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jeudi, 14 mai 2009

Manifeste légitimiste (IV)

Du bon exercice de l’autorité royale

 

INTRODUCTION

Le pouvoir du roi lui vient de Dieu et il exerce la suprême autorité temporelle en son nom. Nous donnons ici quelques considérations sur la manière, pour un roi, d’exercer l’autorité conformément à ce principe. Nous nous inspirons principalement du livre de Dom Claude Martin, Le Pasteur Solitaire. (5)

Ces considérations sont davantage des conseils spirituels qu’un traité politique. Nous espérons ainsi être plus accessibles et plus utiles à tous ceux qui, ne serait ce que de manière très éloignée, participent à l’autorité royale en ayant quelque responsabilité.

Tout pouvoir légitime vient de Dieu (voir Rm 13,1) (2) et a la capacité d’obliger en conscience au nom de Dieu, non pas à cause de la science des supérieurs, de leur prudence ou de quelque autre qualité qui est recherchée dans l’exercice de l’autorité, mais en vertu de la volonté de Dieu. (3) C’est pourquoi celui qui résiste à l’autorité légitime exerçant légitimement son autorité,“résiste à l’ordination divine” (Rm 13, 2). (4) Ainsi s’exprimait le cardinal Ottaviani dans le schéma préparatoire à une constitution sur l’Église pour le concile Vatican II.

Ce bref paragraphe contient un principe important contre la Révolution. Celle-ci détruit l’autorité en prétendant qu’elle provient des inférieurs : “le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ” (article 3 de la déclaration des droits de l’homme de 1789). Si l’on veut rétablir l’ordre naturel chrétien, il faut commencer par rétablir la vraie notion de l’autorité, et affirmer que celle-ci vient de Dieu et non du peuple.

Toutefois il ne suffit pas de rétablir le principe. Car la “crise de l’autorité”, nousdit le même schéma, ne provient pas seulement “de doctrines erronées”, “mais aussi parfois d’un pouvoir mal compris et mal exercé”.

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lundi, 11 mai 2009

Manifeste légitimiste (III)

 

L’AUTORITE DANS L’INSTITUTION MONARCHIQUE : CARACTERES ET TRANSMISSION

INTRODUCTION

L’étude des systèmes politiques pourrait suivre une classification historique, philosophique, géographique ou autre. Ce ne sont pourtant pas ces critères qui ont été retenus par les auteurs. Ces classifications n’auraient en fait aucun sens. Monarchie, démocratie, oligarchie, tyrannie, gérontocratie etc : cette classification reprise par tous les auteurs repose sur la forme revêtue par l’autorité.

C’est dire l’importance de l’autorité et de la forme qu’elle revêt pour la compréhension d’un régime politique. Il est donc nécessaire d’étudier non seulement la forme, qui permet de comparer un régime aux autres, mais surtout l’origine et les caractères de cette autorité, car c’est selon eux que la forme à été choisie.

Nous nous attacherons donc à mettre en évidence le lien très étroit entre la conception de l’autorité et les institutions mises en place dans l’ancien régime. Il est une expression relative à la conception de l’autorité sous l’ancien régime dont l’importance est révélée par les polémiques qu’elle suscite encore : c’est l’expression “pouvoir absolu de droit divin”, interprétée de diverses manières aussi bien par ceux qui la dénonçaient que par ceux qui la défendaient. Or il est nécessaire de comprendre cette définition si l’on veut comprendre la monarchie Très-Chrétienne qui y trouve son origine. “Comprendre” dans le sens de “prendre avec” , c’est-à-dire prendre parti. Que ce soit pour défendre ou attaquer. Car c’est bien dans ce cadre que nous travaillons.

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jeudi, 07 mai 2009

Manifeste légitimiste (II)

Légitimité naturelle et légitimité théologique

INTRODUCTION

En ces temps de Révolution il importe de rappeler certaines réalités aux catholiques soucieux de restaurer une société chrétienne. Par une extraordinaire naïveté ils sont encore nombreux à croire à la loi du nombre : une majorité numérique de catholiques dans le pays suffirait à rendre celui-ci catholique. D’autres, plus avertis, estiment qu’il suffit que les institutions reconnaissent le Christ-roi, son Eglise et ses enseignements. Des mouvements comme la Cité Catholique de Jean Ousset et plus récemment Civitas pensent sérieusement faire de la politique en se contentant d’énoncer les principes chrétiens du pouvoir sans se soucier de la forme des institutions à mettre en place.

Dans le présent exposé nous nous proposons de montrer que ces bonnes intentions ne sauraient suffire. Il importe avant tout de bien comprendre à quoi sert l’institution, puis à l’école de l’Histoire, de chercher sa forme la meilleure pour rétablir la Cité de Dieu dans notre pays.

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lundi, 04 mai 2009

Introduction à la politique (Manifeste légitimiste (I))

 

I - LES ACTIONS HUMAINES

Il existe trois ordres d’actions humaines par ordre croissant dans la noblesse :

La fabrication

Le sujet transforme une matière extérieure, il produit des objets utiles à l’homme, comme par exemple le travail de l’industrie, de l’artisanat, de l’artiste. La fabrication n’est pas le propre de l’homme, il partage cette opération avec les animaux ; c’est donc la moins noble des actions humaines. La fabrication est l’objet des sciences techniques ou sciences appliquées.

L’action

Le sujet se transforme lui-même intérieurement, par exemple l’enrichissement intérieur du sujet par sa participation à la vie sociale : famille, éducation, associations… L’action est le propre de l’homme. L’action est l’objet de la science morale.

La contemplation

Le sujet contemple la Vérité, la Beauté, le Bien. Dans l’antiquité, il ne pouvait s’agir que des vérités métaphysiques (considérations sur l’être). Dans la chrétienté, il s’agit en plus des vérités théologiques : la contemplation de Dieu Lui-même par la connaissance qu’Il nous donne de Lui dans la révélation et par la grâce. La contemplation n’est pas le propre de l’homme, il partage cette opération avec les substances angéliques ; c’est donc la plus noble des actions humaines.

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jeudi, 30 avril 2009

Vers un ordre social chrétien (IV)

V - DE L’ESPRIT D’UNE LEGISLATION CHRETIENNE
DU TRAVAIL

 

I - Peut-il y avoir une législation chrétienne du travail ?


Oui, sans doute, s’il y a une justice sociale chrétienne, un droit social chrétien, que cette législation ait pour objet de définir et de protéger dans le contrat de travail.

Non, si l’on ne voit avec l’Ecole classique dans l’expression de Justice sociale qu’un « néologisme qui cache le vague de la pensée sous l’impropriété des termes » ; — « qu’un mot qui n’a point de sens ». — Non, si l’on prend pour point de départ de l’étude de cette législation la conviction « qu’il n’y a pas de justice sociale ou particulière, et que si l’on parle quelquefois de justice légale, c’est une manière de qualifier l’injustice
En restreignant ainsi l’idée de justice à celle de la justice commutative, on dit alors fort logiquement que la société ne doit rien aux pauvres, «une obligation de charité ne pouvant jamais devenir une obligation de justice », et l’on donne l’exemple suivant de l’application de ces principes : « Rome ancienne possédait une notion très exacte de ce que réclame la justice dans les relations des hommes, et cependant elle envoyait les esclaves malades ou infirmes mourir dans une île du Tibre. Si elle connaissait la justice, elle ignorait la charité.
»
Elle estimait, sans doute, comme l’auteur lui-même de cette appréciation le pose en thèse quelques lignes plus haut, que « la société ne doit rien aux pauvres ».

Eh bien, j’en demande pardon aux juristes dont j’ai reproduit ici le langage récent, ceci est la justice sociale païenne, ce n’est pas la justice sociale chrétienne, car, dans le christianisme, la charité n’est pas de conseil, elle est de précepte. « Si votre justice n’est pas plus parfaite que celle des docteurs de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux », a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et comme un de ces docteurs lui demandait quel était le plus grand commandement, il le lui dit et ajouta « Voici le second qui lui est semblable : vous aimerez votre prochain comme vous-même; c’est dans ces deux commandements que sont renfermés toute la loi et les prophètes. »

Voilà donc bien l’esprit de la loi chrétienne, voilà le principe de la justice sociale chrétienne.

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lundi, 27 avril 2009

Le Capitalisme; kesako?

On nous parle beaucoup de la nécessité de refonder le Capitalisme, notamment pour faire face à la crise financière actuelle.

Mais est-ce là la solution? N'est-ce pas plutôt le Capitalisme qui est l'une des causes de ce cataclysme économique et donc social?

Qui est-il vraiment?

Que représente-t-il concrètement?

Quelle alternatives pouvons-nous y apporter afin de ré-instaurer un Ordre Social Chrétien?

Vous trouverez ici un résumé d'une Etude signée La Tour du Pin, traitant de l'épineuse question du capitalisme...

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lundi, 20 avril 2009

Vers un Ordre social chrétien (III)

IV DU CAPITALISME


A la suite du profond et profondément honnête discours par lequel le comte Albert de Mun a clos l’assemblée générale des délégués venus des assemblées provinciales tenues à l’occasion du centenaire de 1789, l’école classique des économistes s’est émue les uns ont constaté ironiquement que le langage du « noble comte » ne laissait pas que de ressembler à celui des « pires ennemis de la société » actuelle. Les autres, plus bienveillants, se sont voilé la face.

Mais, comme il n’y a pas de pire ennemi de la société que celui qui non seulement ne l’avertit pas de la perte à laquelle elle court mais encore l’excite à mépriser les avertissements, je crois à mon tour et très humblement faire acte de bon citoyen en cherchant à me rendre compte et à montrer en quoi le siècle actuel porte la marque de l’Usure et mérite d’en conserver le nom, comme l’a dit mon éminent ami.

Ce ne sont d’ailleurs pas ses opinions que je prétends formuler ici, mais uniquement les miennes, telles que l’observation m’a conduit à les former ; étant prêt à les modifier sur les points où la discussion que je cherche me ferait apercevoir mon erreur ; erreur d’ailleurs facile en matière aussi délicate et complexe, où il faudrait apporter la subtilité d’un théologien et la logique d’un mathématicien. Ne possédant ni l’une ni l’autre de ces aptitudes spéciales, je ne me suis permis aucune digression théologique, bien que le sujet semblât l’exiger, et je n’ai pu qu’indiquer des calculs, sans les faire, bien qu’ils soient eux aussi inhérents à la nature du sujet.

J’essaierai de montrer dans une première partie du mémoire les effets du système usuraire, dans une seconde ses remèdes, dans une troisième et dernière l’ensemble du régime économique dont elle serait bannie. Je ne lui ai pas donné de nom, parce qu’on ne baptise les gens qu’après leur naissance. Quant au régime économique de ce siècle qui repose sur l’Usure, il a un nom le Capitalisme.

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jeudi, 09 avril 2009

Aphorismes de politique sociale

 Par le marquis de La Tour du Pin

 

 

 « Ceci n'est pas écrit pour faire lire, mais pour faire penser. »

 

 

AVANT PROPOS

Arrancy, le 14 juillet 1909.

 

En ce jour, il y a vingt ans, les libéraux de toute nuance célébraient le centenaire de la Révolution française. Ils s'en étaient fait longtemps d'avance une fête. Cette fête n'était pas au goût d'un groupe d'hommes de tradition, qui résolut d'opposer a ces déclarations une reprise du mouvement de 1789 par la réunion d'Assemblées provinciales semblables à celles qui avaient précédé la convocation des États généraux. Mais il était à craindre que les gens de bien disposés à répondre à cet appel ne le fussent en même temps à y porter les idées fausses -ce qu'on appelle bien aujourd'hui les "nuée " qui ont fait dévier comme l'on sait le mouvement d'alors. Les promoteurs pensèrent donc qu'il fallait rétablir d'abord les notions saines dont ils désiraient trouver l'application dans les "cahier", et ils chargèrent l'un d'eux de la mise au point des mémoires qu'ils se distribuèrent entre eux. Une petite feuille, la Politique sociale, fut créée pour servir d'organe à cette préparation ; des aperçus, nouveaux a force d'avoir été oubliés, y furent produits sous forme de définitions, plutôt pour éveiller l'esprit sur les questions que pour les résoudre, comme on jette des pierres dans une eau dormante.

 

Les conditions actuelles se rapprochent de celles d'alors, quoique d'une part le malaise social soit plus sensible, et que d'autre part les idées saines aient fait plus de chemin, grâce a des pionniers nouveaux d'une rare hardiesse. Il a paru à d'aucuns de ceux ci que les premiers engins pouvaient être utilement remis tre utilement remis en service, en les complétant de quelques tracés de circonstance. Ils sont rendus ici bien volontiers à leur destination, sous la réserve qu'ils ne doivent pas plus qu'alors être pris comme les éléments d'un traité, mais rester comme de simples esquisses à feuilleter, gardant leur nom d'aphorismes.

 

LA-TOUR-DU-PIN CHAMBLY.

 

 

Pour télécharger les différents études, cliquez sur les liens suivants:

 

- Aphorismes de politique sociale, chapitre préliminaire;

- Le Droit de Dieu;

- Le Pouvoir Social;

- La Théocratie;

- L'individualisme;

- L'usure;

- La liberté du Travail;

- La crise agricole;

- La crise constitutionnelle.

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samedi, 04 avril 2009

Ce qu'est la Monarchie

Programme Social et Politique

 

(Par Dom Besse)


 

Toute nation est un corps social organisé. Il est soumis à des lois qui assurent la conservation de ses énergies et leur fonctionnement dans l'harmonie et la paix. La science politique a pour objet la recherche et la connaissance de ces lois ; l'art politique consiste à les appliquer à l'organisation d'un État déterminé.

 

La science politique s'acquiert par la méthode d'observation. Il y a deux sortes d'observations nécessaires : les unes se font dans des nations diverses et permettent de découvrir les lois générales, qui se trouvent partout ; les autres se font dans une nation déterminée. Ce sera la France pour nous.

 

Comme la nation est une unité sociale qui se prolonge dans le temps, l'observateur doit embrasser l'ensemble de son existence. Le passé éclaire le présent. La connaissance de l'un et de l'autre permet d'entrevoir l'avenir possible et par conséquent, de le préparer.

 

Pour arriver à des conclusions certaines, il faut classer d'après leur nature les phénomènes observés. Les lois politiques et sociales découlent de ces conclusions. Quelques unes régissent les rapports que les groupes sociaux ont avec leurs membres et entre eux. L'application s'en fait dans les institutions sociales. L'ensemble de ces institutions forme nécessairement un tout coordonné. La constitution politique assure l'unité, la durée et la force de cet ensemble.

 

Bien que de nature diverse, les institutions sociales d'un Etat font corps entre elles et avec la constitution politique. La distinction, que l'on établit entre elles pour les mieux étudier, ne doit jamais aboutir à un isolement. Une séparation complète, même dans l'ordre intellectuel, équivaudrait à une amputation. Un membre séparé du corps auquel il appartient a perdu le meilleur de sa réalité, la vie. On ne comprend une institution, que si elle occupe sa place et remplit sa fonction dans le corps politique dont elle fait partie intégrante. Ce qui suppose la connaissance de ce corps politique.

 

En d'autres termes, l'étude des institutions sociales et de leur fonctionnement dans un État déterminé ne peut aller sans l'étude de sa constitution politique. Tout se tient dans la société. Le lien qui assure l'unité de ce tout est fait par la vie. Ce qu'on lui arrache cesse d'être une réalité vivante. Or tout doit vivre dans l'étude d'une société comme dans la société elle même.

 

Les institutions sociales et la constitution politique d'un État doivent correspondre exactement à ce qu'est dans la réalité le fonctionnement économique des éléments vivants dont il se compose. Leur formule doit être pour l'intelligence un miroir où se reflète cette même réalité.

 

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vendredi, 03 avril 2009

Testament de Louis XVI


Au nom de la Très Sainte Trinité du père du Fils et du Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse
m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

            Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.

            Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.

 

Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

 

            Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, à les détester, à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur, je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés, et
recevoir le Sacrement de Pénitence.

 

            Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

 

            Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

 

            Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.

 

            Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

 

            Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité, je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

 

            Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

 

            Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

 

            Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

 

            Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi, je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

 

            Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé, d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés, je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais plus explicitement mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

 

            Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposées au Conseil de la Commune.

 

            Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

 

            Je prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

 

            Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre mil sept cent quatre vingt douze.


LOUIS

(Vous pouvez télécharger ici un livret réalisé pour la commémoration du 21 janvier 1793)

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jeudi, 02 avril 2009

Vers un Ordre social chrétien (II)

II DU REGIME CORPORATIF


I


Le régime corporatif a été présenté comme l’organisation du travail la plus conforme aux principes de l’ordre social chrétien et la plus favorable au règne de la paix et de la prospérité générales. Et cette affirmation ne s’est produite solennellement dans la bouche de dignitaires ecclésiastiques, dont un grand-vicaire de l’archevêque de Paris, recteur de l’Institut catholique, aussi bien que dans celle du secrétaire général de l’Oeuvre, que parce qu’elle se dégageait de tous les travaux d’études préparés pour cette assemblée et de l’ensemble des témoignages qui y étaient apportés de toutes parts ; témoignages parmi lesquels le plus frappant aux yeux a été la présence assidue d’un personnage de grande marque dans le mouvement catholique, dont la parole venait de concourir avec éclat au rétablissement légal du régime corporatif pour les états cisleithans de la monarchie austro-hongroise.
Après avoir remis en mémoire des membres de l’assemblée et en relief pour les autres lecteurs la concordance de ces témoignages, nous voudrions les compléter ici par quelques considérations venues
à notre pensée au cours des entretiens de cette assemblée sur les points suivants qui y ont été plutôt affirmés que discutés, à savoir :

Le régime corporatif tel qu’il a été exposé et invoqué est-il acceptable en principe ?

Est-il praticable en fait ? Serait-il fécond en conséquences ?


Et finalement tirer de cet examen des conclusions nettes, telles qu’elles conviennent à la poursuite de notre entreprise, en nous inspirant de cette pensée que la Contre-Révolution doit être comme la Révolution, selon le mot d’un agitateur célèbre, tout à la fois pensée et action.
L’assemblée a été saisie tout d’abord d’un exposé rapide, que cette revue venait de publier, sur la marche de nos études depuis l’assemblée précédente, où nous avions donné les premiers traits du régime corporatif tel qu’il nous apparaissait alors désirable. Cet exposé rappelait que ces premiers traits avaient été portés depuis au congrès des directeurs d’oeuvres ouvrières à Autun, où ils avaient rencontré le consentement général à la suite d’un rapport remarquable de M. Harmel. Mais il ne faisait pas l’historique de la question, qui mérite pourtant un coup d’oeil.

(Pour voir la suite, ciquez ici)

 

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mercredi, 01 avril 2009

Vers un Ordre Social Chrétien (I)

I  NOTE SUR LA NATURE DU CONTRAT DE TRAVAIL


Eclairé par des notes précédentes, je puis essayer de préciser, en rectifiant l’expression et même le point de vue, les premières considérations que j’avais soumises au Conseil sur cette question, et que je mets ici sous ce titre emprunté au langage usuel : « En bonne justice, que doit procurer le contrat de travail aux parties contractantes, l’entrepreneur et l’ouvrier, et par suite à la société ? »

La nature de ce contrat ne me paraît ni toujours être celle d’une location ni jamais celle d’une vente, mais bien toujours celle d’un échange de services (1). Or, pour qu’un contrat de cette nature soit équitable, il faut que les services échangés soient équivalents. Donc, étant de fait que l’entrepreneur comme l’ouvrier doivent vivre de l’entreprise, il faut que celle-ci puisse être conduite et exécutée de manière à procurer à l’un comme à l’autre des contractants ce qui est contenu implicitement dans ces termes de la loi du travail « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. » C’est-à-dire que les fruits de l’entreprise soient partagés entre eux dans la mesure qui correspond aux conditions d’une vie honnête pour l’un comme pour l’autre, chacun selon son état.

Voilà pour moi le caractère qu’en bonne justice, et dans l’intérêt de la paix sociale qui est liée à l’observance de la bonne justice, — opus justitia pax, — doit présenter la généralité des contrats suivant lesquels s’exerce le travail humain. C’est là, me semble-t-il, le critère que nous devons indiquer aux commissions d’étude pour les guider vers les solutions diverses selon le métier, le temps et le lieu, qu’elles poursuivent dans le champ de l’économie politique.
Est-il besoin de redire que nous ne croyons pas que cette règle, fût-elle toujours respectée, suffise au rétablissement de la paix sociale ? Il n’y a pas en effet qu’un seul commandement. A côté de : « Tu ne déroberas pas », il est écrit : « Tu n’envieras ni l’âne, ni le boeuf, ni la femme de ton prochain », et l’inégalité des conditions sociales, qui doit être respectée par la justice, comme aussi les maux dont celle-ci ne saurait nous préserver, ne seront jamais rendus supportables que par la vertu.

Mais revenons à la question, afin d’en dégager encore quelques points d’une application générale.
L’entrepreneur et l’ouvrier ne sont donc pas quittes en bonne justice, lorsqu’ils ont échangé uniquement le prix convenu contre le travail convenu, s’ils ne se sont pas procuré ainsi i’un à l’autre, dans la mesure où cela dépend d’eux, ce dont chacun a besoin pour mener une vie honnête selon son état. Et pour l’homme de tout état les exigences d’une vie honnête sont : la possession d’un foyer, des moyens d’y élever sa famille selon sa condition, et la possibilité d’épargner de quoi soutenir ses vieux jours quand il ne pourra plus gagner.

(Pour voir la suite, cliquez ici)

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