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jeudi, 22 juillet 2010

Les massacres de septembre (IX)

Les responsabilités

Les massacres de septembre ne sont pas perpétrés par le peuple mais par un tout petit nombre

Ces paroles renfermaient un impudent mensonge, une injure gratuite envers le peuple de Paris et la nation tout entière.

Le forfait de septembre a été l’œuvre de quelques scélérats ; il n’a pas été celui du peuple. La France et Paris lui-même en sont innocents.

Ceux qui ont perpétré le crime ont voulu se décharger sur une foule anonyme, parlant irresponsable, de l’épouvantable fardeau. Le peuple a bon dos : il faut charger le peuple ! Multiplier le nombre des coupables, c’est réduire le crime en poussière, c’est le rendre impalpable et le dérober aux revendications de l’histoire. De là, cette explication que les journées de septembre sont dues à une effervescence populaire, à une sorte de rage du patriotisme parisien, surexcité par la prise de Verdun et l’entrée des Prussiens sur le territoire français.

Ce système, qui remonte à Robespierre et qui fut tout aussitôt propagé, comme un mot d’ordre, par les organisateurs des massacres, a été souvent reproduit de nos jours.

En présence des pièces officielles et des documents authentiques qui sont sortis de toutes parts dans ces derniers temps, il n’est plus discutable.

Tout d’abord, les massacres furent exécutés par un très petit nombre d’hommes :

  • trois cents au plus, selon Roch Marcandier, témoin oculaire ;
  • deux cents, d’après Louvet,
  • une centaine au dire de Brissot.
  • À la Conciergerie, à la Force, les tueurs n’étaient guère qu’une douzaine.

Les massacres sont prémédités et cautionnés par l’Assemblée et la Commune

Pendant cinq jours, ils accomplirent leur œuvre en toute paix, comme des journaliers leur travail, en face de l’Assemblée, de la Commune, du Comité de surveillance, d’un maire disposant de la force publique, d’une garde nationale de cinquante mille hommes !

Peu de jours avant les massacres, les administrateurs de police firent mettre en liberté un certain nombre de prisonniers auxquels s’intéressaient quelques-uns des meneurs.

  • Danton sauva Charles Lameth, plusieurs prêtres des écoles chrétiennes ;
  • Beaumarchais dut la vie à Manuel ;
  • l’abbé Béradier à Camille Desmoulins et à Robespierre, ses anciens élèves de Louis-le-Grand ;
  • Marat lui-même sauva plusieurs prisonniers.

Enfin, hier encore on pouvait voir aux archives de l’Hôtel-de-Ville et de la Préfecture de police des pièces d’une éloquence sinistre, d’un réalisme effrayant, attestant la préméditation de l’horrible trame : procès-verbaux, dépêches, ordres, arrêtés, factures des fournisseurs, quittances des bourreaux, registres d’écrou maculés de vin et de sang. La Commune de 1871 a fait disparaître ces traces matérielles de la complicité de la Commune de 1792 dans la boucherie de septembre.

Mais Dieu a permis que l’œuvre du pétrole fût impuissante à anéantir les preuves de l’accusation. Grâce à de patients chercheurs, les documents relatifs aux journées maudites ont été intégralement reproduits et livrés au public. L’histoire reste en pleine possession de la vérité : elle a le devoir de la redire.

Les vrais responsables du massacre : Marat et Danton

Or, la vérité, la voici :

  • La pensée des massacres commence par germer dans le cerveau de Marat. « La face et la main de Marat sont restées empreintes dans le suaire de septembre », a dit Edgard Quinet. Il conçut le drame dont le comité de surveillance ordonna la mise en scène avec une habileté supérieure, un art terrible, selon le mot des deux historiens révolutionnaires, Buchez et Roux.
  • Les premiers rôles sont remplis par Danton, Billaud-Varennes, Manuel, Panis et Sergent ; Santerre, le chef inactif de la garde nationale (un rôle muet). Robespierre ne paraît pas sur la scène, mais ses yeux de chat-tigre luisent au fond de la coulisse.
  • Le ministre de l’intérieur et le maire de Paris, Roland et Pétion, se confinent dans l’emploi des Jocrisse.
  • Nous négligeons les comparses et les machinistes.

En résumé, tout fut arrêté d’avance dans le crime de septembre, tout fut prémédité :

  • le triage des prisonniers,
  • la désignation des victimes réservées à la mort,
  • le choix des ouvriers,
  • la fixation de leur salaire.

La Commune ne mit pas le travail des massacres aux enchères de la fureur publique ; elle l’exécuta en régie administrative. C’était plus expéditif et plus sûr.

Le sang qu’elle fit jaillir coula longtemps. Le ruisseau de la rue Sainte-Marguerite, grossi de tous les affluents que lui fournissait chaque jour la guillotine, devint bientôt un large fleuve, le fleuve se fit torrent et le torrent finit par emporter la plupart des septembriseurs et l’horrible Commune elle-même, — les bourreaux après les victimes.

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roy

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