos devoirs, ces trois caractères : « V.H.V. ! » Cela signifiait : « Vive Henri V ! » Il semblait à nos imaginations d’enfants que la page en était plus belle.

Des brochures entretenaient la flamme comme cette Vie populaire de Henri de France de Muret qui, pour 75 centimes, donnait au lecteur une provision de dialogues simples, édifiants et sensibles. Ou, à la veille de la mort du Prince, cette Vie d’Henri V racontée aux ouvrières et aux paysans par un enfant du peuple.
Parmi les fêtes de la famille royale, la saint Henri, le 15 juillet, revêtait une particulière importance, qui unissait dans une même dévotion le premier et le dernier Bourbon — cet « Henri IV second ». Il en allait de même, le 29 septembre, pour l’anniversaire du grand exilé.
L’épanchement était, dans la vie quotidienne, entretenu par mille petits objets : rubans verts et blancs, cocardes, bijoux ornés d’un « H » couronné ou entremêlé d’une fleur de lys, boîtes illustrées d’un profil de bronze ou de cuivre se détachant sur l’écaillé ou sur l’ivoire, ou encore décorées d’un « fixé » aux couleurs vives, gravures — par exemple du « jeune écossais », — marbres, bronzes, fontes — souvent en paires associant Henri V et son grand-oncle, le « roi martyr », monnaies d’argent écoulées par colportage, et bien sûr innombrables médailles présentant les deux Henri — le béarnais et l’exilé — ou proposant un rébus…
Organisée sur une grande échelle, comme l’a montré dans sa thèse M. de Changy, par les comités Jeune France, ralentie par la loi restrictive de septembre 1835, la diffusion de ces dévotieuses images ne cessa jamais d’entretenir la fidélité « amoureuse » — le terme est de la marquise de Pampelone — des fidèles [4].
Une telle hypertrophie du sensible et de l’affectif portait en elle, pour beaucoup, la sortie du combat politique quotidien. Bercés d’abord de l’espoir d’un destin providentiel du jeune orphelin, les royalistes s’accommodèrent peu à peu de la poésie d’un échec non moins providentiel.

Du destin providentiel à la poésie de l’échec

Toute la vie du jeune Henri fut dans une première période déchiffrée sous l’angle d’un providentialisme plutôt optimiste. Cette tendance fut favorisée par la naissance posthume du prince, annoncée en rêve par saint Louis à la duchesse de Berry. Lamartine parla de « l’enfant du miracle ». Victor Hugo observa :

Les forfaits qui chargeaient nos têtes sont rachetés par l’innocent.

Du même, on lira encore, trait d’optimisme catastrophiste propre au providentialisme, ce morceau de poème :

Ô jeune lys qui vient d’éclore, Tendre fleur qui sors d’un tombeau…

Dans le Point de vue providentiel de l’histoire de Henri de Bourbon qu’il publia en 1840, pour le vingtième anniversaire de ce dernier, Nettement s’attacha pour sa part à décrire « la suite providentielle d’une jeune vie où le doigt de Dieu est partout », et d’abord dans son début, lorsque « la France, qui s’était agenouillée auprès d’un sépulcre » se releva « en tenant dans ses bras un berceau ».
Dans le cadre d’un tel discours, le grave accident du jeune homme quelques mois plus tard, qui le laissera infirme pour la vie, ne pouvait jeter qu’un trouble profond. Comme l’écrit alors Falloux à Albert de Rességuier :

C’est le premier malheur personnel qui lui arrive. Jusqu’ici la Providence avait semblé lui témoigner de la prédilection […] Aujourd’hui, est-ce un avertissement ?

La persistance de l’échec de la restauration conduisit à partir du milieu du siècle, et surtout après 1871 à un renversement de la perspective providentielle.
Comme Villiers — né en 1838 — le note, toujours dans L’avertissement,

dès l’enfance nous avions pris ce fatal pli de pensées de ne songer au roi qu’avec cette sorte d’espoir attristé qui, s’augmentant des années, produit les inactions crédules.

À l’extrême, la restauration n’a plus, en elle-même, grand sens. Pesquidoux écrit ainsi que Henri V était un « roi idéal auquel la réalité de la royauté n’aurait peut-être rien ajouté ». Et Valori commente la restauration manquée en ces termes :

L’exilé rentrait dans sa patrie et il en sortait volontairement, triomphalement, par la plus grande victoire remportée par un roi, celle qui lui fait préférer son honneur immaculé au plus beau royaume de la terre.

Selon le même auteur, il a été « inventé par Dieu pour servir de contraste vivant aux iniquités contemporaines ».
On se fait peu à peu à l’idée qu’il n’y a pas de perspective royaliste possible après Henri V : la perfection est proche de la mort et il est le concentré, le réceptacle de l’idée monarchique, en même temps que, l’incarnant trop exclusivement, il ne peut mourir sans l’entraîner dans sa fin. Comme l’écrivait, avec une curieuse joie dans sa tristesse, Castille dès 1857 :

La vieille monarchie française expire du moins dans sa personne, pure et fière.

Une grande partie de l’attitude des royalistes après 1870 s’explique par ces sentiments. C’est ainsi que l’un d’eux, au lendemain du manifeste de Chambord de juillet 1871 confie à Dampierre — c’est de Meaux qui rapporte le propos — qu’il n’y a plus selon lui qu’à

s’envelopper la tête dans le drapeau blanc et se laisser tomber dans l’abîme.

La poésie de cet échec noblement assumé ne devait pas laisser indifférents les écrivains.
Il est manifeste que Chateaubriand, par exemple, ne pouvait être vraiment royaliste qu’en désespérant de la monarchie.

Moi, note-t-il, j’ai toujours été dévot à la mort, et je suis le convoi de la vieille monarchie comme le chien du pauvre.

Il se trahit davantage encore dans une tirade autobiographique de son Moïse (1834), dont les vers eurent un grand retentissement :

Je hais le pharaon que l’éclat environne ; Mais s’il tombe, à l’instant, j’honore sa couronne ; Il devient à mes yeux roi par l’adversité. Des pleurs je reconnais l’auguste autorité. Courtisan du malheur, flatteur de l’infortune, Telle est de mon esprit la pente peu commune : Je m’attache au mortel que mon bras a perdu.

En vérité, pour Chateaubriand, si la fidélité monarchique demeure une ardente obligation éthique, la royauté est morte, moins d’ailleurs avec Charles X qu’avec Louis XVI :

Un échafaud, écrit-il, élevé entre un peuple et un roi les empêche de se voir.

La mission de la royauté est donc moins de revivre que de parachever sa fin en beauté. Se faisant l’écho d’un projet caressé par certains, François-René observe :

Si j’avais été gouverneur du Prince, je me serais efforcé de gagner sa confiance. Que s’il eût recouvré sa couronne je ne lui aurais conseillé de la porter que pour la déposer au temps venu. J’eusse voulu voir les Capet disparaître d’une façon digne de leur grandeur […] ; quel beau jour que celui-là où […] mon élève eût dit à la nation solennellement convoquée : « Français, votre éducation est finie avec la mienne […] ; je descends du trône » […]

Ici, Chateaubriand apparaît comme un précurseur, si on met entre parenthèse le libéralisme de ses propos. Un tel « royalisme du désespoir », selon la formule de M. Néry, ne se retrouvera, assombri encore par l’évolution des choses, que chez Barbey et Villiers.
C’est chez ce dernier surtout, comme l’a bien montré M. Néry dans sa thèse récente, que le chambordisme littéraire s’épanouit de la façon la plus complète. Plus que Barbey — trop violent et trop ami de l’autorité pour ne pas se rebeller — l’auteur des Contes cruels contribue à la transfiguration littéraire de l’agonie de la royauté. Il écrit, dans un poème à Henri V :

Tu prends le droit chemin ; Qui s’abaisse à l’intrigue est-il digne du trône ? Tu préfères l’honneur intact à la couronne Malgré le genre humain.

Et dans L’avertissement, il conte — allégorie de la restauration manquée de 1873 — la légende de ce roi pêcheur qui, ayant tiré la « suprême perle » dans ses filets et « l’ayant offerte aux riches de son pays, qui la marchanderont toujours » — entendons les orléanistes —, préféra « la rejeter mystiquement dans la mer […], plutôt que de la céder à un prix moindre que son inestimable valeur ».

En dernière analyse, l’échec de la restauration lui apparaît providentiel. Et après la mort du Comte de Chambord, plus rien ne vaut d’être tenté dans l’ordre politique. Villiers écrit ainsi dans Entre l’ancien et le nouveau :

Puisque le feu maître a poussé l’amour pour son royal étendard jusqu’à l’emporter avec lui dans la tombe et s’endormir dans ses plis, qui donc […] oserait briser les planches funèbres pour lui ravir ce linceul ? […] Et si l’on songe à la droiture, à l’honneur, à l’intégrité qu’il enveloppe en sa blancheur sainte, quel réveil pourrait-il être plus digne de son inoubliable gloire qu’un tel sommeil ?

Ainsi, selon une métaphore chère à Villiers, le drapeau blanc sera le suaire de la monarchie…

Conclusion : la stérilité du chambordisme Retour à la table des matières

On objectera peut-être le caractère littéraire — et donc limité et partiel — d’un tel « chambordisme ». Comme l’écrivait Thibaudet,

la littérature de réaction est surtout une réaction de la littérature.

Pourtant, l’évolution de nombre de royalistes convaincus après 1883 démontre qu’ils souscrivaient au fond — à défaut de la forme — des considérations du nouvelliste. Chez Villiers, le repli « décadentiste » sur la sensation, l’esthétisme, le mysticisme s’annonce, qui ne sera nullement le fait des bataillons du royalisme fidèle. Cependant, le « chambordisme » les aura conduit eux aussi au repli : après la mort d’Henri, il sera bien difficile de les retenir sur les chemins soit de l’engourdissement politique, soit du dérapage mystico-prophétique, parfois teinté de « survivantisme » naundorffiste.

Stéphane Rials : La science historique, Nouvelle série, Été-automne 1984, n° 8-9, « Contribution à l’étude de la sensibilité légitimiste : le chambordisme ».

[1Voir notre ouvrage, Le légitimisme. Presses universitaires de Franco, collection « Que sais-je », 1983, chap. 4 : « Les doctrines du légitimisme ».

[2L’expression est d’Eugène Dufeuille, Réflexions d’un monarchiste (1789-1900). Paris 1900.

[3Stendhal cite ce trait dans Lucien Leuwen : Leuwen père a été élu député de l’Aveyron ; il écrit : « J’ai eu cinq voix de légitimistes dont deux au moins, croient s’être damnés en prêtant serment ».

[4Sur ces points, on se reportera aux très utiles ouvrages de Bauquler sur l’histoire iconographique et l’histoire numismatique du comte do Chambord.

mardi, 22 octobre 2013

1793 – 18 octobre – 2013 Deux-cent-vingtième anniversaire de la mort de Bonchamps.

 
1793 – 18 octobre – 2013
Deux-cent-vingtième anniversaire de la mort de Bonchamps. 
2013-77. In memoriam : Charles-Melchior Artus, marquis de Bonchamps. dans Memento charles-melchior-artus-marquis-de-bonchamps
« J’ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J’ai su pardonner. »
Charles-Melchior Artus, marquis de Bonchamps, est né le 10 Mai 1760 au château du Crucifix (aujourd’hui détruit, seul un calvaire en marque le lieu), à Juvardeil, paroisse angevine de la partie orientale du Segréen, sur la rive droite de la Sarthe.
A l’âge de 16 ans, il s’engage dans le régiment d’Aquitaine : à 22 ans (1782), il est lieutenant et combat en Inde contre les Anglais, dans le régiment du Bailli de Suffren ; à 27 ans (1787), il est capitaine de grenadiers.
En 1789, il épouse Marie Renée Marguerite de Scépeaux. Comme il est en désaccord avec les idées de la révolution, il se retire des cadres de l’armée et, avec sa jeune épouse, vient s’installer dans les Mauges, en son château de la Baronnière, sur la paroisse de La Chapelle-Saint-Florent, au sud du Marillais, à une lieue environ deSaint-Florent-le-Vieil.
Néanmoins, un peu plus tard il reprend du service et, le 10 Août 1792, il participe à la défense des Tuileries (cf. > www) : à cette occasion, il sauve la vie de Henri de La Rochejaquelein.
bonchamps-blason 18 octobre 1793 dans Vexilla Regis
Armoiries de la famille Artus de Bonchamps :
De gueules à deux triangles vidés d’or entrelacés en forme d’étoile
Au lendemain de l’insurrection qui éclate à Saint-Florent-le-Vieil le 12 mars 1793, lorsque les paysans décident de se choisir un chef, ils viennent – comme tout naturellement – chercher Bonchamps : dans un premier temps celui-ci refuse, car il ne croit pas aux chances de ce soulèvement ; puis il prend la tête de ces hommes dont il fera les meilleurs soldats de l’insurrection, surnommés « les Bonchamps ».
Avec eux, le 3 mai, il s’empare de Bressuire et se dirige ensuite – avec La Rochejaquelein - vers Thouars, qu’ils emportent le 5 : ils gracient les prisonniers et libèrent également le général républicain Quétineau, auquel ils proposent de rester avec eux en tant que prisonnier sur parole ; Quétineau refuse, ne voulant pas passer pour traître, ce qui ne l’empêchera pas d’être jugé, condamné à mort et exécuté par les siens.
Le 25 mai, Bonchamps et ses hommes partent à l’assaut de Fontenay tenue par 4.000 bleus. Bonchamps est blessé par un hussard à qui il vient de faire grâce : malgré les exemples de leur chef, ses soldats, furieux, massacreront une soixantaine de bleus pour ne pas laisser échapper le coupable ! Fontenay est prise, maisBonchamps doit aller se reposer au château de Laubedière, à La Gaubretière.
Le 12 juin 1793, il est présent à Saumur où, avec les autres chefs vendéens, il élit Jacques Cathelineau (cf. > www) comme premier généralissime de la grande Armée Catholique et Royale.
Devant le Conseil, il ne cessera de défendre son plan qui consiste à traverser la Loire pour soulever l’Anjou, la Bretagne et la Normandie. Cependant , c’est le plan deCathelineau qui est retenu : s’emparer de Nantes.
A la tête de 7.000 hommes, Bonchamps s’empare de Varades, d’Ancenis et de Oudon avant d’attaquer Nantes, le 29 Juin, par la route d’Angers, dans le faubourg de Saint Donatien.
Malgré de lourdes pertes, l’armée avance jusqu’à la cathédrale Saint Pierre , au cœur de la ville. Toutefois , n’ayant aucune nouvelle des troupes de Charette ni de celles de Cathelineau, il recule vers Ancenis : en fait, Cathelineau a été mortellement blessé, et l’Armée Catholique et Royale doit se replier.
coeurvendeen Bonchamps
Blessé à Châtillon, le 5 juillet, lors de la victoire sur les troupes commandées par Westermann, Bonchamps est transporté au château de Jallais : il ne peut participer au conseil qui, le 19 juillet, élit Maurice de Gigost d’Elbée (cf. > www) comme nouveau généralissime ; Cathelineau en effet a rendu son âme à Dieu le 14 juillet.
Sans illusion, d’Elbée confie à Poirier de Beauvais : 
« Je ne suis pas à ma place ; il est un autre homme qu’on aurait dû faire généralissime et toutes nos affaires eussent prospéré !… Il faut être obéi, et je ne le suis pas. C’est là, n’en doutez pas, le vrai motif pour lequel on n’a pas nommé Monsieur de Bonchamps. On est convaincu qu’il est plus militaire que je ne le suis, mais aussi qu’il a plus de fermeté, et qu’avec moi l’on fera ce que l’on voudra, parce qu’on suppose que je n’irai point sévir contre des gens qui marquent par leur naissance, leurs propriétés et leur influence. Oui, si Monsieur de Bonchamps était à ma place tout irait bien ; dans ce cas, je me ferais honneur d’être son aide de camp ».
Bonchamps, le bras en écharpe, se rend le 17 septembre à Cholet, où les chefs vendéens sont rassemblés. Ils décident d’anéantir l’armée de Mayence de Kléber, à Torfou : Charette et Lescure doivent attaquer d’un côté, pendant que d’Elbée etBonchamps prennent l’autre flanc.
Bonchamps attaque trois fois de suite les troupes de Kléber, mais la diversion deCharette et Lescure n’a pas lieu, et il est repoussé trois fois, sans toutefois être mis en déroute. Les généraux vendéens ont tout de même l’avantage mais ils attendaient un succès plus complet.
coeurvendeen Charles-Melchior de Bonchamps
D’Elbée et Bonchamps viennent ensuite attaquer Westermann à Châtillon, le 10 octobre, pour lui barrer la route de Cholet. Les paysans vendéens ne peuvent lutter avantageusement dans la nuit : la petite ville dans laquelle s’entassent 30.000 royalistes tombe aux mains de 1.500 républicains.
Bleus et Blancs se retrouvent à Cholet le 17 Octobre 1793 : c’est l’une des plus grandes bataille de la guerre de Vendée. La Rochejaquelein conduit la droite de l’armée vendéenne, Stofflet et Marigny arrivent à gauche, d’Elbée et Bonchamps attaquent au centre.
Craignant l’issue du combat, Bonchamps donne l’ordre à Autichamps et àTalmond de prendre Varades, en vue de permettre à l’Armée Catholique et Royale de traverser la Loire, en cas de déroute.
La division de La Rochejaquelein fonce en tête et s’empare de la forêt de Cholet.D’Elbée et Bonchamps attaquent la brigade de Marceau : ils écrasent les premiers rangs, puis le combat se stabilise ; nul n’avance ni ne recule.
La Rochejaquelein commence à faiblir tandis que, à gauche, dans le bois Grolleau,Stofflet et Marigny n’arrivent pas à prendre le dessus. La bataille est indécise. Haxo harcelle la division de La Rochejaquelein qui finit par se disloquer. Et c’est le carnage !
L’armée républicaine poursuit les Royalistes épuisés. Le massacre ne s’arrête qu’à la nuit tombée. Bonchamps et d’Elbée ont été mortellement blessés.
Bonchamps est frappé au moment où il prend connaissance d’un message d’Autichamp et de Talmond qui annonce la prise de Varades.
La Vendée est en flammes ; une foule immense se rue vers la Loire… vers ce qu’elle pense être son salut.
Le passage du fleuve commence à l’aide d’une vingtaine de barques le 18 Octobre 1793.
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Bonchamps, mortellement blessé, est transporté dans une barque sur la rive droite de la Loire après la défaite du 17 octobre 1793 à Cholet ; c’est au cours de ce transport qu’il dit au prêtre qui l’assiste : « J’ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J’ai su pardonner » (vitrail de l’église du Pin en Mauges).
A Saint-Florent-Le-Vieil, sont détenus cinq mille prisonniers républicains dans l’abbatiale et dans le parc.
Que faut-il en faire ? L’avis général est de les fusiller ; toutefois, prisonniers depuis plusieurs mois, ils ne sont pas la cause des massacres actuels.

Bonchamps est mis au courant de la délibération du conseil de guerre, et il envoie demander la grâce des prisonniers. 
Il n’est d’ailleurs pas le seul : Lescure agonisant ne veut pas non plus du massacre, et les habitants de Saint-Florent refusent que leur ville soit associée à cette tuerie. Les dernières volontés de Bonchamps seront déterminantes. Voici le récit qu’en a laissé son épouse :
« Monsieur de Bonchamps, après sa blessure, a été transporté à Saint-Florent, où se trouvent 5 000 prisonniers renfermés dans l’église. La religion avait jusqu’alors préservé les Vendéens de représailles sanguinaires ; mais lorsqu’on leur annonça que mon infortuné mari était blessé mortellement, leur fureur égala leur désespoir ; ils jurèrent la mort des prisonniers.
Monsieur de Bonchamps avait été porté chez Monsieur Duval, dans le bas de la ville. Tous les officiers de son armée se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant avec anxiété la décision du chirurgien. Mais la blessure ne laissait aucune espérance ; monsieur de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures. Il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l’on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d’Autichamp, il ajouta : « Mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté ».
En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s’écrièrent : « Grâce ! Grâce ! Bonchamps l’ordonne ! ». Et les prisonniers furent sauvés
. »
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« Grâce ! Grâce ! Bonchamps l’ordonne ! » (vitrail de l’église du Pin en Mauges).
Au hameau de La Meilleraie, Bonchamps rendit son dernier soupir ce 18 octobre 1793 vers 23h : comme Notre-Seigneur Jésus-Christ il était âgé de trente-trois ans et demi et, comme Lui, il avait, en mourant, fait entendre des paroles de pardon et de miséricorde.
Au cours de la nuit, il fut enterré dans le cimetière de Varades, tout fut fait pour que sa sépulture demeure inconnue des républicains.
Certains récits prétendent que malgré ces précautions, les bleus le déterrèrent et envoyèrent sa tête à Paris. Cette version des faits n’est pas recevable, nous le verrons plus tard.
Le 19 Octobre 1793, Merlin de Thionville écrivit au Comité de Salut Public : « D’Elbée est blessé à mort. Bonchamps n’a plus que quelques heures à vivre. Ces lâches ennemis de la Nation ont, à ce qui se dit ici, épargné plus de quatre mille des nôtres qu’ils tenaient prisonniers. Le fait est vrai, car je le tiens de la bouche même de plusieurs d’entre eux. Quelques-uns se laissaient toucher par ce trait d’incroyable hypocrisie. Je les ai pérorés, et ils ont bientôt compris qu’ils ne devaient aucune reconnaissance aux Brigands… Des hommes libres acceptant la vie de la main des esclaves ! Ce n’est pas révolutionnaire… N’en parlez pas même à la Convention. Les Brigands n’ont pas le temps d’écrire ou de faire des journaux. Cela s’oubliera comme tant d’autres choses… ».
Toutefois, beaucoup des prisonniers républicains de Saint-Florent qui eurent la vie sauve grâce au pardon de Bonchamps n’ont pas oublié. Pierre Haudaudine, révolutionnaire nantais qui était du nombre, recueille le 14 Octobre 1794 de nombreuses signatures de ses anciens compagnons : « Nous soussignés, habitants de Nantes, déclarons et attestons sur l’honneur qu’ayant fait partie des prisonniers républicains qui se trouvèrent, le 18 Octobre 1793, entassés, au nombre de cinq mille cinq cents environ, à Saint-Florent-le-Vieil, où notre délivrance eut lieu le lendemain par l’armée républicaine, nous ne dûmes notre salut, à cette fatale époque, qu’au caractère noble et généreux de M. de Bonchamps, l’un des généraux de l’armée vendéenne, qui peu d’instant avant sa mort, parvint par ses exhortations, à contenir la fureur de ses troupes, et leur fit même la défense la plus vigoureuse d’attenter à la vie des prisonniers, dont le sacrifice paraissait résolu. »
Madame de Bonchamps et sa fille, condamnées à mort par le tribunal militaire du Mans, furent sauvées par cette intervention du révolutionnaire nantais.
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Tombeau de Bonchamps dans l’abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil, oeuvre de David d’Angers.
Parmi les soldats républicains sauvés par le pardon de Bonchamps à l’agonie, se trouvait aussi le père de Pierre-Jean David, plus connu sous le nom de David d’Angers.
A la Restauration, Madame de Bonchamps fit exhumer les restes de son époux : en 1817, la tombe du cimetière de Varades fut ouverte et la dépouille du général fut d’abord transférée dans une chapelle du cimetière de La Chapelle Saint-Florent. Mais , huit ans plus tard, le 18 juin 1825, un nouveau transfert, solennel, eut lieu, lorsque le magnifique mausolée ciselé par le talent et la reconnaissance de Pierre-Jean David fut achevé dans l’église abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil.
La reconnaissance des ossements du général-marquis de Bonchamps mentionne alors la présence de son crâne, ce qui infirme donc la légende de la décapitation de sa dépouille et de l’envoi de sa tête à la Convention.
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« J’ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J’ai su pardonner ». Le témoignage que s’est rendu à lui-même le héros mourant était juste, et il demeure pour chacun de nous un splendide exemple : servir les causes justes, jusqu’au don le plus total ; savoir se battre pour elle avec toute notre énergie ; mais ne jamais pour autant laisser de place à la haine et à la vengeance à l’intérieur de nos âmes.
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commentaire :  
 
 
Aujourd’hui en France,  le reste de Civilisation et d’humanité, de Foi catholique, de vocations sacerdotales et religieuses, ne vient pas de nulle part, non plus que la prospérité relative que la planète nous envie.
 
Ce reste résulte de l’exemple et du sacrifice des millions de Bonchamps, gens connus et surtout inconnus,  qui nous ont précédés dans l’Histoire de France depuis le baptême de Clovis en 496.
 
Que laisserons-nous à nos enfants ?
 
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jeudi, 11 juillet 2013

Association du Souvenir de la Chouannerie du Maine

Association du Souvenir de la Chouannerie du Maine

V
Jacques Cathelineau
 
Vous êtes cordialement invités à notre traditionnelle journée du 14 juillet qui sera organisée à la mémoire du Chef vendéen, Jacques Cathelineau à l'occasion du 220ème anniversaire de son rappel à Dieu ce jour même.
 
 c S
10 h 30 La Chapelle Basse Mer
.
Messe traditionnelle célébrée par l'Abbé Loddé (FSSP) en la chapelle Saint-Pierre-des-Liens restaurée par Reynald Sécher 
                                       
13 h La Boissiére du Doré
Déjeuner tiré du sac près de l'Auberge des Brigands.


F
14 h 30 Saint Florent Le Vieil
Recueillement à la Chapelle Saint Charles (rue Jacques Cathelineau) où repose Jacques Cathelineau, le "Saint d'Anjou".

 F
15 h Saint Florent Le Vieil  
Sur l'esplanade de l'abbatiale, scènette à la mémoire de Jacques Cathelineau d'après un scénario de Jean Brochard jouée par "les Brigands du Bocage".

 F
15 h 30 Départ de l'excursion sur les lieux de mémoire.
 
 
Pour tous renseignements...ou, lors de la sortie, pour retrouver son "droit" chemin :
Tél. : 06 72 13 82 74 (Charles-Eric ROUSSEAU, Président) ou 06 09 79 84 45 (François de LA HARIE)
S
Durant la journée, François de LA HARIE dédicacera son ouvrage "Les vitraux vendéens, mémoire de lumière"



A VOIR

D Exposition "LES LYS ET LA REPUBLIQUE"

Du 15 Juin au 22 Septembre 2013, le Domaine national de Chambord consacre une exposition à l'un de ses grands personnages : le Comte de Chambord (1820 - 1883).
En 1871, l' Assemblée Nationale est monarchiste. Il suffit d'un mot au Comte de Chambord, dernier Bourbon de la branche ainée, pour monter sur le trône. On prépare la cérémonie.La France va- t- elle restaurer une monarchie constitutionnelle ? Le Prince est attaché à une monarchie traditionnelle avec son drapeau blanc. Mais certains attendent le drapeau tricolore, celui de la Révolution christianophe. Au bout d'un septennat d'attente, la France à majorité royaliste devient républicaine.
Au miroir du destin de " l'enfant du miracle " que célèbre Lamartine en 1820, c'est l'histoire mouvementée d'une France indécise qui, entre 1870 et 1875, hésite sur le choix de régime à adopter, les Lys où la République...
En exil, dans des palais de Grande-Bretagne, d'Autriche ou d'Italie, le prince vit dans l'espoir d'une restauration. Curieux de découvertes, il voyage en Europe et au Moyen-Orient pour construire un projet qu'il n'exprimera que partiellement dans une riche correspondance et des manifestes publiés. Absent et pourtant présent grâce à une propagande soutenue, il reste à la fois proche et lointain, et son souvenir hante les familles légitimistes bien après sa disparition sans postérité (Aujourd'hui encore...).
L'exposition sera également l'occasion de (re)découvrire l'histoire du château de Chambord et de son parc.
Plus de 250 oeuvres, documents et objets, provenant des collections de Chambord et de grandes institutions ou collectionneurs privés, seront exposés au sein du château.

NOUVEAUTE
X
Abbé Edgeworth de Firmont par le RP Augustin Pic, dominicain, docteur en théologie de l'université de Strasbourg, et enseignant en spiritualité à l'université catholique de l'Ouest (Angers). Par ailleurs, le RP Augustin Pic, op, célèbre la messe traditionnelle à l'abbatiale de la Roë (entre Craon et La Guerche de Bretagne) et à l'église paroissiale de la Selle-Craonnaise (entre Craon et Saint Aignan-sur-Roë). En fin d'année, le RP Augustin Pic animera notre prochain dîner-débat.

C
La "Petite Reine" en terre chouanne
Jeudi 11 juillet - Étape Fougères / Tours

Vers 13 h, le Tour passera à Saint-Ouën-des-Toits

A cette occasion, son site (http://www.letour.fr/le-tour/2013/fr/etape-12/sur-la-rout...) présente Jean Chouan et la Chouannerie.

Vue de la Closerie des Poiriers, maison de Jean Chouan
            à Saint-Ouën-des-Toits © Franz53sda Km 31.5 : Saint-Ouën-Des-Toits

Population : 1700 hab.
Le nom du village apparaît en 1125. On parle alors de l'église de Saint Ouën, qui appartient à l'abbaye d'Evron. Puis au XIIe siècle, le territoire dépend du seigneur de Mayenne, qui le confie à son gendre Thibault de Mathefelon. Sous l'ancien régime, la seigneurie de Saint Ouën avait droit de justice et, jusqu'en 1770, les procès avaient lieu dans la salle de l'auditoire, à l'emplacement de la boulangerie actuelle.
On y cultive le lin et chaque mercredi a lieu un marché de fil important où les marchands tisserands du pays viennent s'approvisionner. Si la culture du lin occupe une grande partie de la population, le village est réputé pour être un repaire de faux-saulniers, spécialisés dans la contrebande du sel pour échapper à la gabelle, l'impôt le plus détesté de l'époque, imposée par les redoutés gabelous. Pendant la Révolution, le surnom d'un Saint-Ouënnais va entrer dans l'histoire. Il s'agit de Jean Chouan, de son vrai nom Jean Cottereau. Aux Poiriers, route du Bourgneuf, un musée est consacré à celui qui fut d'abord faux-saulnier avant de donner son nom à la chouannerie.

À VOIR

La Closerie des Poiriers
La Closerie des Poiriers est un lieu-dit situé sur la commune de Saint-Ouën-des-Toits, qui fut un lieu de vie de la famille Cottereau, dite Famille Chouan. C'est dans cette closerie que résida Jean Chouan, de son vrai nom Jean Cottereau, avec d'autres membres de la famille Cottereau, dite aussi la Famille Chouan. La closerie a été restaurée par la municipalité à l'identique de ce qu'elle fut probablement à l'époque de Jean Chouan pour devenir Le Musée de Jean Chouan et de la paysannerie du XVIIIe siècle.
Ce musée contribue à la connaissance de l'histoire de la Chouannerie du Bas-Maine et de la Révolution française ainsi que du mode de vie rural à cette époque.
Site internet : www.saintouendestoits.fr




NDLR : Les coureurs passeront au bout du chemin de la Closerie-des-Poiriers...peut-être que les hélicoptères filmeront aussi le bois de Misedon, le bois de Jean Chouan et de ses gars.   
Y'aura-t-il une échappée d'un coureur de la FDJ, l'équipe du mayennais Marc Madiot, avec un coureur d'Europcar, l'équipe vendéenne de Jean-René Bernaudeau ?

Le cyclisme est à l'origine un sport de paysans avec ses valeurs traditionnels de l'effort, du travail et de la solidarité. Contrairement aux "intouchables" que sont le football (sport de la "diversité") et le tennis (sport de "l'élite"), le vélo a la réputation d'être "franchouillard". Sur l'autel du mondialisme, il doit donc disparaître et pour cela on fait sa "réputation" avec les affaires de dopages...curieusement inexistantes dans les autres sports !

vendredi, 21 juin 2013

MONARCHIE INFO


MONARCHIE  INFO



L'essentiel des événements, activités et manifestations qui intéressent la monarchie française

Édition du 20 juin 2013




Du lundi 22 au vendredi 26 juillet 2013

Université Saint-Louis

XXIIIe Session d'été

Château de La Rivière à Couloutre (58220)
Pour les jeunes, les cadres... une formation continue ouverte à tous les âges.

Renseignements : saintlouisuniv@gmail.com - site UCLF
Télécharger le bulletin d'inscription.




Samedi 24 et dimanche 25 août 2013

Fête de la Saint-Louis en Auvergne, au Puy-en-Velay.

Télécharger le programme et le bulletin de réservation.



Un document à étudier en priorité :

"Municipales 2014 : les grandes manœuvres",

sur le site Viveleroy.



Autre évènement


Samedi 28 et dimanche 29 septembre :
101e Pèlerinage légitimiste à Ste-Anne-d'Auray en Bretagne.



Ne manquez pas de visiter les sites
Internet de l'IMB et de l'UCLF,

Viveleroy, Forum du royaume de France, Legitimedefense
.

jeudi, 20 juin 2013

EGLISE DE GESTE – MAINE-ET-LOIRE


Ouverte aux quatre vents, aux pigeons et à n’importe quel visiteur depuis plusieurs semaines, une équipe de télévision locale et des membres de l’association Mémoire Vivante ont pu constater le triste état d’abandon de l’église de Gesté dans le Maine-et-Loire, de fortes dégradations récentes et la disparition d’une partie du mobilier…

 
Gesté TV 3 provinces 15 jnavier 2013 Gesté TV 3 provinces 15 jnavier 2013 5
Captures d’écran du JT du 15 janvier 2013 Gravas, flaque d’eau, vitraux brisés…
Dans son journal télévisé du 15 janvier la Télévision des 3 Provinces qui couvre notamment l’actualité du Pays des Mauges, où se situe la commune de gesté, a diffusé un reportage sur l’état de l’église (à partir de 4 minutes 21 secondes). Son équipe a pu pénétrer sans difficulté dans l’église que la commune avait fermée au public en 2008 pour « raisons de sécurité ».
Voici la description de l’intérieur de l’édifice qu’en fait Jean Woznica , secrétaire de l’association Mémoire Vivante, dans un message qu’il m’adresse le 14 janvier 2013 :
« L’association a pu pénétrer dans l’église par la porte principale qui était ouverte  dessus n’était plus apposé l’arrêté de fermeture.Après enquête, de notre part,cela fait plus d’un mois qu’il en est ainsi. Des photos ont été prises .  La structure de l’église est intacte. Par endroits, le plafond est tombé en raison des chêneaux bouchés qui  déverse l’eau de pluie à l’intérieur.
Le sol est tapissé de fiente de pigeons et autres volatiles de même que le filet sensé recueillir les pierres. Des oiseaux morts jonchent le sol. Le chemin de croix a disparu  de même que les statues dont celle de  la vierge, l’unique en pierre. L’autel est explosé (photo- jointe). Certains meubles de la sacristie ont disparu. On y trouvait  des vêtements sacerdotaux de l’époque napoléonienne où sont-ils?.
La mairie interrogée par la presse a indiqué qu’il était impossible que l’église soit ouverte… Ce soir, elle est refermée! Il est surprenant que personne ne ce soit rendu compte de rien depuis un mois malgré la rumeur. On a l’impression que la démolition avait commencé malgré les recours de l’association. »
 
église de Gesté 14 janvier 2013 1 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 2 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 3 (c) Mémoire Vivante
église de Gesté 14 janvier 2013 4 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 5 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 6 (c) Mémoire Vivante
église de Gesté 14 janvier 2013 12 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 7 (c) Mémoire Vivante église de Gesté 14 janvier 2013 11 (c) Mémoire Vivante
Crédits photos (c) Mémoire Vivante Situation au 14 janvier 2013 http://www.eglisedegeste.fr/
Dans le Courrier de l’Ouest daté du 15 janvier 2013, Georges Remeau, premier adjoint au maire, déclare :
« Oui quelqu’un est entré qui n’avait pas à le faire et nous allons porter plainte pour effraction.  Quant à l’autel, il a été démonté par les services municipaux voilà plus d’un an dans la perspective de la démolition qui n’était pas encore contestée à l’époque. Les éléments déposés ont été stockés et ne reste que la pierre de fondation. »
Selon l’association Mémoire vivante, « Un brocanteur est venu. Demandé par qui? Des objets ont disparu dans une salle près de la crypte ». Pour comparaison, on trouvera sous ce lien un état de l’église en décembre 2008.

Publié sur: http://patrimoine.blog.pelerin.info/2013/01/16/eglise-de-geste-letat-dabandon-avant-letat-de-peril/

mardi, 18 juin 2013

Rendez vous à Gesté pour sauver une Eglise de la folie socialiste!

 

 

eglise_geste_panorama-3[1]

 

Il est temps de se mettre en danger. Nous apprenons que la Gauche veut tomber dans un de ses travers historiques en cherchant à faire démolir l’Eglise de Gesté dans le Maine et Loire.. Nous vous demandons de vous tenir prêts à vous déplacer dans l’urgence pour défendre cette Eglise dont certaines parties remontent au XVème siècle. Rappelez vous qu’à Vendômes au début du XXème siècle ce furent des excréments qu’utilisèrent les mêmes officines pour terminer leur tâche immonde.

 

Rappelons que notre article Nous ne serons plus jamais des catholiques de salon a rencontré un grand succès. Nous espérons de tout cœur que nos lecteurs sauront mettre en pratique leur adhésion de cœur. Notons par ailleurs que cette Eglise a vu périr plus de 300 chouans assassinés par les colonnes infernales!

 

Vous pouvez prendre connaissance de l’affaire dans l’article suivant. En voici un extrait:

 

« L’avocat de l’association a déposé ce jour un référé en suspension et une requête en annulation de la délibération du conseil municipal,

 

mais il est probable que la démolition commencera dès demain. Il ne reste que peu d’alternatives possibles pour empêcher ce vandalisme. La première serait que le ministère de la Culture, qui est au courant de la situation, prenne ses responsabilités comme à Saint-Gemmes-d’Andigné (ou à Fontainebleau) et prenne un arrêté d’instance de classement. Mais celui-ci doit intervenir immédiatement.
La deuxième serait que l’on suive l’exemple de la Halle de Fontainebleau, où les défenseurs du patrimoine se sont
opposés physiquement aux bulldozers. Nous parlions récemment de la leçon turque, peut-être est-il temps de la suivre même s’il est facile de parler depuis Paris, loin du Maine-et-Loire. Quelle que soit l’issue de cette bataille, il reste à espérer que les responsables n’en sortiront pas impunis. Va-t-on accepter qu’en France, désormais, un élu local puisse décider de la destruction d’une église en bon état, dont la qualité artistique est reconnue même par un tribunal administratif ? Sommes nous encore dans un État de droit ou le temps de la barbarie est-il définitivement revenu « 

 

La Presse Internationale s’est déjà émue de la situation ubuesque dans laquelle se plonge la municipalité. Citons le New York Times par exemple.

 

 

 

S’il vous en fallait davantage pour vous encourager à la mobilisation, notons que la municipalité avec l’aide de la préfecture a encouragé la détérioration du Lieu. Vous pouvez prendre connaissance de leurs méfaits ici.

 

Vous pouvez nous contacter pour un premier filtre sur nouvelarbitre@gmail.com.

 

Les trains vers Angers : http://www.voyages-sncf.com/billet-train/resultat?hid=563

 

Les trains vers Nantes: http://www.voyages-sncf.com/billet-train/resultat?hid=15NN

 

Article publié sur: http://nouvelarbitre.com/rendez-vous-a-geste-pour-sauver-...

mardi, 23 avril 2013

UNIVERSITE SAINT-LOUIS 2013 - CAMP CHOUAN



 
 
 
Dieu et le Roi
 
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Union des Cercles Légitimistes de France
 
 

UNIVERSITE SAINT-LOUIS 2013 - CAMP CHOUAN

pour  TOUS de 17 à 97 ans

connaissance de la  Légitimité. Formation permanente. Formation des cadres et des jeunes.
 
la VERITE existe en politique.
 
Du lundi 22 juillet (16h), au vendredi 26 (14h)
Rendez-vous au château de Couloutre en Nivernais (58220)
 
LES OBJECTIFS :
Pour acquérir une vraie formation politique et devenir des combattants efficaces, il s’agit de bien identifier :
ce pour quoi on se bat (connaissance de soi), la monarchie traditionnelle de droit divin,
ce contre quoi on se bat (connaissance de l’adversaire), les idéologies (libéralisme, nationalisme, socialisme), toutes filles de la Révolution et de la gnose.
 
LE TRACT A TELECHARGER ET A DIFFUSER LARGEMENT
 
LE PROGRAMME
Dans l’esprit de camaraderie qui a fait son renom, retrouvez Lulo, Faoudel, Gédéon, Savéan, Surville et bien d’autres au cours
- de conférences,
- d’exposés,
- d’ateliers.
RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS
Pour le voyage, possibilité de covoiturage à partir de Bretagne, de l’Anjou, du Poitou, de la Vendée, se renseigner.
 
 
 
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Tribune libre de Jean de Rouen*
 
Est-ce une révolte ? Non, c’est une contre-révolution !
 
http://www.ndf.fr/files/2013/03/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2013-03-30-%C3%A0-11.11.41.pngCe qui est légal n’est pas toujours légitime
 
Frigide Barjot veut inscrire son opposition au projet de loi dans un cadre légal. Bien. Mais lorsque tous les moyens légaux auront été épuisés ? Lorsque le projet de loi aura été entériné par le Sénat ? Que proposera-t-elle alors ? La mobilisation va-t-elle se disperser et mourir afin de ne pas excéder les limites du cadre légal si cher à Frigide Barjot ?
 
Les interrogations suivantes permettront de mettre en lumière le véritable enjeu qui se trame, l’air de rien. Lorsque les dignitaires nazis ont été jugés à Nuremberg, n’ont-ils pas invoqué les ordres reçus pour justifier leurs crimes ? Hitler n’a-t-il pas effectivement été élevé sur le pavois par le suffrage des électeurs ? Le régime qu’il a mis en place n’a-t-il pas fait l’objet d’une législation ? Cela admis, une question s’impose : au nom de quoi ont donc été condamnés les criminels nazis ? Leur condamnation ne suppose-t-elle pas l’existence d’une norme supérieure à la loi, n’implique-t-elle pas une référence plus haute, un critère qui se situerait au delà de la loi, et à l’aune duquel la loi elle-même pourrait être jugée ?
 
À la vérité, si l’on nie l’existence de principes supérieurs à la loi, il faut accepter que celle-ci puisse être à elle-même sa propre justification. En un mot, il faut accepter l’arbitraire du législateur. Remettre en cause la loi, c’est admettre au contraire, fût-ce tacitement, l’existence d’un ciel métaphysique au dessus de nos têtes, mesure du bien et du mal, mesure du droit qui doit inscrire dans le temps l’expression d’une loi immuable dont l’homme n’est pas l’auteur. Mais dont il est tributaire dans toutes les dimensions de l’économie humaine. L’enjeu ? Le maintien d’une distinction fondamentale entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Et c’est aux exigences de cette dernière et ultime référence que nous voulons suspendre le cours de notre action.
 
La volonté générale pourrait bien demain entériner le mariage homosexuel, ce serait égal bien que légal. Car ce n’est pas la volonté humaine, fût-elle générale, qui détermine le bien et le mal. Tentation bien connue depuis le péché originel : « Vous serez comme des dieux. Vous déciderez le bien et le mal ». La vérité ne procède pourtant pas de l’addition arithmétique des suffrages.
 
Point de rupture
 
Il est certain que lorsque le pouvoir est détourné du bien commun pour être ordonné à la satisfaction d’exigences catégorielles ou idéologiques, il perd sa raison d’être. Il n’est pas moins certain, à cette école, que lorsque le pouvoir, passant outre les limites et le cadre de son autorité, s’emploie à bousculer les fondements et les assises d’une civilisation, il sombre dans l’illégitimité et suscite un vent de révolte populaire dont il apparaît clairement que la France a ressenti les prémisses dimanche dernier… Une France traditionnelle, attachée aux valeurs sur lesquelles elle s’est construite, et qui ne veut plus négocier avec la Révolution ce qui n’est plus négociable. Un point de rupture, à l’évidence, auquel vont désormais devoir se heurter les autorités si elles persévèrent à prendre le masque des fossoyeurs de la Civilisation !
« La Révolution peut bien prendre le masque de la légalité, son entreprise destructrice la révèle au grand jour. »
 
La Révolution a passé par là
 
Car il faut être clair : nous assistons aujourd’hui à la réalisation des implications les plus ultimes de la Révolution. Celle-ci , fidèle à sa politique de la table rase, seule fidélité qu’elle n’ait d’ailleurs jamais cessé d’assumer, se veut une négation : négation du passé, certes ; mais plus encore, négation du réel. Car la Révolution voit dans l’émancipation un facteur de progrès humain. La pensée libérale, qui coule dans ses veines, veut donc affranchir l’individu de tous principes qui ne procèderait pas de son libre arbitre, le libérant ainsi de toute détermination naturelle, selon les vœux de l’existentialisme, pour l’établir alors dans un rapport de propriété avec lui-même – le slogan « mon corps m’appartient » suggère que le corps n’est plus ce que je suis, mais ce que je possède – et, ainsi que l’envisagent les théories du Contrat, avec les communautés d’appartenance que sont la famille et la nation – objets désormais de toutes les expérimentations possibles.
 
Ainsi, depuis la Révolution, l’individu est invité à se défaire de tous les liens de dépendance qui l’attacheraient à des réalités supérieures à lui-même : à occulter la dimension morale qui l’habite comme si celle-ci n’était que le fruit d’une représentation culturelle acquise par l’éducation, à se libérer des fidélités passées commandées par le devoir de reconnaissance envers ceux auxquels il est redevable et dont il est débiteur, à étouffer le sentiment d’ordre filial qui peut l’unir à sa famille ou à sa patrie… Cela afin d’assumer son absolue autonomie, comme un besoin d’indépendance jusqu’à l’absurde. Une invitation à congédier saint Paul, dont l’écho semble s’estomper avec le temps qui passe : « Qu’as-tu que tu n’ais reçu ? Mais alors, si tu l’as reçu, pourquoi t’en glorifies-tu ? »
 
Les révolutionnaires, Madame Barjot, ne sont pas les manifestants excédés !
 
Les révolutionnaires, Madame Barjot, car vous nous expliquez que vous ne voulez pas en être, ce ne sont pas les manifestants excédés qui ont accumulé les frustrations et les vexations d’un gouvernement devenu illégitime : les révolutionnaires, ce sont précisément ceux qui ont décidé de renverser l’ordre traditionnel de la société, ce sont ceux qui nient l’ordre naturel, ou qui déclarent vouloir s’en émanciper, sous le fallacieux prétexte d’une liberté mal comprise, qui recouvre en fait un nouvel esclavage, celui du consumérisme. Les opposants à leur funeste projet sont au contraire des contre-révolutionnaires, qui veulent reconstruire la société sur ses fondements traditionnels, au premier rang desquels la famille, principe objectif de l’ordre social, condition de sa pérennité.
 
 
http://ws.assoc-amazon.fr/widgets/q?_encoding=UTF8&ASIN=2841912647&Format=_SL160_&ID=AsinImage&MarketPlace=FR&ServiceVersion=20070822&WS=1&tag=httpwwwndffr-21La Révolution peut bien prendre le masque de la légalité, son entreprise destructrice la révèle au grand jour. Le sens populaire s’inquiète, les consciences s’agitent, les volontés frémissent, les âmes pieuses confient l’avenir au Ciel… car les Français ont jugé : ils réagiront avant que le point de non-retour ne soit atteint !
 
*Jean de Rouen est professeur de philosophie et ancien collaborateur de Bruno Gollnisch. Il est l’auteur de La droite parlementaire est-elle encore de droite ?
 
Source :  http://christroi.over-blog.com/article-est-ce-une-revolte-non-c-est-une-contre-revolution-j-de-rouen-116661372.html

mardi, 19 février 2013

NAISSANCE dans le champ politique, temporel, où doit (devrait) s'exercer la plus grande c harité du fidèle laïc, d'un nouveau blogue légitimiste.

NAISSANCE dans le champ politique, temporel, où doit (devrait) s'exercer la plus grande charité du fidèle laïc, d’un nouveau blogue légitimiste.
 
 
 
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Vœu de Louis XIII
 
 
Nous avons la joie de vous annoncer un nouveau blogue légitimiste pour servir Dieu et le Roi.
 
 
 
 
Merci à « LULO ».
 
Que son zèle au service de la Vérité soient contagieux !
 
 
 
COMMENT FONCTIONNERA LEGITIME DEFENSE  ?
En un mot, ce blogue ne fonctionnera pas comme la plupart des sites royalistes... ce qui est en toutes choses le signe distinctif des légitimistes !
Ainsi, le lecteur n’y trouvera pas ces navrants articles sur la politique intérieure ou les relations internationales, pompés sans vergogne dans la grande presse nationale... J’estime, à tort ou à raison, que celui qui veut consulter Le Figaro peut se le procurer autrement.
De même, on évitera ce fouillis d’articles et de liens sur n’importe quel sujet vaguement culturel... Légitime Défense n’a pas vocation à être un office de tourisme virtuel, ni la vitrine des goûts de son auteur, mais un blogue politique.
Les sujets proprement religieux seront exceptionnels, uniquement pour éclairer certains sujets. En effet, fidèles à la doctrine catholique, les légitimistes partent du principe que les laïcs n’ont pas à empiéter sur le domaine des clercs (et réciproquement, du reste !). Haro donc sur les bobards sédévacantistes et sur le vaticanisme, avec ses Louis Veuillot au petit pied, modeleurs autoproclamés de l’opinion catholique ! En un mot, pas de glose divinatoire sur les relations entre entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X mais uniquement des interventions concernant les convergences, bonnes ou mauvaises, entre la politique et la religion.
Ici, on servira donc :
- en premier lieu, des analyses de première main, dûment référencées, sur les multiples sottises historiques, philosophiques, politiques et religieuses qui me parviennent presque quotidiennement... La fréquence de publication sera ainsi établie en fonction des arrivages !
- de loin en loin, des études doctrinales mais aussi des synthèses pédagogiques destinées aux "nouveaux arrivants" et plus généralement à tous ceux qui veulent connaître la Légitimité telle qu’elle est, loin des préjugés et des calomnies de ses détracteurs.
- des informations concernant les différents évènements légitimistes à travers la France.
Enfin, tous ceux qui le souhaitent peuvent m’écrire à l’adresse suivante :
admlegdef(at)hotmail.fr
Leur prose (ou leurs vers !) pouvant, pourquoi pas, faire l’objet d’un prochain article.
Ainsi, en résumé, ce blogue a pour vocation de servir Dieu et le Roi, d’une part par la promotion de l’ordre naturel et révélé et d’autre part, par le combat inlassable contre les mutilations que lui font subir toutes les formes de Révolution, théoriques et pratiques. Qu’on se le dise, les mouvements et les idées subiront ici une guerre acharnée, même si leurs promoteurs doivent bénéficier naturellement de la charité chrétienne. Malheureusement, je ne puis rien contre le fait que certains d’entre eux aient l’impression qu’on leur arrache un bras dès qu’on touche à leurs chères opinions, amoureusement couvées au sein de leur nombril...
 
 
 
 
René Essirard   0675265765

Virée de Galerne (Sam. 23) / Bx Noël Pinot (Dim. 24)


Association du Souvenir de la Chouannerie du Maine
Samedi 23 février 2013

A l'invitation de la Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, v
ous êtes cordialement invité(s) à assister à la conférence animée par

 Pierre GRÉAU
"La marche sanglante des Vendéens"

à 14h30, amphithéâtre de l'Université Catholique de l'Ouest
14, rue du Mans à Laval
(Participation - non membre de la SAHM : 5 €)

Pierre Gréau est :
- Vice-président du Souvenir vendéen (www.souvenirvendeen.org)
- Secrétaire de l’Association Le Mans Virée de Galerne (www.le-mans-viree-de-galerne.com)
- Membre du Souvenir de la chouannerie du Maine
- Membre des Descendants de Chouans et Vendéens
- Président du Cercle d'histoire et d'études locales du Pays de la Châtaigneraie




Dimanche 24 février 2013 : avec le Souvenir Vendéen

Hommage au Bienheureux Noël Pinot



vendredi, 25 janvier 2013

Qui se souvient du 21 janvier 1793 ? Mort de Louis XVI et chronologie d’une journée emp reinte de stupeur populaire

« Maintenant que j’ai hélas ! le temps de méditer, je me demande si l’erreur initiale de la France ne remonte pas à l’exécution de Louis XVI », aurait dit Raymond Poincaré, ancien président de la République, à un visiteur dans les derniers jours de sa vie (cité dans La Revue de Paris du 15 décembre 1936). De cette « erreur initiale » du 21 janvier 1793, le journaliste et publiciste Simon Boubée nous livre le déroulement circonstancié, un siècle jour pour jour après une décapitation suscitant la stupeur d’un peuple dont on s’assura du calme en le contenant avec force soldats et gardes nationaux.


Qui se souvient du 21 janvier 1793 ? Mort de Louis XVI et chronologie d’une journée empreinte de stupeur populaire
C’est dans un article du 21 janvier 1893 paru pour le centenaire de la décapitation du roi dans le quotidien Le Gaulois – journal auquel participèrent nombre de plumes telles que Zola, Barbey d’Aurevilly, Maupassant ou encore Mirbeau, et qui fusionnera en 1929 avec Le Figaro –, que Simon Boubée (1846-1901) retrace une journée du 21 janvier 1793 marquée, selon lui, par un crime dont la France ne sortira pas indemne.

Aujourd’hui 21 janvier 1793, s’est commis un des plus grands crimes de l’histoire. Le plus lâche peut-être, et le plus gratuit. Le roi Louis le seizième a été décapité par la hideuse machine du citoyen docteur Guillotin, écrit Boubée.

Il fut, avec Henri IV celui de nos Rois qui eut le plus et le mieux le sens du progrès social et le désir du bonheur de son peuple. Henri IV est mort victime de la sanguinaire extravagance d’un fanatique, Louis XVI est mort victime de la cruelle, impitoyable et d’ailleurs absurde politique d’un groupe de sophistes et d’ambitieux agitateurs.

Bien que l’ensemble de la nation n’ait point participé, autrement que par son apathie, à l’assassinat juridique qui vient de se commettre place de la Révolution, elle doit, cependant, d’après la logique providentielle, porter la peine de ce forfait plus qu’elle n’a porté celle du crime de Ravaillac.

Sans doute, en expiation du crime du 21 janvier, toléré par elle et commis par ses prétendus représentants, elle va tomber d’anarchies en dictatures, ces deux grands fléaux des peuples ingrats.

Hier au Temple

La Convention avait permis que le « condamné Capet » fît ses adieux à sa famille, dont il était séparé depuis longtemps déjà, dans son odieuse prison... À huit heures du soir, hier, le Roi sortit de son cabinet et dit aux commissaires présents près de lui de le conduire vers les siens. Les municipaux répondirent que cela ne se pouvait point, mais qu’on allait faire descendre sa famille, s’il le désirait.

– A la bonne heure, dit le Roi, mais le pourrai au moins la voir seul dans ma chambre ?
– Non, répondit un des municipaux ; le ministre de la justice a décidé que ce serait dans la salle à manger.
– Mais, objecta le Roi, le décret de la Convention me permet de voir ma famille sans témoins.
– Cela est vrai, répondit un municipal, vous serez en particulier, on fermera la porte ; mais par le vitrage nous aurons les yeux sur vous.
– C’est bien, dit le Roi ; faites descendre ma famille.

Sa Majesté entra dans la salle à manger suivi du sieur Cléry, son valet de chambre. Ce dernier rangea la table de côté et plaça des chaises dans le fond de la salle, pour que la famille royale eut un peu d’espace. « Il faudrait, dit le Roi, une carafe d’eau et quelques verres. » II y avait là une carafe d’eau glacée ; le Roi ne voulut pas la conserver, de peur que la Reine n’en bût et qu’elle en fût incommodée. Cléry apporta donc une carafe d’eau simplement fraîche.

A huit heures et demie, la porte s’ouvrit. La Reine parut la première, tenant son fils par la main ; ensuite Madame Royale et Madame Elisabeth. Tous se précipitèrent dans les bras du Roi. Un morne silence régna pendant quelques minutes, interrompu seulement par des sanglots. Cependant, le Roi s’assit, la Reine à sa gauche. Madame Elisabeth à sa droite, Madame Royale presque en face et le jeune prince debout entre ses jambes. Tous étaient penchés vers lui, le tenant souvent embrassé. Cette scène de douleur dura plus d’une heure.

A dix heures un quart, le Roi, qui avait, par de douces paroles, essayé de consoler sa famille, se leva le premier et tous le suivirent. Cléry ouvrit la porte vitrée qu’il avait fermée sur eux. Les municipaux qui avaient espionné les infortunés se découvrirent sur leur passage.

– Je vous assure, dit le Roi, que je vous verrai demain matin, à huit heures. Vous nous le promettez, demandent-ils tous ensemble.
–Je vous le promets, répondit le Roi.
– Pourquoi pas à sept heures ? demande la Reine.
– Soit, à sept heures, reprit Louis XVI. Adieu.

Les sanglots redoublèrent. Madame Royale tomba évanouie aux pieds du Roi. Cléry la releva et aida Madame Elisabeth à la soutenir. Cependant, le Roi voulant mettre fin à cette scène déchirante, leur donna à tous les plus tendres baisers et parvint à s’arracher de leurs bras... Le Roi a soupé après cette cruelle séparation. Il a mangé peu, mais avec appétit.

Les dernières heures

Hier, comme nous l’avons dit, le Roi a fait ses adieux à sa famille. Navrants adieux, dont parlera l’histoire, dont le récit fera couler bien des larmes. Hélas ! combien elle était triste, la vie de l’auguste famille, dans cette prison du Temple, dont le séjour lui avait été rendu de moins en moins supportable. L’hypocrite et violente Révolution avait tout d abord feint de traiter en Roi le royal prisonnier. On lui avait laissé une apparence de maison : ses repas, aux frais de l’Etat, étaient, sinon somptueux, du moins convenables. Mais, peu à peu, la misère était venue. Misère du linge, misère des vêtements, misère des aliments, misère des remèdes pour la maladie !...

Puis ce furent des injures, des calomnies infâmes, dont l’écho arrivait jusqu’aux infortunés prisonniers du Temple. De toutes parts avaient surgi d’inqualifiables pamphlets : les Soirées amoureuses du général Mollier, par le petit épagneul de l’Autrichienne ; le Ménage royal en déroute ; Grande entrevue, dans la tour du Temple, entre Charles, libre patriote sans moustache, avec Louis Veto, l’esclave, et sa famille. Il est des titres que nous ne pouvons reproduire ; il est des imputations portées contre l’auguste Reine auxquelles nous ne pouvons même faire une allusion discrète. Jamais la vilenie populacière n’était allée plus loin, poursuit le chroniqueur du Gaulois.

Ces tortures physiques et morales vont cesser – du moins pour le Roi. Hier, il a su qu’il devait mourir. Et se couchant, il a dit à Cléry, son valet de chambre : « Demain, mon ami, vous me réveillerez à cinq heures. » A peine Louis XVI fut-il au lit, qu’il s’endormit du sommeil le plus calme... D’après les ordres qu’il avait reçus, Cléry, qui avait passé la nuit sur un fauteuil, dans la chambre même du Roi, vint tirer les rideaux du lit – le Roi dormait toujours les rideaux fermés – et lui dit : « Sire, cinq heures sonnent à plusieurs horloges. » Le Roi demanda alors son confesseur, M. Edgworth de Firmont, prêtre non assermenté, que ses bourreaux lui ont permis de choisir pour l’assister.

– M. l’abbé est sur mon lit », répond Cléry.
– Et vous, demande le Roi, où avez-vous donc passé la nuit ?
– Ici, sur une chaise.
– Ah ! je le regrette, reprend Louis, vous devez être bien fatigué, mon pauvre Cléry.
– Hélas Sire, puis-je penser à moi en un pareil moment.

Le Roi prend la main de son valet, qui fond en larmes : puis Cléry procède à la toilette du Roi. Quelques municipaux entrent ; le Roi leur fait un léger signe de tête et dépose sur la cheminée sa bourse, sa montre, sa boîte à tabac et plusieurs autres objets. Sa toilette est achevée. Il porte un habit gris, une veste blanche, des bas de soie bleuâtre, un chapeau à tricorne d’une grande dimension, bordé d’une ganse d’argent.

M. l’abbé Edgworth entre alors et passe avec le Roi dans un cabinet attenant à la chambre à coucher. Pendant ce temps, le sieur Cléry place au milieu de la chambre une commode qu’il arrange en forme d’autel pour dire la messe. Dès deux heures du matin, on avait apporté les ornements sacerdotaux et tout ce qui est nécessaire au saint sacrifice. Tout est prêt. Le Roi et son confesseur rentrent dans la chambre à coucher, transformée en chapelle.

Le prêtre revêt les habits sacerdotaux, Cléry se dispose à servir la messe, et le Roi prend place sur un coussin au pied de l’autel. La sainte communion – le viatique, hélas ! – est donnée au royal martyr, qui la reçoit avec la plus édifiante piété. La messe unie, le Roi se retire dans son cabinet où le sieur Cléry va le rejoindre.

– Cléry, dit le Roi, je vous remercie de vos soins.
– Ah ! sire, que ne puis-je donner ma vie pour sauver la vôtre ?...
– La mort ne m’effraie pas. Vous, mon cher Cléry, ne vous exposez pas, restez ici pour veiller sur mon fils. Un jour peut-être il pourra récompenser votre zèle.

Cléry tombe aux pieds du Roi. Ses sanglots l’empêchent de parler. « Adieu, lui dit le Roi, adieu mon cher Cléry, veillez sur mon fils !... »

A sept heures, le Roi sort de son cabinet et remet à Cléry quelques bijoux pour les membres de sa famille. Puis il demande des ciseaux pour que Cléry lui coupe les cheveux ; on lui refuse cette faveur. Cependant un des municipaux vient dire à Cléry : « Citoyen valet, disposez-vous pour aider votre maître à le déshabiller sur l’échafaud. » Le sieur Cléry devient d’une pâleur mortelle et est près de s’évanouir. « Du courage, Cléry, dit le Roi, je suis aise de vous avoir près de moi jusqu’au dernier moment. »

Cléry s’incline... Un autre municipal vient apporter un contre-ordre. « Le citoyen Cléry restera ici, dit-il ; le bourreau est assez bon pour Capet. » Neuf heures sonnent. La sinistre prison retentit sous des pas nombreux. Des voix se font entendre. Le bruit va toujours croissant. Santerre, accompagné de sept à huit municipaux, entre à la tête de dix gendarmes et les range sur deux lignes. A ce moment, le Roi sort de son cabinet, où il s’était recueilli quelques instants.

– Vous venez me chercher ? dit-il à Santerre.
– Oui.
– Je vous demande une minute.

De nouveau, le Roi rentre dans son cabinet. Il en sort au bout de quelques secondes, suivi de son confesseur. Le Roi tient à la main son testament, et, s’adressant à un municipal, nommé Jacques Roux, prêtre jureur, il lui dit :

– Je vous prie, monsieur, de remettre ce papier à la Reine, ma femme.
– Cela ne me regarde pas, répond brutalement Jacques Roux. Je suis ici pour vous conduire à l’échafaud.

Le Roi s’adresse alors à un autre municipal, le citoyen Gobeau : « Monsieur, dit-il, remettez, s’il vous plaît, ce papier à ma femme. Vous pouvez en prendre lecture ; il y a des dispositions que je désire que la Commune connaisse. » Cléry présente alors au Roi sa redingote. « Je n’en ai pas besoin, dit le Roi, je ne sens pas trop le froid aujourd’hui. » Et il ajoute, en souriant : « Ce n’est pas comme le jour de la mort de Charles Ier. »

On sait, en effet, que Charles Ier, dans la même circonstance, avait dit à son valet de chambre : « Mon cher Herbert, il me faut une chemise de plus que de coutume. La saison est froide, et je pourrais trembler. Quelques spectateurs l’attribueraient peut-être à la peur, et je ne veux pas qu’un tel reproche m’atteigne. Je suis préparé à la mort, et j’en bénis Dieu ! »

La main de Louis XVI rencontre celle de Cléry, qu’il sert pour la dernière fois.

– Messieurs, dit alors le Roi aux municipaux, je désirerais que Cléry restât près de mon fils, qui est accoutumé à ses soins. J’espère que la Commune accueillera cette demande.
– Partons, dit Santerre.
– Soit, partons, répond le Roi.
A l’entrée de l’escalier, le Roi rencontre Mathey, le concierge de la Tour. L’avant-veille, ce drôle était resté couvert devant le Roi, Louis XVI lui avait donné une leçon de politesse, d’ailleurs fort modérée. A sa vue, le Roi s’arrête. Ses yeux expriment une extrême bonté. « Monsieur, dit le Roi, j’ai eu, avant-hier, un peu de vivacité avec vous ; je vous prie de ne m’en pas vouloir et je vous en demande pardon. » Le croira-t-on ? Ce rustre reste insensible devant ce sublime exemple d’humilité chrétienne. Il feint de n’avoir rien entendu et tourne le dos au royal martyr.

Sur le passage du roi. Tentative de délivrance. La voie douloureuse.

Le Roi est monté dans la voiture du maire de Paris, entre le citoyen maire lui-même, l’abbé Edgeworth de Firmont et deux gendarmes. Le citoyen maire a gardé son chapeau. « Vous aviez oublié votre chapeau, la dernière fois que je vous vis au Temple, monsieur, lui dit le Roi ; vous avez été plus soigneux aujourd’hui. » Le citoyen ne répond pas. Il n’a peut-être pas compris.

Le Roi, parfaitement calme, presque souriant, regarde par les portières du carrosse municipal. Du Temple à la place de la Révolution, la voie publique est gardée par une haie de soldats ou de gardes nationaux. Ces derniers, coiffés d’un bonnet rouge et armés de piques. Quelques cris hostiles au Roi se font entendre. Louis XVI ne paraît pas ému et demande quelques renseignements sur les précautions militaires qui ont été prises.

Tous les établissements nationaux sont gardés par des détachements. Il y a des pièces de canon braquées sur toutes les places publiques et des corps de réserve nombreux dans chaque quartier. Douze cents citoyens bien armés, ayant chacun vingt-cinq cartouches, forment la garde qui, sous le commandement de Santerre, précède et suit la voiture du Roi. L’escorte se compose aussi de gendarmes à cheval.

On arrive boulevard Bonne-Nouvelle, un grand mouvement se produit dans la foule. Les cavaliers font cabrer leurs chevaux, les fantassins croisent la baïonnette. Un jeune homme s’est détaché de la foule, a fendu la haie d’hommes armé de piques. II tient d’une main une épée et de l’autre un pistolet. « Mes amis, dit-il, sauvons le Roi !... » Quelques jeunes gens le suivent, mais ils sont immédiatement saisis... plusieurs d’entre eux tombent frappés de coups de sabre.

Tout cela n’a, d’ailleurs, duré que quelques secondes. Le Roi ne s’est pas bien rendu compte, lui-même, de ce qui se passait. A partir de ce moment, la voiture accentue sa marche. Le Roi s’entretient sans cesse avec son confesseur. Dix heures sonnent... La voiture entre sur la place de la Révolution...

Le baron Jean de Batz

Nous avons parlé, tout à l’heure, écrit encore Simon Boubée, d’une tentative de délivrance du Roi, qui a eu lieu à la hauteur du boulevard Bonne-Nouvelle. L’auteur de cette tentative est M. le baron Jean de Batz, une des personnalités les plus originales et les plus sympathiques de ce temps-ci. Arrière-petit-fils de Manaud III, baron de Batz, compagnon d’armes et ami intime d’Henri IV, Jean de Batz est né à Goutz-les-Tartas, en 1760 [l’année avancée aujourd’hui est 1754].

Député de la noblesse aux Etats généraux de 1789, il siégea au côté droit, et montra de grandes connaissances en matière de finances. En vrai Gascon, il joint beaucoup d’habileté au plus indomptable courage, et il vient de faire preuve de l’un et de l’autre, depuis la captivité de l’auguste famille royale au Temple. Son but a été immédiatement de la sauver des mains de ses persécuteurs. A peine le procès du Roi avait-il été entamé qu’il a organisé une conjuration pour le sauver.

Les conjurés devaient enlever le royal martyr dans le trajet du Temple à la place de l’exécution. Malheureusement, le baron de Batz n’avait pu réunir un assez grand nombre d’hommes sûrs et aussi résolus que lui. Son noble projet eut réussi évidemment si la plupart des conjurés n’eussent manqué au rendez-vous. Jean de Batz est évidemment de ces hommes qui sont en avance sur leur temps.

Très différent des autres fidèles royalistes, poursuit Boubée, il a un esprit essentiellement pratique. Soyez convaincu que s’il n’a pu sauver le Roi, il fera son possible pour faire évader la Reine, Madame la Dauphine et Madame Elisabeth. Très habile manieur d’argent, et très au courant des caractères et des besoins des hommes qui sont au pouvoir, il emploiera, s’il le faut, le « nerf de l’intrigue ».

Nous savons qu’il s’est déjà mis en rapport avec des membres influents de la Convention, tels que Delaunay d’Angers, Julien, Chabot, Danton et autres hommes politiques moins insensibles à l’attrait de l’or qu’ils ne voudraient le paraître. Le baron de Batz arrivera-t-il à ses fins, et sera-t-il plus heureux plus tard qu’il ne le fut ce matin ? Oui, si Dieu le permet, estime-t-on alors.

La place de la Révolution dans la matinée

Par crainte de quelque coup de main royaliste, de grandes précautions ont été prises. Des les premières heures de la matinée, Paris est en armes. De nombreuses troupes sont groupées, place de la Révolution, autour de l’instrument de mort, dressé dans la nuit. Voici les gardes nationaux, habit bleu à étroits revers blancs. Les artilleurs, commandés par Santerre, habit bleu à revers et parements rouges. Les chasseurs, habit vert à revers et parements jaunes. On remarque le fameux bataillon des Marseillais, à droite, en venant des boulevards ; il a ses canons braqués sur l’échafaud.

La nuit qui a précédé l’exécution fut absolument calme. Ce n’est qu’au matin que la foule se masse derrière les troupes. A huit heures, arrivent Sanson l’aîné, exécuteur des hautes œuvres, et ses deux frères, Charlemagne Sanson et Martin Sanson. Ils sont assistés des aides Gros et Baris, qui ont dressé l’échafaud pendant la nuit. On remarque, dans la foule, l’air grave et en même temps ému des exécuteurs. Quelques-uns savent que la veille même, Sanson avait célébré en famille ses noces d’argent. Etrange contraste. « Hier du vin, aujourd’hui du sang », dit quelqu’un.

L’exécution

Dix heures viennent de sonner. La berline s’arrête devant la sinistre machine. La portière s’ouvre deux gendarmes descendent les premiers, puis le vénérable prêtre vêtu du costume proscrit. Le Roi descend à son tour. Quelques-uns font observer, avec une liberté de langage vraiment extraordinaire, qu’il est plus calme et plus majestueux qu’il ne s’est jamais montré aux Tuileries.

Nul cri ne se fait entendre. Bien que beaucoup d’énergumènes jacobins se trouvent sur la place, le plus profond silence règne aux alentours de l’échafaud. Le peuple, relégué derrière la soldatesque, semble frappé de stupeur. La stupeur !... voilà, semble-t-il, la caractéristique du spectacle de cet assassinat politique ! Les tambours ne cessent de battre. C’était convenu. C’est par ce procédé que l’on voulait étouffer les cris de la foule mais, nous le répétons, les échos restent muets.

Les frères Sanson semblent consternés et ne cherchent nullement à dissimuler leur pénible impression. Le Roi est arrivé au pied de l’échafaud. Son pas est ferme. Martin Sanson, plus jeune et moins troublé que les autres, s’avance et, se découvrant respectueusement, dit au Roi :

– Sire (et non Monsieur, comme d’aucuns le prétendent), il serait nécessaire que l’on vous ôtât votre habit.
– C’est inutile, répond le Roi, un peu brusquement peut-être, on peut fort bien en finir comme je suis.

Martin Sanson insiste. « C’est absolument nécessaire, dit-il, de plus en plus respectueux, il est même indispensable que l’on attache les mains du condamné. » Le Roi, pâle tout à l’heure, devient immédiatement d’un rouge ardent : « Vous n’oserez pas porter la main sur moi, dit-il. Tenez, voici mon habit, mais ne me touchez pas. » En disant cela, il ôte lui-même son habit. Sanson l’aîné se penche à l’oreille de l’abbé Edgeworth : « Monsieur l’abbé, dit-il, obtenez du Roi qu’on lui attache les mains. Pendant qu’on procédera à cette formalité, d’ailleurs nécessaire, nous gagnerons du temps, et il est impossible qu’un pareil spectacle ne finisse pas par émouvoir les entrailles de ce peuple. »

L’abbé regarde l’exécuteur avec un navrant sourire, puis se tournant vers le Roi : « Sire, dit-il, résignez-vous à un dernier sacrifice, par lequel vous ressemblerez davantage au Dieu, qui va vous en récompenser. » Le Roi se calme subitement. Son visage redevient pâle, ses yeux perdent leur expression fière et un peu dure. Il baise l’image du Christ que son confesseur lui présente et tend lui-même ses bras aux bourreaux. Deux aides lient ces mains qui avaient porté le sceptre.

Les frères Sanson paraissent plus émus que jamais. Ils sont plus pâles que la royale victime. Quelques-uns murmurent, dans la foule, qu’ils sont royalistes au fond du cœur, et que si une tentative pour sauver le Roi se produisait, loin de s’y opposer, ils y prendraient part. Les roulements des tambours ne cessent pas. Le Roi, soutenu par son confesseur, gravit lentement et majestueusement les degrés de l’échafaud. « Est-ce que ces tambours ne vont pas cesser ? » demande-t-il à Charlemagne Sanson. Charlemagne fait signe qu’il n’en sait rien.

Arrivé sur la plate-forme, le Roi s’avance du côté où il paraît y avoir le plus de peuple et fait de la tête un signe impératif aux tambours. Louis XVI a, en ce moment, un air si royal que les suppôts de la Révolution subissent son prestige. Les tambours, subjugués, cessent leur roulement sans attendre le signal des chefs militaires. Le Roi dit alors d’âne voix forte et sonore : « Français, vous voyez votre Roi prêt à mourir pour vous. Puisse mon sang cimenter votre bonheur. Je meurs innocent de tout ce dont on m’accuse ! »

Le Roi veut encore parler ; mais Santerre fait un signe aux tambours, qui reprennent leur tumultueux roulement. Les assassins du Roi craignent décidément que le peuple, indigné, ne proteste contre le crime qu’ils vont commettre, poursuit Simon Boubée. Mais c’est toujours le silence. La stupeur règne de plus en plus. Le Roi se livre alors aux exécuteurs. Il est attaché sur la planche.

Sa tête tombe, tandis que l’abbé Edgeworth fait entendre ces sublimes paroles qui, sans doute, traverseront les âges : « Fils de saint Louis, montez au Ciel ! » La tête du Roi est montrée au peuple par l’aide Gros. Les yeux sont clos – circonstance extraordinaire – et le royal visage, blanc comme de la cire, a maintenant une expression quasi divine. Quelques forcenés – très peu nombreux – poussent des cris de triomphe, mais le plus fort des spectateurs se détourne avec une profonde horreur et un douloureux frémissement. Il est, hélas ! évident que le moindre signal eût suffi à amener une réaction en faveur du royal martyr.

(...)


A la Convention

Aujourd’hui 21 janvier, le citoyen Vergniaud préside. La Convention ne s’occupe d’abord que du meurtre de Lepeletier Saint-Fargeau, poignardé, l’avant-veille, par l’ex-garde du corps Paris. Le conseil exécutif adresse à la Convention nationale le procès-verbal de l’exécution du Roi.

« LAMARQUE. Lorsque le tyran n’est plus, ses crimes sont expiés. Faisons la guerre à la tyrannie et oublions les tyrans. (Marques d’approbation.) » L’assemblée passe à l’ordre du jour.

Les journaux
Les journaux de Paris parlent tous de la « mort du Tyran ».

Le Père Duchesne. « Capet est enfin mort f... Je ne dirai pas comme certains badauds : n’en parlons plus. Parlons-en, au contraire, pour nous rappeler tous ses crimes et inspirer à tous les hommes l’horreur qu’ils doivent avoir pour les rois. »

La Gazette de France. « Le tyran n’est plus. Un exemple redoutable a été donné aux despotes du monde. La hache de la justice a frappé celui qui était déjà condamné dans la conscience du peuple français. Ce jugement mémorable ne pose de responsabilité que sur la nation elle-même. Elle s’en charge !... La nation connaît ses ennemis ; ce sont les rois, et s’ils prétendent demander compte à la république du jugement qui, par la mort d’un roi, réhabilite l’espèce humaine, chaque citoyen français se présentera, portant en lui le besoin de sa faire responsable. »

Paris dans la soirée

Après avoir lu les navrants détails de l’agonie et de la mort du Roi-Martyr, écrit notre journaliste, nos fils s’imagineront sans doute que pendant tout le cours de cette journée, que le lendemain même, Paris dut offrir l’aspect le plus agité... ou le plus morne. Il n’en est rien. A partir de midi, les rues reprennent peu a peu leur aspect habituel, et l’étranger qui est débarqué à Paris, dans la soirée, ne croirait jamais que cette grande capitale vient d’être le théâtre d’une des plus sinistres tragédies dont l’histoire des peuples ait fait mention.

Il y a des tempêtes de fureur et des abîmes de douleur dans le cœur des royalistes, mais c’est seulement chez eux ou chez leurs amis, à l’abri du foyer, qu’ils se livrent à leurs réflexions indignées ou désolées. Les rues, les places publiques, ont leur aspect habituel. Bien que la Convention ait fait fermer la plupart des maisons de jeu, bien que « l’autorité jacobine » mette quelque frein au débordement de la galanterie vénale, le Palais-Royal est plus animé, plus bruyant, plus grouillant que jamais.

Les cafés et les restaurants regorgent de monde. Sans-culottes, vêtus de carmagnoles et coiffés de bonnets rouges ou de bonnets à poil, muscadins en habit de soie, secouant leurs « oreilles de chien » et faisant tournoyer leurs cannes tordues, courtisanes décolletées au-delà de toute espérance, paisibles bourgeois, bourgeoises honnêtes, agioteurs au regard louche, se pressent dans les établissements, se heurtent devant les boutiques de joailliers, vont et viennent dans le jardin.

Le foyer du théâtre de la Montansier, ci-devant théâtre du Petit-Beaujolais, est particulièrement animé et l’on y parle très peu politique, bien que parmi ceux qui le hantent il y ait un grand nombre de royalistes avérés. Voici, entre autres, un tout jeune homme, trapu, grêlé, aux lèvres doubles, mais dont l’œil pétille d’esprit et de courage. C’est Alphonse Martainville, déjà condamné, à l’âge de seize ans, pour avoir osé taquiner le lion jacobin. Voici le journaliste Ange Pitou, un petit homme au nez démesuré, mais presque joli garçon malgré cela. On dit qu’aujourd’hui même, avant d’aller au spectacle, il a trouvé le moyen d’avoir un entretien avec le citoyen Sanson. Où s’arrêtera la curiosité des gazetiers ? Cette belle fille aux cheveux flamboyants, c’est Cydalise, une des plus célèbres sirènes de ces galants parages. Elle aussi est royaliste et amie très intime du jeune Martainville.

Ce dernier l’accoste en riant et, lui montrant un gros sans-culotte dont la tenue est négligée jusqu’à l’indécence, il murmure :
Renfoncez donc vot’ culotte,
Ce bout d’chemise qui vous pend
Qu’on n’ dise pas qu’un patriote
Arbore le drapeau blanc.

Dans la salle il y a foule. On joue une des pièces les plus gaies du répertoire, le Sourd ou l’Auberge pleine, du citoyen Desforges. Ce diable de débauché a vendu son manuscrit quatre cents francs à la citoyenne Montansier... qui, dit-on, a déjà gagné, avec cette pièce, quelque chose comme deux cent mille francs. Même affluence dans les autres théâtres. Chose digne de remarque, aucun théâtre de Paris ne joue, ce soir-là, un de ces à-propos patriotiques, si fort à la mode par ce temps de jacobinisme.

Et Simon Boubée de conclure : Le Roi est mort, vive le Roi ! Vive Louis XVII, qui gémit dans les fers ! Et si Louis XVII meurt à son tour, un autre « Capet » lui succédera, car la Maison capétienne, qui est bien française, puisqu’elle a fait la France, puisqu’elle a constitué notre unité nationale par ses héritages et ses conquêtes, vivra autant que notre pays vivra et, quoi qu’il arrive, sera toujours là pour le sauver de ses ennemis... et de lui-même.

Source

Qui se souvient du 21 janvier 1793 ? Mort de Louis XVI et chronologie d’une journée empreinte de stupeur populaire

mardi, 15 janvier 2013

Déclaration de Mgr le duc d'Anjou


Madame, Mademoiselle, Monsieur,
mes chers compatriotes.
Le monde politique s’est saisi d’un sujet remettant en cause l’institution universelle et intemporelle qu’est la Famille, ce qui constitue une menace aux fondements mêmes de notre société. L’humanité tout entière et, en particulier, notre histoire commune, celle de la France, s’est bâtie sur le seul socle familial. Mille ans de notre histoire reposent sur une famille dont je suis l’héritier, le fils aîné, et que j’ai l’immense charge de représenter auprès de vous.
Or, certains souhaitent que l’institution du mariage, sur laquelle repose toute la structure familiale, soit banalisée au point de l’étendre aux personnes du même sexe et, par voie de conséquence, de permettre l’adoption et donc la filiation d’enfants résultants de cette union.
De tout temps, l’homme et la femme se sont unis, naturellement, pour concevoir et élever des enfants. Que serions-nous si nos parents, nos aïeux n’avaient pas suivi ce processus naturel, institutionnalisé et sacralisé ensuite par le mariage chrétien ? Comment accepter d’établir un droit à l’enfant au risque d’aller à l’encontre des droits de l’enfant ?
Nos hommes politiques ne peuvent prendre la responsabilité de redéfinir les lois immémoriales de la nature humaine. Certes, nous devons nous adapter continuellement aux évolutions de notre société mais certains principes immuables tels que l’union d’un homme et d’une femme pour fonder une famille et éduquer des enfants ne peuvent être remis en cause.
Nous avons le devoir de nous manifester auprès des responsables politiques qui souhaitent traiter ces questions d’une extrême gravité pour leur faire part de nos réflexions et de nos craintes. Il n’est nullement question de stigmatiser la communauté homosexuelle, dont je sais qu’elle est loin d’être unanime sur la question du mariage pour des personnes de même sexe, de l’adoption des enfants par ces derniers et de leur filiation. Il faut, au contraire, l’écouter tout en s’assurant que la cellule familiale n’est pas menacée. Je refuse que cette discussion soit traitée sous un angle politicien ou idéologique. La défense de l’institution du mariage entre un homme et une femme est un sujet de civilisation que la France doit aborder sans passion.
La vision de mes aïeux, et notamment celle d’Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV ou encore de Louis XIV, était de construire, dans l’intérêt de tous, une Nation française qui rayonnerait pendant des siècles. Elle ne s’arrêtait pas aux intérêts particuliers susceptibles de compromettre ses valeurs fondatrices. Mon regretté père, le prince Alphonse, dans la lignée duquel je m’inscris, disait qu’il « ne saurait y avoir dans quelque société que ce soit de permanence et de continuité sans le respect des droits fondamentaux de la Famille qui est la cellule de base de toute société constituée selon l’ordre naturel et chrétien. Il appartient à chacun d’y réfléchir. Puisse la miséricorde divine pourvoir à cette utile méditation pour que chacun se reprenne à espérer. »
J’appelle donc aujourd’hui, hors de toute position politique partisane, tous les Français à défendre les valeurs si chèrement défendues pendant des siècles par nos aînés et à faire connaître leur soutien aux défenseurs de la Famille et des droits de l’enfant. Il en va de notre avenir. Les Français doivent montrer l’exemple aux autres nations.
Louis de Bourbon, 8 janvier 2012

lundi, 17 décembre 2012

" les casseroles", encore "des casseroles", toujours " des casseroles"... REPUBLICAINES !


 
 

parce que en REPUBLIQUE l’idéologie prime tout,
(idéologie = homme-dieu = conception autonome de l’homme et de la société, laïque, débarrassée de tout lien naturel et surnaturel, de toute subordination)
 
«  la France EN MOUVEMENT  » fait litière de ses avatars.
 
 
 
NE NOUS TROMPONS PAS, soyons réalistes, notre résistance politique efficace s’identifie non pas à la dénonciation mais à notre fidélité à l’Institution légitime, à la Royauté, à la monarchie de droit divin, conforme à l’Histoire capétienne qui a fait LA FRANCE, à l’alliance du trône et de l’autel, au droit naturel et divin.
 
 
 
12.2012
 
TAUBIRA ÉPINGLÉE
 
 
ELLE A OCCUPÉ PENDANT 13 ANS UN APPARTEMENT HLM A 986 € POUR UN SALAIRE DE 300 000 € !
 De 1998 à 2011, elle a occupé, alors qu'elle était députée, un appartement HLM de l'Opac de 80 m2 près de la gare de Lyon à Paris pour 986 € par mois  alors que ses revenus de députés étaient de 300 000 € par an.
Interrogée à ce sujet par Le Point cette semaine, elle a refusé de répondre à cette question.
 
 
 
 
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les  reconquêtes ne s’improvisent pas, ni ne dépendent des poussées de fièvre électorale de la République. 
Elles exigent un travail de compréhension, de formation, patient, méthodique et déterminé, qui permette à chacun d’exercer son autorité.
pour créer ou prendre contact avec un Cercle de formation : uclf@orange.fr
 
transférez à votre carnet d’adresses 
Cette lettre est indépendante. « debonvouloiretloyaute » soutient la Légitimité en politique.