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vendredi, 02 juillet 2010

Les massacres de septembre (I)

Fin Août 1792, l’Assemblée législative souhaite dissoudre la Commune de Paris tant ses excès l’exaspèrent. C’est compter sans les F Danton et Marat qui en ont besoin comme instrument de terreur pour poursuivre la Révolution. Ainsi Danton lui obtient-il encore plus de pouvoir grâce à un argument promis à un bel avenir : « la Patrie est en danger. » Alors le cauchemar se réalise : on abolit toutes les libertés, on encourage la délation, on arrête les suspects ; puis dans d’effroyables conditions, on massacre les prisonniers : des prêtres surtout, des gentilshommes, des soldats, de simples suspects de sympathies royalistes, mais aussi des enfants en rééducation, des mendiants et même des prostituées.

Les suites du dix août

La journée du 10 août ne renversa pas seulement la royauté, elle porta un coup mortel à l’Assemblée législative ; elle dispersa, en un seul jour, les forces sociales rassemblées pendant des siècles ; elle ne laissa debout qu’un pouvoir : la Commune.

Alors s’organisa le plus effroyable despotisme.

La démagogie, une démagogie sans précédents dans l’histoire, étendit sur Paris son sceptre de fer. Le règne de l’Épouvante s’inaugura. La France tout entière se mit à frissonner à la vue du Géryon révolutionnaire qui dressait ses trois têtes monstrueuses : Marat, Robespierre et Danton.

La Commune organise la Terreur

Ayant à sa disposition l’armée, la police et les clubs, la Commune se sentit maîtresse de la situation et comprit qu’elle pouvait tout oser.

  • Elle commence par organiser tout une armée d’espions et de délateurs ; puis,
  • elle décrète l’arrestation des suspects, des publicistes royalistes ;
  • elle rend les femmes et les enfants responsables des actes de leurs époux et de leurs frères.
  • Elle frappe d’incapacité civique les signataires des protestations contre le 20 juin, contre le camp des vingt mille.
  • Elle supprime le droit de pétition, la liberté de la défense, la liberté de la presse, la liberté de conscience.
  • Elle viole le secret des lettres ; fait fermer les barrières, suspendre les passeports.
  • Elle abolit les qualifications de monsieur, de madame, pour y substituer celles de citoyen et de citoyenne.
  • Elle abat les statues de Louis XIV, de Henri IV ; brise les bustes de Necker, de la Fayette, de Bailly ; ordonne la démolition des portes Saint-Denis et Saint-Martin (ces dernières furent heureusement préservées grâce à l’intervention du littérateurs Dussault) ; sous prétexte de faire disparaître tous les signes de féodalité, elle mutile les monuments publics, les livres, les manuscrits précieux ;
  • elle gaspille les richesses artistiques.

L’Assemblée “ arme ” la Commune

Pendant ce temps, que faisait l’Assemblée ?

  • Elle élaborait une loi de police générale, dont le but était de transférer la police politique aux municipalités révolutionnaires, et qui allait devenir un puissant moyen de terreur entre les mains de la Commune.
  • Elle décrétait la formation d’une cour martiale pour juger les auteurs « des crimes du 10 août », c’est-à-dire les soldats qui, en défendant la royauté contre l’émeute, n’avaient fait qu’obéir à la voix du devoir et de l’honneur.

La Commune obtient l’instauration d’un tribunal révolutionnaire

Mais cette cour martiale, limitée aux faits militaires, ne pouvait convenir aux dictateurs de l’Hôtel-de-Ville. Il leur fallait un tribunal extraordinaire revêtu de pouvoirs généraux, illimités, instrument docile de leurs fureurs et de leurs vengeances, une véritable chambre ardente, un tribunal d’assassins.

Pour l’obtenir, la Commune emploie contre l’Assemblée les moyens d’intimidation révolutionnaire qui lui avaient déjà si bien réussi au 10 août ; elle pousse si loin l’insolence de la menace qu’elle arrive à soulever l’indignation des montagnards et des jacobins les plus effrontés, tels que Choudieu et Thuriot.

Cependant la Commune l’emporte et le tribunal du 17 août est institué. Tous ses membres, juges, accusateurs publics, directeurs du jury, greffiers, étaient électifs et devaient décider en dernier ressort.

  • Plus de recours en cassation,
  • plus d’interrogatoire préalable,
  • plus de délai entre l’arrêt de mort et l’exécution ;
  • toutes ces formalités, suprêmes garanties des accusés, consacrées par les législations criminelles de tous les peuples civilisés, sont mises à néant comme de funestes entraves à la célérité de la justice nationale.

Le Tribunal révolutionnaire commence son œuvre de mort

Aussitôt installé, le nouveau tribunal fonctionne. La guillotine est dressée en permanence sur la place du Carrousel.

Le 21 août, à dix heures du soir, elle fait tomber, à la lueur des flambeaux, la tête d’un pauvre maître d’écriture, Collenot d’Anglemont, accusé d’embauchage pour le compte de la Cour.

Le 23, l’intendant de la liste civile, Laporte, expie le crime irrémissible de s’être montré comptable intègre et serviteur fidèle.

Le 25, à neuf heures du soir, DuRozoy, rédacteur de la Gazette de Paris, gravit les marches de l’échafaud en s’écriant : “ Un royaliste comme moi devait mourir le jour de la Saint-Louis !

Mais la machine de mort n’allait pas assez vite au gré des assassins. Il fallait terrifier l’opinion par des coups sans cesse répétés. Une seconde guillotine est installée sur la place de Grève.

Un soir, le bourreau, saisi d’effroi en montrant au peuple la tête d’un supplicié, tombe roide mort sur le pavé.

Une réaction se manifeste dans l’esprit public à la vue de tout ce sang ; elle gagne jusqu’aux juges et jurés. Aux sentences capitales succèdent plusieurs acquittements : D’Affry, colonel des Suisses, Dossonville, officier de paix, sont mis en liberté ; mais la sentence d’absolution dont Luce et Armand de Montmorin sont l’objet est accueillie par les hurlements des séides de la Commune : sous la pression de leurs menaces, le président est contraint de faire reconduire le premier à la Conciergerie, le second à l’Abbaye. Les égorgeurs de septembre allaient bientôt les y retrouver.

Danton sauve la Commune et son Tribunal

Cependant, l’Assemblée législative supportait impatiemment l’usurpation de l’Hôtel-de-Ville. Se sentant appuyés par l’opinion publique, les députés songeaient à demander compte aux dictateurs des pouvoirs dont ils usaient si abominablement et de l’argent qu’ils avaient manié.

Un décret était préparé, prononçant la dissolution de la Commune insurrectionnelle. Celle-ci comprit que, si elle était discutée, elle était perdue.

Un seul homme pouvait la sauver : Danton. Il lui appartenait corps et âme ; il assistait à toutes ses délibérations ; il s’inspirait de son esprit ; il lui soufflait ses propres fureurs. C’est lui, aidé de Marat, qui avait divisé le corps municipal en comités distincts placés sous la haute direction d’un comité de surveillance générale, sinistre embryon du Comité de salut public, dont le seul nom était une terreur et faisait pâlir les plus intrépides. Son autorité de ministre était doublée par l’influence révolutionnaire que lui donnait le Comité de surveillance. Entre ses mains, le glaive de la loi était un poignard, la justice un crime. Il avait un pied dans la légalité, un autre dans l’insurrection. De là une double et formidable puissance.

Les victoires prussiennes à la frontière parurent à Danton une occasion favorable pour détourner de la Commune le coup qui la menaçait. En surexcitant le patriotisme des députés, il espérait concentrer toute leur attention sur les périls extérieurs de la France et opérer ainsi une diversion favorable à ses complices et à ses propres desseins.

Source: Vive Le Roy

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