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vendredi, 11 juin 2010

Henri Comte de Paris (1908-1999) ou la tradition orléaniste (III)

Le Comte Paris et le régime de Vichy

Bien qu’il soit discret sur son attitude durant l’Occupation — alors qu’une bonne moitié de son livre est une apologie du gaullisme —, il aurait pu ajouter qu’il ne fut pas non plus un très farouche opposant à Vichy. L’ancien (et futur) « dauphin de la République » aurait consenti à devenir celui du Maréchal.

Le 1er juillet 1941, il écrit à ses amis une circulaire aujourd’hui introuvable, mais dont Jean Bourdier a restitué quelques passages [9] :

Il y a un an, la France déposait les armes, vaincue et désemparée au point qu’on pouvait se demander si elle sauverait son indépendance et son unité séculaire. Un grand soldat, le maréchal Pétain, se voua à cette tâche sacrée.

Aux Français trompés, meurtris, il donna les premières paroles d’apaisement et d’espoir. La France s’est prise peu à peu à renaître… Incontestablement, la France vit, se reprend, se reconstruit sous la pensée et sous l’action du Maréchal.

Malgré les ruines, malgré les difficultés matérielles, malgré les embûches et les inerties, cet homme de la Providence a pu accomplir ce triple miracle d’éviter la disparition totale de notre patrie, de permettre au pays, par sa seule présence, de continuer à vivre, enfin d’engager la France sur les voies de ses grandes destinées traditionnelles en rompant avec les principes du régime déchu.

Il s’offrait à perpétuer par la monarchie l’œuvre du Maréchal :

Les pensées du Maréchal procèdent des mêmes inspirations que les nôtres. Il convient d’aider à leur diffusion et à leur défense… La propagande monarchiste doit soutenir et prolonger les enseignements du Maréchal.

Il y a peut-être mieux encore : Henri d’Orléans avoue être allé rencontrer Pierre Laval, le lendemain de son entrevue avec le Maréchal à Vichy, et à la demande de celui-ci. Mais cela se passait le 7 août 1942 : or, le 13 décembre 1942, dans une conférence de presse tenue à l’hôtel du Parc, Pierre Laval, malicieusement, tirait de sa poche une lettre du Prétendant datée du 16 novembre et en donnait lecture aux journalistes éberlués, ceux d’Action française y compris. Laval moquait la “loyauté” du Prince qui lui écrivait :

Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour nous donner des certitudes que nous n’attendons plus de personne ici. [10].

Le Comte de Paris et Hitler

S’il faut en croire la caution de Martin Bormann, le Comte de Paris aurait également pris ses précautions du côté de Hitler qui l’atteste en ces termes :

Se rappelant sans doute que les princes électeurs allemands se faisaient couronner par les Français, le prétendant français au trône s’est adressé à moi après l’armistice, me faisant savoir qu’il se conformerait en tout temps aux lois allemandes. Quel manque de caractère ! [11]

À notre connaissance, le témoignage n’avait jamais été démenti lors de sa publication en Allemagne, puis en Angleterre et en France.

Rendant compte récemment de l’accueil trouvé dans la presse par les Mémoires d’exil et de combat, l’organe de la N.A.R., Royaliste, dans son n° 292 (p. 7) mentionne une allusion de M. Philippe Bouvard (qui nous avait échappé) de façon aussi dédaigneuse que vague :

Côté poubelle, enfin, signalons l’article faussement objectif de Philippe Bouvard qui a ramassé dans on ne sait quel caniveau la légende des contacts entre le Comte de Paris et Hitler. Bien sûr, le prince dément avec fermeté.

Notre intention n’est pas de colporter des ragots. Mais la référence que Bertrand Renouvin ignore, ou feint d’ignorer, existe : nous la lui donnons car elle nous trouble. Pourquoi un Martin Bormann irait-il forger un faux contre le Comte de Paris dont il n’avait cure ?

On aimerait connaître au moins le commencement de vérité de cette curieuse affaire. Si le Comte de Paris a effectivement (et tardivement) démenti, dont acte, Martin Bormann n’est de toute façon plus en mesure de s’expliquer. Le Comte de Paris le peut. Mais il y a tant de palinodies chez ce prince pour se gagner les puissants du jour que celle-ci serait à peine plus invraisemblable que d’autres, solidement attestées, dont lui-même se fait moins pudiquement l’écho …

Notes

[9] Cf. Jean BOURDIER, Le Comte de Paris, un cas politique, pp. 87-88.

[10] Cité dans Renée Pierre GOSSET, Expédients provisoires, Paris, 1945, p. 243, en note.

[11] HITLER, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, traduction française, Paris, 2, 1954, p. 317.

(Source: Vive Le Roy: http://www.viveleroy.fr/Henri-Comte-de-Paris-1908-1999-ou... )

20:19 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

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