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jeudi, 01 juillet 2010

Du gouvernement représentatif (VI)

Conclusion sur la monarchie de Louis-Philippe

On peut voir à présent pourquoi l’opposition est inévitable dans le gouvernement représentatif tel qu’il est établi parmi nous.

La charte met en présence dans les élections les partisans de deux systèmes, d’unité et de pluralité, dont nous avons parlé, c’est-à-dire de monarchie et de démocratie, et le gouvernement lui-même est composé de ces deux systèmes et n’est qu’une monarchie démocratique ou une démocratie royale.

La guerre est donc inévitable entre deux systèmes ennemis aussi rapprochés. Celui qui a dit qu’il fallait en France une monarchie entourée d’institutions républicaines a dit une sottise s’il a entendu autre chose que ce qui existait en France avant la révolution de 89.

Or en France la constitution était très monarchique et l’administration dans les pays d’États même avec leurs comtes et leurs barons était démocratique [13]. Elle avait tous les avantages de la démocratie pour l’assiette et la répartition des impôts et le règlement des affaires intérieures, elle en avait quelquefois aussi les vices et la turbulence mais cette turbulence était contenue par la force de la constitution monarchique, le fond de la société restait calme, et il n’y avait d’agitation qu’à la surface. Après quelques explications ou quelques concessions de part et d’autre, tout rentrait dans l’ordre accoutumé.

Constitution monarchique, administration démocratique, c’est ainsi seulement que ces deux systèmes peuvent sympathiser et de cette manière, la démocratie sert à la monarchie sans en être esclave, et lui prête son secours sans l’affaiblir.

Notes

[13] Cette idée est développée par A. de Tocqueville dans L’Ancien Régime et la Révolution qui contient in fine une apologie des États de Languedoc, exemple de décentralisation et de l’effet de « cette liberté qui emplit le Moyen-âge de ses œuvres. »

Source: Vive Le Roy

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