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lundi, 08 novembre 2010

Groupes réducteurs et noyaux dirigeants (VIII)

 

 ANNEXES

 Introduction aux annexes

Nous avons essayé, dans les lignes qui ont précédé, d’analyser des mécanismes sociologiques qui président, dans tous les domaines, au fonctionnement de la plupart des groupes contemporains.

Cette démonstration est volontairement limitée à son essentiel ; elle n’est donc assortie que des exemples généraux indispensables à sa compréhension, un peu comme celle d’un théorème de géométrie.

Néanmoins, tout comme en mathématiques, il reste à faire les applications pratiques, les problèmes et exercices permettant de posséder et d’utiliser pleinement le théorème étudié.

Cet effort d’application, en général, ne peut être que personnel. Il sera d’autant plus facile que l’expérience sociale du lecteur sera plus grande. Les réactions de nombreux lecteurs nous l’ont déjà démontré.

  • Tel religieux, témoin de la dégradation de son ordre depuis quelques années, s’est écrié après avoir lu ces lignes : « l’auteur ne peut être qu’un de mes confrères… »
  • Tel membre de l’administration s’est écrié : « Ce texte est une analyse critique spécialement conçue par un haut fonctionnaire qui, comme moi, est écœuré par le fonctionnement occulte du Groupe d’Étude et de Recherche auquel je suis contraint de participer… »
  • Tel ingénieur conseil spécialisé dans les problèmes de formation a conclu : « Cet essai a pour but de critiquer les ravages sociaux de la Dynamique de Groupe que l’on m’oblige à employer ».
  • Etc. Etc.

Le Champ d’application des règles précédentes est en effet très vaste. C’est pourquoi il nous a paru utile de donner ci-après une liste de secteurs de recherches. Chaque lecteur pourra y trouver son compte.

Après quoi, quelques annexes nous ont paru utiles. Celles-ci comportent des textes, des citations, et quelques applications plus particulières ou pratiques.

Notre souhait le plus cher, est que cet effort soit prolongé, dans toutes les directions, par des hommes de bonne volonté que ce modeste travail aura pu intéresser. S’il plaît à Dieu …

Liste non exhaustive des secteurs possibles d’application des lois sociologiques des groupes réducteurs, pouvant donner lieu à des annexes.

  • Action Catholique
  • Forum de discussion sur le Web
  • Bureaux, Bureau - Paysage
  • Cellule de parti politique
  • Chambrée militaire
  • Classe non-directive
  • Club idéologique (Jean Moulin, Jacobins)
  • Club d’influence ( Rotary, Lyons)
  • Club de loisirs ( Club Méditerranée )
  • Comité d’entreprise
  • Concile
  • Conférences
  • Convents et loges
  • Coopératives
  • Couvent religieux
  • Délégués du personnel
  • Équipes sacerdotales
  • Famille égalitaire
  • Manifestations
  • Milieux sociologiques informels
  • Parlements
  • Pédagogie non-directive
  • Recyclages professionnels
  • Séminaires de prêtres
  • Syndicats
  • Synode, conciles, symposiums
  • Technique non-verbales
  • Technocratie
  • … etc.

 Les trois formes d’oppression

La clairvoyance sobre et concise de ce texte de Cochin, ainsi que sa reprise de la célèbre devise dont les mots clés ont été pris pour plan du début de notre étude, nous ont déterminé à le reproduire ici. Les mots soulignés le sont par nous.

Les trois formes d’oppression qui répondent aux trois états des sociétés de pensée ne sont pas un effet du tempérament des individus, un hasard, mais la condition de l’existence même de sociétés qui posent en principe la liberté absolue dans l’ordre intellectuel, moral et sensible.
  • Toute société de pensée est oppression intellectuelle par le fait même qu’elle dénonce en principe tout dogme comme une oppression. Car elle ne peut, sans cesser d’être, renoncer à toute unité d’opinion. Or une discipline intellectuelle sans objet qui lui réponde, sans idée, c’est la définition même de l’oppression intellectuelle.
  • Toute société d’égaux est privilège par le fait même qu’elle renonce en principe à toute distinction personnelle ; car elle ne peut se passer d’unité de direction. Or une direction sans responsabilité, le pouvoir sans autorité, c’est à dire l’obéissance sans respect, c’est la définition même de l’oppression morale.
  • Toute société de frères est lutte et haine par le fait qu’elle dénonce comme égoïste toute indépendance personnelle : car il faut bien qu’elle lie ses membres les uns aux autres, qu’elle maintienne une cohésion sociale. Et l’union sans amour c’est la définition même de la haine.

Augustin Cochin, Réflexion ( 1909 )

Notes

[1] St. Thomas De principiis Naturae, Des principes de la réalité naturelle.

Source: Vive Le Roy

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