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lundi, 18 juillet 2016

Charte légitimiste

Charte légitimiste (1), principes d’adhésion :
Cette charte permet trois niveaux d’adhésion conformes aux institutions de l’Ancienne France. Le niveau 1 comprend nécessairement tous les aspects du niveau 2 et celui-ci tous les aspects du niveau 3.
 
Niveau 1 : la reconnaissance de Jésus-Christ comme Roi universel des sociétés comme des personnes, avec le Roi comme lieutenant. Ni démocratique, ni théocratique, ni clérocratique, l’autorité du roi vient de la loi qui le désigne et de sa reconnaissance personnelle et institutionnelle de l’autorité ultime de Dieu lors du sacre.
 
Niveau 2 : la reconnaissance d’une loi naturelle d’origine divine dont le roi doit respecter et garantir la liberté d’exécution (droit divin).
 
Niveau 3 : la reconnaissance simple d’une loi naturelle, dont le roi doit respecter et garantir la liberté d’exécution (droit naturel).
L’adhésion au niveau 3 suffit pour se dire légitimiste. Elle convient à l’athée. L’adhésion au niveau 2 convient au croyant de religion non catholique. L’adhésion au niveau 1 convient au catholique.
 
(1)     - Cahiers de l’Université Saint-Louis 2014 _ page 15
Lois Fondamentales du Royaume de France :
1) La succession à la Couronne est héréditaire de mâle en mâle par ordre de primogéniture :
En l’absence d’une descendance directe mâle du souverain défunt, la Couronne est dévolue, à l’infini, à l’aîné de la branche collatérale la plus proche (qui devient la nouvelle branche aînée).
Pourquoi la masculinité ? 
Lors de la cérémonie du Sacre, le Roi de France est oint avec le Saint Chrême (les autres souverains chrétiens sacrés reçoivent leurs onctions avec une autre huile, bénite et non consacrée : seul le Roi de France a le privilège d’être oint avec le Saint Chrême, comme le sont les évêques). Le Sacre, qui n’est pas un simple couronnement, est un sacramental (il a même parfois été assimilé à un huitième sacrement) : il fait du Roi un lieu-tenant du Christ, parfois appelé « l’évêque du dehors ». En effet, si elle n’appartient pas à la hiérarchie de l’Eglise, toutefois la royauté sacrée propre à la France possède un caractère quasi-sacerdotal ; or seul les hommes peuvent être appelés au sacerdoce.
La règle de masculinité empêche non seulement la dévolution de la couronne à une femme, mais aussi à la descendance mâle d’une fille de souverain français : cela empêche que le Royaume de France ne passe sous la domination d’un souverain étranger ayant épousé une princesse française ou descendant d’une princesse française mariée à un souverain étranger.
2) La Couronne de France est indisponible :
Le Roi régnant ne peut en rien changer l’ordre de succession. Il ne peut ni abdiquer, ni exhéréder (c’est-à-dire exclure de la succession), ni faire renoncer à ses droits un Prince dynaste.
La succession royale n’est pas patrimoniale, mais elle est dite « statutaire ». Le statut coutumier du Royaume est hors de portée des volontés humaines : la volonté du Roi, comme celle de son successeur ou de tout autre successible.
Par conséquent, le Roi (de fait ou de droit) ne peut renoncer à la Couronne en abdiquant, ni limiter les prérogatives de ses successurs, ni porter atteinte à l’ordre de succession ; il n’a pas le pouvoir de faire renoncer à ses droits un successible, et les éventuelles « renonciations » sont donc, de plein droit, nulles. 
En France, le Royaume n’est pas la propriété du souverain : celui-ci exerce une fonction – la fonction royale – qui le dépasse et dont il est en quelque sorte le serviteur plus que le maître.
3) La succession est instantanée : « Le Roi est mort, vive le Roi ! ».
Les ordonnances de Charles VI, en 1403 et 1407, règlent que le Roi est tel dès la mort de son prédécesseur, instantanément et quel que soit son âge, selon l’ancien adage juridique : « le mort saisit le vif ».
Le Sacre n’est pas constitutif de la royauté : ce n’est pas le Sacre qui fait le Roi, mais la force de la coutume. Le Sacre est seulement dit « déclaratif » : il consacre, par les prières et les onctions de l’Eglise, un Prince qui est déjà le Roi légitime et qui peut exercer sa royauté quand bien même il ne pourrait recevoir le Sacre.
Cette instantanéité de la succession fait dire que « en France, le Roi ne meurt jamais ».
4) La règle de catholicité :
« Fils aîné de la Sainte Eglise catholique romaine », le Roi de France doit être né d’un mariage catholique, et doit être lui-même de confession catholique.
Cela ne signifie toutefois pas que ses sujets aient l’obligation d’embrasser la foi catholique.

vendredi, 27 mai 2016

le drapeau bleu-blanc-rouge frappé du Sacré-Cœur consacre le mariage contre-nature des catholiques avec la Révolution




 

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S.Em. Cardinal Louis BILLOT (1846-1931
 
 
le drapeau bleu-blanc-rouge frappé du Sacré-Cœur consacre le mariage contre-nature des catholiques avec la Révolution
 
 
 
  … illusion et poison de « l’Union sacrée », de « l’union nationale »  :
 
L’Union sacrée
On se souvient de la thèse sans concession de Jean de Viguerie dans ses Deux Patries : 1914 marque l’adhésion des forces de droite au patriotisme révolutionnaire, piège dont ni l’A. F. ni la droite ne sont depuis sorties, scellant la mort de la France, ou plutôt sa survie comme une ombre et un mot creux, dans un patriotisme de malentendus et de faux-semblants. Une danse autour du cadavre de la France, conclut l’auteur. le patriotisme révolutionnaire, amour de la République, a vampirisé le patriotisme traditionnel qui était amour de la France. Le processus a servi d’instrument aux républicains et finalement à la gauche dans sa lutte politique intérieure. le patriotisme révolutionnaire a vocation à s’étendre au monde entier, parce que partout où règnent les Droits de l’homme et la république, là est la vraie patrie du républicain, la France du baptême du Fils aîné de l’Eglise ne serait-elle qu’une formulation historique limitée et passagère, vouée au dépassement ?  - non possumus -
Les catholiques ont versé à la guerre 14-18  un tribut de sang dont ils sont sortis affaiblis, la patrie révolutionnaire en est sortie renforcée dans des proportions considérables, les perspectives de restauration se sont éloignées plus en quatre ans de conflit qu’en plusieurs décennies précédentes. La guerre a servi la Patrie universaliste des Droits de l’homme.
Les catholiques français de 2016, s’ils tiraient les leçons de l’histoire de la France contemporaine, devraient se souvenir qu’ils sont les victimes, aujourd’hui  encore, de l’Union sacrée comme depuis le Concordat napoléonien de 1801 et les « Ralliement(s) » successifs des hommes d’Eglise aux Institutions politiques issues de la Révolution sanglante de 1789.
Les évêques, nommés par l’Etat, ont constitué depuis le XIXs un épiscopat docile que les catholiques ardents ont nommé, avec mépris, les préfets violets. (…)  
le reposoir des unités Europa...feront-ils mieux cette année?  SC France   Afficher l'image d'origine    Afficher l'image d'origine
 
les pèlerinages de Pentecôte à Chartres, les processions de la FETE-DIEU et les neuvaines pour la FRANCE, font resurgir dans l’actualité la question du drapeau avant la Fête, le 14 Juillet, de Saint Bonaventure –Docteur de l’Eglise –
15 août :  Fête de l’Assomption, et Fête nationale de la France depuis 1638.
Le roi de France, Louis XIII, pour proclamer sa reconnaissance ainsi que celle de tout son royaume à Marie après la naissance d'un héritier - le futur Louis XIV - et pour lui prouver sa confiance absolue, formule un vœu de consécration de lui-même, de sa famille et de la France, à Notre Dame de l'Assomption. Ce vœu a été publié sous la forme de l'édit du 10 février 1638 et prononcé le 15 août 1638.
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http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/michelange/pieta.jpg    cid:image073.jpg@01CFD6F7.D03A46A0    Louis XX devant le cénotaphe de Louis XVI à la basilique Saint-Denys  cid:image005.jpg@01CFD6F7.D03A46A0
     Nous rappelons, pour la France, que la seule solution viable et honnête est le rétablissement de la Monarchie Catholique, absolue et de droit divin,
   représentée par le seul héritier des rois qui ont fait la France, son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
   de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.
 
pas d’ « espoir et de salut de la France » sans la formation d’une minorité active de catholiques investis dans le temporel chrétien :
 
 
 

jeudi, 03 septembre 2015

république




 
 
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Parce que nous sommes catholiques, notre raison et notre foi sont en cohérence.
Nous étions, nous sommes, nous serons pour DIEU et le Roi très chrétien, lieu-tenant de DIEU.
Nous resterons insoumis à la République, ses œuvres, ses pompes, et au(x) ralliement(s) des hommes d’Eglise qui concourent  à la déchristianisation de la France.
 
http://www.viveleroy.fr/IMG/arton151.jpg          cid:image119.jpg@01CFD6F7.D03A46A0          1
                                                                                                                    http://www.viveleroy.fr/L-inacceptable-drapeau-tricolore
 
 
 
 
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... cohérence de Daniel Keller le Grand Maître du GODF
 
 
extrait discours prononcé par Daniel Keller https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Daniel_Keller_2014.jpg/180px-Daniel_Keller_2014.jpg Grand Maître du GODF -Reims 27 août 2015 -.
 
 
 «Dans un moment où la société cherche des boucs émissaires, le GODF se doit d’être présent pour rappeler inlassablement les valeurs fondamentales de la République. Le GODF est une institution DE la République et aussi DANS la République.
La Franc-Maçonnerie a fortement contribué à la naissance et à l’implantation de la République. Que l’on pense simplement à quelques Grands Hommes tels que Léon Bourgeois, Jean Zay, Mendes-France, Gambetta, Jules Ferry, tous maçons.
La République est fondamentalement maçonnique à travers l’affirmation laïque de la liberté de conscience et du refus des pressions dogmatiques, permettant l’affirmation de l’intérêt général au service des plus faibles.
La Franc-Maçonnerie n’est ni censeur, ni Cassandre, mais un bouclier dans les moments tourmentés. Une position singulière dans le paysage politico-social par un rappel constant des principes et des valeurs fondamentales: les bras du GODF sont toujours grands ouverts à tous les défenseurs et promoteurs du triptyque républicain Liberté-Egalité-Fraternité (notamment, dans le terrible contexte actuel, aux migrants qui fuient la misère mais surtout les dangers de la guerre).»
Un tribunal révolutionnaire.
Un tribunal lors des massacres de Septembre 1792gouache des frères Le Sueur

2 Septembre - FETE DES BIENHEUREUX MARTYRS DE SEPTEMBRE 1792

massacres DES 2-3 SEPTEMBRE 1792
2 Septembre - FETE DES BIENHEUREUX MARTYRS DE SEPTEMBRE 1792
VICTIMES, parmi des centaines de milliers d’ autres durant la revolution francaise,  
des « valeurs » de la republique « une et indivisible »
St Joseph des Carmes (Paris) reliques des bienheureux martyrs de septembre 1792
Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtes séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.
Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin.
« Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés » écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.
Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926.
86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris.
Eglise Saint-Joseph-des-Carmes
74, rue de Vaugirard, 6e arr. - M° Rennes
On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXe siècle sous la chapelle.
L’escalier du martyre marqué d’une plaque Hic ceciderunt (Ici ils tombèrent) est aujourd’hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l’Institut catholique.

mercredi, 02 septembre 2015

troisième centenaire de la mort de Louis XIV

Ce 1er septembre 2015, même les médias républicains n'ont pu éviter d'évoquer Louis XIV. A cette occasion, le bon, mais plus souvent le pire, ont été dit sur le grand roi. Ne restons pas sur des images haineuses, révolutionnaires.
Des écrivains , des historiens nous offrent une histoire plus objective sur ce règne, le plus long de l'histoire de France.
 
 -  
26-27 Sept. 2015 -   103 ème pèlerinage légitimiste à Sainte Anne d'Auray
 
  Trinité bretonne - sainte Anne, la vierge Marie et Jésus      http://passiongenealogie.hautetfort.com/media/00/02/625019157.jpg http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/PER/P3/9782262043353.JPG
… trois ouvrages que nous avons lus et dont nous recommandons très spécialement la lecture :
Ce n’est un mystère pour personne, nous vouons une admiration toute particulière à celui qui demeure pour les siècles le Grand Roi : Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV.
Cette admiration est-elle aveugle, irrationnelle, conséquence d’un fanatisme obstiné ?
L’«histoire officielle», dont on connaît les clichés réducteurs et partisans puisqu’elle a été forgée par de fieffés menteurs dont un nombre incalculable de perroquets ont ensuite stupidement répété les allégations calomnieuses, ne parvient malgré tout pas totalement à tarir la fascination qu’exerce, par delà les siècles et les révolutions, le Roi-Soleil sur les foules, et dans le monde entier.
Cette année 2015, année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi (1er septembre 1715), est l’occasion de faire justice et de retrouver la figure authentique de celui que Notre-Seigneur Jésus-Christ a désigné à Sainte Marguerite-Marie comme « le Fils aîné de Mon Sacré-Cœur ».
Nous recommandons tout spécialement trois ouvrages que nous avons lus et qui nous semblent désormais indispensables au bagage intellectuel – et même spirituel – de tout honnête homme désireux de connaître le vrai visage de Louis XIV.
Ce sont :
1)     « Louis XIV – vérités et légendes », de Jean-François Solnon (Perrin – 2015).
Jean-François Solnon, né en 1947, agrégé d’histoire, docteur en histoire et docteur ès lettres, a enseigné l’histoire moderne à l’université de Besançon, s’est spécialisé dans l’histoire de l’Ancien Régime et s’est déjà signalé par une quinzaine de publications fort intéressantes.
L’éducation de Louis XIV a-t-elle été négligée ? A-t-il emprisonné Fouquet par jalousie ? A-t-il présidé une cour débauchée ? A-t-il ruiné le Royaume avec la construction de Versailles ? Traitait-il durement les siens ? A-t-il été dominé par ses maîtresses ? Fut-il indifférent à la misère de ses peuples ? Est-il vrai qu’il ne se lavait pas ? A-t-il eu un frère jumeau entré dans l’histoire comme « le masque de fer » ? A-t-il vraiment trop aimé la guerre ? A-t-il dit « l’État, c’est moi » ? … etc.
En trente-huit chapitres, Jean-François Solnon rétablit la vérité historique et nuance en particulier les affirmations de ces fort mauvaises langues que furent la Princesse Palatine et le duc de Saint-Simon. Ce « Louis XIV – vérités et légendes » est un petit ouvrage très facile à lire, qu’il convient de mettre en toutes les mains…
2)     « Le Roi-Soleil et Dieu », d’Alexandre Maral (Perrin – 2012).
Alexandre Maral est né en 1968 : diplômé de l’École du Louvre, archiviste-paléographe, docteur ès lettres, il est aujourd’hui conservateur en chef au musée national des châteaux de Versailles et Trianon.
Auteur d’une bonne quinzaine d’ouvrages (certains en collaboration), son livre « Le Roi-Soleil et Dieu – essai sur la religion de Louis XIV » fait date : il nous semble absolument incontournable pour une approche renouvelée de la figure du Grand Roi et, au-delà, pour mieux comprendre les composantes du caractère sacré de la Monarchie Capétienne.
3)     « Les derniers jours de Louis XIV », d’Alexandre Maral (Perrin – 2014).
Un ouvrage que nous avons trouvé véritablement bouleversant parce que, d’une manière très rigoureuse, il permet de revivre ce que furent les derniers mois, les dernières semaines, les derniers jours, les dernières heures et le dernier souffle du Roi-Soleil : du 1er janvier au 1er septembre 1715, nous suivons le vieux Souverain pas à pas, nous entrons dans son intimité, dans sa vie et dans ses pensées, jusqu’au moment où il rend sa grande âme entre les mains de son Créateur et Sauveur…
Oui, vraiment bouleversant : au point que nous n’avons pas pu, en plus d’un passage, retenir nos larmes, devant le tableau d’une telle grandeur chrétienne accomplie dans une si humble et sublime Majesté royale.
 

Télécharger le programme du pèlerinage et l’inscription :

 

http://www.viveleroy.fr/+103e-pelerinage-legitimiste-de+ ou sur http://www.royalistesbretons.fr/

mardi, 25 août 2015

bref-expose-des-lois-fondamentales-du-royaume-de-france

 
 
Henri V - Comte de Chambord
Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d’Artois, Duc de Bordeaux, Comte de Chambord,
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Henri V
(29 septembre 1820 – 24 août 1883)
Le 24 août 1883 s’éteignit, en exil, Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Henri V de France, communément désigné par son « titre de courtoisie » : le Comte de Chambord.
Il est relativement fréquent de lire que ce Prince – dernier descendant légitime en ligne masculine directe de Leurs Majestés les Rois Louis XV et Charles X – est « mort sans héritier », et que sa disparition a « ouvert une querelle dynastique ».
S’il est exact que le Comte de Chambord est mort sans postérité, en revanche il est absolument faux de dire qu’il est « mort sans héritier » (ou plus exactement sans successeur) : en effet, comme lors des morts des derniers Rois Capétiens directs (Jean 1er le Posthume, Philippe V le Long et Charles IV le Bel) et des Rois Valois (Charles VIII, Louis XII, François II, Charles IX et Henri III) – tous décédés sans descendance mâle – , il y a toujours un successeur légitime pour la couronne de France : ce successeur est le plus proche parent mâle dynaste du Souverain défunt.
Ainsi, un arbre généalogique dûment établi suffit-il à trouver ce parent mâle dynaste : frère, oncle, ou cousin le plus proche.
Et les prétendues « querelles dynastiques » ne sont-elles jamais que l’expression des ambitieuses prétentions (la prétention n’est-elle pas le propre des prétendants ?) de Princes qui veulent nier ou occulter la réalité généalogique.
En ce 24 août 1883, le plus proche parent mâle dynaste du Comte de Chambord était son cousin Jean de Bourbon (1822-1887) dit Comte de Montizon, descendant direct de Louis XIV et désormais aîné des Capétiens.
Le testament du Comte de Chambord est d’ailleurs sans ambiguïté et, après le décès de son époux, la Comtesse de Chambord soutint les légitimistes français qui reconnurent Jean de Bourbon comme leur souverain de droit : Jean III de France.
La qualité de dynaste est réglée par les lois successorales (lesquelles peuvent varier d’un royaume à l’autre).
En France, les règles de succession sont contenues dans ce que l’on appelle traditionnellement les « Lois fondamentales du Royaume de France » : ce sont des règles coutumières qui ont été précisées au cours des âges afin de résoudre des situations concrètes graves ; quoique non écrites, elles n’en ont pas moins de force et elles ont toujours été observées, assurant ainsi la continuité de l’Etat et garantissant au mieux l’ordre et la paix civile.
Bien qu’il soit aisé à quiconque veut bien s’en donner la peine, de retrouver l’énoncé et l’explication des « Lois fondamentales du Royaume », il m’a paru opportun, en cet anniversaire du rappel à Dieu de Monseigneur le Comte de Chambord, d’en publier un résumé dans ce blogue,
tout en invitant mes lecteurs à se reporter à des études plus développées et approfondies (par exemple les publications de l’excellent site « Vive le Roy » géré par l’Union des Cercles Légitimistes de France > ici).
Lully.
Trône réalisé en 1873 pour le Comte de Chambord
Trône réalisé en 1873 pour Monseigneur le Comte de Chambord.
Bref exposé sur les Lois Fondamentales du Royaume de France :
1) La succession à la Couronne est héréditaire de mâle en mâle par ordre de primogéniture :
En l’absence d’une descendance directe mâle du souverain défunt, la Couronne est dévolue, à l’infini, à l’aîné de la branche collatérale la plus proche (qui devient la nouvelle branche aînée).
Pourquoi la masculinité ?
Lors de la cérémonie du Sacre, le Roi de France est oint avec le Saint Chrême (les autres souverains chrétiens sacrés reçoivent leurs onctions avec une autre huile, bénite et non consacrée : seul le Roi de France a le privilège d’être oint avec le Saint Chrême, comme le sont les évêques). Le Sacre, qui n’est pas un simple couronnement, est un sacramental (il a même parfois été assimilé à un huitième sacrement) : il fait du Roi un lieu-tenant du Christ, parfois appelé « l’évêque du dehors ». En effet, si elle n’appartient pas à la hiérarchie de l’Eglise, toutefois la royauté sacrée propre à la France possède un caractère quasi-sacerdotal ; or seul les hommes peuvent être appelés au sacerdoce.
La règle de masculinité empêche non seulement la dévolution de la couronne à une femme, mais aussi à la descendance mâle d’une fille de souverain français : cela empêche que le Royaume de France ne passe sous la domination d’un souverain étranger ayant épousé une princesse française ou descendant d’une princesse française mariée à un souverain étranger.
2) La Couronne de France est indisponible :
Le Roi régnant ne peut en rien changer l’ordre de succession. Il ne peut ni abdiquer, ni exhéréder (c’est-à-dire exclure de la succession), ni faire renoncer à ses droits un Prince dynaste.
La succession royale n’est pas patrimoniale, mais elle est dite « statutaire ». Le statut coutumier du Royaume est hors de portée des volontés humaines : la volonté du Roi, comme celle de son successeur ou de tout autre successible.
Par conséquent, le Roi (de fait ou de droit) ne peut renoncer à la Couronne en abdiquant, ni limiter les prérogatives de ses successurs, ni porter atteinte à l’ordre de succession ; il n’a pas le pouvoir de faire renoncer à ses droits un successible, et les éventuelles « renonciations » sont donc, de plein droit, nulles.

En France, le Royaume n’est pas la propriété du souverain : celui-ci exerce une fonction – la fonction royale – qui le dépasse et dont il est en quelque sorte le serviteur plus que le maître.
3) La succession est instantanée : « Le Roi est mort, vive le Roi ! ».
Les ordonnances de Charles VI, en 1403 et 1407, règlent que le Roi est tel dès la mort de son prédécesseur, instantanément et quel que soit son âge, selon l’ancien adage juridique : « le mort saisit le vif ».
Le Sacre n’est pas constitutif de la royauté : ce n’est pas le Sacre qui fait le Roi, mais la force de la coutume. Le Sacre est seulement dit « déclaratif » : il consacre, par les prières et les onctions de l’Eglise, un Prince qui est déjà le Roi légitime et qui peut exercer sa royauté quand bien même il ne pourrait recevoir le Sacre.
Cette instantanéité de la succession fait dire que « en France, le Roi ne meurt jamais ».
4) La règle de catholicité :
« Fils aîné de la Sainte Eglise catholique romaine », le Roi de France doit être né d’un mariage catholique, et doit être lui-même de confession catholique.
Cela ne signifie toutefois pas que ses sujets aient l’obligation d’embrasser la foi catholique.
Blason2
Le dernier descendant de la famille capétienne : LOUIS XX
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En Bretagne à Sainte Anne d’ Auray, 31 mai 2015.
                                                               Au monument à la mémoire de Henri V                                                     Au Champ des Martyrs de Brech, parmi ses amis « chouans ».

SAINT-LOUIS Roi de France très chrétien

25 Août
Blason2
 
SAINT-LOUIS
Roi de France très chrétien
1214-1270
 
 
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Louis IX, né en 1214 et devenu roi de France à l'âge de douze ans, fut très pieusement élevé par la reine Blanche, sa mère, qui lui apprit à préférer mourir plutôt que de commettre un péché mortel. Il aimait à s'appeler Louis de Poissy, lieu où il avait été baptisé, pour marquer que son titre de chrétien était son plus glorieux titre de noblesse. « Méprisant les délices du monde, il ne chercha à plaire qu'à Jésus-Christ, le vrai Roi » et fut, dit Bossuet, « le roi le plus saint et le plus juste qui ait jamais porté la couronne ». Assidu aux offices de l'Église, il les faisait célébrer solennellement dans son palais où il entendait quotidiennement deux messes. A minuit, il se levait pour les Matines et commençait par l'office de Prime sa royale journée. Il introduisit dans sa chapelle la coutume de fléchir le genou à ces mots du Credo Et Homo factus est, et de se prosterner à l'endroit de la Passion où il est dit que Jésus-Christ expira; ces deux pieuses pratiques ont été ensuite adoptées par l'Église. « Comme il avait oui dire que quelques-uns des nobles murmuraient de ce qu'il entendait tant de messes et tant de sermons, dit Joinville, il répondit que s'il employait le double de temps à jouer aux dés ou à courir par les forêts pour la chasse, personne n'y trouverait sujet de parler ». Sa piété ne l'empêcha jamais d'ailleurs de donner la plus grande partie de son temps aux affaires de son royaume.

A la suite d'une maladie, il fit vœu d'entreprendre une croisade pour reconquérir Jérusalem. D'abord victorieux, il tomba ensuite entre les mains des Sarrasins. Lorsqu'on lui eut rendu la liberté, il demeura encore quatre ans en Orient pour secourir les chrétiens. Revenu en France, il s'appliqua à de nombreuses fondations pieuses et fit élever la Sainte-Chapelle, comme insigne reliquaire de la sainte couronne d'épines et de l'importante parcelle de la vraie croix que lui avait offertes Baudouin II, empereur de Constantinople. D'une grande austérité pour lui-même et d'une grande charité pour les autres, il disait: « Mieux vaut pour un roi se ruiner en aumônes pour l'amour de Dieu qu'en faste et vaine gloire ». « Maintes fois, dit Joinville, il advint qu'en été il allait s'asseoir au bois de Vincennes après sa messe, et s'accotait à un chêne, et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient affaire venaient lui parler ». Sergent du Christ, il portait continuellement la croix pour marquer que son vœu restait à accomplir, il entreprit en 1270 une nouvelle croisade, mais une épidémie décima son armée en Afrique et l'atteignit lui-même. Les bras en croix et couché sur la cendre, il rendit à Dieu son âme en 1270, à l'heure même où le Christ mourut sur sa croix. La veille de sa mort, on l'entendait répéter: « Nous irons à Jérusalem ». C'est dans la Jérusalem céleste, conquise par sa patience au milieu de ses adversités, qu'il devait régner avec le Roi des rois.
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LOUIS  XX , descendant de Saint-Louis, Henri IV, Louis XIV, est aujourd’hui le « Fils aîné de l’Eglise » 

mardi, 18 août 2015

Cahiers de l’Université d’été de l’UCLF

20-24 juillet 2015
Les Cahiers de l’Université d’été de l’UCLF
 
 
Les Cahiers de l’Université Saint-Louis constituent, eux-aussi, une synthèse de la pensée royaliste facilement utilisable dans le cadre d’un travail en cellule d’étude.
Chaque année, de nouveaux textes illustrant la pensée légitimiste sont ainsi publiés.
 
L’édition de l’Université d’été 2015 est maintenant téléchargeable.
 
 
contact Cercle, près de chez vous, existant ou à créer  :   uclf@orange.fr

mercredi, 29 juillet 2015

103e pélerinage légitimiste de Sainte-Anne d’Auray

 
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103e pélerinage légitimiste de Sainte-Anne d’Auray

 

26 et 27 septembre 2015

( possibilité de participer à tout ou partie du pèlerinage )

 

Bref historique

Le premier pèlerinage légitimiste de Sainte-Anne d’Auray a eu lieu en 1844 pour le 25e anniversaire d’Henri V (Comte de Chambord).
Arrêté en 1914, il a été repris en 1983. À la demande de l’Union des Cercles Légitimistes de France, il est organisé par la Fédération Bretonne Légitimiste. Témoignage d’adhésion et de fidélité aux principes qui ont fait la France, ce pèlerinage est le garant de la force des cercles légitimistes dont la vocation est d’œuvrer au renouveau de notre pays en lui redonnant ses Institutions naturelles.

Inscriptions

 
Bulletin d’inscription
Télécharger le programme et l’inscription :
PDF - 360.8 ko
 

Programme

Samedi 26 septembre

·        13 h 45 : Accueil rue de la Fontaine (près de la Scala Santa)
·        14 h 00 : Marche des pèlerins (volontaires) : Rendez-vous devant l’église de Plescop.
Pour les marcheurs
·        14 h 30 : Départ de la marche (de Plescop à Mériadec : 7,5 km)
·        16 h 30 Pause à Mériadec. Possibilité de prendre la marche en cours de route (de Mériadec à Ste-Anne-d’Auray : 6,2 km)
·        18 h 30 : Arrivée de la marche devant la fontaine à Sainte-Anne-d’Auray.
Pour les non-marcheurs
·        14 h 30 : Circuit automobile (8km) : « Sur les pas de Pierre de Keriolet, le converti »
·        18 h 00 : Chapelet devant la Fontaine à Sainte-Anne d’Auray
Pour les marcheurs et non-marcheurs
·        19 h 30 : Buffet d’accueil du Pèlerin (près de la basilique), puis veillée

Dimanche 27 septembre

·        9h30 : Confessions-Chapelet, à la chapelle du Champ des Martyrs
·        10 h 00 : Messe à la chapelle du Champ des Martyrs puis renouvellement de la consécration de l’UCLF au Sacré-Cœur
·        12 h 00 : Dépôt de gerbes au monument du Comte de Chambord. Allocution du président de l’UCLF. Chants.
·        12 h 30 : Repas au Restaurant Le Lain, 1 rue abbé Allanic
·        15 h 00 : Conférence
·        Après-midi : stands
·        17 h 30 : Clôture de la journée

Renseignements

·        Courrier : Fédération Bretonne Légitimiste (F.B.L.) : B.P. 10307 35703 Rennes cedex 7
·        Tél : 09 97 45 46 80 - 06 28 35 51 60
·        Mél : cerclejeandebeaumanoir@orange.fr
 
 
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mardi, 21 juillet 2015

La Manif pour Tous un grand détournement politique des chiens muets de la Co nférence Episcopale Française, au bénéfice de la caste politique républicaine.

La Manif pour Tous
 
un grand détournement politique des chiens muets de la Conférence Episcopale Française, au bénéfice de la caste politique républicaine.
 
308/07/juillet/2015
Christiane Taubira peut remercier la Manif pour Tous et Guillaume de Prémare
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Guillaume de Prémare est inconnu du grand public. Pourtant, il fut le premier président de La Manif Pour Tous jusqu’en février 2013. Mais l’homme est toujours resté à l’écart des médias et des tribunes. Aujourd’hui président d’Ichtus, on lui colle l’étiquette de conservateur catholique. Vraiment ? Monde & Vie, journal de l’abbé Guillaume de Tanoüarn, lui consacre deux pages d’entretien. La lecture des réponses de Guillaume de Prémare laisse un goût amer. A trois reprises, l’ex-président de la LMPT raconte tranquillement que la Manif pour Tous fut mise en place pour couper l’herbe sous le pied de Civitas. Christiane Taubira devrait-elle dire merci à Frigide Barjot, Guillaume de Prémare et quelques autres de leurs acolytes ? Il y a de quoi légitimement s’interroger.
Chronologiquement, c’est Civitas qui, dès juin 2012, entame seul la campagne contre la dénaturation du mariage. Ses collages viennent perturber les différentes gay pride. Christian Estrosi s’en offusque tout comme des élus socialistes et communistes. Les premiers plateaux de télévision sont pour Alain Escada qui n’y va pas par quatre chemins et irrite le lobby LGBT. Civitas a anticipé le projet de loi Taubira et profite de la nonchalance estivale pour avancer ses pions. La conférence des évêques de France s’en inquiète car Civitas est considéré trop traditionaliste. Les « modérés » vont donc entrer dans la course.
« D’autres étaient prêts à se mobiliser, mais sous un mode politico-religieux comme Civitas. Frigide Barjot était, quant à elle, sur une ligne anthropologique et laïque. Nous en avons parlé dans le courant du mois d’août et nous étions en accord complet sur cette ligne.« , déclare Guillaume de Prémare.
Guillaume de Prémare convient que c’est Civitas qui avait annoncé en premier une manifestation contre le projet de loi Taubira. « Entre-temps Civitas avait annoncé une manifestation pour le 18 novembre et il n’était pas possible de laisser Civitas prendre le « leadership » du combat contre la loi Taubira. »
Plus loin dans l’entretien publié par Monde & Vie, Guillaume de Prémare précise encore : « Nous avons appelé à manifester pour le samedi 17 novembre, la veille de la manifestation de Civitas. Nous leur avons volontairement coupé l’herbe sous le pied. »
La Manif pour Tous voulait mobiliser les catholiques en les invitant à taire leur foi et cette stratégie avait la bénédiction de l’épiscopat français. On vit par la suite ce paradoxe : les croyants des autres confessions étaient eux cordialement invités à participer aux manifs pour tous en affichant leur appartenance religieuse. Seuls les traces de catholicité se retrouvaient bannies de la LMPT. Frigide Barjot érigea même un ridicule dress code destiné à camoufler les familles de la bourgeoisie catholique.
Mais en même temps que la LMPT imposait sa vision laïque, elle modérait l’argumentation et détournait le combat, prétendant manifester aussi contre l’homophobie, adoptant la sémantique de ceux auxquels elle devait s’opposer.
Guillaume de Prémare prend les lecteurs pour de grands naïfs en niant les aides financières au lancement de la Manif pour Tous. Il suffit de revoir les images de la manifestation du 17 novembre 2012. Dès le départ, les camions sonos et tout le matériel accompagnant cette manifestation ont nécessité un investissement financier considérable. Cet argent est bien venu de quelque part. Et très vraisemblablement d’hommes d’affaires proches des évêques.
Guillaume de Prémare s’enorgueillit de chiffres de participation aux Manifs pour Tous successives. Soit. Mais pour quel résultat ? La LMPT n’a rien pu empêcher malgré ses foules jetées dans les rues.
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Sans verser dans l’uchronie, osons poser cette question : si la LMPT n’avait pas couper l’herbe sous le pied de Civitas, que se serait-il passé ? Civitas gardant la main, sa manifestation du 18 novembre 2012 aurait probablement rassemblé 100.000 personnes. Bien moins que les chiffres de la LMPT, oui, mais avec un discours qui aurait été autrement plus redoutable pour Christiane Taubira et le lobby LGBT. Le bras de fer aurait permis de voir s’affronter des principes et des doctrines.
Hélas, une fois de plus, les mots du socialiste Jean Jaurès claqueront au visage des « modérés » qui ont empêché cet affrontement. « Nos adversaires ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution, l’entière pensée catholique, de réclamer pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d’inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile ? Non, ils se sont dérobés, ils ont chicané sur des détails d’organisation, ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Eglise. » Tout est dit.
Christiane Taubira peut féliciter Frigide Barjot et Guillaume de Prémare. Ils ont été les adversaires de rêve…
 

jeudi, 29 janvier 2015

les Juifs, "les femmes et les enfants", d'abord ou la république "parti d e l'étranger" à l'oeuvre.




 
 
Les Juifs, « les femmes et les enfants », d’abord  ou  la république  « parti de l’étranger » à l’œuvre.
 
« Le départ de cent mille juifs infligerait un coup plus dur à la France que celui de cent mille chrétiens » (Manuel Valls, Libération 22 janvier 2015)
 









lundi, 08 septembre 2014

La France en 1789 d’après les Cahiers de Doléances


(D’après « Questions politiques », paru en 1899)
 
 
 
 
Travail destiné à brosser le portrait sans fard de la France à la veille de la Révolution, La France d’après les Cahiers de 1789, publié en 1897, révèle que le Tiers-Etat, qui supplie alors « le roi de défendre la foi contre les atteintes de la nouvelle philosophie », ne réclame pas l’ « égalité », ne songeant à l’abolition ni de la noblesse ni du clergé ; ne suggère jamais l’idée d’une guerre des classes, qui lui est étrangère ; que le désir de « liberté » n’a à l’époque jamais été assimilé au souhait d’instauration d’un système parlementaire. En revanche, les Français de 1789, affamés par des disettes successives, aspirent à de profondes réformes gouvernementales et administratives qui tardent à être menées, ainsi qu’à une plus grande unité législative préservant néanmoins une décentralisation propre à favoriser le développement de la vie intellectuelle, commerciale et industrielle des provinces.
 
« Tout le monde a parlé de l’esprit de la Révolution française, les uns parce qu’ils avaient lu le Moniteur, les autres parce qu’ils avaient lu les comptes rendus du club des Jacobins » écrit en 1899 et quelques mois avant de devenir académicien, le titulaire de la chaire de poésie française à la Sorbonne Emile Faguet , dans Questions politiques. « Ce que la France voulait en 1789, l’a-t-elle dit ? Oui, elle l’a dit dans les Cahiers de 89. Lisons les Cahiers. C’est probablement le moyen de savoir ce qu’elle voulait », écrit quant à lui Edme Champion en 1897, dans La France d’après les cahiers de 1789, ouvrage à partir duquel Faguet se propose de décrire la France de 1789.
Cahier de Doléances de 1789
Cahier de Doléances de 1789
Or les Cahiers, qui, à la vérité, sont d’une lecture difficile, personne ne les a jamais lus, explique Emile Faguet. Tocqueville y a jeté les yeux ; mais il s’est arrêté beaucoup plus sur les papiers administratifs de la Touraine et du Languedoc. Taine a promené ses regards sur les Cahiers ; mais, comme M. Champion l’a irréfutablement prouvé, il ne s’y est pas appesanti beaucoup il faut l’avouer. M. Champion a lu tout ce qu’on en peut lire en France ; avec sa conscience et sa diligence infinie, il les a dépouillés complètement ; avec sa modestie bien connue il déclare encore que le travail auquel il s’est livré ne suffit pas, qu’il faut déterrer, et réunir et compulser d’autres cahiers encore, qui existent et qu’il n’a point vus ; mais enfin il a fait, en 1897, sur les véritables vœux de la France en 1789 l’enquête la plus sérieuse qui puisse être faite, et l’enquête qui n’avait été faite par personne.
Ce travail, mené à bien par l’homme le plus impartial du monde, est de tout premier intérêt ; cette « leçon de choses » est la plus solide leçon qui ait jamais été donnée sur la Révolution française. Les hommes du Tiers-État n’avaient pas lu la Révolution d’Edgar Quinet [républicain convaincu qui publia La Révolution en 1865]. Ils étaient aussi loin que possible de l’avoir lue et de l’écrire. Tout simplement ils mouraient de faim et désiraient cesser de mourir. Il n’y a pas autre chose dans les Cahiers de 1789.
Ont-ils désiré, comme on l’a beaucoup dit, l’Égalité, ce rêve de tous les Français ? Presque point. Les cahiers du Tiers ne la réclament jamais. Ils reconnaissent souvent qu’il ne faut point songer à abolir les distinctions et privilèges anciens qui font partie de la constitution du royaume et qui la consolident. Les beaux esprits, là-bas, à Paris, disent que le Tiers-État c’est toute la nation ; mais le Tiers-État ne le dit pas. Il ne songe à l’abolition ni de la noblesse ni du clergé comme ordres à part dans l’Etat. L’idée d’une Révolution politique ou l’idée d’une guerre de classes lui est totalement étrangère. Il ne songe qu’à vivre en bonne harmonie avec les autres ordres, mais il veut vivre ; il demande les moyens de vivre. Il ne demande pas davantage.
Ont-ils désiré la Liberté ? Le mot liberté est si vague qu’ici il faut préciser. La liberté politique c’est le self-gorvernment. Un peuple est libre quand le gouvernement est son délégué. Il est libre encore quand le gouvernement, sans être son délégué, est son subordonné. Il est libre donc quand il peut contrôler et ne pas ratifier les actes de son gouvernement ; il est libre quand le gouvernement ne peut pas lever sur le peuple un impôt non consenti par le peuple. Et en dernier analyse, ce dernier point suffit. Dès que le peuple a la clef de la caisse, le gouvernement par cela seul sera contrôle, donc subordonné, et ce sera à peu près la même chose que s’il était délégué. Un peuple libre est un peuple qui vote son budget. Un conseil des finances, nommé par le peuple et votant le budget, ce conseil ne fût-il pas législatif, voilà l’organe de liberté nécessaire à un peuple. Un peuple est libre quand il nomme une Chambre qui vote le budget.
Or le peuple de 1789 a-t-il demandé cela ? Pas le moins du monde, reprend notre académicien. Et ceci est tout à fait curieux. Je n’ai pas vu, dans tout ce que M Champion a cité des Cahiers, une seule allusion au système parlementaire. La Révolution a créé le système parlementaire en France ; mais la France de 1789 ne l’avait pas demandé. On me dira qu’il était contenu implicitement dans les vœux exprimés par la France en 1789. C’est mon avis. Quand les cahiers demandent qu’il ne soit pas permis « à qui que ce soit, s’autorisât-il du nom du roi et même d’un ordre surpris à Sa Majesté, de percevoir aucun impôt qui n’aurait pas été accordé par les états généraux, ou de prolonger la perception d’iceux au delà du temps pour lequel il l’aurait accordé », il est clair que cela mène à tout. Il est clair que si ce vœu est réalisé, il ne pourra l’être que par la perpétuité, au moins par la périodicité des états généraux votant l’impôt, et c’est le système parlementaire à bref délai, « dans toute sa beauté comme disait Beulé.
D’accord ; mais enfin ce système parlementaire, même à l’état rudimentaire, les cahiers ne le demandent pas ; ils n’y songent pas ; ils ne semblent pas en avoir la moindre idée. Disons la vérité : ils n’en ont pas la moindre idée. Leur pensée, c’est d’avoir une loi fixe, en finances comme en autre chose, obligeant le roi, lui traçant une limite, et que cette loi soit établie par les états généraux qu’ils sont en train de nommer. Et ensuite ? Eh bien, ils ne songent pas à ensuite. Ensuite, beaucoup plus tard, s’il y a de nouvelles infortunes, on réclamera des états généraux, comme on le fait aujourd’hui, on les nommera, et ils remédieront. La périodicité des états faisant la loi des finances et en contrôlant l’exécution, c’est-à-dire le système parlementaire, c’est-à-dire la liberté politique, est une idée qui n’existe pas dans les Cahiers. Les hommes de 89 n’ont pas plus songé à la liberté qu’à l’égalité.
Cahiers de Doléances du Berry
Cahiers de Doléances du Berry
Cela veut dire qu’ils étaient des monarchistes. L’idée qu’un Français de l’Ancien Régime se faisait de la monarchie était celle-ci : « Le roi gouverne. Il gouverne conformément à la loi ; car nous ne sommes pas des Turcs, nous avons des lois. Quand il ne gouverne pas conformément à la loi, c’est que la loi est mal faite ou qu’il n’y a pas de loi. Dans ce cas-là, il faut en faire une. Les états généraux sont institués pour faire ou suggérer une loi précise et conforme aux nécessités nouvelles que le temps apporte. Quand ils ont rempli cet office, ils s’en vont ; et le roi gouverne conformément à la loi nouvelle. » Et ne faut-il pas qu’il soit surveillé et contrôlé dans l’exercice de son pouvoir, dans la manière dont il exécute la loi ? Mais alors il ne gouvernerait pas ! Mais alors, vous n’avez donc pas confiance en lui ? Vous n’êtes donc pas monarchistes ?
Tout le monde en 1789 était monarchiste et personne ne voulait du pouvoir arbitraire ; et tout le monde, plus ou moins confusément, croyait qu’il suffisait d’une loi précise pour que le pouvoir ne fût pas arbitraire. Quant au gouvernement du pays par le pays, quant au système parlementaire continu, personne, presque, ne me semble y avoir songé, parce que cela, c’est, au fond, le républicanisme, et qu’il n’y avait pas de républicains en 1789.
Les Cahiers n’ont donc, en vérité, demandé ni l’égalité ni la liberté. Ont-ils songé, d’autre part, à une grande régénération morale de la nation, s’interroge ensuite Faguet ; se sont-ils dit que toute révolution profonde est une révolution religieuse ou ayant le caractère d’une révolution religieuse ? Encore moins. C’est la grande faute de la Révolution française, selon Quinet, de n’avoir pas voulu, osé ou daigné être une révolution religieuse. Quinet raisonne ainsi : « Si la Révolution française était une révolution purement économique et administrative, elle était finie le 4 août 1789. La preuve qu’elle était autre chose, dans les voeux, dans les désirs, dans les volontés, dans la conscience de la nation, c’est qu’elle n’a nullement été finie le 4 août. Elle a continué ; parce que la révolution économique n’était rien du tout, et que, à travers les tempêtes révolutionnaires, c’était la révolution religieuse que les Français poursuivaient. Seulement, mal servis par leurs commettants, ils n’ont pas réussi à la faire. Et elle n’est pas faite encore. Le progrès matériel, qu’est-ce que cela ? La révolution était autrement idéaliste. Une grande révolution religieuse qui voulait se faire, qui ne s’est pas faite, et qu’il faut accomplir, voilà la Révolution française. »
Il est possible, assène Emile Faguet ; mais les Cahiers de 1789 n’éclairent pas sur ce point, ou s’ils éclairent, ce n’est nullement pour nous diriger vers l’idée chère à Edgar Quinet. Il n’y a pas un mot de révolution religieuse, de révolution morale, de révolution de conscience dans les Cahiers de 89. Les Cahiers de 89 ne sont nullement philosophiques. La plupart veulent que la religion catholique demeure religion d’État. « La France, dit M. Champion, demeure si foncièrement catholique qu’elle a beaucoup de peine à se défaire de sa vieille intolérance. Ce n’est pas seulement l’Église ; qui, plus de dix ans après la mort de Voltaire, se résigne difficilement à l’édit en faveur des protestants et veut que la religion nationale conserve tous les privilèges d’une religion d’État ; c’est aussi une grande partie du Tiers. En général, quand il admet l’état civil des non catholiques et leur participation à certains emplois, il leur refuse toute place dans l’administration judiciaire, dans l’enseignement, dans la police ; ils n’auront ni temples, ni assemblées, ni cérémonies publiques ; ils seront tenus de garder le silence sur les questions religieuses. » A Auxerre, le Tiers supplie le roi de défendre la foi contre les atteintes de la nouvelle philosophie à Paris, il sait que « tout citoyen doit jouir de sa liberté de conscience ; mais l’ordre public ne souffre qu’une religion dominante, etc. » Lisez M. Champion. Au point de vue de la « révolution religieuse » les Cahiers de 1789 sont tout simplement réactionnaires.
Ainsi, affirme l’académicien, le peuple de 1789 est religieux et fidèle à l’Eglise catholique en immense majorité. Il la veut moins riche, oui ; il veut l’appauvrir, oui ; il veut l’abolition de la mainmorte et autres abus inouïs dont vous trouverez le détail dans M. Champion ; il veut que des richesses colossales qui ont été données au clergé pour servir au bien public, et qui, depuis longtemps, n’y servent plus du tout, soient enlevées à l’Église. Mais ici nous rentrons dans ce que j’appelle la révolution économique ; et il ne s’agit plus de révolution religieuse.
Liberté, égalité, transformation religieuse et morale voilà ce que les Cahiers de 1789 n’ont pas demandé du tout. Voilà quels n’étaient pas les vœux de la France en 1789. Mais quels étaient, donc ces vœux ? Voici.
Ce peuple mourait de faim. Les Cahiers sont une longue doléance d’un peuple qui voudrait manger un peu. « La misère extrême du peuple », voilà le refrain des Cahiers de la noblesse et du clergé. Quant au peuple il ne dit pas autre chose, et pour cause : « Je ne sais quoi demander, dit naïvement quelqu’un de Rocquencourt, la misère est si grande qu’on ne peut pas avoir de pain. » Les gens de Pontcarré : « Réduits à la plus affreuse indigence nous n’entendons que les cris d’une famille affamée à laquelle nous regrettons presque d’avoir donné le jour. » A Suresnes, où il y a cinq cents familles, cent cinq ont besoin de secours. A Châtellerault les paysans n’ont jamais mangé que du pain noir ; et maintenant, ils n’en ont plus. En Touraine « la moitié des ménages font réponse qu’ils n’ont pas de pain, versant des larmes, se désirant hors de ce monde ».
Cahier de Doléances de Saint-Avit
Cahier de Doléances de Saint-Avit
La mendicité, à cette époque, c’est purement le brigandage en permanence. Les hordes de mendiants campent dans les paroisses et prélèvent leur impôt, après tant d’autres, par la terreur. « Nous, pauvres laboureurs, disaient les paysans du Boulonnais, sommes bien exposés à bien des peines, de faire l’aumône le jour et même la nuit, aussi bien ceux qui ne le peuvent pas que ceux qui le peuvent, crainte de mauvaises suites, à cause de la grande misère et autres choses. »
Il faudrait des hôpitaux, des asiles, des refuges pour canaliser toute cette misère onéreuse et redoutable. Encore (voici la note pessimiste et désespérée, qui est bien curieuse), encore on ne sait trop s’il le faut bien désirer, « ces établissements multipliant les débauches et les excès ; et l’on entend dire là où il y en a : Nous ne risquons rien de boire et de nous divertir nous irons à l’hôpital. » Quand un peuple en est là !... Voilà le tableau vrai. Savez-vous qui a fait le résumé le plus précis des Cahiers de 1789 ? C’est La Fontaine dans le Paysan du Danube.
Quelles sont pour les rédacteurs des Cahiers de 89 les causes de tant de maux affreux ? 1° L’absence de constitution fixe ; 2° L’absence de lois précises et les mêmes pour tous ; 3° Une administration déplorable ; 4° L’existence et le maintien des droits féodaux. Voilà les maux que les Cahiers de 1789 ont dénoncés. Ils ont voulu une révolution administrative et une révolution économique, et rien autre. Ils ont voulu que le domaine national eût son règlement, sa loi précise et fixe, une exploitation intelligente et sans gaspillage, et qu’ainsi tout le monde pût y trouver à peu près sa subsistance. Ils ont voulu exterminer du patrimoine le caprice, l’arbitraire, le temps perdu, l’argent perdu, le travail perdu, pour qu’il rendît au profit de tous et de chacun tout ce qu’il pouvait rendre. C’étaient des paysans qui trouvaient que la grande ferme n’avait ni bon règlement de travail, ni bons régisseurs, et qui voulaient qu’on leur accordât ces deux biens très précieux. Les vœux n’allaient pas au delà.
Premier point, sur lequel ils sont tous d’accord : donner une constitution à la France ; ne pas voter un sou de subsides avant d’avoir donné une constitution à la France. Ils se sont parfaitement aperçus que la France n’en avait pas. Elle en avait une, mais si ancienne, si surannée et si oubliée que c’était comme si elle n’eût pas existé. La faire revivre eût été lui en donner une vraiment nouvelle. Comme disait très bien M. de Staël un peu plus tard, c’eût été faire une constitution que de « faire marcher une constitution qui n’avait jamais été qu’enfreinte ». Ils avaient parfaitement raison. Ce qui manquait le plus à la France, c’était de savoir comment elle vivait. Elle n’en savait rien du tout. Le roi ne le savait pas ; les ministres ne le savaient pas ; les parlementaires n’en savaient rien, et les sociologues en ignoraient comme les autres. On allait absolument au hasard, c’est-à-dire en plein arbitraire, mais dans un arbitraire qui sentait qu’il n’était pas légitime, et qu’il aurait dû ne pas être. C’est la pire des situations. Le roi savait qu’il devait obéir à quelque chose, et ne savait pas à quoi obéir ; de sorte qu’il y avait dans ce gouvernement un mélange de témérité et de timidité, qui aboutissait à une perpétuelle inquiétude. L’inquiétude est le mal de la France depuis le XVIe siècle jusqu’au XIXe. C’est un état qui n’a pas de base. Savoir ce qu’on est, pour savoir un peu ce qu’on devient, c’est le souhait modeste des Cahiers de 1789, dans l’ordre sociologique.
Car, remarquez, tous demandent que l’on fasse une constitution, aucun ne dit laquelle il faut faire. Nulle indication là-dessus. Sont-ils pour l’ancienne constitution redevenue une vérité, comme la Charte de 1830 ? Sont-ils pour un essai du système anglais ? Sont-ils américains, et veulent-ils cette « démocratie royale » qui fut une idée à la mode parmi les beaux esprits de Paris, de 1789 à 1791 environ ? Ils ne le disent pas. Ils ne disent ni ceci ni cela. Le mot le plus net que je trouve sur ce point dans différents cahiers, entre autres dans celui du clergé de Provins, est celui-ci, ajoute Faguet : « Les abus contre lesquels la nation réclame ont une source commune, le pouvoir arbitraire. Ce n’est qu’en le resserrant dans de justes limites qu’on peut espérer de rétablir l’ordre dans diverses parties de l’administration. »
Resserrer les limites de l’arbitraire, soit ; mais cela, encore, est dire seulement qu’il faut une constitution. Il y a l’arbitraire, c’est-à-dire le chaos ; il faut sortir du chaos ; il faut qu’il y ait quelque chose. C’est tout ce qu’ils demandent. Une constitution, rien de plus. Ils semblent dire : « N’importe laquelle, mais une constitution. » Au fond c’est bien leur état d’esprit. En 1789, on veut que le gouvernement gouverne d’une façon régulière. Voilà tout. Il est vrai que c’est quelque chose.
Le second vœu des hommes de 89, voeu presque aussi unanime, est l’établissement de lois nettes et qui soient les mêmes pour toute l’étendue du royaume. Un peu moins d’unanimité ici. Certaine attache à des franchises ou privilèges locaux dans quelques cahiers. On souhaite bien l’immense avantage d’une législation unique mais on voudrait quelquefois le combiner avec les profits d’une situation privilégiée. C’est très humain. Reconnaissons cependant qu’en général, l’unité et la netteté de législation sont le souhait ardent des hommes de 1789.
J’en suis enchanté, poursuit l’académicien. Mon décentralisationnisme (pardon !) n’en gémit nullement. La pire décentralisation, c’est la décentralisation législative. La décentralisation, c’est une série de mesures, individuelles, locales, provinciales, nationales, pour favoriser le développement, ailleurs qu’au centre, de la vie intellectuelle, commerciale, industrielle. Cela n’a presque aucun rapport avec l’unité de législation. Sous une loi unique, mais bien faite, une immense activité locale peut être permise, encouragée, protégée, et même provoquée.
Du reste nos vénérables pères de 1789 n’entraient point dans ces considérations de haute sociologie. Comme en tous leurs voeux, ici comme ailleurs, leur idée politique était une forme de l’honnête désir de ne pas mourir de faim. Ils désirent la refonte des lois et l’unification de la loi parce que la Picardie n’a pas le droit de faire de l’eau-de-vie avec son cidre, tandis que la Normandie a le droit d’en faire avec le sien ; parce que tel parlement permet de couper le blé comme on l’entendra, ce qui paraît naturel, tandis que tel autre interdit de le couper avec une faux ; parce que le royaume est zébré de douanes intérieures qui rendent tout commerce presque impossible, font la pléthore ici et la famine quatre lieues plus loin ; parce qu’une marchandise expédiée de Guyenne en Provence acquitte sept droits ; parce que sur la route de Paris en Normandie par Pontoise, dans un certain espace de quatre lieues, il y a droit de barrage à Saint-Denis, droit de passage à Épinay, droit de travers à Franconville ; et cela peut s’appeler les droits réunis ; parce que les gens de Toul ne peuvent littéralement pas sortir de chez eux sans rencontrer toutes les lieues des gardes, bureaux, etc. ; parce que l’Alsace et la Lorraine, « provinces à l’instar de l’étranger commercent librement partout, excepté avec la France et la Franche-Comté ; parce qu’on ne peut avoir dans les petites villes avoisinant Paris ni un marché ni un marchand ambulant, crainte qu’ainsi Paris ne soit affamé, et que, pour cette cause, on doit vivre sans manger quand on habite Nanterre ; parce que les routes, sauf quelques-unes, ne sont pas entretenues du tout, les fonds perçus pour leur entretien étant employés à toute autre chose ; parce que tout semble concerté pour rendre impossible la communication entre eux des différents membres du corps territorial.
Si la législation est absurde, l’administration est déplorable. Que voulez-vous que nous fassions de nos enfants ? Des commerçants ? On vient de voir comme le commerce est facile et rémunérateur. Des agriculteurs ? L’agriculture, sans un commerce facile, prompt et libre, est stérilisée, quand il n’y aurait pas dans la mauvaise répartition des impôts et dans les droits féodaux d’autres causes de stérilité que nous verrons ci-après. Des soldats ? Grâce aux nouvelles mesures (car ici le gouvernement de Louis XVI est moins libéral que celui de Louis XIV) ils ne pourront jamais, sinon par des procédés qui sont des fraudes et qui sont dangereux, devenir officiers. Ici la noblesse elle-même est presque aussi desservie que le Tiers. La carrière militaire devient financière tout comme la carrière judiciaire. Un noble pauvre peut tout au plus devenir lieutenant-colonel. Un enfant dont le père est noble, mais surtout riche, « à peine échappé du collège vient avec un étalage de luxe humiliant pour les autres apprendre à un capitaine de grenadiers ce que ce dernier avait enseigné à son père. Les larmes aux yeux, la noblesse supplie Sa Majesté de laisser les grades supérieurs ouverts au mérite. »