Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 14 juillet 2010

Les massacres de septembre (VI)

 Saint-Firmin, la Conciergerie, la Force, etc.

Pendant que l’on massacrait aux Carmes et à l’Abbaye, on tuait aussi à Saint-Firmin, à la Conciergerie, au Châtelet, à la Salpêtrière, aux Bernardins, à Bicêtre et à la Force.

Le massacre du petit séminaire de Saint-Firmin

Les bâtiments du petit séminaire de Saint-Firmin, devenus aujourd’hui la caserne de gendarmerie de la rue Saint-Victor, avaient reçu quatre-vingt-treize prêtres insermentés dans le courant du mois d’août. La section du Jardin-des-Plantes (dite des Sans-Culottes) présida à leur exécution. Le grotesque Henriot commanda le massacre.

Soixante-dix-neuf prêtres furent frappés, précipités des fenêtres et achevés dans la rue. Une femme, qu’on appelait la Tueuse et dont le véritable nom était Marie-Anne-Gabrielle, femme Vincent, abattit d’un coup de bûche l’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. « Cet infortuné, dit un témoin, tomba à genoux et, joignant les mains, s’inclina la face contre terre ; un dernier coup l’acheva. »

Le 26 mai 1871, une autre femme se rencontra avec un autre prêtre ; une tueuse de seize ans porta le coup de mort à Mgr Surat, vicaire général de Paris, qui lui disait : « Mademoiselle, n’aurez-vous pas pitié ! »

Les mêmes bourreaux et les mêmes victimes semblent se donner rendez-vous à toutes les étapes de la Révolution.

Le massacre de la Conciergerie

À la Conciergerie, la boucherie commença le 2 septembre, entre quatre et cinq heures du soir. Elle dura jusqu’au lendemain.

Une des premières victimes fut Luce de Montmorin, acquitté par le tribunal du 17 août.

Puis, vinrent sept officiers suisses transférés de l’Abbaye à la Conciergerie.

Enfin des détenus ordinaires, prisonniers obscurs, malfaiteurs vulgaires, condamnés ou simplement prévenus pour crimes ou délits de droit commun. Ils furent confondus avec les prisonniers politiques dans l’égalité du massacre. Peut-être se rencontra-t-il parmi eux quelque bon larron.

La Commune massacre aussi les vagabonds, prostituées et enfants en maison de correction

Les prisons du Châtelet, de la Salpêtrière, du cloître des Bernardins et de Bicêtre ne contenaient que des voleurs, des femmes de mauvaise vie, des aliénés, des pauvres, des vagabonds ; elles n’en furent pas moins déblayées par les travailleurs aux gages de la Commune.

Il entrait dans le plan des meneurs de simuler une insurrection générale attaquant toutes les prisons à la fois. Le massacre était organisé en vue des Suisses, des hommes de cour, des royalistes, des nobles et des prêtres : les malfaiteurs, les fous et les mendiants passèrent par-dessus le marché clans le traité conclu avec la mort.

À Bicêtre se trouvaient des enfants condamnés à quelques années de correction. Plusieurs d’entre eux avaient à peine atteint leur douzième année ! Ceux-là ne furent pas faciles à faire mourir.

Il nous en ont tué trente-trois, les malheureux ! racontait quarante ans plus tard à un historien des prisons de Paris, un vieux gardien du Bicêtre. Les assommeurs nous disaient, et d’ailleurs nous avons pu le voir par nous-mêmes, que ces pauvres enfants étaient bien plus difficiles à assommer que les hommes faits. Vous comprenez, à cet âge, la vie tient bien. Ils nous en ont tué trente-trois ! On en avait fait une montagne, là dans ce coin où l’on démolit, à votre droite. Le lendemain, quand il a fallu les enterrer, c’était un spectacle à fendre l’âme ! Il y eu avait un qui avait l’air de dormir comme un ange du bon Dieu ; mais les autres étaient horriblement mutilés.

La Commune préside le massacre de la prison de la Force

L’action plus ou moins directe, plus ou moins cachée de la Commune se fit sentir dans tous les massacres que nous venons de rappeler. À la Force, elle s’exerça publiquement et comme au grand jour.

Entre cette dernière prison et l’Hôtel-de-Ville, les allées et venues furent continuelles, dans les journées des 2 et 3 septembre. Des délégués de l’horrible cénacle y apparurent revêtus de l’écharpe municipale et vinrent y parler en maîtres. On voit successivement Hébert, Moneuse, Rossignol, Luillier, Chépy occuper le fauteuil du simulacre de tribunal qu’on installa à la Force, comme à l’Abbaye, comme aux Carmes.

Cent soixante-neuf victimes y furent frappées et quelques-unes, M. de Rulhières, Baudin de la Chesnaye, avec d’épouvantables raffinements.

Hébert fit mettre en liberté plusieurs dames de la cour : Mmes de Tourzel, de Mackau, de Navarre, de Sainte-Brisse, etc. Ce Tibère de bas étage aimait encore plus l’argent que le sang ; ses fureurs révolutionnaires s’apaisaient à la vue d’une bourse bien garnie.

Il désirait également, assure-t-on, sauver la princesse de Lamballe. Le duc de Penthièvre, beau-père de la princesse, avait mis cent mille écus à la disposition d’agents secrets dans le but de racheter les jours de sa belle-fille. Mais tous les efforts furent impuissants à préserver cette tête charmante du fer des assassins. Mme de Lamballe avait contre elle son rang, sa beauté, sa vertu et la tendre affection de Marie-Antoinette. C’était plus qu’il n’en fallait pour mourir en septembre 1792 !

Georges de Cadoudal

Source: Vive Le Roi

Les commentaires sont fermés.