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vendredi, 11 décembre 2009

A propos des faux amis...

 

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Tout le monde ne doit pas entendre le mot "fédération" comme les membres de l'URBVM. Il ressort de l'invitation ci-dessous, que ce mot s'apparente plutôt chez eux à compromission, confusion; en tout cas manque de formation et de prudence. Manque de formation car associer un auteur apparemment proche de la Nouvelle droite avec la Monarchie c'est associer deux choses contraires, la Monarchie légitime ayant pour Chef le Roi qui est le lieu-tenant de Dieu sur Terre, alors que la Nouvelle droite tendrait plutôt a servir le règne du prince de ce monde par l'exaltation continue du naturalisme, de l'occultisme, des mythes païens qu'elle propage etc       (http://seldelaterre.fr/advanced_search_result.php?osCsid=...). Manque de prudence car collaborer avec des gens proches de la Nouvelle droite, c'est faire entrer le loup dans la bergerie, en leur donnant une entrée dans les milieux Catholiques, qui, s'ils ne sont pas prévenus, risquent de ne pas faire attention à l'idéologie anti-catholique propagée, plus ou moins insidieusement, par les héritiers du GRECE.

Ainsi, formez vous sur l'EXTREME DANGER que représente la Nouvelle droite, et surtout, formez vous politiquement chez les VRAIS royalistes, les légitimistes!

http://www.viveleroy.fr/

http://www.uclf.org/

 

 

Union Royaliste

Bretagne - Vendée Militaire

Royalisme doit apparaître comme un mot qui fédère (B.P.)

http://unionroyalistebvm.over-blog.com/

 

 

Les Conférences de l’URBVM

L’URBVM vous invite à la conférence- cocktail de Thierry Jolif :

le Pouvoir royal chez les Celtes

Thierry JOLIF.

Thierry Jolif,  36 ans, chanteur et auteur breton, créateur de la “cyberevue” bretonne Nominoë et du blog Tropinka, a étudié la civilisation celtique, le breton et l’irlandais à l’Université de Haute-Bretagne. Il a étudié la civilisation celtique  dans ses aspects  préchrétiens et  chrétiens  dans les domaines de la religion, les arts :  musique et  poésie. Il est l’auteur de Mythologie celtique, Tradition celtique, Symboles celtiques et Les Druides dans la collection B-A. BA. des éditions Pardès.

Orthodoxe, ayant étudié la théologie, il s’est particulièrement penché sur les aspects théologiques, mystiques et ésotériques du Graal, ainsi que sur l’étude du symbolisme chrétien, de l’écossisme maçonnique, de la philosophie religieuse russe et de l'histoire et de la mystique de l'empire «byzantin», il est actuellement le directeur de deux collections des éditions AVATAR (Orientations et Tropinka). T. Jolif a également dirigé les ouvrages collectifs : Evola, envers et contre tous !, Que vous a apporté René Guénon ? (avec David Gattegno) et Être royaliste, aux éditions Dualpha.

Thierry Jolif a fondé et animé pendant plus de dix ans l’ensemble musical  Lonsai Maïkov. Il collabore a plusieurs revues aux Etats Unis et en Europe.

Ainsi, pour en savoir plus sur la Nouvelle droite, nous vous proposons une étude aussi brève que fondamentale, que vous pouvez télécharger ici, et dont voici un extrait:

 

"Les études sur cette société de pensée apparue publiquement en 1968, ne manquent pas. Nous avons constaté cependant que nombre de légitimistes n'ont encore qu'une vague idée des thèses qu'elle propage. Le nom même de Nouvelle Droite lui vaut, à priori, une aura de sympathie tant dans les milieux conservateurs de droite que chez les traditionalistes. Est-ce pour cette raison, pour mieux subvertir la droite traditionnelle, que ses maîtres à penser ont adopté ce nouveau nom utilisé au même titre que le nom d'origine : G.R.E.C.E.(Groupement de Recherche et d'Etude pour la Civilisation Européenne) ? Force est de constater que ce sigle correspond bien à la stratégie du G.R.E.C.E. qui "se pose en défenseur d'un certain nombre de vraies valeurs tout en développant des contre-valeurs opposées. Processus d'une logique discutable mais psychologiquement efficace". ( "La Nouvelle Droite" p. 43, brochure éditée le 1/9/92 par "Action Familiale et Scolaire" (Les citations suivantes extraites des journaux de G.R.E.C.E. ont été relevées, pour plusieurs, dans cette brochure d' Action Familiale et Scolaire ou dans Permanences N° 101, juin, juillet 1973)

En effet, le grand danger de la Nouvelle Droite ne réside pas dans l'exposé brutal de ses idées réelles; l'analyse qui suit vous en convaincra sans doute. Il découle plus sûrement de l'art du camouflage que ses responsables pratiquent avec une grande habileté. Les militants et beaucoup de responsables régionaux des mouvements sur lesquels s'exerce profondément l'influence du G.R.E.C.E. ne voient pas l'opposition radicale entre leurs convictions chrétiennes et les positions défendues par les membres (connus) de la Nouvelle Droite ou bien, s'ils la devinent, ils minimisent le rôle de cette société de pensée dans leur mouvement. (…)

 

Inviter des membres de ce conseil à une manifestation légitimiste, c'est courir le risque d'introduire le loup dans la bergerie. Nos adversaires n'ont pas besoin de cette aide; ils savent diffuser discrètement leur propagande dans nos milieux en y vendant des revues telles que Enquêtes sur l'histoire (ou la Nouvelle Revue d'Histoire NDLR) (trimestrielle, contrôlée par le G.R.E.C.E.). Nous déplorons encore davantage la caution que des auteurs catholiques renommés comme Jean Madiran leurs apportent en participant à des colloques organisés par le Club de l'Horloge ou à des cycles de conférences dont plusieurs sont prises en charge par des membres de la Nouvelle Droite.

 

Trop de dirigeants, trop de légitimistes, obsédés par le problème du nombre, entrevoient le salut dans des alliances autour de thèmes oecuméniques comme la défense de la Nation. D'une part, ces larges unions ne peuvent s'opérer qu'au prix d'une amputation désastreuse de notre doctrine et, d'autre part, elles facilitent grandement la gangrène de nos milieux par les théories révolutionnaires."

 

 

Nous mettons aussi à votre disposition un et peut être plusieurs autres documents en téléchargement, tant il nous apparaît qu'à l'heure actuelle le danger de la Nouvelle droite est aussi important qu'il est méconnu et /ou ignoré.

-A propos de la maison d'édition/librairie l'Aencre (extrait de la Blanche Hermine n° 5, mars-avril 1998, organe d'information de la Fédération Bretonne Légitimiste, "correspondante exclusive pour la Bretagne de l'UCLF)

13:55 Publié dans Gnose | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 06 décembre 2009

L’AGARTHA

 

 

L’Agartha est peut-être l’un des centres les plus secrets et les plus influents du Gouvernement occulte du monde. Voici ses prétentions :

« Pour jouer son rôle civilisateur et transmettre des traditions cent fois millénaires, il était préférable que l’Agartha laissât ignorer son existence à l’Europe jusqu’au XIX ème siècle ...

« L’Inde a pour mission d’apporter à l’Europe LA SAGESSE et LA SCIENCE des cultes bouddhiques et brahmaniques. La caractéristique du culte bouddhique est la sagesse, celle du culte brahmanique est la science universelle. La mission de la race blanche ne consiste donc nullement à enseigner les sciences en Asie. C’est l’inverse qui est vrai, car les réalisations bruyantes et encombrantes de notre science matérialiste ne supportent pas la comparaison avec celles des centres initiatiques d’Orient. Làbas, tous les résultats que l’Occident recherche sont obtenus depuis longtemps par des procédés infiniment plus savants et plus simples harmonieusement conformes aux lois qui régissent le monde visible et LE MONDE INVISIBLE.

« Les temps approchent où la vérité doit sortir de son puits et où il faudra que s’accomplissent les Écritures : « il n’est rien de caché qui ne sera révélé, rien de secret qui ne sera connu ».

« C’est pourquoi, depuis 1875, c’est à dire vingt cinq ans avant la fin de l’ère astronomique des Poissons, les Initiés d’Asie ont commencé à révéler leur existence à la race blanche, avec une sage lenteur.

Madame Blavatsky fut une des premières à écrire des livres mentionnant l’existence de Maîtres de la Sagesse contemporaine. L’ensemble du mouvement Théosophique et de ses publications confirme leur influence ...

« Les bibliothèques qui renferment depuis 55.700 ans la véritable synthèse de tous les arts et de toutes les sciences sont inaccessibles aux profanes. Elles se trouvent dans les entrailles de la terre.

« Le jour où l’Europe aura fait succéder la Synarchie Trinitaire à son gouvernement général anarchique, toutes ces merveilles et bien d’autres deviendront accessibles ... La Sainte Agartha ... n’attend qu’un geste synarchique de la race blanche pour lui donner peu à peu la communication fraternelle de tous les arts et de toutes les sciences qu’elle pratique, avec le secret de tous les mystères »(64).

Et les volontés synarchistes et occultes de l’Agartha sont révélées dans une lettre au Pape, en date du 17 juillet 1949 :

« En 1870, un dernier Concile pontifical s’est senti impuissant à rénover la doctrine catholique. Il s’est alors abdiqué lui-même en votant l’

INFAILLIBILITÉ pontificale ... Autrement dit, vous avez reçu des évêques latins un blanc-seing absolu qui vous libère de tout sectarisme, afin de libérer Vous-même votre clergé de son impuissance sociale ...

« Aujourd’hui vous pouvez décider que tous les évêques seront reçus dorénavant à l’Examen et que les candidats n’appartiendront pas nécessairement au culte catholique. Vous pouvez prendre les dispositions voulues pour que des examens initiatiques ouverts se poursuivent jusqu’à votre Haute Fonction et que Vos successeurs soient nécessairement des Initiés. Enfin, Vous pouvez décider de changer le Siège de la Papauté. Rome est suspecté à cause de son impérialisme sanglant, de son monopole italien et de sa politique.

« Supposez que vous vous installiez à Jérusalem, universellement aimée et respectée. Il vous serait plus facile d’internationaliser le Conseil Directeur qui préside aux destinées catholiques, et de jouer réellement le rôle de Souverain Pontife de la race blanche. Si vous accomplissiez ce redressement, d’accord avec l’Agartha, ne croyez-vous pas que Vous rallieriez immédiatement tous les Chrétiens du monde occidental Protestants et Orthodoxes compris ? ... »

Et cette lettre au Pape se termine par la menace luciférienne :

« Si vous ne faites pas ce geste en pleine lumière, et en pleine sincérité, votre gouvernail Vous sera retiré par les grands initiés. La pression mondiale montante de la conscience universelle deviendra tropforte pour que votre Église puisse y résister ...

 «En vain lutterez-Vous contre le Communisme ... Le Communisme est outillé pour submerger un monde non synarchique. Donnez-leur un idéal à l’échelle mondiale, intégrez-les dans une véritable Église Universelle, c’est-à-dire mettez-les en place comme partie intégrante d’une Synarchie.

« Le monde exige absolument une religion scientifique. Si Vous n’êtes pas en mesure de la lui donner, demandez le secours de l’Agartha qui s’empressera de Vous aider si Vous amorcez une Synarchie sincère. Si votre carence est intentionnelle, d’autres que Vous donneront cette science au monde » (65).

Marquis de La Franquerie

64 - Jacques Weiss, disciple de Saint-Yves d’Alveydre :

 

La Synarchie, l’Autorité face au Pouvoir, livre III

65 - Jacques Weiss, idem, pages 316 à 319.

samedi, 05 décembre 2009

Antigone, Vierge-Mère de l'Ordre

Une nouvelle adaptation d'Antigone remet à l'ordre du jour le drame de conscience posé par l'acte de désobéissance pieuse de la fille d'Œdipe à la tyrannie de Créon. Celui-ci, dernier roi de Thèbes, s'est permis d'interdire la sépulture de Polynice, frère d'Antigone, coupable d'avoir pris les armes contre la Cité. Mais la vierge thébaine méprise cette loi, affronte le tyran, ensevelit son frère, est condamnée à mort, bien qu'elle ait invoqué, contre un délit d'un jour, les lois sûres, les lois inécrites des dieux.

On s'accorde généralement à comprendre cette révolte comme la voix de la conscience humaine, universelle et éternelle, élevée au nom d'un impératif stoïcien et kantien. C'est la protestation moderne de l'Un contre toutes les formes de la Communauté. C'est l'énonciation du droit de la Personne contre la Cité, c'est le conflit de la politique et de la morale: on va même jusqu'à dire l'hostilité de l'Ame au corps de la Société, la sédition de l'Individu contre l'Espèce. Ainsi fait-on d'Antigone une Ennemie de la Loi sociale et comme l'incarnation sublime de l'Anarchie. Je n'ose compter tous les bons humanistes et tous les hommes d'ordre qui ont adopté et recommandé cette interprétation.

C'est un contresens complet.

J'en ai toujours eu l'impression. Elle me semblait déjà claire dès ma lointaine première lecture, lorsque, voilà près de soixante-dix ans, sous la direction de mon cher monseigneur Penon,  j'essayais de déchiffrer le texte et de

le comprendre, en osant même transporter un ou deux chœurs dans le pauvre bégaiement de mes rythmes français. Je viens de relire Antigone. Il n'y a pas de doute: l'anarchiste de la pièce n'est pas elle, c'est Créon. Créon a contre lui les dieux de la Religion, les lois fondamentales de la Cité, les sentiments de la Cité vivante. C'est l'esprit même de la pièce. C'est la leçon qui en ressort: Sophocle n'a pas voulu nous peindre seulement le sursaut de l'amour fraternel ni même dans le personnage de Hémon, fiancé d'Antigone, celui de l'Amour tout court. Ce qu'il veut montrer aussi c'est le châtiment du tyran qui a voulu s'affranchir des Lois divines et humaines.

Antigone en a bien le sentiment. Dès le début, parlant de son dessein à sa sœur, en se prévalant de la beauté de l'acte, elle déclare refuser de manquer à la Loi souveraine que respectent les dieux. Lorsque le tyran lui reproche de préférer ce qu'elle aime à la patrie, c'est lui qui parle, c'est lui qui nous est montré prenant sa folie pour de la sagesse, et qui veut identifier son jugement particulier aux nécessités de salut public: toute la suite du drame va démontrer le contraire par la conséquence même de la mauvaise action de Créon qui détruira la Cité au lieu de la maintenir, ruinera l'Autorité et la Royauté au lieu de les sauver.

Que Polynice fût coupable d'avoir combattu contre sa patrie, rien de plus assuré. Mais il y a injustice, car démesure et disproportion entre la faute et la peine: pourquoi? Parce que ce châtiment, la privation de sépulture, était le plus sévère, le plus violent qui pût être infligé dans la Cité thébaine. Imaginez dans la Cité

chrétienne un criminel que le pouvoir temporel voudrait punir par la privation du salut éternel, par la précipitation dans l'enfer éternel... C'est ainsi que Créon a condamné le mâne de Polynice à errer mille ans le long du Styx, faute de recevoir ces rites sacrés de la sépulture qui confèrent aussi aux survivants, à la famille antique, le droit de continuer dignement les ancêtres morts.

Créon aurait pu exercer sa puissance en outrageant le cadavre, en le couvrant d'opprobre, en multipliant contre lui les mémoriaux de l'exécration. Mais il passe son droit quand il prétend livrer la chair de son neveu coupable aux chiens et aux vautours. Il commet là un acte aussi inconstitutionnel que le serait celui d'un roi de France s'avisant de désigner son successeur au détriment de son fils aîné, ou léguant sa couronne à une fille! L'usurpation du Droit ainsi commise par le Souverain est si formelle qu'elle est d'abord sentie par les craintifs vieillards du Chœur quand ils lui concèdent, mais en tremblant, la faculté de se servir de toutes les lois à sa guise envers les morts et les vivants: ils se doutent de l'illégalité monstrueuse! Sous la menace, ils lui promettent de lui obéir, mais, disent-ils, de peur d'être mis à mort... Et quand la mauvaise nouvelle arrive, quand le garde vient dire que les rites interdits ont été mystérieusement décernés au corps de Polynice, les premiers mots du même Chœur sont pour demander au roi si cela ne vient pas des dieux, ainsi que les vieillards ne pouvaient s'empêcher de le penser d'abord en silence. Cela met Créon en fureur. Cet énergumène prétend qu'il est inadmissible de vouloir supposer que les dieux se soient mis  en  peine  de Polynice.  Il traite le Chœur de vieux  et

de fol, il l'accuse de rébellion contre son pouvoir, de jalousie, de perfidie... Ce n'est pas un Chef que fait parler Sophocle, ce n'est pas un homme d'Etat, c'est le tyran au sens moderne, le despote, égaré par le vertige du pouvoir. Sur quoi, le Chœur, demeuré seul, se plaint que l'homme soit sujet à toujours confondre les lois issues de frêles mains humaines avec les lois des dieux qui sont inébranlables. Il va jusqu'à conclure que le gouvernement d'un homme ainsi fait n'est pas bienfaisant pour la Ville, pour la Patrie. Ainsi ce personnage impersonnel manifeste l'esprit de l'ouvrage, et nous n'en sommes qu'au début.

Que répond Antigone au premier interrogatoire? Que l'arrêt de Créon n'était pas légal. Il n'avait pas été promulgué par Zeus, ni enregistré par Dité. Un simple édit, même royal, n'est pas assez fort pour infirmer les principes inécrits, ces données synthétiques de l'Ordre, ces hautes traditions des Autels, des Foyers, des Tombeaux, dont nul ne connaît l'origine et auxquels la simple décision «d'un homme» ne peut se comparer. S'il la prend pour une folle, il se trompe : c'est lui qui est fou. Elle le lui dit. Ce qui l'enrage encore. Le Chœur a peur, Antigone affirme cependant devant lui que tous, ici, l'approuveraient si la crainte ne fermait les bouches devant un arbitraire puissant. Créon veut invoquer l'opinion publique de ses Thébains : - Ils voient comme moi, répond-elle, ils ne parlent que pour te plaire...

Sophocle fait parler ses personnages selon leur caractère. Aussi Créon allègue-t-il le bien, le mal, les bons, les méchants, les amis, les ennemis. Cela ne peut toucher Antigone qui repousse de haut toutes ces excuses et

plaidoiries personnelles. Survient Ismène, sa sœur; elle revendique immédiatement une part dans l'acte dont elle reconnaît plus que la gloire: la légitimité. Elle regrette de n'avoir pas, elle aussi, honoré son frère mort. Là, le caractère tyrannique du rôle de Créon s'accuse et s'accentue encore. Le poète lui fait dire des paroles impies: d'un chef, il faut exécuter tous les ordres, petits ou grands, justes ou non! Après s'être déchaîné contre l'indiscipline et l'anarchie, ce possédé se retourne et s'insurge, en fait, contre la justice, qui est l'un des principes et l'une des fins de son autorité. Or cet argument de l'Autorité et de l'Etat n'est déjà point admis comme décisif par Sophocle, tel que Créon le fait valoir.

Prenons-y bien garde, lorsque son pauvre fils déchiré d'amour, le malheureux Hémon, veut fléchir son père, que fait-il? Il invoque aussi l'intérêt du règne, celui de l'Autorité, de l'Ordre, de l'Etat. Il rapporte que toute la Cité murmure, Thèbes juge Antigone la moins coupable des femmes, elle qui va mourir pour un acte si beau, quand on lui devrait plutôt une couronne d'or! Voilà le cri public. Hémon demande à son père de s'en rendre compte, de ne pas s'en tenir à sa propre pensée, sa pensée isolée, ni à son sentiment unique (celui que la critique moderne prête à Antigone). Hémon veut que son père écoute les gens qui pensent bien.

- Telle est la voix du peuple entier de Thèbes, insiste Hémon.

- Alors, reprend le père, c'est le peuple qui va commander?.. Sur quoi, le jeune homme ose se tourner vers le Chœur et le prend à témoin que son père parle comme  un  enfant !  Le  tyran  argue  de  son  droit sur  la

Cité. Le jeune homme répond qu'on ne peut pas régner sur un pays désert. - Tu discutes ton père! - Tu manques à la piété. - Je maintiens mon pouvoir. - Tu bafoues les dieux. - Tu es asservi par une femme. - Je ne suis pas, du moins, asservi par le Mal... Et, Créon accusant son fils de folie, peu s'en faut qu'il ne s'entende traiter de fou lui-même... Ce serait la seconde fois qu'il serait ainsi souffleté! Donc, Thèbes, Hémon, Antigone pratiquent la même religion, ils suivent la même loi qui fait l'ambiance morale de la pièce, la pensée de Sophocle et de toute la Grèce. Loin de tenir à la solitude stoïque, Antigone est une légitimiste héroïque et farouche; elle s'apparente à tous les rôles sympathiques de l'Odyssée et d'Athalie. Sophocle, Racine et Homère ont le cœur politique du même côté. C'est pourquoi, de tout temps, entre 1898 et 1944, l'Action française n'eut jamais cesse de rectifier, en ce sens, la définition d'Antigone.


. . .


Mais Antigone marche à la mort: O tombeau! O lit nuptial! Ses dernières paroles ont été pour protester qu'elle n'a violé aucune loi:

- On l'accuse d'impiété, elle, la Piété même!

C'est alors que surgit un personnage qui, s'il restait le moindre doute sur la question, en trancherait les derniers nœuds. Figurons-nous, un quart d'heure après le supplice de Jeanne d'Arc, quelqu'un comme le Pape de Rome venant dire aux Anglais: - Oui, c'est bien cela, vous avez brûlé une sainte! Le devin Tirésias remplit ici ce rôle théologique : il vient affirmer à Créon, conformément au

cri de la Ville, que le Ciel est contre lui, qu'il court à de nouveaux désastres, que les augures et les présages le condamnent, lui! Si les membres déchirés du corps sans sépulture ont soufflé leur peste sur ses autels, la faute en est au seul Créon: - Cède au mort, ne l'irrite plus, écoute une bonne parole... Ce qui ne manque pas de déchaîner, pour la dernière fois, les cris de fureur de Créon. Tirésias, qui fut son bon conseiller et son pontife dévoué, est traité de vendu, bravé, défié, bafoué, ce qui amène une sorte d'excommunication solennelle, dans laquelle le Pouvoir religieux fait connaître au Pouvoir civil, sorti de son cadre, tiré de son échelon, que l'expiation directe va commencer: un homme de la propre chair de Créon va périr parce qu'il a privé le mort des funérailles dues, parce que son impiété a volé les « dieux d'en bas » sur lesquels n'ont de pouvoir ni les hommes, ni même les dieux d'en haut: les Erinnyes déchaînées feront entendre des cris d'horreur et de fureur jusque dans le foyer de Créon.

Menaces effrayantes! Elles ébranlent Créon, elles le retournent, il est trop tard. Antigone s'est tuée dans son tombeau, Hémon manque de tuer son père, et se tue lui-même. Le messager qui fait le récit conclut que pareil manque de sagesse est pour les hommes le pire des maux. Rien de plus exact. Contre la religion, contre les dieux, contre les lois fondamentales de la Cité et de la race et, je répète, contre son propre pouvoir, contre la mesure de la raison et le bien de l'Etat, Créon est le type accompli de l'insurrection. Il s'accuse lui-même de son égarement, de l'isolement qu'il s'est infligé, et quand sa femme s'est immolée à son tour, il se confesse encore le seul coupable. Alors que le Chœur, désormais revenu à son mouvement spontané de la première scène, déclare le Bonheur fils de l'unique Sagesse et du Respect des dieux, tandis que l'orgueil du Moi humain est conduit à payer l'excès de ses prétentions. S'il y avait à célébrer quelque part les funérailles de quelque fameux Anarchiste couronné, je demande quel autre thrène pourraient jouer les grandes orgues, à cette occasion.

Non, l'image courante d'Antigone est à réviser. C'est elle qui incarne les lois très concordantes de l'Homme, des Dieux, de la Cité. Qui les viole et les défie toutes? Créon. L'anarchiste, c'est lui. Ce n'est que lui.

 

Charles Maurras

 



 



 



 

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