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lundi, 24 mai 2010

Le roi est une personne ecclésiastique

Du caractère sacerdotal de la royauté

Tel a donc été essentiellement le roi de France : un justicier et qui, non seulement rend la justice, mais est la source de toute justice dans son royaume comme un père dans sa famille.

Et les fonctions judiciaires avaient entre ses mains d’autant plus d’autorité, qu’elles y paraissaient surnaturelles et presque divines.

  • « La monarchie de Hugues Capet, écrit Achille Luchaire, est la royauté de caractère sacerdotal : le roi est un ministre de Dieu.  »
  • « La fonction royale, dit-il encore, est une mission divine. »
  • Suger représente Louis VI comme « le vicaire de Dieu dont il porte la vivante image en lui-même ».

Au XVe siècle encore, on regardait le roi comme la première personne ecclésiastique. Le peuple se précipitait sur le passage du roi pour toucher le bas de sa robe comme une relique.

Le roi thaumaturge

Louis XIV et Louis XV opérèrent des guérisons de scrofules et d’écrouelles dont nous avons de nombreux procès-verbaux.

Le Bolonais Locatelli, d’une part, et de l’autre un Allemand, le docteur Nemeitz, donnent la description de la cérémonie à Paris, à laquelle ils ont assisté. Elle se déroule dans les longues salles voûtées, au rez-de-chaussée du Louvre, où se trouve aujourd’hui le musée des Antiques. Les malades, atteints de scrofules ou d’écrouelles, sont rangés sur deux files. Louis XIV pose la main sur la tête de chacun et dit : « — Dieu le guérisse. » Puis il l’embrasse. Il y avait là des centaines de malheureux, on en compta jusqu’à huit cents un même jour, atteints de ces maladies de peau. On les avait assurément lavés au préalable ; pour arriver au bout, il n’en fallait pas moins au roi un bon estomac.

Après la cérémonie dans la cathédrale de Reims où il venait d’être sacré roi de France (octobre 1723), Louis XV, âgé de treize ans, conformément à l’usage traditionnel se rendit à l’église abbatiale de Saint-Rémi pour y entendre la messe.

Au long du parcours, où l’on avait tendu les tapisseries de la Couronne, les gardes suisses et françaises faisaient la haie. Les grenadiers à cheval, les mousquetaires blancs et les mousquetaires noirs, ainsi nommés de la robe de leurs montures, ouvraient la marche, suivis des chevau-légers ; puis la prévôté de l’hôtel marchant à pied. Les seigneurs de la Cour, couverts de soie et de dentelles, sur leurs chevaux richement harnachés précédaient les trois destriers du roi qui allaient sans cavalier, conduits par la bride, sous des caparaçons de velours bleu, brodés d’or et d’argent, puis douze pages à cheval, et les trompettes de la Chambre, les cent Suisses avec leurs fraises de toile à plusieurs rangs, hallebarde sur l’épaule. Immédiatement devant le roi, chevauchait le prince Charles de Lorraine, premier écuyer ; enfin, le jeune roi Louis XV, en habit de velours rubis, brodé d’or : il était charmant, avec sa jolie figure encadrée de boucles claires et ses grands yeux bleus. Les rênes de son cheval étaient tenues par deux écuyers ; six gardes écossais marchaient sur les côtés. Le cortège se fermait par les gendarmes de la Garde.

On avait hésité à imposer au jeune prince la cérémonie des écrouelles à cause de la fatigue extrême qu’elle lui devait occasionner ; après quoi l’on avait reconnu qu’il était impossible de la supprimer, la tradition l’imposait. Aussi bien les malades s’étaient fait transporter à Reims de tous les points de la France.

Le 29 octobre, après avoir entendu la messe en l’abbaye de Saint-Rémi, le jeune roi passa dans le grand parc qui l’avoisinait. Sur les deux côtés des longues avenues, au pied des ormes séculaires dont les feuilles jaunies couvraient déjà le sol d’un tapis troué, les malades, scrofuleux et paralytiques, étaient rangés en files, au nombre de deux mille environ.

Louis XV parut, sous un manteau de drap d’or où se détachait le cordon bleu clair de l’ordre du Saint-Esprit, et l’insigne, une colombe aux ailes éployées, étincelant de diamants. Les deux huissiers de la Chambre, en pourpoint de satin blanc, en mantelet de velours blanc noué de rubans d’argent, en toque de satin blanc empanachée de plumes blanches, leurs masses d’or sur l’épaule, marchaient devant lui. Les huiles du sacre venaient de le sanctifier.

Il s’arrêta devant chacun des malades et lui touchant doucement la joue du revers de la main, il dit : « Le roi te touche, Dieu te guérisse.  »

Le grand aumônier, qui suivait, mettait à chacun une piécette d’argent dans la main, cependant que les tambours des Suisses roulaient comme le tonnerre.

Peu après, les intendants des diverses provinces faisaient parvenir à la Cour des certificats attestant un certain nombre de guérisons.

Frantz FUNCK-BRENTANO

(Source: Vive le Roy: http://www.viveleroy.fr/Le-roi-sous-l-Ancien-regime-par,3...)

17:28 Publié dans Monarchie | Lien permanent | Commentaires (0)

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