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lundi, 28 juin 2010

Du gouvernement représentatif (V)

Conséquences de la démocratisation de la France

Conséquences religieuses de la démocratisation

Le système religieux ne pouvait que participer à sa manière à cette combinaison politique. La religion catholique comme trop monarchique a cessé d’être la religion de l’État. La tolérance des cultes tant promise n’a été pour elle que la persécution, quelquefois violente et le plus souvent une perfide et dérisoire protection ; si l’on n’a pas osé encore lui refuser des aliments après l’avoir dépouillée de ses propriétés, on les lui a donnés comme l’aumône qu’on jette au mendiant et qu’on laisse à la porte.

La religion rivale n’a éprouvé au contraire que faveur et préférence et n’a souffert ni dans ses ministres, ni dans leurs traitements (sic) ni dans les objets matériels de son culte [10].

Ainsi voilà une nation avec deux ou plutôt une infinité de religions, car le protestantisme avec ses variations innombrables partout où il est introduit se divise comme en Angleterre, en Hollande et aux États-Unis, en une infinité de sectes ; mais avoir deux politiques ou une infinité de religions, c’est proprement n’avoir ni constitution politique, ni constitution religieuse ; reste la morale qui est le plus fort lien entre les hommes en société quand elle est appuyée sur une sanction religieuse et j’entends ici par morale, ce que nous nous devons d’estime, d’affection, de secours mutuels, de bienveillance, de support, d’amour du prochain en un mot, pour parler comme la religion.

Mais comment tous ces sentiments qui font le lien et le charme de la société, pourraient-ils résister à l’influence de ce vaste système d’élections qui met périodiquement en présence toutes les ambitions et les fait lutter entre elles d’intrigues, de calomnies, de détractions, de vengeances, et brise ainsi tous les liens de parenté, d’amitié, de bon voisinage ?

Conséquences culturelles et matérielles de la démocratisation

Je ne parle pas de la littérature, expression la plus générale de la société et autrefois une des plus précieuses propriétés de notre belle France. Il ne serait pas difficile de faire voir qu’elle est divisée comme la société et qu’il y a deux littératures comme il y a deux constitutions :

  • une littérature classique qui respecte la langue et les préceptes du goût consacrés par l’autorité des écrivains et des poètes les plus célèbres de l’Antiquité ou des temps modernes,
  • une littérature décente qui peint les passions sans alarmer la pudeur et raconte le crime sans provoquer à le commettre, et une littérature appelée romantique [11] qui s’affranchit de toutes les règles même les plus autorisées, brave la langue et les mœurs, ne vit que d’émotions voluptueuses ou violentes, et se croit libre quand elle n’est que sauvage.

On ne trouverait pas une autre nation civilisée dans un état moral politique et littéraire semblable au nôtre, et si l’on y ajoute son état matériel, la ruine du commerce, de l’industrie, du travail, la misère enfin et l’excès des impôts, on reconnaîtra que tous les fléaux de la colère céleste conjurés contre nous, la peste, la guerre et la famine n’auraient pas pu faire à la France le mal que lui ont fait de faux systèmes religieux, politiques, littéraires, mis en pratique par des Français, nos compatriotes, nos frères, enfants de notre commune patrie.

La division des pouvoirs entraîne la division et la ruine du pays

Ce qui a séduit nos politiques et Montesquieu lui-même dans la constitution anglaise qu’ils ont imitée ou plutôt contrefaite, est cette combinaison artificielle de trois pouvoirs, un royal, un populaire, un troisième tenant au trône par sa dignité et au peuple par sa forme collective, placé entre les deux pour défendre l’un contre les empiètements de l’autre, sans faire attention qu’un de ces pouvoirs pouvait empiéter sur les deux autres ou deux sur le troisième.

Cependant, l’expérience des désordres qu’entraîne ce gouvernement indécis n’est pas tout à fait perdue et les organes du libéralisme lui-même s’éclairent en avançant. La Tribune se moque

du système si vanté de l’équilibre des pouvoirs, des contrepoids dans le pouvoir et la volonté (générale ?) sont une chose absurde. Tout pouvoir par cela seul qu’il est pouvoir doit être unitaire. La pondération des pouvoirs n’est qu’un jeu d’esprit et une belle conception théorique mais sans réalisation positive et sans application possible.

L’auteur de cet écrit n’a jamais dit autre chose ; mais l’unité du pouvoir ou l’unité morale ne peut exister avec la pluralité des opinions et des volontés.

On a voulu la division du pouvoir et le pouvoir divisé divise les esprits, les intérêts, les opinions, les familles, divise tout et détruit toute union en détruisant toute unité. À peine trouverait-on aujourd’hui une famille où il y ait unanimité de sentiments sur les mêmes idées et les mêmes objets. C’est un état de mort pour la société et de malheur pour les particuliers.

Cette situation est telle que l’on peut dire avec M. de Pradt [12] que

quand on évoquerait de leurs tombeaux les hommes d’État les plus habiles qui ayent paru en Europe, ils seraient impuissants à gouverner la société telle qu’on nous l’a faite.

Notes

[10] Plusieurs textes inédits ou brochures publiés par Bonald sous la Restauration traitent de problèmes religieux ; figurent dans ses papiers Sur les affaires ecclésiastiques (1816), De la guerre déclarée à la religion catholique (30 p. cahier, 1833), De la papauté (8 p. cahier, postérieur à 1830). Voir J. Bastier, Les manuscrits inédits L. de Bonald, Ann. hist. de la Révol. fr. 1979, p.323.

[11] L’étude de la littérature est développée par Bonald dans le grand manuscrit inédit Du pouvoir et des devoirs dans la société, 340 p. in 4° que nous publierons prochainement. Bonald critique le romantisme mais il aimait W. Scott, Les fiancés de Manzoni et Lamartine était son ami.

[12] Organe républicain, La Tribune des départements (8 juin 1829-11 mai 1835) comptait A. Marrast parmi ses dirigeants. En 1835, La Tribune se vantait de ses 154 procès et de ses 347 555 F d’amende. Mgr de Pradt (1759-1837) député de 1827 à 1828, de l’opposition libérale, dont les écrits connurent un vif succès sous la Restauration. Les quatre concordats (1818-1820), L’Europe après le congrès d’Aix-La-Chapelle (1819), La France, l’émigration et les colonies (1826), Du jésuitisme ancien et moderne (1825), De la Presse et du Journalisme (1832) etc. Voir Dictionnaire des parlementaires… t.5, p.40-41.

Source: Vive Le Roy

dimanche, 27 juin 2010

Du gouvernement représentatif (IV)

À la recherche d’un nouveau modèle politique

Mais nos beaux esprits ne veulent pas de la monarchie parce qu’il y a trop d’ordre, que tout y est trop bien réglé et qu’avec ses institutions héréditaires, elle laisse moins de chances aux prétentions, à l’ambition, à l’impatience des passions.

La démocratie serait plus de leur goût, mais les plus habiles ne croyent pas possible de l’affermir comme gouvernement dans un grand État continental. Et il faut convenir que l’essai que nous en avons fait sous la Convention n’était pas propre à les faire changer de sentiment !

Le modèle des États-Unis d’Amérique

L’exemple des États-Unis d’Amérique ne pouvait être applicable à la France. Ces États divisés en un grand nombre de républiques indépendantes unies par un lien fédératif assez faible, et qui ont presque toutes des constitutions ou plutôt des institutions, moins politiques que municipales, différentes et isolées du reste du monde ; livrées entièrement au commerce et encore dans la crise de leur agrandissement, n’ont à combattre que des sauvages, en attendant que, parvenues au terme de leur accroissement, elles se combattent entre elles. Et déjà la guerre a commencé.

Le modèle des républiques anciennes avec leur esclavage

L’exemple des républiques anciennes ne pouvait pas non plus servir aux partisans de la démocratie, pas même celui de Rome, seule république dont on puisse comparer la puissance et l’étendue à celle de la France, car outre que nous ne voulons plus de cette aristocratie héréditaire qui a si longtemps défendu la république romaine contre la turbulence de la démocratie, comme elle en a défendu Venise et comme elle en défend encore la république d’Angleterre.

Une raison qui n’a pas été assez aperçue oppose un obstacle invincible à l’existence de la république dans un État tel que la France : c’est que le pouvoir public a trop d’hommes à gouverner et plus que n’en ont jamais eu les républiques anciennes et Rome elle-même qui n’était réellement république que dans sa capitale car, comme dit Montesquieu « la liberté était au centre et la tyrannie aux extrémités » et il en sera toujours ainsi dans un grand État républicain, et c’est cet État que nous appelons en France la centralisation.

Dans les républiques, il n’y avait à gouverner par la puissance publique que des citoyens, des bourgeois, le Tiers État si l’on veut, parce que les serviteurs, les artisans, les ouvriers, partie si nombreuse de nos populations et si turbulente, qui en est non le peuple mais la populace ; « non populus sed plebs » dit Cicéron, était toute esclave, toute entière gouvernée par le pouvoir despotique des maîtres et hors de l’action du pouvoir public qui ne s’occupait d’elle que pour la tuer quand elle se révoltait.

La république n’était possible chez les paysans qu’avec l’esclavage, et elle est incompatible chez les chrétiens avec la liberté. C’est pourquoi il a fallu dans les temps modernes la déguiser sous une apparence de monarchie, avec un doge, un président, même avec un roi, comme en Pologne et en Angleterre.

Bossuet avec sa haute raison, après avoir parlé des institutions démocratiques d’Athènes, ajoute « enfin la Grèce en était charmée » elles amusaient un peuple enfant [9].

L’essai de synthèse monarchie/république de la Monarchie de Juillet

Il a donc fallu chercher une autre combinaison de constitution politique, une constitution qui ne fût, au moins de nom, ni monarchie, ni république, et comme c’est une maladie épidémique particulière à ce siècle que la fureur de régner, ne pouvant guérir le mal, on a trompé le malade et on a décrété en principe la souveraineté du peuple ou de tout le monde.

C’est sur ce fondement que nos modernes publicistes ont élevé leur gouvernement représentatif, car lorsque la politique a perdu de vue les principes, elle fait des expériences et tente des découvertes.

Ils ont donc essayé leur gouvernement qui n’a, comme nous l’avons dit, aucune analogie avec l’Angleterre trop aristocratique, ni avec les États-Unis, trop démocratiques, et parce qu’ils avaient deux peuples à gouverner, le peuple de l’unité et celui de la pluralité, le peuple catholique et le peuple protestant, de naissance ou de système, de religion ou de politique ; ils ont donné à l’un incomparablement plus nombreux une fiction de monarchie, et à l’autre petite fraction du peuple mais la plus chérie, la réalité de la démocratie et depuis que la France est ainsi constituée, elle a pu apprécier les avantages de cette forme de gouvernement, démocratie royale, véritable république et même comme l’a appelée le plus entêté de ses partisans, la meilleure des républiques : et qui n’est au fond ni monarchie, ni république.

Notes

[9] Bonald emploie souvent le terme de « peuple enfant » parlant des Égyptiens ou des Grecs et se réfère à la notion de perfection d’une langue issue de la Grammaire générale et raisonnée rédigée à Port-Royal par Arnault et Lancelot (1660), reprise par le Traité des langues de Frain du Tremblay ( 1703) et l’article LANGUE de l’Encyclopédie.

Source: Vive Le Roy

jeudi, 24 juin 2010

Du gouvernement représentatif (III)

De l’origine protestante du gouvernement représentatif

Par quelle combinaison de l’esprit, par quel enchaînement de circonstances, nos modernes politiques ont-ils été conduits à préférer le gouvernement représentatif et à se passionner pour cette forme de gouvernement avec un entêtement qui ressemble au plus ardent fanatisme ?

Il faut ici remonter à une cause générale qui a jeté dans la société de profondes racines.

Ce qui fait des peuples différents, ce sont les dogmes religieux

Un honorable député, M. Duvergier de Hauranne [7], disait naguère à la chambre élective qu’il y avait dix peuples différents en Italie, vingt en Allemagne et trois en Angleterre.

C’est, ce me semble, une erreur. Ce qui fait des peuples différents ne sont ni les mœurs, ni les coutumes, ni les climats, ni même les idiomes, ce sont les dogmes religieux, et comme la morale fait les individus ce qu’ils sont, et différents les uns des autres, ce sont les dogmes qui font les peuples différents ; vérité politique de la plus haute importance et trop méconnue.

Les deux peuples d’Europe : les catholiques ou peuple monarchique, et les réformés ou peuple démocratique

Sous ce rapport, il n’y a réellement en Europe que deux peuples, les catholiques et les réformés ou protestants et dans ces derniers je comprends les nombreuses sectes sorties de la Réforme et même les mahométans dont les dogmes se rapprochent de ceux des protestants, suivant la remarque de Leibniz [8], de M. de Maistre et de bien d’autres, et qui sont des déistes grossiers et matériels comme les réformés sont des déistes subtils et raisonneurs.

Il y donc deux peuples en Europe,

  • les peuples de l’unité religieuse et de l’autorité, et
  • les peuples de la pluralité et du sens privé ;

et comme les dogmes religieux se formulent, pour me servir de l’expression à la mode, dans des dogmes politiques, il y a un peuple monarchique et un peuple démocratique, et il n’y en pas d’autres, et c’est la différence de ces deux peuples, cause unique de leurs divisions, qui depuis trois siècles ensanglante l’Europe.

Il s’ensuit donc qu’il n’y a de possible en constitutions politiques, que la monarchie et la démocratie, le pouvoir d’un ou celui de plusieurs. Si toutefois on peut appeler la démocratie une constitution et faire ainsi d’une maladie le tempérament du corps social, c’est-à-dire un état de force et de santé.

Notes

[7] Il s’agit de Jean-Marie Duvergier de Hauranne (1771-1831) député de 1815 à 1824 et de 1830 à 1831. Il fit partie de la minorité de la chambre introuvable dont une fraction était ministérielle et siégea avec cette fraction au côte du centre qui se rapprochait de la droite, « sans se montrer, dit un biographe, plus favorable aux vœux des ultra-royalistes qu’à ceux des libéraux ». Voir Dictionnaire des parlementaires français, sous la dir. de A. Robert, E. Bourloton, G. Gougny, Paris, 1891, t.2, p.543-544.

[8] Sur l’influence de Leibniz sur Bonald, voir J. Bastier, Linguistique… art. cité, p.543 et 557

Source: Vive Le Roy

Les parlementaires du Conseil de l'Europe demandent à la Suisse d'abroger l'interdiction de construire des minarets

Minarets: abrogation de l'interdiction ?

Afp 23/06/2010 | Mise à jour : 13:53

Les parlementaires du Conseil de l'Europe ont demandé aujourd'hui à la Suisse d'abroger l'interdiction de construire des minarets, ... qui discriminerait des Musulmans dans la Confédération.

A l'issue d'un débat sur "l'Islam, l'islamisme et l'islamophobie en Europe" l'Assemblée parlementaire (APCE) a demandé à la Confédération "d'adopter un moratoire sur son interdiction générale de construction des minarets car elle discrimine des communautés musulmanes".

Les Suisses
avaient approuvé le 29 novembre dernier à 57,5% une réforme de la Constitution helvétique interdisant la construction de nouveaux minarets, soulevant un tollé dans le monde, et notamment dans les pays musulmans.

Une association musulmane avait déposé plainte pour discrimination devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui n'a pas encore pris position.

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/23/97001-20100623FILWWW00500-minarets-abrogation-de-l-interdiction.php

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mercredi, 23 juin 2010

Du gouvernement représentatif (II)

Différences entre monarchie royale et monarchie populaire

Cherchons donc ailleurs que dans les distinctions qui ne sont que des étiquettes, les différences, ou comme on dit aujourd’hui les spécialités qui caractérisent les deux systèmes de gouvernement, la monarchie royale et la monarchie populaire.

  • Dans le premier système, la monarchie royale, le pouvoir est conseillé, dans le second, il est combattu ;
  • dans l’un, il est regardé comme un père, ou du moins comme un protecteur, dans l’autre comme un ennemi.
  • Pour l’un, on dit : le roi en son conseil [3], a ordonné, etc. pour l’autre, on devrait dire : le roi, malgré l’opposition, ordonne, etc. etc.

Dans la monarchie royale, le pouvoir est conseillé

Ainsi dans l’ancienne France, le roi gouvernait en son conseil, ou en ses conseils, Conseil d’État, Conseil privé, Conseil des finances, de commerce, Grand conseil, etc. et même les remontrances des cours souveraines et les doléances des états généraux n’étaient au fond que des conseils, mais des conseils d’autant plus imposants qu’ils étaient donnés par des corps puissants et indépendants.

Ces conseils, il est vrai, pouvaient n’être toujours ni bons ni sages, et le roi aussi pouvait même ne pas suivre les meilleurs. Mais l’expérience, ce grand maître des affaires humaines, ne tardait pas à redresser le roi et ses conseils, s’ils s’étaient trompés : des lois fausses, imprudentes, prématurées, tombaient bientôt en désuétude, la raison publique, qui est autre chose que ce que nous appelons l’opinion publique, la raison publique alors si puissante en France et si éclairée en faisant tôt ou tard justice et l’histoire de notre législation en offre de nombreux exemples ; mais comme la loi était née sans combat, elle disparaissait sans bruit et les seules lois sages survivaient aux rois et à leurs conseils.

Si la France, dit Montesquieu, a prospéré de règne en règne, elle le doit à la bonté de ses lois et non à la fortune qui n’a pas ces sortes de constances.

Dans la monarchie populaire, le pouvoir est combattu par l’opposition

Dans la monarchie populaire ou constitutionnelle telle qu’on l’essaye en France et qu’on voudrait l’établir partout, le pouvoir a toujours à lutter contre une opposition, et tandis que dans la monarchie royale, les conseils étaient donnés par des corps constitués et même par des corps de magistrature, dans la monarchie populaire et mixte de démocratie, l’opposition est faite par tout individu qui parle ou qui écrit, et l’opposition des journaux est bien plus violente que celle même des chambres.

En effet toutes les oppositions trouvent place à la faveur de l’opposition constitutionnelle et sous son drapeau : et si quelques députés consciencieux font une opposition de bonne foi aux mesures du gouvernement qu’ils croyent dangereuses, d’autres font au gouvernement lui-même une opposition d’humeur, de jalousie, d’ambition, de vengeance, de mécontentement. Opposition sans conscience et sans bonne foi parce qu’elle est sans motifs légitimes et qui contrarie tous les efforts d’un gouvernement pour faire le bien.

« Le gouvernement représentatif, a dit le Journal des débats, est un gouvernement d’ambition. »

Deux chambres, l’une héréditaire ou viagère, au choix du roi, l’autre élective nommée par une petite fraction du peuple, toutes deux armées d’un pouvoir législatif égal de droit, trop souvent supérieur de fait à celui du roi, discutant chacune à part les lois proposées, les adoptant, les rejetant, les modifiant et les proposant si elles les approuvent à la sanction du roi : sanction qu’elles peuvent déterminer par leur accord, par leur résistance, quelquefois par l’intervention du peuple qu’elles font parler et qu’elles peuvent faire agir. [ … [4] ]

L’opposition est donc un étai mis à un édifice bâti hors de son aplomb et l’erreur est de regarder un besoin comme une perfection et de prendre un remède pour un aliment.

Par nature, le système d’opposition exaspère les passions au dépens du bien commun

Cette opposition met aux prises sur un grand théâtre, et pour de grands intérêts, les esprits les plus différents, les caractères les plus opposés, les intérêts les plus contraires ; elle provoque, elle enflamme les passions les plus violentes, l’ambition, la cupidité, la jalousie, la haine, c’est un combat à mort entre des partis partagés en deux camps, ou l’orgueil du triomphe ou la honte de la défaite poussent trop souvent les hommes les plus sages hors de toutes les mesures.

Cette opposition dans une chambre populaire ne manque pas d’en appeler au peuple dont elle se prétend l’organe exclusif, et comme l’antée de la fable, elle puise de nouvelles forces en touchant le sein d’où elle est sortie, enfin elle reçoit un puissant renfort de la part des écrits périodiques toujours et partout au service de toutes les oppositions.

Le chancelier de l’Hôpital, Sully, d’Aguesseau, ont été de sages conseillers des rois, mais je ne crains pas de soutenir que quatre ou cinq cents personnages tels que l’Hôpital, Sully, ou d’Aguesseau réunis en assemblée délibérante seraient bientôt divisés en majorité et minorité et finiraient par faire une opposition où l’on pourrait ne plus reconnaître leur raison, ni peut-être leur vertu.

Un gouvernement sans cesse combattu peut-il exister avec sécurité, gouverner avec autorité, faire des lois avec indépendance ? Je ne le crois pas. Des contradictions personnelles et des différences d’opinions telles qu’il en existe partout entre les hommes et dans tout état de société ne sont pas des oppositions légales de pouvoirs : tout ministère nommé par un parti ou sous son influence, obligé de lutter sans fin et sans cesse contre le parti opposé, quelquefois contre ses propres amis devenus ses envieux et ses rivaux, en sera poursuivi jusqu’à ce qu’il soit renversé pour faire place à un autre qui ne sera pas plus heureux.

Les présomptueux qui se flattent d’être plus habiles à manier les ressorts si compliqués du gouvernement représentatif, sont bientôt détrompés et il suffit quelquefois d’une séance des chambres pour déconcerter les mesures les mieux combinées et ruiner l’influence la plus justement acquise.

Nous en faisons depuis quarante ans la triste expérience. Combien de ministres et de ministères ne se sont-ils pas succédés les uns aux autres seulement depuis 15 ans ? Ils n’ont pas manqué de capacité et on ne peut leur supposer l’intention d’avoir voulu faire le malheur de la France et cependant le système d’opposition a porté ses fruits. Elle s’est montrée à droite, à gauche, au centre, de tous les côtés, et après 40 ans d’oppositions, d’agitation et de législation, nous sommes moins avancés que le premier jour.

Le passé est plein de regrets, le présent d’inquiétude, l’avenir d’alarmes, et dans le sein même du corps législatif d’où il ne devrait sortir que des annonces de bonheur et de paix, des garanties de tranquillité, la France a été menacée de se voir arracher pour les nouveaux besoins qu’a créés la révolution, son dernier enfant et son dernier cru.

Les circonstances présentes ont révélé naguère le plus grand désordre qui puisse naître du système d’opposition et qui jusqu’à présent n’avait pas même paru possible. La chambre élective en deux partis égaux en nombre n’a plus présenté de point d’appui au ministère [5] ; cet état pourra se reproduire à mesure que les opinions se prononceront davantage et que le corps flottant dans la chambre se réunira à l’un ou l’autre extrême. Si ce partage égal se prolongeait, la société serait frappée de mort et tout gouvernement deviendrait impossible.

Dans le système d’opposition le sort de l’État est à la merci des particuliers

On n’a peut-être pas fait attention que dans cette forme de gouvernement, le sort de l’État est tout à fait dans les mains des particuliers.

Car, sans parler de l’accident qu’on vient de signaler, je veux dire le partage d’une chambre en deux parties égales qui rendent toute conclusion impossible, si l’on suppose que les électeurs refusent ou négligent de voter en nombre suffisant, que les éligibles refusent d’être nommés, choses dont on a vu tous les ans de fréquents exemples, la constitution ne donne et ne peut donner aucun moyen de les contraindre, la société échappe au mouvement et le sort de l’État est laissé à la merci des particuliers ; et je le demande, dans tout ce qui suppose plan, combinaison, conduite, ensemble de vues et d’action pour parvenir à un but raisonnable, est-ce par opposition ou par conseil

  • qu’une famille s’enrichit,
  • qu’un édifice se construit,
  • qu’une spéculation de commerce se combine,
  • qu’une armée se gouverne,
  • que de grands travaux s’exécutent et de grandes affaires se conduisent ?

Et ce sera uniquement pour gouverner la société la plus importante et la première de toutes les affaires humaines que l’on renoncera à la voye de conseil pour celle d’opposition ?

En résumé

Encore un mot, et ce mot résout la question.

  • Le gouvernement qui agit par voye de conseil est le gouvernement qui aime la paix et le conseil.
  • Le gouvernement qui appelle l’opposition est le gouvernement des passions qui veulent toujours s’opposer et toujours combattre.

« Tout royaume divisé contre lui-même, dit la suprême sagesse, sera désolé » et qu’est-ce qu’un royaume divisé en lui-même sinon celui où le pouvoir est divisé et divise par conséquent la société en plusieurs partis qui font comme autant de sociétés ?

Laissons donc ces mots vagues et mal définis de pouvoir absolu et de droit divin, et mettons à la place pouvoir indépendant, indépendant dans sa volonté et son action, en un mot dans son exercice, des hommes sur lesquels il doit agir ; car dit Kant [6], s’il dépendait de quelqu’un ou de quelques-uns, celui ou ceux de qui il dépendrait seraient le véritable pouvoir et non pas lui ; il doit être indépendant, je le répète, car un pouvoir dépendant n’est pas un pouvoir.

Notes

[3] Dans tous ses écrits inédits, Bonald a fort bien perçu l’esprit de l’Ancien Régime. Voir J. Bastier, Écrits inédits de L. de Bonald sur le Légitimisme, Ann. univ. Jean-Moulin-Lyon III, 1977.

[4] Ainsi l’opposition entre… (texte inachevé… en marge : une croix et trois points) et aussi pour contenir les ministres que leur responsabilité rend (sauf l’accusation si rare et le châtiment qui l’est encore plus) à peu près indépendans (sic) du roi et même des chambres.

[5] Rappelons que jusqu’à la dissolution de juillet 1831, le gouvernement, la chambre des députés et la vie politique furent déséquilibrés par la division entre les partis de la Résistance et du Mouvement.

[6] Dans la revue d’émigrés, Le spectateur du Nord, Bonald a lu les Notices littéraires sur E. Kant de Ch. de Villers. J. Bastier, Linguistique et politique dans la pensée de L. de Bonald, Revue des sciences philosophiques et théologiques, 1974, p.557.

Source: Vive Le Roy

Découverte à Rome des représentations les plus anciennes des apôtres


Les plus anciennes représentations des apôtres Pierre, Paul, Jean et André ont été découvertes à Rome dans les catacombes de sainte Thècle, un "caveau" situé à proximité de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

Cette découverte, révélée au bout de deux ans de recherches et annoncée l'an dernier par L'Osservatore Romano, a été présentée officiellement le 22 juin 2010 lors d'une conférence de presse présidée par Mgr Gianfranco Ravasi, président de la Commission pontificale d'archéologie sacrée et du Conseil pontifical pour la culture.

Les catacombes de sainte Thècle sont situées sur la via Ostiense, dans le sud de la ville de Rome, à 500 mètres de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

Les découvertes

Les représentations des apôtres ont été nettoyées au laser. C'est la première fois que cette technologie était utilisée par des restaurateurs dans un lieu aussi étroit et extrêmement humide.

Barbara Mizzei, responsable des travaux de restauration, a expliqué que cette découverte a été faite « à un moment particulier » où il n'y avait « aucune situation d'urgence ». Elle a expliqué que la couche de chaux qui couvrait les visages des apôtres « a été enlevée sans toucher à la pellicule picturale ». En effet, l'humidité a permis au laser de « toucher la couche comprimée de chaux » qui « se transformait et se vaporisait en provoquant une sorte de petite explosion qui entraînait le détachement ».

Contexte historique

Il semblerait que le cubiculum dans lequel ont été découvertes les représentations des apôtres ait servi de tombe à une femme apparemment noble, de l'aristocratie romaine, qui vécut à la fin du IVe siècle, à l'époque où l'on faisait à Rome les dernières tentatives pour défendre le paganisme, au temps de l'empereur Théodose.

Plusieurs dizaines d'années s'étaient écoulées depuis que l'empereur Constantin avait accepté le christianisme comme religion officielle de l'Empire [Ndlr. Edit de Milan, 313, qui donne la liberté de culte aux chrétiens]. C'était l'époque où la foi était arrivée aux niveaux les plus élevés de la hiérarchie de l'Empire romain. Les femmes pieuses et les vierges de l'aristocratie romaine promirent un culte aux martyrs et aux apôtres, à l'époque du pape Damase I (366-384).

Selon Mgr Ravasi, la présence des apôtres dans ce sépulcre « évoque une sorte de dévotion et de protectorat alternatif par rapport à celui des martyrs romains qui apparaissaient de toute façon dans les tombes des familles ».

Mgr Giovanni Carrú, secrétaire de la Commission pontificale d'archéologie sacrée a souligné que ces travaux « ont redonné aussi bien aux experts qu'aux visiteurs, un patrimoine iconographique très important pour reconstruire l'histoire de la communauté des chrétiens de Rome qui, à travers les peintures qui décorent leurs cimetières, expriment leur culture, leur civilisation et leur foi ».

La Commission pontificale d'archéologie sacrée fut instituée par le pape Pie IX en 1925. Elle se consacre à la conservation des catacombes chrétiennes, à la restauration des oeuvres et aux fouilles. Depuis une vingtaine d'années elle soutient un projet de récupération du patrimoine pictural conservé dans les catacombes.

L'activité de cet organisme du Vatican a contribué à récupérer et connaître en profondeur les catacombes chrétiennes d'Italie ainsi qu'à valoriser un patrimoine culturel et religieux qui témoigne de la vie du christianisme depuis ses origines.

Source: Christ Roi

mardi, 22 juin 2010

Du gouvernement représentatif (I)

Pour légitimer son usurpation de 1830, Louis-Philippe revendique une monarchie populaire par opposition à la traditionnelle monarchie royale. Bonald revient ici sur cette tentative de synthèse entre monarchie et démocratie, et montre combien l’abandon du régime de conseil pour le régime d’opposition est préjudiciable au bien commun. En effet, l’existence d’une opposition constitutionnelle, inhérente au gouvernement représentatif, rend celui-ci impotent tant elle excite l’ambition, exaspère les passions et pervertit jusqu’aux plus vertueux.

Sur les termes « gouvernement absolu de droit divin »

Les expressions de gouvernement absolu et de droit divin, de gouvernement représentatif ou constitutionnel, sont bien loin de donner une idée précise et complète des deux systèmes de monarchie qui partagent aujourd’hui les esprits.

Tous les gouvernements sont absolus

Tous les gouvernements sont absolus puisque tous veulent être obéis même quand ils ordonnent à tort et à travers, des visites domiciliaires, des arrestations illégales, des états de siège, des combats dans les rues, des détentions prolongées sans nécessité.

Les décrets des corps législatifs sont aussi obligatoires que les ordonnances des rois, et même pour les prescriptions qui pèsent le plus sur les peuples, comme les impôts, la conscription et le jury, plus rigoureusement exécutés ; et les gouvernements populaires sont non seulement absolus, mais arbitraires, arbitraire mal déguisé par des délibérations dont les résultats ne sont que l’opinion d’un très petit nombre de voix, quelquefois d’une seule.

Un gouvernement est de droit divin s’il est conforme aux lois naturelles voulues par Dieu

S’il est permis encore de parler de droit divin, après qu’il a été traité de mensonge historique par un orateur qui n’a pas été réfuté, M. Royer-Collard [1], tous les gouvernements sont dans un sens de droit divin, omnis potestas a Deo.

  • Soit que la providence les accorde aux peuples comme un bienfait, ou les leur impose comme un châtiment,
  • ils sont encore, ils sont surtout de droit divin lorsqu’ils sont conformes aux lois naturelles de l’ordre social dont le suprême législateur est l’auteur et le conservateur, et le pouvoir public ainsi considéré n’est pas plus ni autrement de droit divin que le pouvoir domestique.

Et les imposteurs qui disent, et les sots qui répètent que nous croyons telle ou telle famille, tel ou tel homme visiblement désigné par la providence pour régner sur un peuple [2] nous prêtent gratuitement une absurdité pour avoir le facile mérite de la combattre, et sous ce rapport, la famille des bourbons n’était pas plus de droit divin que celle des ottomans.

Dans la religion chrétienne, dit Bossuet, Histoire des variations, il n’y a aucun lien ni aucune race qu’on soit obligé de conserver à peine de laisser périr la religion et l’alliance.

Tous les gouvernements sont constitutionnels

Tous les gouvernements sont constitutionnels puisque dans tout État, grand ou petit, fort ou faible, le pouvoir est exercé sous certaines formes et suivant certaines lois écrites ou traditionnelles qui forment ce qu’on appelle sa constitution ; les sauvages eux-mêmes ont leurs coutumes qui leur tiennent lieu de lois, et l’on ne peut pas plus supposer un État sans constitution qu’un homme sans organisation et sans tempérament.

Tous les États sont représentatifs

Enfin tous les États sont représentatifs, puisqu’il y a dans tous des autorités tirées primitivement ou même encore tous les jours du sein du peuple, des magistrats, des guerriers, des administrateurs, des Ministres, des officiers publics qui représentent l’État au dehors à l’égard des gouvernements étrangers, et qui le représentent au dedans pour connaître, juger, servir, défendre les besoins et les intérêts des peuples.

Notes

[1] Bonald n’aimait pas son ancien collègue de la chambre des députés… sur son ennui, ses sarcasmes à l’égard des séances parlementaires, H. Moulinié, Lettres inédites du Vte de Bonald à Mme Victor de Sèze, Paris, 1915, p.80-81. Sur les conceptions de Royer-Collard, voir J. Barthélémy, L’introduction du régime parlementaire en France sous Louis XVIII et Charles X, Paris, 1904, p.22 et suiv.

[2] La pensée bonaldienne se sépare ici du providentialisme cher à J. de Maistre qui écrit : « Dieu fait les rois au pied de la lettre. Il prépare les races royales, il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ensuite couronnées de gloire et d’honneur ; elles se placent et voici le plus grand signe de leur légitimité ». (Principe générateur… Préface) voir F. Bayle, Les idées politiques de Joseph de Maistre, thèse droit, Lyon, 1944, p.36.

Source: Vive Le Roy

lundi, 21 juin 2010

La constitution intime de la loi, par saint Thomas d’AQUIN (IV)

La promulgation est-elle partie essentielle de la loi ? (Article 4)

Difficultés

1. Il semble que la promulgation ne soit pas une partie essentielle de la loi. Quelle est, en effet, la loi qui mérite le plus ce nom, sinon la loi naturelle ? Mais la loi naturelle ne comporte pas de promulgation. Il n’est donc pas essentiel à la loi d’être promulguée.

2. C’est un attribut propre de la loi que de porter l’obligation d’accomplir quelque chose ou au contraire de l’éviter. Or tous sont obligés de se soumettre à la loi, non seulement ceux qui sont présents à sa promulgation mais encore les autres. Par conséquent, la promulgation n’est pas essentielle à la loi.

3. Enfin l’obligation porte même sur l’avenir, puisque les «  lois imposent leur contrainte aux affaires futures » ainsi que s’exprime le Droit. Or la promulgation ne touche que les personnes présentes. Elle n’est donc pas essentielle à la loi.

Cependant, il est dit dans les Décrets, que « les lois sont établies, dès qu’elles sont promulguées ».

Conclusion

La loi, avons-nous dit, est imposée aux autres par manière de règle et de mesure .

La règle et la mesure s’imposent à l’instant où on les applique à ce qui est réglé et mesuré.

Aussi pour que la loi obtienne force obligatoire, ce qui est son attribut propre, il faut qu’elle soit appliquée aux sujets qui doivent être réglés par elle.

Précisément une telle application se réalise par le fait que la loi est portée à la connaissance des intéressés par sa promulgation même.

La promulgation est donc nécessaire pour que la loi obtienne sa pleine efficacité.

Des quatre articles qui précèdent, on peut résumer comme suit la définition de la loi :

Une ordonnance de raison en vue du bien commun établie et promulguée par celui qui a charge de la communauté.

Solutions

1. La promulgation de la loi naturelle existe par le fait même que Dieu l’a mise en la raison humaine de telle manière qu’elle soit connaissable naturellement.

2. Ceux devant qui la loi n’est pas immédiatement promulguée, sont soumis aux obligations qu’elle comporte dans la mesure où la connaissance des dispositions légales leur parvient par des intermédiaires, ou tout au moins peut leur parvenir, en raison même de la promulgation.

3. La promulgation porte ses effets jusque dans l’avenir, grâce à la fixité de l’écrit qui la maintient d’une certaine manière toujours actuelle. Aussi Isidore de Séville écrit-il : « La loi prend son étymologie du verbe “lire” parce qu’elle est écrite ».

 

Source: Vive Le Roy

vendredi, 18 juin 2010

La constitution intime de la loi, par saint Thomas d’AQUIN (III)

N’importe qui peut-il établir une loi ?(Article 3)

Difficultés

1. Il semble que la raison de n’importe qui puisse faire la loi ; l’Apôtre ne déclare-t-il pas que « les peuples qui n’ont pas de loi, quand ils accomplissent par instinct de nature ce qui fait l’objet de la loi, sont à eux-mêmes leur loi » ? Or ces paroles s’appliquent universellement à tous. Donc tout individu peut se faire à lui-même la loi.

2. De plus, le Philosophe remarque : «  Le but du législateur est d’amener l’homme à être vertueux ». Mais n’importe quel individu peut inciter son semblable à être vertueux. Donc la raison de tout homme est capable de faire une loi.

3. De même enfin, que le chef de la cité est son gouverneur, ainsi le père de famille l’est-il de sa maison. Or le chef de la cité légifère pour la cité. Donc tout père de famille peut faire la loi dans sa maison.

Cependant : Isidore de Séville écrit, dans les Étymologies, et son texte se retrouve dans les Décrets : « La loi est une constitution du peuple selon laquelle les nobles, de concert avec les plébéiens, ont sanctionné quelque décision. » Il n’appartient donc pas à tout le monde de faire une loi.

Conclusion

Rappelons-nous que la loi vise d’abord et principalement l’ordre en vue du bien commun. Établir un ordre en vue du bien commun, cela revient à la multitude tout entière ou à quelqu’un qui représente la multitude. C’est pourquoi le pouvoir de légiférer appartient à la multitude tout entière ou bien à un personnage officiel qui a la charge de la multitude. La raison en est qu’en tous les autres domaines, c’est toujours à celui dont la fin relève directement qu’il revient de tout ordonner en vue de cette fin.

Solutions

1. Il a été dit précédemment que la loi se rencontre en un sujet,

  • non seulement comme en celui qui pose la règle,
  • mais aussi, d’une manière participée, comme en celui qui est soumis à cette règle.

C’est de cette manière que chacun peut être sa loi, à lui-même, en ce sens qu’il participe à l’ordre établi par celui qui a posé la règle. C’est pourquoi S. Paul précise : « Ceux-ci découvrent l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs. »

2. Dans l’ordre de la vie privée, on ne peut inciter quelqu’un à être vertueux ; on donne seulement des conseils ; mais si ces conseils ne sont pas reçus, on ne dispose d’aucun moyen de coercition, ce que la loi doit au contraire comporter, pour amener efficacement ses sujets à la pratique du bien, comme le dit Aristote. Cette contrainte exécutive appartient à la société ou à celui qui dispose de la force publique pour imposer des sanctions, comme on l’expliquera plus loin. C’est donc à celui-là seul qu’il appartient de légiférer.

3. Si l’homme est partie d’une famille, la famille elle-même est partie de la société politique, et c’est cette dernière qui constitue la société parfaite comme l’explique le 1er livre des Politiques. C’est pourquoi, de même que le bien d’un seul individu ne peut être une fin suprême, ce bien étant dominé par le bien général auquel il doit concourir ; ainsi en est-il de la prospérité d’une famille, qui est elle-même dominée par le bien de la société politique, forme parfaite de société, auquel elle doit concourir. Si donc celui qui a charge de famille peut porter certains préceptes et prendre certaines dispositions, tout cela n’a pourtant pas valeur de loi, au sens rigoureux du mot.

Source: Vive Le Roy

Un nouveau blog contre-révolutionnaire dédié à l'histoire et à la littérature: La Dernière Bataille

« L’heure est sombre ! La France a besoin de tous les dévouements. Voulez-vous que nous combattions encore côte à côte, comme au temps où gentilshommes et plébéiens mêlaient leur sang sur les champs de bataille pour constituer la Patrie française que le Perfide est en train de détruire. » (Marquis de Morès)

 

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"Pour toucher un nombre plus important de lecteurs, et combattre plus efficacement contre la médiocrité intellectuelle ambiante et l’esprit révolutionnaire, nous avons décidé de lancer, en version numérique, une nouvelle revue: « La Dernière Bataille ».

La Dernière Bataille est une revue contre-révolutionnaire s’intéressant principalement à l’histoire et à la littérature. Vous chercherez donc en vain dans ces quelques pages des polémiques ou des dissertations sans fin sur l’actualité politique ou religieuse."

http://ladernierebataille.hautetfort.com/

 

Des jeunes catholiques détruisent des panneaux indicateurs du Hellfest, les organisateurs portent plainte

"Guuuh" ... Une affiche digne d'un film d'horreur ... Ca en dit long sur ce que les amateurs de ce festival dégénéré ont dans la tête ... Prions pour eux ...

C’est le monde à l’envers … Des organisateurs d’un festival de metal extrême dégénéré (pléonasme), qui invitent des groupes qui appellent ouvertement au massacre des Chrétiens et aux profanations d’églises et de cimetières, portent plainte contre des jeunes catholiques qui explosent quelques panneaux …

Courage les amis … Votre réaction, bien qu’illégale, est tout à fait compréhensible … Tout le monde sera prêt à vous aider en cas de condamnation … Idem pour tous les autres frères en Chrétienté qui habitent à proximité de Clisson et qui sont prêts à agir contre la haine et les appels à la violence (dans le respect de la législation démocratique et républicaine, bien sûr, vous imaginez bien) …

Après l’action en justice contre le Hellfest, menée en fin de semaine dernière par la Confédération nationale des Associations familiales catholiques, déboutée de sa demande lundi, un nouvel épisode vient de se produire : «On a porté plainte hier contre un petit groupe qui était en train de faire des dégradations sur le site. On les a surpris en train de détruire nos panneaux indicateurs et de décrocher les bâches», indique Olivier Garnier, du Hellfest.

http://www.riposte-catholique.fr/?p=10712

Les Intransigeants

HELLFEST : Hier, la boîte mails de Kronenbourg a explosé. Au tour du standard téléphonique !

Aujourd’hui, faisons exploser le standard téléphonique de l’entreprise !

Soyons le plus nombreux possible à dire notre mécontentement en appelant ce numéro : 03 88 27 44 88.

Kronenbourg cautionne et soutient un festival qui continue à accueillir des artistes appelant au meurtre des croyants, à la destruction des édifices religieux et à la profanation des tombes ? Dîtes-lui ce que vous pensez de sa politique abjecte de soutien au Hellfest !

L’entreprise espère par dessus-tout que la polémique ne sorte pas des milieux catholiques : dîtes à vos ami(e)s, à vos familles, la réalité de cette multinationale, ses accointances avec un milieu qui plébiscite les groupes haineux, antichrétiens et ultra-violents. Aujourd’hui l’antichristianisme, demain l’antisémitisme et les appels au meurtre contre les musulmans ?

A nous de transformer le soutien de Kronenbourg au Hellfest et sa tentative de séduire les 20 000 personnes qui ont prévu de s’y rendre en perte de plusieurs milliers, plusieurs dizaines de milliers de client(e)s !

SOURCE : http://e-deo.typepad.fr/mon_weblog/2010/06/hier-la-bo%C3%AEte-mails-de-kronenbourg-a-explos%C3%A9-au-tour-du-standard-t%C3%A9l%C3%A9phonique-.html

VOIR AUSSI : http://www.kro-finance-la-haine.com

Publié par Les Intransigeants